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CRYS
PRÉHISTOIRE DU CHRISTIANISME ET FONDATION DU ROYAUME DE DIEU
AU NOM
DE JÉSUS-CHRIST
PROLOGUE
JE SUIS LA PORTE
CHAPITRE
1 LES ORIGINES
CHAPITRE
2 LA CRÉATION DES CIEUX
CHAPITRE
3 DE NOÉ À ABRAHAM
CHAPITRE
4 D’ABRAHAM À DAVID
CHAPITRE
5 DE DAVID À CYRE LE GRAND
CHAPITRE
6 CYRUS LE GRAND
CHAPITRE
7 DE CYRE AU CHRIST
ÉPILOGUE
PROLOGUE
JE SUIS LA PORTE
La
mémoire de l’Homme, créé à l’image et à la ressemblance de son Créateur, remonte
à la fondation du christianisme par le Fils de Dieu ; c’est depuis la
mémoire du genre humain, le Livre écrit par son Père, que notre
intelligence élève les yeux vers la Création des Cieux et de la Terre,
notre Univers, dans l’Histoire duquel nous découvrons l’Existence de son Créateur, sans
la connaissance duquel l’Homme ne peut, à lui seul, pénétrer la connaissance de
l’Histoire du Cosmos. Cette Porte ayant été fermée par l’Événement décrit dans
la Genèse, les hommes, privés de la Connaissance de toutes choses, à laquelle
le Verbe les avait appelés : « Faisons l’Homme à notre image et à notre
ressemblance », mais l’intelligence étant active dans l’Âme humaine, l’incapacité à
franchir cette porte a conduit les hommes à s’inventer un dieu personnel à partir duquel
visualiser le Cosmos et l’Univers, des religions qui ont imposé leurs dieux par
l’épée et le feu, comme on le constate en lisant l’histoire des origines de l’hindouisme et de l’
islam. L’impossibilité de trouver cette Porte qui ouvre la Connaissance de
Dieu et de sa Création à l’intelligence humaine a conduit Dieu à l’incarner en la
Personne de son Fils, afin que les hommes cherchent en LUI la Sagesse.
Ceux qui l’ont franchie se sont élevés parmi les hommes pour devenir les Pères de la
doctrine de l’Église, dont les livres éloignaient les peuples chrétiens des
religions inventées par les hommes, à l’image et à la ressemblance desquels
leurs pères, eux-mêmes et leurs enfants avaient été élevés, des religions sanglantes, dont
les entrailles ne pouvaient donner naissance qu’à des hommes à l’image et à la ressemblance de leurs dieux.
La
mémoire de l’homme chrétien trouve dans la venue du Fils de Dieu le point d’ancrage
historique à partir duquel lever les yeux vers Dieu, notre Père, et, à partir de Dieu et
de son Fils, entrer dans l’histoire de notre univers. C’est grâce à la fondation du
christianisme que la civilisation a commencé à laisser derrière elle la loi du plus fort,
du plus sanguinaire, du plus menteur, du plus corrompu et du plus traître envers son peuple
et ses frères, et qu’elle s’est frayé un chemin depuis la barbarie jusqu’aux premières
universités du monde, en Europe chrétienne, l’Église catholique jouant le rôle de
mécène des lettres, du droit, des sciences et des arts. L’origine
de toute âme étant un monde asservi depuis des millénaires à la loi de la guerre à
mort entre frères, personne ne pouvait s’attendre à ce que, du jour au lendemain, tous les
chrétiens, prêtres et rois, se réveillent en saints. L’histoire de la
chrétienté médiévale témoigne mieux que mille volumes de cette réalité. L’
esprit de prophétie qui animait les apôtres l’a consigné par écrit : « La foi,
qui se corrompt ». La fondation de la Maison de Dieu au sein du genre humain fut
soumise dès son origine à un avenir ouvert aux tempêtes, aux tremblements de terre,
aux raz-de-marée, aux déluges et à toutes sortes d’attaques et de sièges naturels, jusqu’à une guerre
ouverte entre le monde païen et le monde chrétien. Le monde païen serait
relayé par de nouvelles armées au service de la Mort, dont l’horizon de
victoire serait la destruction de la Maison de Dieu sur Terre. L’Empire romain eut
pour successeur l’Empire islamique. Deux forces distinctes, un même objectif
historique. Cependant, le Fils de Dieu vit venir l’Antéchrist, cette force
fratricide interne qui, née au sein du christianisme, hériterait de l’esprit de
Caïn. Arius fut le premier de tous ceux qui, nés au sein du
christianisme, se soulevèrent contre le peuple catholique, déclarant la guerre à sa
Mère, l’Église catholique, dont la destruction fut empêchée par Constantin,
serviteur de Dieu. La Parole de Dieu ne ment pas : « Les portes de l’enfer ne
prévaudront pas contre l’Épouse du Seigneur ». Quinze siècles plus tard, l’Antéchrist
est sorti de sa tombe : d’abord vêtu d’une robe de moine, puis se couronnant
sur les nations européennes qui, détestant la Couronne du Roi des Cieux,
se sont proclamées chefs des Églises nationales, ajoutant ainsi à
un crime civil un délit contre le Dieu qui a fait de son Fils le Chef universel de
toutes les Églises. La guerre de Trente Ans était inévitable. Le même destin
que celui de l’Empire romain et de l’Empire islamique, à savoir la destruction du
christianisme, fut hérité par ceux qui, tentés par le Diable, ne purent
résister à sa tentation : « Mets-toi à genoux et je te donnerai tous les royaumes du monde ».
Ainsi, le sceptre de l’Empire passa de l’Orient à l’Occident, revint en
Orient, puis retourna en Occident ; les deux empires, unis dans la même haine du
monde catholique, protestants et Ottomans, remporteraient la victoire qui avait été refusée
aux Romains et aux musulmans. Où reposent aujourd’hui ces deux empires ? Le Verbe est
Dieu : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre TA Maison ». C’est pourquoi on
parle de l’Ancien Testament, car il y en eut un Nouveau, scellé par le sang du
Testateur : « Ta descendance s’emparera des portes de ses ennemis ». Ainsi,
si dans l’Ancien Testament, Dieu a conféré l’indestructibilité à l’Épouse de son
Fils, dans le Nouveau, il accorde l’invincibilité à sa Descendance née de cette
Épouse et de son Seigneur, Notre Père Jésus-Christ.
La
mémoire du genre humain est l’histoire de la création de l’homme en tant que
fils de Dieu : « à l’image et à la ressemblance du Premier-né de Dieu », qui s’est fait
Homme afin que ce que nous ne pouvions pas, ni n’aurions jamais pu,
accomplir par nous-mêmes, nous l’ayons « avec nous » ; la Mémoire de cet Événement
est le Rocher, la Colonne sur laquelle repose notre Vie.
Notre
histoire commence dans un autre monde, remonte à la création du cosmos et pénètre
dans l’Être de Dieu, son Créateur, guidée par son Fils unique, sans lequel, comme aux
temps anciens, personne ne pouvait comprendre l’origine du cosmos, et pour satisfaire
le besoin de connaissance universelle pour lequel l’Homme a été créé, on
a inventé des cosmologies et des dieux à l’image et à la ressemblance desquels justifier ses
génocides, ses crimes et ses passions fratricides. Une fois que l’
anticatholicisme eut rejeté la Main du Fils de Dieu, s’imposa parmi les nations
la même loi antique s’est imposée parmi les nations modernes ; la Porte de la Sagesse divine étant fermée, les
hommes se sont inventé un univers à la mesure de leurs rois, un univers soumis à
la loi du plus fort, aux pieds duquel la vie et l’existence des faibles doivent
être écrasées au nom de la survie de leur classe et de leur lignée. L’Antéchrist,
celui-là même qui était auparavant venu déguisé sous une soutane trompeuse, est apparu immédiatement
après la première véritable guerre mondiale, la guerre de Trente Ans,
déguisé en scientifique. L’athéisme scientifique étant incapable d’
ouvrir la porte de la sagesse, dont la clé est entre les mains de celui qui a dit : « MOI,
suis Celui qui ouvre et que nul ne peut fermer, Celui qui ferme et que nul ne peut ouvrir », dans son
orgueil bestial, la science a ouvert ses entrailles à la version moderne de Caïn et
Abel, Staline et Hitler, ses fils, tous deux fils du même père, le Diable,
Satan, l’Ancien Serpent. Sous le poids de la haine qu’ils se portaient l’un à l’autre, la destruction du
monde chrétien étant le but commun des deux, pour lequel ils se sont battus sous les yeux de leur père
maléfique afin d’hériter du sceptre de l’Empire, le XXe siècle a été précipité dans les champs
de l’enfer des guerres mondiales.
Telle est
notre histoire, l’histoire de tous les chrétiens de la plénitude des
nations. Nos peuples ont survécu à des tremblements de terre, des raz-de-marée, des déluges,
des sièges infernaux, des guerres génocidaires, des calamités mortelles dues à la misère. Ce n’est PAS
notre œuvre ; la victoire appartient à celui qui a fondé sa maison sur le roc : ce roc, c’est
le Verbe de son Père, YAHVÉ DIEU, Créateur de la Lumière du Cosmos et des Ténèbres
qui l’entourent. C’est dans la Parole de son Père que son Fils a placé sa confiance. C’est dans
cette Parole que nous, sa descendance, plaçons notre confiance, à son image et à sa ressemblance,
une confiance toute-puissante et indestructible, grâce à laquelle nous savons que peu importe
les Alliances des Civilisations qui se renouvellent pour abattre la Maison de
notre Côté, toutes leurs attaques se briseront contre ses Murs, afin que
celui qui a de l’intelligence parmi ses ennemis comprenne que l’attaque finale qu’
ils mènent en érigeant une idéologie dont la Graine a dans la Mort
son Origine, est vouée à être arrachée et jetée au feu. Que quiconque
doté d’intelligence se détourne de cette Alliance des civilisations, sous la force
antiscientifique et antichrétienne de laquelle cette idéologie du genre espère extirper de
l’Homme et de la Femme l’image du Fils de Dieu.
Que l’indestructibilité de la Maison fondée par notre Père au nom
de Dieu serve de leçon à ceux qui, tentés par le pouvoir et les richesses, croient que l’Alliance
de l’islam avec le socialisme accomplira ce qu’aucun empire n’a pu réaliser au cours de ces 2 000
ans. L’Alliance scellée entre Dieu et l’Homme par son Fils, scellée par le
Sang du Christ et de ses Frères dans le Saint-Esprit, a déjà prouvé son
indestructibilité. Que chaque homme et chaque femme se retire donc de cette Alliance des
civilisations et abandonne cette idéologie du genre sans se retourner ; car le
Fils lui-même, qui a conquis une alliance d’indestructibilité pour son Épouse,
l’Église catholique, a obtenu en héritage pour sa descendance l’invincibilité ;
cette descendance étant née, sa gloire vit dans la Parole de son Dieu : « Ta
descendance s’emparera des portes de tes ennemis ».
CHAPITRE PREMIER
1
Origines.
Ainsi,
tout ce qui nous concerne et compose l’Histoire de la Plénitude des
Nations a pris son origine dans un autre monde, en un autre lieu du Cosmos, dans un monde
situé au-delà des étoiles de nos cieux, en plein cœur du
royaume des galaxies. C’est là, précisément au centre de sa Création, que Dieu
s’est créé un monde pour lui-même ; le monde d’où son Fils est descendu vers le nôtre, et vers lequel
il est retourné après sa Résurrection.
« Je ne
suis pas de ce monde ». Le Fils de Dieu l’a dit à maintes reprises, mais ses paroles n’ont
trouvé ni oreilles pour y prêter attention, ni intelligence pour en saisir le
message. L’une des occasions où il a parlé le plus clairement de son monde d’
origine, c’était en présence de ses juges : « Mon royaume n’est pas de ce monde ;
si mon royaume était de ce monde, mes ministres auraient lutté pour que je ne sois pas
livré aux Juifs, mais mon royaume n’est pas d’ici. »
À d’autres
occasions, Jésus-Christ est revenu sur la question de son origine et n’a pas hésité à préciser
qu’Il n’est pas de notre monde, et qu’Il a quitté son monde pour descendre dans le nôtre afin de
nous libérer de l’ignorance et de nous conduire vers la Vérité. Sans la Vérité universelle,
le jugement critique de l’intelligence n’a pas le pouvoir de se forger un avenir dans
un monde soumis à la loi de la mort. Car la liberté ne s’exerce que
lorsque la pensée a le pouvoir de juger et de choisir l’orientation de sa
vie. Sans cette Vérité universelle, l’avenir de la vie est laissé au hasard, aux
circonstances, aux coïncidences, au karma, au chaos créateur de la perfection
suprême, c’est-à-dire à la plus grande des erreurs dans le monde des chimères.
La Vérité
universelle est divine à la fois parce que Dieu l’a faite sienne, et s’est fait une seule chose
avec la Vérité, « JE suis la Vérité », et parce qu’elle est universelle en soi.
« Tu es poussière
et tu retourneras à la poussière » était la Loi du Cosmos depuis l’Éternité des
éternités. La Vie et la Mort étaient les deux faces de cette Réalité
cosmologique que nous appelons « La Non-Création ». La Non-Création a pris fin, la Création s’est
accomplie. La Mort et la Vie ont été séparées. La Vie a été élevée au rang de Nature
existentielle du Créateur.
Dieu ne s’est pas
seulement fait une seule réalité avec la Vérité universelle, il a également accueilli en son
sein la Vie : « JE suis la Vie ». Telle est Sa Gloire. Sa Liberté créatrice n’a pas
de limite, son Omniscience élève Sa Force jusqu’à la Toute-puissance et l’Omnipotence.
Car, comme nous le savons tous, le Pouvoir qui naît de la force sans l’intervention de
l’Intelligence trouve sa fin dans la destruction. Nous en
sommes tous témoins.
Non
seulement Dieu a-t-Il voyagé jusqu’au cœur des étoiles, des galaxies, de la
Vie et de la Mort, s’épanouissant dans toutes les sciences, devenant Omniscient.
La dernière étape qui a consacré YAHVÉ DIEU comme LE CRÉATEUR, Cause physique du Nouveau
Cosmos, a été de ne faire qu’un avec cette Sagesse dont Il nous
dit : « J’ai été formé, et il n’y en aura pas d’autre après moi ». Car celui qui est formé ne
se forme pas lui-même ; d’où l’on comprend que, lorsque Dieu dit « Faisons l’Homme
à notre image et à notre ressemblance », Adam était fils de Dieu, tout en
comprenant que, en rejetant Dieu comme Maître de son Esprit, l’homme doit
se tourner vers les bêtes pour définir son existence, tout comme Charles Darwin l’a fait
en définissant l’Humanité par le Pouvoir de Destruction, dont le fruit fut
le cannibalisme monstrueux du XXe siècle, qui prétend se frayer un chemin en ce
siècle, et qui se heurtera à cette Sagesse incréée qui a étendu sa Gloire sur
Dieu et a déposé entre ses mains les trésors infinis de la Science de la Création
des univers et des mondes. Cette même Sagesse qui a formé le Dieu unique de la
Non-Création, et a laissé entre ses mains la Victoire que Lui seul pouvait remporter :
la Création de l’Arbre de la Vie Immortelle ; cette même Sagesse, qui a incarné en
une Femme la Nature de la Relation Éternelle entre Elle et Dieu, est devenue son
Épouse. Et d’Elle, Il eut un Fils. Et ce Fils fut celui qui vint de son Monde vers le
nôtre pour engendrer en nous l’Homme à son image et à sa ressemblance, d’où
notre appellation d’enfants de Dieu.
Dans l’
Histoire universelle divine de Jésus-Christ, j’ai développé le thème de l’origine de ce
monde d’où est venu le Fils de Dieu. J’ai rappelé, dans la mesure du
possible, ses chroniques, et j’ai retracé le parcours de ses guerres jusqu’au point où elles
nous concernent directement.
Je crois
avoir dit alors que Dieu a créé le Monde d’où il nous a envoyé son Fils
pour qu’il soit sa Maison, sa Patrie, son Pays, sa Propriété, son Paradis. Et il l’a créé à sa
mesure. Pour frontières, il lui a donné l’Aube qui vole sur les ailes de l’Infini ; pour
avenir, il lui a donné le Matin qui se lève toujours et vit éternellement dans les yeux de
l’Éternité. Autrement dit, il l’a créé à l’image et à la ressemblance de l’Idée qui vit dans son
Esprit concernant la Nature et la Constitution du Nouveau Cosmos qu’il s’est apprêté à
ériger immédiatement après avoir achevé la création de sa Maison.
L’Idée
du Cosmos que Dieu avait à l’esprit avant de se pencher sur la Réalité universelle
peut être définie par deux caractéristiques principales. Premièrement, l’expansion ad infinitum
de ses frontières ; et deuxièmement, l’évolution ad eternum de son
avenir.
Résolu
à donner un centre géographique au Nouveau Cosmos, Dieu a donné à ce centre un
corps, l’a doté d’une nature propre, avec sa spécificité singulière,
unique et irremplaçable.
Né
pour être le cœur géographique de sa Création, Son Monde, le point d’
intersection entre les deux vecteurs incréés, l’Infini et l’Éternité, il a doté son
corps de l’indestructibilité naturelle propre à son Être. Son Monde, sa Maison, son
Paradis. YAHVÉ Dieu a toujours été un nomade dans l’Éternité, un aventurier dans l’
Infini. Et il s’est créé ce qu’il n’avait jamais eu, son Monde, et il l’a créé sans limites de
moyens ni manque d’imagination.
2
Et ainsi fut
fait.
La manière dont
Dieu a créé son Monde n’a pas d’importance. En ce qui concerne la création de notre Univers, le
« comment » a quant à lui de l’importance. Dans l’Introduction à la cosmologie du XXIe siècle, j’ai abordé ce
sujet. Dans l’Histoire de Jésus-Christ, j’ai dit que nous aurons bientôt toute la vie éternelle
pour connaître ce monde dont nous traitons ici l’origine. Ce qui m’amène à
réaffirmer ce que j’ai déjà déclaré ailleurs, à savoir qu’il y a des choses qui relèvent
de notre sphère de connaissance et d’autres, comme la naissance du Fils et
du Père en Dieu incréé, qui échappent à la compréhension de notre
intelligence.
Alors,
Dieu éleva dans le cœur de son Monde une montagne. Et à son sommet, il éleva une
ville. Mais sachant que ce ne sont pas douze murs qui font une Maison, mais ceux
qui y vivent, il rêva de Frères, d’Amis, d’Enfants. Telle est l’origine des
dieux du Ciel.
3
Création
du Cosmos
En réduisant
à une vitesse infinie la durée d’existence des galaxies qui entouraient son
Monde, YAVÉ DIEU transforma les galaxies en énergie lumineuse, créant ainsi une explosion
de feux d’artifice de nature cosmique, que nous avons convenu d’appeler Big
Bang pour des raisons de simplicité communicative.
Comparons
cette conversion à la transformation d’une galaxie en un canon à faisceaux d’
énergie microphysique traversant des champs « d’espace-temps » à une vitesse
« infinie ». La différence entre la vitesse initiale, égale à celle de la lumière,
et la vitesse infinie, vers laquelle la matière élémentaire est dérivée dans un champ d’espace-
temps, transforme cette différence en masse. De toute évidence,
la transformation de l’énergie cosmique en matière stellaire ne s’étend pas jusqu’à
l’infini en raison de la limite d’implosion astrophysique naturelle imposée à ce processus
cosmologique de création de matière à partir de l’énergie créée par la
matière elle-même.
Il y eut un
Big Bang originel, d’entrée, et un autre de sortie (réduction de la matière
astrophysique en énergie cosmique, et transformation de l’énergie cosmique créée en
matière astrophysique). Et ce processus créateur se répète aux confins du
Cosmos, d’où le fait que les astrophysiciens continuent de découvrir sans cesse de nouvelles
galaxies et de nouveaux amas galactiques.
YAHVÉ DIEU
a des Témoins de cette Création. Ainsi que de la Destruction de l’Ancien Cosmos ;
ses Frères, les dieux de Yahvé et de Sion, sont ses
Témoins. Mais ce sujet a été relaté dans l’HISTOIRE DIVINE DE JÉSUS-CHRIST.
4
Les
dieux anciens
Au fil
du temps, le Ciel s’est transformé en Royaume, le Royaume s’est
transformé en Empire. La Maison de Dieu s’est remplie d’enfants, chacun d’entre eux étant roi
de son peuple. Une fois l’Univers créé, Dieu sema la graine de l’Arbre de la
Vie dans ses eaux, et de ses profondeurs, la Vie lui conçut un Monde, deux
Mondes, trois Mondes, quatre Mondes, et jusqu’à cinq Mondes furent créés
avant le sixième jour de la première semaine de la Création. Le sixième jour, Dieu créa l’
Homme.
Telle est
l’origine des enfants de Dieu, les dieux de la nuit des temps.
5
Le berceau
de l’Homme.
Il y eut
cinq mondes que Dieu créa et transféra de leurs lieux d’origine dans l’
Univers vers son Monde, vers son Paradis. L’Homme n’avait pas encore été créé. Et
l’idée de l’Homme n’existait pas encore dans l’Esprit du Créateur.
À ceux
qui se demandent s’il y a de la vie dans l’Univers, nous répondrons que oui ; nous sommes là. À
ceux qui se demandent s’il y avait de la vie avant nous, nous répondrons de même : oui, nous
n’avons pas été les premiers et nous ne serons pas les derniers. Si alors on nous demande sur
quelle étoile, dans quelle partie des Cieux résident ces autres Peuples de l’Univers,
nous répondrons qu’ils ont leurs Demeures dans le Monde que Dieu s’est construit pour lui-même,
celui qui se trouve au-dessus et au centre de sa Création, le Monde d’où Jésus est descendu et
vers lequel Jésus-Christ est retourné. Nous aussi, nous aurons notre demeure dans ce
monde, et là-haut, nous nous reverrons tous et partagerons la vie éternelle pour
laquelle nous avons été créés. Cependant, l’actualité nous y oblige, et nous revenons donc de l’avenir
vers le passé, vers les jours où l’Enfer a semé la graine de la guerre au
Paradis.
Il y eut
deux guerres universelles qui ravagèrent le Paradis, mais le Ciel ne fut jamais
conquis. Les grandes batailles pour le trône du Roi des rois et Seigneur des
seigneurs sont consignées dans le Livre de la Vie ; ses pages décrivent comment
les Frères et les Fils de Dieu sont restés fidèles à la Couronne de l’
Unique-Né, ont anéanti la force du Dragon, l’Axe des Rebelles, et, en brisant
le Sceau de la Fidélité, les éléments mêmes de la Nature du Ciel se sont
mis au service de leurs Bras, beaux, invincibles, sages et puissants. Comme
celui qui emprunte à l’éclair son éclat et, les yeux brillants de ses
reflets, avance contre les ténèbres, ou comme celui qui fait de sa
gorge la tente du tonnerre et transforme le ciel de sa bouche en firmament où galope le
cheval des vents, ou comme celui qui, à l’aide d’un fouet, emprunte au rayon son
mystère et, de ses cordes électriques, frappe le dos de la Bête, ainsi, ainsi fut
la contre-attaque massive et fulgurante des Frères et des Fils de Dieu
contre les armées de l’Enfer qui, menées par Satan, en l’absence de Dieu,
se soulevèrent contre son Empire.
À deux reprises,
le Dragon fut vaincu et capturé ; et autant de fois, les
Rebelles furent pardonnés. Car, dans son amour de Père, Dieu crut qu’avec le temps, ses enfants
rebelles changeraient et qu’à mesure qu’ils grandiraient et mûriraient, cette tendance à faire la
guerre s’éteindrait. Mais voyant que les événements survenus l’obligeaient à prendre
des décisions révolutionnaires : le sixième jour de la première semaine de la Création
de l’Univers, Dieu conçut l’Homme dans Son esprit.
CHAPITRE 2
6
LA CRÉATION
DES CIEUX
Il arriva donc
que Dieu engendra à partir de son Être ; et dans la Paternité, son esprit et son cœur trouvèrent le
bonheur parfait. Il présenta son Fils aux dieux, et ceux-ci l’adorèrent.
Finalement,
Dieu commença à créer notre Univers. Les galaxies mirent leurs champs d’
étoiles au service de leur Seigneur ; depuis les sommets de leurs chaînes de montagnes, des fleuves de
soleils se frayèrent un chemin à travers les plaines sidérales. Telle une personne qui, à un courant
impétueux, frais et joyeux, ajoute en tête de machine un front d’onde
gravitationnelle, ces lits lumineux commencèrent à descendre depuis les hauteurs des
galaxies de l’Amas local.
Telle est
l’origine de l’Univers. Telles des cordes gravitationnelles entraînant un train de
soleils, de toutes tailles et de toutes couleurs, ces fleuves d’étoiles
se sont déversés dans l’océan de nos Cieux. C’est ainsi que notre Univers a été créé.
Nous comparons
les galaxies à de hautes chaînes de montagnes contre les sommets desquelles un canon gigantesque
tire des obus colossaux jusqu’à faire jaillir de leurs profondeurs des rivières d’
eau lumineuse. Nous dirigeons à présent ces rivières vers un lit marin créé pour
recueillir ce volume d’eau provenant de différentes chaînes de montagnes. Ce
processus correspond à l’événement que les fils de Dieu ont vécu lors de la Création
de nos Cieux.
Si
nous comparons maintenant les galaxies à des ballons chauds qui, lorsqu’on les perce,
projettent une partie de leur air, et que nous mélangeons ces processus, nous obtenons des cordes
gravitationnelles servant de lits à des rivières d’étoiles se jetant dans un
lit préalablement aménagé pour accueillir en son sein ces rivières d’étoiles.
YAHVÉ DIEU
crée le Lit gravitationnel et perce les galaxies d’où émergent les fleuves d’
étoiles qui font crépiter les espaces et vont se jeter dans la Mer d’Énergie
Gravitationnelle dont il se nourrira pour l’éternité. Spectacle merveilleux,
jamais vu par aucune créature, spectacle divin auquel nous avons été invités
par YAVÉ DIEU, comme nous le lisons dans l’Évangile de son Fils : « Et il accomplira des œuvres plus grandes
que celle-ci, de sorte que vous en serez émerveillés ».
7
Création
de la Terre
En tant que
Père, YAVÉ DIEU considéra que, s’il n’ouvrait pas la Création à ses enfants, avec le
passage du Temps, ceux-ci pourraient croire que leur Paradis n’est rien d’autre qu’un zoo
dans lequel ils ne sont qu’une espèce parmi d’autres, une espèce intelligente mais une espèce animale
après tout. Enfermés dans les limites du Paradis, et apparemment
enfermés entre ces murs pour l’éternité, Dieu a voulu bannir de la
pensée de ses enfants un tel avenir. Ainsi, YAHVÉ DIEU a révolutionné son
propre Monde en ouvrant à tous ses enfants l’Acte de la Création des Mondes et des Univers, réservé
jusqu’alors à son FILS JÉSUS.
Le
spectacle de la Création suivit son cours.
Une fois
nos Cieux créés, Dieu ouvrit la Navigation à travers l’Océan des Galaxies.
Ce qui est impossible à la Créature, naviguer à travers la forêt des galaxies,
car l’approche à vitesse divine crée une Forêt où les arbres s’
ouvrent pour laisser passer et se referment une fois que le navigateur a poursuivi son chemin, c’est ce
ont vécu les fils de Dieu. Seul YAHVÉ DIEU, pour qui l’Infini est
son Univers, a le Pouvoir d’atteindre les confins du Cosmos et de revenir au
point de départ sans se perdre sur le trajet aller-retour. Des galaxies qui
courent, volent, se rejoignent, se séparent… Un spectacle merveilleux,
indescriptible, inoubliable. Et à la fin de ce Voyage : « les Ténèbres qui
recouvrent la surface de l’Abîme », dont les fils de Dieu connaissaient l’existence par la
bouche des Fils du Ciel. Car nous, tous les fils de Dieu, avons été créés
en dehors du Monde que Dieu s’est créé pour en faire son Paradis, mais Dieu a créé ses
Frères à partir de la Glue du Ciel.
Les
Frères de YAVÉ DIEU ont dit aux enfants de Dieu qu’une fois créé le Big
Bang originel, le Premier-né des dieux, YAVÉ, le SEUL VRAI DIEU,
a détruit l’Ancien Cosmos, réduit d’innombrables galaxies en poussière, fait des
espaces infinis un abîme recouvert de nébuleuses de poussière et de pierre, recouvrant
la surface d’un abîme privé de toute énergie. C’est au-dessus de cet abîme que le
Nouveau Cosmos s’étend jusqu’à l’infini pour l’éternité, absorbant toute la
matière nébulaire issue de la destruction de l’Ancien Cosmos.
Une vision
bouleversante pour celui qui se sent soudain précipité dans les profondeurs de
ce cimetière sans fond où repose un Cosmos : voilà l’Enfer, « où il y aura
des pleurs et des grincements de dents ».
YAHVÉ DIEU
a conduit ses enfants au-delà des frontières du Nouveau Cosmos, d’où
sa Création ressemble à un océan débordant de tous ses
côtés, dont les vagues créatrices s’étendent sur l’Abîme comme un tsunami
tout-puissant.
Alors,
Dieu dirigea un faisceau d’énergie lumineuse vers le champ créateur qu’IL avait Lui-même
étendu dans les Ténèbres, et commença le voyage de cette énergie vers la matière,
dont le produit final fut l’implosion astrophysique qui donna naissance au Soleil,
aux planètes et aux satellites que contient notre Système.
Quelle merveille
pour les yeux et quelle joie pour l’intelligence ! Leçon d’omniscience créatrice et
révélation en direct de la nature du Créateur, à ne jamais oublier.
YAHVÉ EST DIEU. IL A CRÉÉ LA LUMIÈRE ET LES TÉNÈBRES.
En
chemin, Dieu a voulu leur montrer l’origine physique de la Création, ainsi que le lieu d’
exil où seraient précipités ceux qui ravageraient à nouveau leur monde avec le feu de
la guerre.
Cela
fait, le Système solaire créé, YAHVÉ DIEU a mis à l’écart une planète de sa famille, l’a
abandonnée dans les ténèbres comme on se débarrasse d’un corps sans avenir, et
a transféré le Soleil et son Système dans les Cieux. Ici, au sein d’un milieu
astrophysique, même sans carte de navigation interstellaire, Dieu ouvrit au Système
Solaire son propre champ de mouvement au sein d’un amas stellaire ouvert.
La
localisation de notre Système solaire au sein d’un univers de type amas
globulaire serait impossible pour tous les enfants de Dieu une fois hors des
Cieux.
C’est
ce que fit soudain YAHVÉ DIEU. Dieu ouvrit à nouveau la navigation à travers la
Forêt des Galaxies en direction de l’Abîme Extérieur où il abandonna
cette planète, à l’origine un déchet, tel un avorton produit pendant la
gestation du Système solaire.
8.
La Lumière.
Dieu créa
notre monde en faisant émerger du sein des eaux de l’océan stellaire les
Cieux. Puis il créa la Terre. Mais il y eut d’abord l’Idée.
Dans son
omniscience, le Créateur ne fait rien sans avoir d’abord tissé dans son intelligence l’
édifice à construire. Il planifie d’abord, décide, trace des lignes, calcule, surmonte
les problèmes, résout les inconnues, visualise en mouvement virtuel le but vers lequel tend son
projet, se laisse guider par sa sagesse, puis passe à l’action. Il s’appuie sur
son expérience pour garder le contrôle de tous les processus. Si, en cours de
route, un élément semble lui échapper, il agit en
conséquence, improvise, prend les décisions qui s’imposent et, sans dénaturer l’Idée,
maintient le mouvement dans la direction initiale établie.
Ainsi,
Dieu créa la Terre aux confins du Cosmos, loin du Ciel et des
Cieux, dans les Ténèbres. Il donna à la Terre pour époux le Soleil et pour frères et
sœurs les Planètes.
Le Soleil,
la Terre et la Lune, ainsi que toute la famille planétaire, furent créés à partir d’un seul noyau.
Une fois la
famille solaire créée, Dieu abandonna la Terre dans les Ténèbres, dans une solitude si
totale et absolue qu’elle en vint à se sentir « confuse et vide », comme nous le raconte
Dieu dans son Livre. Car il arriva que, contre toute attente, lorsqu’il se rendit à la
Terre à laquelle il avait fait toutes ses promesses d’avenir, son mariage avec le Soleil
scellé dès l’Origine même, scellé par des baisers dans le berceau, Dieu emmena
toute sa famille loin, très loin de l’Abîme recouvert par les ténèbres, et l’
abandonna, elle, la Terre, à la merci des forces de l’Abîme. L’obscurité
glaciale d’une solitude invincible s’insinua dans les os de la Terre, et de
froid, ses dents claquèrent.
Hélas, la
Terre, née parmi les promesses de maternité à la lumière des rires, des applaudissements et
des exclamations des enfants de Dieu. Belle dans sa nudité, magnifique dans sa petitesse.
Hélas, le rêve conçu pour elle, comme celui de l’enfant qui vit du rêve de sa
mère tandis que ses os et sa chair se tissent dans ses entrailles. Hélas, ce rêve-là.
Le froid lui a gelé les os, les vents qui parcourent les Ténèbres
ont secoué sa chair tremblante. Hélas, mon rêve, hélas, ma vie, mon Dieu m’a quitté
et m’a abandonnée dans les Ténèbres sans personne pour me défendre ! Pourquoi m’as-tu
abandonnée, mon Dieu ? Pourquoi m’as-tu promis l’océan, pourquoi m’as-tu fait rêver
de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud, pourquoi m’as-tu imaginée mère de tant d’
enfants, mes mains ailées, mes cheveux couronnés d’un diadème de nuages chargés
de vie, mes pieds de neige respirant le printemps sur des vallées verdoyantes, pourquoi m’as-tu
nourrie de miel si tu m’avais destinée à me nourrir de ce poison amer et
épais ? Hélas, je meurs, hélas, je préfère la mort à une vie sans ton rêve.
Ainsi,
lorsque son Grand Esprit revint la chercher, « la Terre était confuse et vide »,
car son Créateur n’apparaissait nulle part. Lorsqu’il revint, la Lumière se
fit. Il en fut ainsi.
Le Fils de Dieu étendit
le champ de forces qui entoure la Terre, et sa surface se
transforma en une mer de lave vivante. Nous parlons ici de la fusion de la croûte
primaire de notre planète. Des entrailles de cette mer de lave vivante surgit
l’atmosphère primitive. Finalement, la croûte terrestre se refroidit et cette
atmosphère se transforma en une couche de glace qui recouvrit toute la sphère
de notre planète, du pôle Nord au pôle Sud. Cette couche de glace est « la lumière »
du Verbe du premier jour de notre Création.
Telle est
l’origine de l’échelle des éléments naturels. (Dans l’Introduction à la
cosmologie du XXIe siècle, le thème de la physique créatrice de la biosphère est abordé
avec toute la profondeur qu’il mérite).
Telle est
l’Histoire de la Terre.
9
Le
Firmament.
L’étreinte
du Tout-Puissant. Ô, la chaleureuse étreinte du Tout-Puissant. La chaleur de tes
muscles, ô Dieu, est la chaleur du premier baiser entre les époux vierges, la
chaleur du premier mot du père à son bébé ; enveloppe-moi de ton souffle, mon Dieu
mon Dieu… Ah, la Terre, combien de vers, combien de lignes a-t-elle écrits dans sa solitude,
chacune comme une colombe blanche traversant les eaux à la
recherche du rameau d’olivier qui maintiendrait vivante l’espérance de Noé. Sa
joie, son cœur emballé, son pouls effréné, ses nerfs vibrants le jour
où la lumière du Grand Esprit de son Créateur a brillé de mille feux, traversant le
champ des galaxies à la vitesse de Sa pensée ! Sa Voix chaleureuse, Son Verbe
tendre, hélas, frères et sœurs, je meurs d’envie d’arroser mes oreilles du baume
de l’écho de Ses cordes, quand Sa Parole brise le Silence.
Et ainsi
fut-il. Le Grand Esprit revint, le Fils de Dieu l’enlaça, la couvrit de baisers,
lui parla, et sa confusion disparut aussitôt.
Enveloppée
dans ce Manteau de Glace forgé à des températures bien en dessous de zéro absolu, Manteau de
Glaces issu de la fusion de l’écorce primaire et de la sublimation de l’
atmosphère primitive qui en a résulté, Dieu sépara la Terre des Ténèbres et l’
introduisit dans les Cieux. Il la conduisit à la rencontre du Soleil. Dans la chaleur de cette
rencontre, la glace fondit et se transforma en air et en eau.
Sous le
firmament qui séparait les eaux situées sous le firmament des eaux
situées au-dessus du firmament, deux blocs de glace ont commencé leur retraite
vers les pôles Nord et Sud. Et depuis lors, le firmament est toujours là,
séparant les eaux des mers de tous les jours des eaux gravitationnelles
qui remplissent l’espace extra-atmosphérique.
Le
Firmament dans le Verbe de la Genèse est l’atmosphère issue de cette
création. Firmament que le Fils de Dieu a appelé « ciel », le ciel de tous les
jours, bleu, rouge, blanc, jaune, orange, violet, pourpre. Firmament dont
nous aurons l’occasion d’explorer l’architecture, et dont nous abordons
sa genèse, en laissant pour plus tard les fondements de la biosphère, fondements
qui doivent nous conduire à la définition des éléments constitutifs de l’
écosphère.
10.
La main
de Dieu.
Elles continuèrent
à descendre sous le soleil, les eaux de l’océan mère. Et elles continuèrent à descendre jusqu’à
atteindre le niveau des mers. Alors, lorsque les eaux se retirèrent pour
laisser la Vie suivre son cours, l’empreinte de la Main créatrice resta
gravée dans la pierre des dorsales océaniques, et sur la surface de l’
empreinte de ses cinq doigts, l’arbre des espèces enfonça ses racines.
Telle est
l’origine de la vie sur Terre.
11.
Le monde
des oiseaux.
Les mers
se sont remplies de créatures, si nombreuses qu’elles ne pouvaient tenir dans l’immensité de ces
eaux qui entouraient le monde.
Le niveau
des eaux situées sous le firmament continua de baisser, et par conséquent, la
pression d’augmenter. Alors, l’Arbre de vie franchit la frontière entre l’
eau et l’air, et le firmament des cieux se remplit de créatures dotées d’ailes et de
becs.
D’autres
branches touchèrent la terre ferme, passant directement de l’eau à la terre ; mais le monde appartenait
aux oiseaux, qui pondaient leurs œufs sur le sol et s’étendaient vers l’intérieur des terres
jusqu’aux confins des chaînes de montagnes. Ainsi, lorsque les amphibiens commencèrent à
s’enfoncer au-delà des rives et se nourrirent d’œufs d’oiseaux
préhistoriques, la nécessité de surveiller leur territoire a donné lieu à la transformation
révolutionnaire des ailes en bras.
Telle est
l’origine de tous les animaux qui mettent bas.
12.
Les fils
de Dieu.
Les pères
des hommes et leurs familles grandirent dans les forêts, depuis les confins desquelles,
à la lisière du monde des dinosaures, ils virent les dieux descendre du ciel. Les fils
de Dieu se distinguaient des autres créatures car ils marchaient sur leurs
jambes. Et le pouvoir que leur parole exerçait sur toutes les bêtes était très
grand. C’est alors qu’un instinct unique en son genre s’éveilla chez les hommes, celui de l’
intelligence, et ils trouvèrent dans leur capacité naturelle à imiter les dieux la
voie menant à la domination du monde. C’est à cette époque que les fils de Dieu
adoptèrent les hommes comme disciples.
13
Mésopotamie.
Le pays du paradis terrestre.
Dieu
donna à chacun de ses fils, « qui n’étaient pas issus de notre création », une zone d’influence
sur Terre. Selon le Sceau que chaque peuple avait reçu de son précepteur,
la formation des cinq peuples originels dont descend toute l’humanité
donnerait naissance à cinq cultures différentes. Le Projet Divin consistait à
unifier ces cinq cultures en une seule, d’où émergerait la conception d’
un royaume mondial, patrie originelle de tous les futurs peuples du genre
humain. La couronne de ce royaume serait donnée par Dieu au Premier Homme qui l’
appellerait Père, et personne ne pourrait s’octroyer ce pouvoir.
Ainsi,
ce processus de formation des peuples de la Terre, déjà en cours, les a amenés, venant de
différents endroits, à se rencontrer en Mésopotamie, c’est-à-dire en Irak à l’époque
d’aujourd’hui, un nombre indéterminé de familles. Elles créèrent une société, bâtirent
des villes, établirent une constitution sociale. Mais elles ne s’accordèrent jamais le pouvoir
de se choisir un roi et d’entreprendre par elles-mêmes l’œuvre d’unification de tous
les peuples de la Terre en un grand royaume. C’est Dieu qui le donnerait.
14
Adam et
Ève.
Et il l’a fait.
Poussé par le Dieu des dieux, un jeune
citoyen de cette Première Mésopotamie quitta sa maison et sa famille. Son périple s’acheva dans un coin vierge
de cette terre arrosée par quatre fleuves.
Dieu
donna un nouveau nom à son élu : Adam. Et là, il lui révéla l’avenir
de l’humanité tel qu’il l’avait tissé dans son esprit grâce à sa prescience.
En dehors de l’
Éden, la voix du Grand Esprit avait diffusé le message. L’élection divine avait
eu lieu. L’entrée du roi dans l’Histoire n’était qu’une vision éphémère
.
Telle est
l’origine d’Abraham, père d’Israël.
15
Le talon
d'Achille d'Adam.
La
société humaine originelle n’était pas fondée sur la propriété, le
mensonge ou la conquête du pouvoir. Tout appartenait à Dieu, et ses prêtres
entreposaient le fruit du travail dans le Temple pour le distribuer selon les
besoins des familles.
La
parole d’un homme faisait loi. L’homme, à l’image et à la ressemblance de son Créateur, ne
parlait jamais en vain.
C’est là
que résidait la force de l’Homme aux yeux de son Créateur, dans cette innocence
qui le poussait à croire en la parole de son prochain comme s’il s’agissait de la sienne
propre. Jusqu’à ce que vienne le fils de la perdition et transforme cette force en cible
pour la flèche infaillible de sa trahison.
16.
Plus dure
serait la vengeance.
Hélas ! Malheur
au Serpent lorsque le Père de cet enfant reviendrait. Le Dragon serait
banni hors des limites de la Création, là où le
non-être vit une mort qui ne vient jamais, ni ne s’en va. Ses plans visant à contraindre le
Grand Esprit à transformer le paradis en un monde de dieux au-delà du bien et
du mal étaient voués à l’échec le plus total.
En Dieu,
le Père et le Juge ne font qu’un. La justice et l’amour sont les deux bras
de son Grand Esprit. Que celui qui aime l’enfer aille en enfer ! Béni soit Dieu et son
saint esprit de justice. Il ne peut supporter la vision de tout ce que nous avons
vu et entendu, et c’est pourquoi la Création tout entière attend avec impatience, rêvant du
Jour de la gloire de la liberté de ses enfants, où, à la tête de sa Maison, le Roi
du Paradis se dressera contre ce que l’Enfer a semé parmi les enfants de la
Terre.
Dansez,
guerriers, la danse de la victoire en l’honneur de l’Invincible. Applaudissez,
vents du Nord, parcourez les mers avec la nouvelle, vents de l’Ouest,
portez le cri de l’espoir à ceux qui vivent dans les ombres de l’Est :
Le Roi arrive, entouré de princes qui brillent comme des soleils, l’armée du
Paradis de Dieu chante à nouveau à la fin de la Nuit.
Oui, enfants
de la Terre, malheur aux rebelles pour la troisième fois, car ils ont comblé la coupe de
la patience divine ; dans leur folie, ils ont voulu transformer l’eau en poison. Le Grand Esprit a alors juré
qu’il ne retirerait pas son épée tant que sa lame ne serait pas tombée
sur la tête de l’assassin et de ses complices maudits. Il jura sur son honneur et sa
gloire qu’un enfant né de cette Ève hériterait de son épée, celle du Grand
Esprit, et qu’avec elle s’accomplirait la Parole de Dieu : « Il t’écrasera la
tête ».
Ne voyez-vous pas,
enfants du Grand Esprit, la vision qu’eut le Guerrier Éternel ? Quel bras
issu de la boue pourrait soulever dans son poing l’épée du Héros des
galaxies qui parcourent joyeusement l’infini ? La réponse est en vous, car
il était parmi nous : le Bras de Dieu, le Bras de son Fils.
En contemplant la
vision de son Père, Adam se leva du sol et dansa sur les décombres de son
désespoir la danse des héros en l’honneur du Champion que le Grand Esprit
avait choisi pour les enfants de la Terre.
Telle est
l’origine du Christ.
17
À l’Est
de l’Éden.
Dans l’
amertume du désespoir qui lui déchira l’âme et lui déchira l’esprit, Adam
vit l’histoire de l’humanité, depuis le fratricide jusqu’à la dernière bombe qui
fit exploser la Terre et la réduisit à des montagnes de pierre se dissipant dans la fumée
des étoiles. Les horreurs dont il fut témoin l’effrayèrent à tel point qu’il lui
sembla impossible de croire que son Dieu et Père puisse permettre une telle tragédie.
Il s’est
alors avéré qu’Adam ne s’était pas trompé.
Dieu
ressentit la trahison de Satan comme un coup de poignard dans le dos, comme un coup de lance
en plein cœur. Son élu étant mort, la Terre était à la merci d’un Dragon
fou de vouloir imposer son empire d’un bout à l’autre du monde, mais grâce à son
omniscience et à sa toute-puissance, le Serpent Ancien venait de signer son
arrêt de bannissement ad eternum du Ciel, de la
Terre et du Cosmos tout entier. Pour sa gloire, un fils de ce même Adam
s’élèverait jusqu’aux nuages, lèverait le bras et ferait tomber le marteau de la
vengeance sur la tête de l’assassin d’Adam.
Adam et
Ève furent eux aussi bannis loin de leur patrie. Là où personne ne pourrait
les trouver et où l’Enfant de la Prophétie serait tué. C’était comme si la terre les avait
engloutis. Dieu les cacha de la colère de leurs frères parmi les
peuples des montagnes, habitants des grottes, ces montagnards chasseurs de
fourrures de l’Est.
Voici
l’arbre généalogique des fils de Noé.
18.
La
première guerre civile mésopotamienne.
Immédiatement
après la Chute, les Cités très anciennes, Ur, Lagash, Kish, Umma… se
donnèrent des rois, et chaque roi se lança dans la réalisation de l’utopie du royaume
universel en recourant à la force.
Les
anges rebelles ouvrirent la boîte de Pandore, firent de notre monde leur champ
d’action, et la longue portée de leurs tentacules s’étendit à toutes les nations.
Elle s’étendit également à Caïn, qui tua Abel dans une tentative désespérée de contraindre
Dieu à lui accorder la gloire du Vengeur.
Réconfortés
par la Sagesse, Adam et Ève éduquèrent Seth dans la doctrine messianique des
patriarches. Personne, sauf Dieu lui-même, ne connaissait le moment de la naissance du
Fils de l’Homme.
Lorsque
ces premières guerres fratricides prirent fin, les fils de Seth retournèrent dans
leur patrie perdue et apprirent à vivre avec les autres familles sur un pied d’égalité,
sans jamais oublier l’état de guerre déclaré entre le Ciel et l’
Enfer, ni le rôle qui leur avait été attribué dans cette confrontation.
Le premier
homme à avoir appelé Dieu « Père » fut Adam ; mais Adam n’allait en aucun cas être
le dernier que Dieu appellerait « Fils » devant toute sa création.
Telle est
l’origine mythologique du roi David
19.
Vers le
déluge universel.
Les
chroniques connues concernant la période de la chute des cités-États et l’ère
antérieure au Déluge nous sont transmises sous une forme énigmatique dans les archives
découvertes sur les sites archéologiques du Moyen-Orient. Elles évoquent des
chroniques royales, l’origine divine de la royauté. Elles concordent avec la Genèse
hébraïque concernant l’événement du Déluge.
D’après ce que
l’on peut déduire de l’histoire de ce monde de mythes et de héros, les cités-États
ont acheté la paix à un prix très élevé. La Force par la Loi a remis à l’empire
des dieux anciens le sceptre des Quatre Régions. Ces dieux
maléfiques et maudits qui semèrent la zizanie de leurs mensonges d’un bout à l’
autre du monde, sans crainte, sans honneur ni honte dans leurs entrailles, ne se contentant pas
de lui avoir déclaré la guerre à celui qu’ils continuaient d’appeler Père, l’
ont offensé à l’infini en bafouant une loi sacrée, inviolable, contre le
crime insupportable, son Grand Esprit endura en silence l’indicible. Mais
ravalant sa fierté, le sang bouillonnant dans ses veines, le Guerrier Divin supporta la
souffrance, emmagasinant dans son âme le feu dans lequel brûleraient éternellement
ces démons pervers et maudits.
Car si
un père, par amour pour un fils, permet à ce fils de tuer ses autres frères, ce
père est le démon malfaisant et pervers dont le sein a engendré un fils aussi malfaisant.
Loin de la Paternité Divine, un tel comportement criminel !
En silence,
les dents serrées, les nerfs à vif, Dieu a souffert l’indicible le
jour où l’on a bafoué sa loi sacrée interdisant le métissage des races
cosmiques. Lorsque Satan et ses frères maudits s’unirent aux femmes humaines,
celles-ci donnèrent naissance à des créatures mi-humaines, mi-démons qui, leurs
par une immortalité qui leur était refusée, ont semé la
destruction à travers le monde, transformant les terres en un champ de ravages où obtenir
de leurs pères démoniaques, au prix de sacrifices humains, l’immortalité qui
leur était refusée.
Eux,
les héros d’un temps très ancien, furent les fondateurs des religions sanglantes
qui ravagèrent les terres et comparèrent nos pères à des bêtes,
sacrifiant des vies humaines sur l’autel de leurs passions impossibles, à la poursuite
de la source de la jeunesse éternelle. Rendus fous par leur condition ni
divine ni humaine, ils ont semé dans le monde ces guerres et ces violences gratuites
que les Anciens ont consignées dans leurs contes et légendes, quand, par amour pour
une femme, un homme était capable de mettre le feu à toute une ville, comme si, dans
le monde, cette Hélène avait été la dernière femme sur la face de la terre.
Sauvages, monstres issus de semences maudites, les héros d’autrefois
sont nés pour mourir, entraînant avec eux dans la tombe tous ceux qui les
entouraient, comme en témoignent les tombes des Râ et des Amon d’Égypte.
Ne
pouvant plus supporter la présence de ce monde où la bestialité imposait
sa loi, Dieu choisit de mettre fin à cette œuvre, de la détruire et
d’en commencer une nouvelle. Quant à savoir si le Déluge a touché tous les continents de la même
manière et au même moment, c’est une autre histoire. Si tel fut le cas, chaque
peuple l’a subi à sa manière.
CHAPITRE 3
20
De Noé à
Abraham.
Les
datations au carbone indiquent que le Déluge doit être situé vers le
début du troisième et la fin du quatrième millénaire avant Jésus-Christ. La
reconstitution de l’histoire à partir de l’archéologie vient étayer ce témoignage.
Beaucoup
ont échappé au désastre et ont recommencé à zéro. Au cours de ce
processus de reconstruction internationale, les fils de Noé ont joué le rôle du
guerrier qui descend des montagnes vers l’amphithéâtre des vanités babyloniennes. La
structure du mythe akkadien, qui est une copie de celle du mythe hébreu, n’est pas
sans raison que de nombreux historiens ont cru découvrir dans le Gilgamesh du mythe
sumérien le lien juif.
Rappelons-nous
que Dieu a promis aux fils de Noé, en regardant le Fils de l’Homme, l’
invincibilité comme règle.
« Ta
descendance s’emparera des portes de l’Enfer », leur dit-il. Une promesse
merveilleuse et fantastique par laquelle le Père d’Adam réaffirma son serment
de vengeance contre les princes de l’Enfer.
Les
démons maudits, qui avaient autrefois été des anges bénis, célébraient déjà la
destruction du monde et se réjouissaient déjà de la victoire finale sur le « fils
d’Ève », dont ils se moquaient déjà avant même d’avoir vu sa naissance, quand ce Roi
silencieux et inconnu, dont le Grand Esprit ne manifestait aucun sentiment d’
échec, leva la tête et, ouvrant la bouche, à la honte et à la
confusion de ceux qui célébraient déjà la victoire non remportée, répéta son
serment béni : « Le Fils de l’Homme t’écrasera la tête ; danse tant que
tu le peux, maudit ».
Noé et ses
fils descendirent des Montagnes de l’Est en formation militaire. (N’oublions pas
que le guerrier parmi les guerriers, Gilgamesh, est présenté comme étant d’origine montagnarde
dans les textes cunéiformes). Les fils de Noé vécurent dans les villes,
grandirent et se multiplièrent. Le clan d’origine s’étendit dans les villes de
Nippur, Uruk, Ebla, Kish, Lagash, Umma, Ur
À Ur, sous
la IIIe dynastie, vivaient les parents d’Abraham lorsque la folie égocentrique poussa
le roi d’Ur à s’octroyer l’immunité constitutionnelle qui était réservée aux
dieux. Mais retracons dans les grandes lignes la succession de ces
événements.
D’après les
éléments archéologiques dont nous disposons, nous pouvons situer la date du
Déluge à la fin du quatrième millénaire et au début du troisième. La période dite
protodynastique remonte à 2 900. Cette datation nous oblige à
prévoir un intervalle de deux
siècles entre la catastrophe et la renaissance des populations.
La ville
de Kish fut la première à émerger des eaux et à se doter d’un roi. Peu après, la ville
d’Uruk entra dans la danse, enrichissant l’histoire des aventures de son héros
et roi, Gilgamesh.
Après la
mort de Gilgamesh, la ville de Kish reprit le flambeau de l’Empire,
son roi jouant le rôle d’arbitre et de juge des différends entre les villes voisines.
Ce pouvoir passa ensuite à Ur, puis à la ville de Lagash, ce qui nous amène au
XXVe siècle avant J.-C. Il finit par tomber entre les mains de la ville d’Umma, dont le roi,
véritable héros, revendiqua pour lui-même l’empire de l’Éden.
Un empire
qui ne dura que peu de temps pour Umma. Le jeune Sargon,
échanson du roi de Kish, le lui arracha des mains. Sargon se rebella contre son roi, fonda sa propre
ville impériale, Akkad, et c’est depuis Akkad qu’il partit à la conquête du monde.
Il
le conquit.
Ses fils
régnèrent de 2278 à 2193 environ, date à laquelle les Premiers
Barbares s’abattirent sur l’empire d’Éden et étendirent leur anarchie d’un
bout à l’autre des Quatre Régions.
La chute
de l’empire d’Acad redonna le premier plan aux cités classiques, parmi
lesquelles Lagash revint sur le devant de la scène sous la direction du célèbre et
légendaire Gudea. Mais ce n’est pas ce Gudea qui libéra le pays de l’empire
des Barbares, mais la coalition des cités du Sud menée par le roi d’
Uruk, sous la bannière duquel il faut placer les grands-parents d’Abraham.
Il arriva,
donc, qu’après la défaite des barbares Gutis, le chef Utukhegal voulut
se proclamer empereur, ce qui ne plut pas du tout au chef Nammu et à son conseil de princes d’Ur,
qui lui déclarèrent alors la guerre d’indépendance qui s’imposait. C’est sous ce
drapeau, en effet, que l’on peut situer les parents d’Abraham.
Nous
nous trouvons à la frontière entre les deux millénaires, le troisième et le deuxième avant J.-C.
Nous constatons,
cependant, qu’avant la découverte des cités sumériennes perdues, dans
la seconde moitié du XIXe siècle, lorsqu’on parlait de Ninive, d’Ur, de Kish, d’Akkad, de Lagash,
etc., ces cités et leur monde, qui font partie du monde
prophétique de l’Ancien Testament, ces cités et leur monde, selon la
science du XVIIIe et du début du XIXe siècle, n’avaient jamais existé, la Genèse de
Moïse et les livres des prophètes, remontant jusqu’à Nabuchodonosor et au-delà,
étant une pure invention littéraire, un conte de vieilles légendes que les Israélites s’étaient
inventés de toutes pièces, et que les chrétiens avaient repris afin de maintenir dans les
ténèbres, dont la science allait les faire sortir toutes,
en particulier à l’apogée du XXe siècle, date que les scientifiques avaient fixée
comme celle de la mort du christianisme.
Mais à la suite
d’un de ces événements qui n’auraient jamais dû se produire, mais qui se
produisent, une génération de scientifiques fous, comme investis du pouvoir de
Jésus-Christ de ressusciter les morts, se mirent à ressusciter les cités
perdues de Sumer qui, jusque-là, n’étaient que des contes de vieilles femmes.
Les
Sayce, Maspero, Rawlingson, etc., ont fait voler en éclats la dialectique du matérialisme
historique du XIXe siècle grâce à la nouvelle science de l’interprétation des
langues exhumées des tombes : le sumérien, le hittite… où reposaient
Ninive, Ur, Kish, Lagash, Acad… les villes protagonistes de la Liste royale
sumérienne.
Le
rapport entre l'âge des personnages des généalogies bibliques et l'âge
des rois de cette liste a été et reste l'un de ces phénomènes qui laissent
sans voix.
Rappelons-nous :
La couronne
est descendue du Ciel. Eridu fut la cité royale choisie
par les dieux.
Alulim,
(Adam), le premier des rois de la Terre, a régné pendant 28 800 ans.
Dumuzi le
Berger, pendant 36 000 ans.
Ces trois
rois ont régné pendant un total de 108 000 ans. Lorsque Bar Tibirá tomba, la couronne revint à Larsa.
Ensipadzidana régna sur
Larsa pendant 28 800 ans. Peu après, Larsa tomba et Sippar prit le relais
Enmendurana s'empara
de la couronne et régna pendant 21 000 ans.
Sippar tomba à son tour et Churrupag lui succéda.
Ubar Tutu
régna sur Churrupag pendant 18 600 ans.
Huit rois
pour cinq villes sur une période de 241 200 ans. Immédiatement, le
Déluge universel les a rayés de la carte.
CHAPITRE 4
21.
Abraham.
La
structure des faits nous permet de penser que Nachor, grand-père d’Abram, fut l’un des chefs d’Ur qui, sous la direction d’
Utukhegal d’Uruk, libérèrent le pays de l’anarchie dans laquelle l’avaient plongé les
barbares.
Mais
interrompons un instant ce récit pour mettre en évidence le phénomène du temps. On parle de
milliers d’années pour une dynastie et un règne. C’est le même phénomène que l’on observe
dans les généalogies bibliques des patriarches antérieurs à Noé.
Phénomène
qui nous montre deux choses : premièrement, que la méthode de comptage du temps
de ces générations du quatrième et du cinquième millénaire avant J.-C. n’est pas la méthode
que nous avons connue à partir du troisième millénaire et que nous
utilisons actuellement.
Et la
deuxième chose est que : en tirant les conclusions de ce lien, on comprend que le peuple du
premier royaume connu de notre monde, dont la couronne revint à Adam, l’Alulim
sumérien, père de Noé, et les Sumériens formaient un seul et même peuple, dont la
descendance de Noé s’est séparée pour créer sa propre nation.
Cela
dit, revenons à la ligne du temps.
Une fois
les Gutis vaincus par la coalition dirigée par Utukhegal, Teraj, père d’Abram,
s’inscrivant dans cette lignée, participa à la coalition des princes d’Urque sous
la direction de Nammu, qui se souleva contre la tyrannie à laquelle Utukhegal se
livra par la suite.
La
victoire de la coalition d’Ur permit aux fils de Nammu de s’emparer de la
couronne. Une couronne qui ne tarda pas à succomber au paroxysme de la perversité
lorsque son successeur, Shulgi, se proclama dieu sur terre.
Disons
qu’on revint soudainement à l’époque antérieure au Déluge, lorsque les héros
d’un temps très ancien se proclamaient authentiques et véritables fils des dieux et
revendiquaient pour eux-mêmes tous les droits de la divinité. N’est-ce pas leurs
religions et leurs exploits qui ont conduit les nations à la ruine ?
Sous le
règne des fils de Nammu, alors que Shulgi et ses frères régnaient sur Ur, notre
Abraham quitta sa ville natale. Ne pouvant plus supporter cette
égomanie, Abraham quitta Ur. Curieusement, sans rencontrer de résistance.
Les faits
ne laissent guère de place au doute.
Au vu de la
force dont fit preuve par la suite l’armée de soldats-éleveurs sous le commandement
d’Abraham, tout porte à croire que le fils de Térach se trouvait au cœur de la
guerre civile que la divinisation de Shulgi avait déclenchée. Sans l’
intervention de son Dieu, le fils de Térach aurait certainement mené le coup d’
État contre le fils de Nammu. La situation aurait alors été tout autre à Ur. L’
armée du fils de Térach aurait scellé le sort de la ville.
Lorsque
donc Abraham quitta Ur, le fils de Nammu vit partir son ennemi le plus
dangereux. L’exil volontaire du fils de Térach réduisait l’opposition à sa
dynastie au strict minimum.
Et c'est ainsi
qu'à la tête d'une puissante armée de guerriers-bergers, Abraham remonta
les rives du fleuve occidental sans que personne n'ose lui tenir tête. Il pénétra en
Syrie par le nord, une terre d'aucun où régnaient le pastoralisme et le banditisme.
La
Bible raconte qu’Abraham combattit jusqu’à cinq rois à la fois. Et il triompha à chaque fois.
Et il continua à triompher. Le Pharaon non plus n’osa mener son audace à son terme. Qu’en
est-il advenu de son mariage annoncé avec la femme du fils de Noé ? Une armée d’
hommes aguerris sur le champ de bataille, marchant au son de la parole d’
un seul homme : on peut dire que c’était là un ennemi redoutable !
Quant
à la date approximative du pèlerinage d’Abraham et de son fils Isaac à travers les
terres du Moyen-Orient, les famines dont parle la Bible et les
famine qui ont ravagé le royaume des fils de Nammu, en particulier sous
le règne d’Ibbi Sin, entre 2028 et 2004, nous servent de repère pour les
situer sur la frise chronologique.
La
présence d’Abraham et de son fils parmi les Amoréens, peuple ennemi d’Ur, avec
lesquels Abraham entretenait des relations selon le principe « l’ennemi de mon ennemi
est mon ami », nous ouvre les yeux sur la situation géopolitique dans laquelle évoluait le
père d’Isaac. Elle nous confirme en outre les limites chronologiques entre lesquelles
nous avons situé Abraham et son fils.
22.
Israël.
Incompréhensible,
une décision qui aurait pu entacher sa réputation en lui collant l’étiquette de
lâche, Abraham a préféré la sagesse de son Dieu à celle des hommes. Sa
position théologique n’admettait ni altérations ni révisions. L’heure du fils d’
Ève n’était pas encore venue. Telle était sa vérité. Le reste, croire que l’histoire du
Paradis perdu n’était que cela, une histoire de vieilles femmes, était pour Abraham
une tentation de Satan.
En
effet, l’impatience fut la mère du péché de Caïn. L’ignorance, et non la
sagesse, fut le moteur de son crime. Celui qui jura de se venger se réserva le
droit de fixer la date du combat à mort entre le Fils de l’Homme et
Satan. C’est à Dieu qu’il revient de dire quand et comment. Il dit, et la création tout entière
écrit : « Et ainsi fut fait. » En sa parole réside la vie.
« Compte
les étoiles du ciel si tu le peux, je rendrai ta
descendance aussi nombreuse que cela. »
Où
sont les descendants de la Maison de Nammu ?
Après
la mort d’Isaac, du vivant de Jacob, père de Joseph, la famine frappa à nouveau
les terres du Proche-Orient antique. Au cours de ces famines qui
ravagèrent l’univers connu, on a découvert dans les papyrus la
colonie d’un puissant clan hébreu sur les rives du Nil.
La
« Connexion juive » présente Joseph au cœur des bouleversements sociaux que les famines
ont provoqués à la cour du pharaon.
Avec Joseph,
la Providence fit son entrée en Égypte. On comprend qu’en signe de gratitude, le pharaon et
sa cour aient permis aux frères de la Providence de s’installer sur la
rive du Nil de leur choix.
Avec la
Providence à la maison, adieu les mauvais jours.
23
Moïse.
Nous avons
situé la période abrahamique au cours de la IIIe dynastie d’Ur, entre les deux
extrémités du XXe siècle. Et nous avons vu comment, dans les archives pharaoniques
de l’Empire moyen, sous le règne d’Amenemhat II, entre 1929 et 1895, les
tribus asiatiques ont commencé à pénétrer en Égypte, se déplaçant de plus en plus
vers le sud.
C’est dans
les chroniques de Sésostris II, successeur de ce dernier, qu’apparaît pour la première fois une
mention formelle de cette immigration de tribus asiatiques dans l’empire. Mais ce qui
retient particulièrement notre attention, ce sont les famines qui ont ravagé l’Égypte
sous le règne de Mentouhotep III. Des famines qui nous relient à l’
histoire de Joseph, nous permettant de situer l’arrivée des Hébreux au Pays
du Nil au début du deuxième millénaire.
L’
importance de ce lien réside dans la réponse qu’exige l’événement
de l’installation de tribus d’éleveurs dans le royaume des pharaons, agriculteurs.
Le fait de la rupture avec la culture pharaonique traditionnelle, du rejet des
peuples nomades et éleveurs, nous ouvre les yeux sur un changement qui ne s’
explique que par la révolution qu’a représentée la présence de Joseph à la cour du
pharaon. Sans aller plus loin, c’est au cours de cette période que le pharaon acquerra
tous les traits classiques, si typiques des structures impérialistes
asiatiques, et que s’opère l’unification des deux Égyptes.
On comprend
donc que, jusqu’à l’arrivée de ce pharaon qui n’a pas connu Joseph,
les Hébreux ont bénéficié d’une politique d’amitié privilégiée, grâce à
laquelle, à mesure qu’ils grandissaient, ils ont étendu leurs implantations plus au sud, au prix, bien
sûr, d’abandonner la tradition pastorale de leurs pères.
Comme
les mauvais temps s’oublient vite ! En l’espace d’un clin d’œil, les fils des
sauveurs devinrent les pères des esclaves qui firent
la grandeur de l’Empire du pharaon, et, avec le temps et d’autres revirements,
cela finit par signifier la ruine des Égyptiens. Mais prenons les choses
une par une.
La
politique d'amitié envers les tribus du Proche-Orient menée par les pharaons des
XIIe et XIIIe dynasties a attiré un autre peuple dans leur empire. Il s’agit
des Hyksos. Et c’est dans le coup d’État que ces Hyksos ont mené
que nous devons chercher le pharaon qui n’a pas connu Joseph, et qui a puni les
Hébreux pour avoir refusé de se joindre à la prise du pouvoir… en les réduisant en esclavage !
Le
déclin qu’a connu la cour pharaonique sous la XIVe dynastie a ouvert
les portes du pouvoir au peuple qui se trouvait parmi eux, les Hyksos, pouvoir
que les Égyptiens ne retrouveraient qu’après la disparition de l’armée hyksos,
noyée dans les eaux de la mer Rouge.
Ainsi,
si l’on considère cette chronologie et que l’on situe l’arrivée des Hébreux
quelque part au XXe siècle, leur départ, quatre siècles plus tard, se situera
vers le milieu du XVIe siècle, date à laquelle eut lieu précisément la
chute des Hyksos et la reconquête du trône perdu par les Ramsès.
24.
Josué.
L’
innocence, disons-le franchement, n’était pas le talon d’Achille de Josué. À l’âge
du bronze, où les métaux avaient le dernier mot, parfait connaisseur du langage
des armes, Josué mena la conquête de la Terre promise de victoire en
victoire.
« À cette
époque, aux XVe et XVIe siècles avant J.-C., un flot de peuples en mouvement
a bouleversé le statu quo du Proche-Orient
préchrétien », selon ses propres termes, avec sa manière de nier tout en affirmant, d’
affirmer en niant, nous dit l’Histoire officielle.
Ce qui
s’est passé, c’est que Josué et ses Hébreux ont tout ravagé. La conquête de la Palestine biblique
par une vague de guerriers-esclaves a nécessité de semer la terreur qui
a précédé la ruée.
La
nouvelle de la libération des Hébreux devait répandre, et a répandu, la terreur
à l’ouest du Jourdain.
Comparons
cette rébellion des esclaves hébreux d’Égypte à la rébellion de Spartacus
contre l’Empire romain et nous comprendrons la nature de la vague de panique qui
s’est répandue en Italie, amplifiée dans ce cas par la chute du pharaon hyksos.
Depuis
notre position confortable, trois mille cinq cents ans plus tard, nous résumons cette nouvelle
en disant que les esclaves égyptiens s’étaient rebellés contre le pharaon, qu’ils
s’étaient vengés de la mort de leurs enfants et qu’ils avaient vaincu, sur les rives de la
mer Rouge, les armées du seigneur du Nil. Ils avaient franchi le
Sinaï et venaient à la conquête des terres du Jourdain, menés par un chef
militaire qui ne connaissait pas la pitié. Leur message à toutes les cités-
États situées à l’ouest du Jourdain était sans équivoque : fuir ou être détruit.
C’est
ainsi que nous le voyons. Mais du point de vue de ces peuples de la
Palestine biblique, les nouvelles étaient tout autres.
Comme s’il
s’agissait des descendants de l’Atlantide disparue, un peuple était
sorti des profondeurs de la mer. Ces enfants de l’océan avaient mis fin à l’
empire des pharaons hyksos et dirigeaient désormais leur conquête vers l’Est avec
un seul objectif : détruire pour le plaisir de détruire. Car qui est celui qui vainc une
armée impériale et, au lieu de s’emparer de son royaume, fait demi-tour ? Ils avaient
traversé le Sinaï pour ravager, détruire et dévaster. Cette nouvelle sema la
terreur dans l’ancienne Palestine.
Alors,
la vague conquérante hébraïque se transforma en l’impact du rocher sur les
eaux, et de ses profondeurs émergèrent les Philistins. Cependant, l’entrée en scène
des Philistins ne se produirait qu’à la fin de la légende,
lorsque les peuples asiatiques découvrirent enfin que les Hébreux n’étaient pas
des monstres issus de l’Atlantide, mais des hommes comme les autres.
Récapitulons
comment se présentait le monde cinq siècles après Abraham.
L’
effondrement de la dynastie de Nammu, la troisième dynastie d’Ur, laissa le sceptre de l’Empire à la
disposition de l’aventurier le plus audacieux. Dans la ville de Larsa, son roi Gungunum se plaça
à la tête des États mésopotamiens, sa figure dominant le dernier tiers
du XIXe siècle.
Sa mort
a donné des ailes aux rois d’Isin, qui ont vu échouer leur tentative de retrouver
l’hégémonie perdue et ont dû subir la divinisation des fils de
Gungunum. Une théocratie sui generis, si typique des âges mésopotamiens, qui
allait finir par propulser au premier plan la Babylone d’Hammurabi.
Pendant
un certain temps, toujours au XVIIIe siècle, l’Assyrie de Shamsi-Adad, la Larsa de Rim
Sin et la Babylone d’Hammurabi se sont livrées à des guerres entre elles et contre le reste du monde
pour l’Empire. À la moitié du siècle, Hammurabi imposa sa loi, et
à nouveau, le Pays d’Éden se retrouva entre les mains d’un seul homme. Une domination impériale de
courte durée, puisqu’en 1595, la dynastie d’Hammurabi prit
fin et le pays retomba dans l’anarchie qui lui était si caractéristique.
L’
arrivée au pouvoir d’un nouveau peuple, les Kassites, nous permet d’élargir notre
horizon et de percevoir sur la scène géopolitique l’existence d’un royaume puissant, le
royaume hittite, qui, aux côtés des royaumes de Mitanni et d’Égypte, se
partagera les rôles que jouaient jusqu’alors les
cités-États.
Le
détail qui retient notre attention et nous fait prendre conscience de l’importance de la
conquête de la Terre Promise est attesté par le fait qu’aucun de ces trois royaumes n’a pu
franchir les frontières tracées par Josué. En effet,
les célèbres «Hapirus », ou Hébreux, se sont forgé la réputation
d’adversaires redoutables aux frontières du royaume de Mitanni.
Une situation qui allait changer avec l’avalanche philistine, qui non seulement fit voler en éclats les
murs du royaume hittite et renversa les frontières du royaume disparu de
Mitanni, mais fut également la première armée connue à se dresser face
aux Hébreux dans l’espoir de remporter la victoire.
Les
armées du célèbre roi assyrien Tiglath-Pileser Ier, bien qu’
elles aient atteint les côtes phéniciennes, n’osèrent pas non plus, ou ne parvinrent pas à
franchir les limites de Josué. Ce n’est qu’au XIe siècle, une fois les
royaumes classiques de cette seconde moitié du deuxième millénaire, que ces limites furent
bafouées et que le peuple hébreu lui-même fut poussé au bord de la destruction par les
mêmes destructeurs des Hittites. La volonté naturelle des Philistins de s’emparer
du troisième royaume de l’époque, l’Égypte, devait passer par le cadavre des
Hébreux. Une entreprise difficile à mener tant que le Dieu de Moïse était avec eux.
Si, en leur
temps, les Hébreux avaient libéré les Égyptiens des Hyksos, ils allaient désormais les sauver des
Philistins.
CONCORDANCE
ENTRE LES ÉVÉNEMENTS DU PROCHE-ORIENT AU COURS DE LA DEUXIÈME MOITIÉ DU
DEUXIÈME MILLÉNAIRE AV. J.-C., EN FAVEUR DE L’EXODE AU XVIe SIÈCLE AV. J.-C.
1750. Les
Hyksos conquièrent Avaris
1595. Fin
de la première dynastie de Babylone.
Murshilish Ier, petit-fils
de Khattushilish Ier, détruit Alep et Babylone.
1573-1550
Les Égyptiens chassent les Hyksos
Exode et
chute de Jéricho
La
chronologie définitive de l’époque du Moyen-Orient en relation avec l’Histoire de la
Bible nous permet d’envisager les événements sous un angle nouveau. Le
démembrement de la chronologie archéologique visant à séparer
l’histoire universelle de l’histoire divine a provoqué, à la fin du XIXe siècle après J.-C., un
décalage des faits qui a conduit à situer l’Exode au XIIIe siècle
avant J.-C.
L’
impossibilité d’harmoniser les événements relatés dans la Bible et notre
connaissance de la civilisation et de la culture pharaoniques égyptiennes nous empêche d’accorder
une importance historique à une chronologie officielle dont l’origine est
antibiblique.
Le premier
facteur qui invalide un tel décalage de la naissance de Moïse au XIIIe
siècle avant J.-C. trouve sa clé
maîtresse dans l’endogamie monolithique de la maison pharaonique. Croire qu’une dynastie impériale fondée sur l’endogamie fermée de la
famille pharaonique aurait pu accueillir en son sein le fils d’une esclave, comme
Moïse, revient à nier toutes les connaissances accumulées sur la
mentalité de la dynastie pharaonique.
En vérité,
il faut être profondément ancré dans l’anticatholicisme le plus féroce pour,
à l’encontre de sa propre intelligence, se voiler la face et ignorer une telle
barbarie.
Il serait vain
de se lancer dans une reconstitution de la mentalité endogamique pharaonique que
nous avons vue sous son aspect le plus brutal dans l’histoire de Cléopâtre VII.
Le
racisme est un phénomène récent. Les peuples anciens ne connaissaient pas le racisme tel que
nous le comprenons. Mais croire qu’un Hébreu, fils d’esclaves, ait pu être
adopté, en plein XIIIe siècle av. J.-C., par la Maison
pharaonique en tant que prince, c’est en vérité nous demander de nous couper la tête ou de
nous défaire de notre cerveau.
Compte tenu de la
nature endogamique pharaonique qui allait perdurer tout au long de l’ère
ptolémaïque jusqu’à son dernier soubresaut avec Cléopâtre VII, ouvrir au Moïse de l’
Exode les portes de la cour du pharaon à l’époque des Ramsésides revient à revenir à cette demande de nous faire arracher le cerveau. Soit on nie
toute réalité à l’histoire de ce héros biblique, soit on nie la chronologie
officielle de l’Exode qui situe la traversée de la mer Rouge à un moment donné du
XIIIe siècle.
Face à
la mentalité pharaonique endogamique, il n’y a pas d’autre choix.
Un fait
similaire, l’adoption d’un esclave par une princesse pharaonique, ne pouvait
avoir lieu qu’à la cour des rois hyksos. Issus tous deux, l’Israélite
hébreu et le peuple des Hyksos, de la même souche, deux branches du même phénotype
asiatique mésopotamien, l’adoption par une princesse hyksos du fils d’une
esclave israélite s’apparentait à celle d’une Espagnole adoptant un enfant
français ou italien.
D’autre
part, l’endogamie de la dynastie hyksos se limitait au caractère militaire typique
de tout acte d’invasion et de conquête. Cette réaction du pouvoir hyksos face à la
croissance de la population israélite n’a jamais été consignée, à aucune
époque, comme propre à la cour égyptienne autochtone ; et il n’existe aucune trace d’une
telle mesure, en général, et en particulier à l’encontre des Israélites, pour la
simple raison qu’une telle barbarie n’était pas de mise chez les Égyptiens. Seule
une cour non autochtone, celle des Hyksos, qui se sentait envahissante et craignait sans cesse que
le coup d’État qu’ils avaient porté contre leurs hôtes, les Égyptiens, ne leur
revienne comme un boomerang par la main des Israélites, pouvait donner son aval à
une telle mesure génocidaire.
Ceci pour
le premier point.
D’autre part,
revenons au coup d’État que les Hyksos ont perpétré contre leurs hôtes, les
Égyptiens, en 1750 av. J.-C.
De
cette année-là, 1750, jusqu’à l’année de leur chute, vers 1550, à une décennie près,
les Hyksos ont exercé deux siècles de domination absolue
au cours desquels les Égyptiens se sont repliés vers le sud et, depuis le sud, ont attendu leur
heure. Quel événement leur a permis, d’un seul coup, de se lancer à l’assaut d’un
envahisseur qui, pendant deux siècles, avait imposé sa loi sur le Nil ? Les forces
militaires égyptiennes, durant la période précédant la chute des Hyksos, nous
apparaissent inexistantes.
Il y a aussi
Jéricho, la ville fortifiée qui n’a pas pu résister au siège des
trompettes de Josué. Les archéologues reconnaissent que c’est à cette date que ses
remparts se sont effondrés… mais qu’ils l’ont fait à la suite d’un tremblement de terre.
Nous
ne savons pas sur quelles données ils s’appuient pour affirmer que la région a subi un tremblement de terre. À
moins que le tremblement de terre n’ait eu son épicentre exclusivement sous les pieds de Jéricho, il est
probable que le préjugé anti-biblique ait aveuglé la pensée des pères de l’
archéologie du Proche-Orient ancien, et, bien qu’ils disposent de données concordantes
dates, ancrés dans leur anti-bibliisme, ils ont refusé de
mettre ces événements en relation les uns avec les autres.
Premièrement :
vers
1750, approximativement, le peuple qui n’a pas connu Joseph, les
Hyksos, fait son entrée en Égypte.
Pendant
encore deux siècles, jusqu’en 1550 environ — ce qui porte à quatre le nombre de
siècles entre Joseph et Moïse —, les Hyksos dominent en maître l’Empire des
pharaons.
Au cours de ce
même siècle, le XVIe avant J.-C., les Hittites se réarment et se lancent à la conquête de la
Syrie et de Babylone.
Sur le plan
politique, le pharaon hyksos devait faire face à ce problème d’expansion de l’
empire hittite. En effet, une fois le pouvoir hyksos tombé, le pharaon égyptien
noua des relations avec la nouvelle puissance du Nord.
Je veux
dire par là que les Israélites étaient un peuple d’esclaves qui aurait pu être
utilisé comme cheval de Troie par les Hittites. Un peuple d’esclaves
aspirant à la liberté constitue toujours un danger interne prédisposé à la
révolution, s’il bénéficie d’un soutien extérieur. Le pharaon hyksos ne pouvait pas se lancer dans
la guerre contre le roi hittite en laissant derrière lui cette armée d’esclaves.
Le décret ordonnant l’assassinat de tous les enfants hébreux venait enfoncer le doigt dans la
plaie sanglante du fardeau de l’esclavage, tout en marquant toute
insurrection du fer de l’extermination. En effet, les Hittites n’ont pas franchi la
ligne rouge de l’influence hyksos sur les cités-États de la Palestine
biblique.
Les
Égyptiens restaient dans l’expectative. La montée en puissance des Hittites pouvait être utilisée
par les Égyptiens contre le pouvoir des Hyksos. Prise en étau entre le Nord et le Sud,
il restait au milieu une armée d’esclaves attendant un libérateur envoyé par leur Dieu
pour les conduire vers la terre de leurs pères.
L’
infanticide de masse constituerait une bonne mesure politique pour tenir à distance
cette armée d’esclaves forgés par le travail, du berceau à la tombe. On peut
supposer, à en juger par le recul des Hittites et le silence des
Égyptiens, que les Hyksos ont su contenir la menace et instaurer un nouvel équilibre des
pouvoirs internationaux.
C’est
précisément à ce moment-là, alors que les Hyksos étaient solidement installés sur leur trône, que,
sans crier gare, surgit de nulle part cet enfant sauvé des eaux, au pire
moment, se dirent les Hyksos, pour leur rendre la monnaie de leur pièce : la mort de tous les
premiers-nés hyksos.
Dieu fit
ce qui est naturel à Dieu lorsque Dieu veut se montrer comme Dieu : il précipita
le trône des Hyksos dans l’abîme et rendit la cour à l’Égyptien.
C’est là
que commence le problème. Jéricho est-elle tombée à la suite d’un tremblement de terre isolé dans l’espace, dont les
ondes n’ont été ressenties que sur les remparts de Jéricho ?
La
concordance chronologique ne saurait être plus solide.
Au
XIXe-XXe siècle av. J.-C., environ, Joseph est vice-roi du pharaon.
Deux
siècles plus tard, au XVIIIe, les Hyksos s’emparent du trône des pharaons.
Deux
siècles plus tard, au XVIe, Moïse libère les Hébreux et passe le commandement à Josué.
Tandis que
celui-ci entame la conquête de la Palestine, l’Égyptien retourne chez lui. Un cadeau
du Ciel, une grâce du Dieu de Moïse.
Jéricho
s'effondre vers 1550. La terreur s'empare de tous les royaumes de
Palestine. Commence alors une restructuration du monde antique en vue de la
venue du Rédempteur, dont les principaux acteurs seront David, Salomon,
Nabuchodonosor et Cyrus le Grand, Alexandre le Grand et Octave Auguste.
Nous reviendrons
sur cette concordance à une autre date
Mais dans
ce domaine comme dans tant d’autres, il s’agit de ne raconter que quelques gouttes de l’océan. Sans
aller plus loin, nous voyons comment les zones d’influence entre les Hyksos et les Hittites,
établies à la suite de la conquête d’Alep et
de Babylone par les Hittites, sont respectées par les Hébreux. Josué étend l’
expansion des tribus à l’intérieur de ce cadre géopolitique. En faisant du Jourdain
une frontière nationale, Josué évite une confrontation directe avec un royaume
hittite à l’apogée de sa puissance impériale. Il ne faut pas oublier que, dans l’art
de la guerre sur les champs de bataille, l’Hébreu, qui sortait tout juste de quatre
siècles d’isolement, était un guerrier inexpérimenté. Un affrontement direct avec le
royaume hittite était la dernière chose que Josué pouvait se permettre.
Je veux
dire par là que la structure géopolitique de la région et la conquête de la Palestine par
les Hébreux coïncident dans le temps avec une précision qui ne laisse aucun doute
pour situer cet Événement, de caractère et de valeur universels, au
XVIe siècle av. J.-C. D’abord, Moïse provoque la chute de la dynastie hyksos en Égypte,
et, par conséquent, la restauration de la dynastie pharaonique indigène ; ensuite
Josué devient le point d’origine du séisme qui a fait s’effondrer les remparts de
Jéricho et semé la terreur parmi les cités-États situées de ce côté du
Jourdain.
Nous observons
en outre que les Hittites ont respecté le cadre géopolitique établi après leur
conquête d’Alep et de Babylone, une conquête qui a
préparé aux Hébreux leur entrée en Terre Promise, et que nous considérons comme l’
action divine préparatoire à l’Exode. Il est absurde de croire, connaissant la soif d’
empire de la Babylone de cette époque, que si les
Hittites n’avaient pas mis fin à son règne, Babylone serait restée les bras croisés face
aux conséquences de l’Exode.
Si, au
contraire, on veut nous faire croire à une simple coïncidence, notre
réponse ne peut être que celle qui convient à celui qui s’est arraché les yeux
de l’intelligence et ne voit dans les ténèbres que ce qu’il s’imagine voir. Le fait est
qu’entre l’imagination subjective et la réalité objective s’érige un mur,
d’un côté duquel se trouve l’ignorance et de l’autre, la folie. En ce siècle,
les sciences historiques, tout comme l’ensemble des branches de l’Arbre des
sciences, devront choisir de quel côté elles se situent ; en fonction de cette décision,
les mesures correspondantes et nécessaires seront prises pour placer cet Arbre dans
le Jardin qui lui appartient par nature : le Jardin de la Vérité.
25
Juges.
Avec l’
installation en Terre Promise, les maux
de la sédentarité ancestrale sont apparus au sein des tribus hébraïques. « Raconte-moi encore une fois, grand-père. » Les Écritures
sacrées, toujours les Écritures sacrées !
« Demande-le
aux anciens et ils te le diront. » « Écoute, Israël… »
Avec le
temps, les oreilles se sont lassées d’entendre la même histoire racontée mille fois.
Oui, c’est ça.
On en a assez. Adam et la pomme interdite, Noé et le Déluge, Abraham et Isaac,
Joseph et ses frères…
Les
générations hébraïques futures se sont adaptées à ce qui existait, à leurs voisins, au
progrès. À chaque fois qu’elles le faisaient, tout allait de travers pour elles. L’
exception de Moïse. Mais elles n’apprenaient pas.
Alors,
lorsque cette foi qui déplaçait des montagnes est arrivée sur le ring de Goliath, à vrai dire,
elle ne déplaçait plus rien, pas même des jambes paralysées par la peur, clouées au
sol, vivant leurs dernières heures de vie, de liberté dans le meilleur des cas.
La manière
dont les Philistins traitaient les vaincus faisait froid dans le dos
à tout le monde. Et pour couronner le tout, ce Goliath qui se pavanait. La mort ou l’esclavage,
ou bien avaient-ils déjà oublié le moment où ils avaient tous été chassés de leur terre au
cri de « Fuyez ou mourez » ?
C’est là
que le pharaon s’est trompé. « Le chien mort, la rage a pris fin », se moqua Goliath
en leur lançant ce regard.
CHAPITRE 5
26.
David.
Est-ce qu’un homme allait parler à Josué
comme Goliath l’avait fait à Saül ? Les habitants de Jéricho
se sont cachés derrière des murs hauts et épais comme la Grande Muraille de Chine. À quoi
ça leur a-t-il servi ? Combien de temps disaient-ils pouvoir résister ? Jusqu’à ce que
ceux qui tétent aient de la barbe ? Ha ha ha.
Dieu n’a-t-il pas
accompli un miracle en les faisant sortir d’Égypte ? Pourquoi n’en ferait-il pas
un autre aujourd’hui ?
« Te sauver
la vie, par exemple », croassa Goliath lorsqu’il découvrit la taille de celui qui avait
lâché ces bêtises dignes d’un petit enfant.
Ils avaient
choisi comme prétendant au titre un gamin dégingandé, une vraie balayeuse
qui sautillait entre le géant et la première ligne ennemie. N’était-ce pas à mourir de rire ?
Jo jo jo.
« Tais-toi,
chien païen. Tu ne sais rien. Tu es aussi bête que tu es immense. Dieu va accomplir une
œuvre aussi grande que celle-là. Ceux qui l’entendront n’y croiront pas. Ils se diront
les uns aux autres : « Tu as entendu la dernière blague hébraïque ? : Un petit berger de
trois ans et demi promène son troupeau dans la montagne quand il tombe nez à nez avec un géant
armé comme un Hercule ressuscité, mesurant au moins trois mètres. Affamé, le
géant s’empare d’un mouton bien dodu. Le petit berger le surprend en
flagrant délit. Que crois-tu que le petit berger a dit au géant ?
C’est là
que ça devient incroyable. Toi non plus, tu ne vas pas le croire.
Le
petit berger était un lion ensorcelé par un sorcier. Il ne parlait pas, il rugissait. Il ne rugissait pas
comme un petit lionceau, il rugissait comme le roi de la jungle en personne.
Le
petit berger ensorcelé continua à tourner en rond autour du géant
de fer au rythme des tambours de guerre. Au-dessus de sa tête, une fronde avec sa
pierre tournait à une vitesse vertigineuse. Les ennemis ont fait aboyer leur chien de
combat et ont reculé lorsque le sorcier s’est précipité vers la ligne de front
philistine, leur enfonçant dans le cerveau ce rugissement ensorcelé qui leur déchirait
les sens.
Désespéré,
lassé de voir ce clown danser comme une stupide marionnette, Goliath commet
l’erreur impardonnable d’arracher son casque et de l’écraser contre le sol.
Il allait
parler, il voulait dire quelque chose, il a ouvert la bouche pour parler. Mais il n’a pas eu le temps
d’en dire plus. Le nain a lancé le projectile. Bingo. En plein dans le mille. Entre les yeux. Un
coup fulgurant. Le géant s’est effondré en arrière comme un sac de pommes de terre.
« Voilà
ce que fera le fils d’Adam au Diable. Regardez bien, guerriers. Il lèvera son
épée et lui tranchera la tête d’un seul coup », s’écria David, triomphant.
Un
petit berger tout à fait ordinaire a affronté ce grande gueule et lui a tranché la tête d’un
coup. N’est-ce pas drôle ?
27.
La cour
du roi prophète.
Saül
a régné de 1025 à 1010. David de 1010 à 955.
Le
couronnement de Saül nous ouvre les yeux sur l’anarchie dans laquelle les Philistins avaient plongé le monde
. Hittites, Mitanni, Assyriens,
Babyloniens, simples ombres de ce qu’ils avaient été, l’avenir de la civilisation était désormais entre
les mains des Hébreux. Eux non plus n’auraient pas pu résister à leur effondrement
sans l’intervention du Dieu de David, véritable artisan de la victoire
hébraïque face aux armées que l’Enfer avait levées dans sa
guerre particulière contre le Ciel. Mais ne nous attardons pas sur ce qui relève de l’Histoire
divine.
Au
cours de son règne, David apprit ce qui s’était passé dans l’Éden. Dieu lui
révéla également son Plan de salut universel.
Voyant en
esprit l’issue de la bataille entre le Fils de Dieu et le Diable, le roi David
s’est réjoui. Il n’était toutefois pas du genre à se confesser tous les jours, et
comme il vivait dans le plus grand secret et que son Dieu le plaçait entre ceux qui voulaient le tuer
et ceux qui le recherchaient pour lui ôter la vie, David garda pour lui tout ce qu’il avait
appris, et publia ce que son Dieu lui avait inspiré pour qu’on le lise.
L’idée
du roi Messie s’imprégna rapidement dans l’esprit guerrier des jeunes. Et elle ne cessa de
grandir jusqu’à trouver en Absalom son prince vaillant.
Absalom
ne pouvait ni ne voulait permettre que le parti de Salomon profite de la vieillesse
du roi pour obtenir l’octroi des droits de primogéniture à la
marionnette qu’ils s’étaient créée. Il s’imposa donc comme priorité absolue de tuer Salomon.
28.
Salomon.
« La
première pensée n’est pas toujours la dernière ; au contraire, elle est presque toujours
le premier maillon d’une chaîne d’événements.
La
sagesse n’exige jamais la vieillesse comme condition sine qua non pour se laisser
atteindre.
Le dernier
mot n’appartient pas au plus âgé, mais au plus sage. Mais même les sages
se méfient de la toute-puissance de leur raison.
Le sage
place sa pensée en Dieu, et tire sa force de Sa volonté.
La
pensée de l’homme est une brume dans les ténèbres ; l’esprit de la Sagesse
est celui qui anime l’intelligence et l’élève jusqu’à la réponse de celui qui connaît
toutes choses parce que Dieu les lui a révélées.
Dieu dit
et Dieu fait ; c’est là que l’homme trouve le principe de son intelligence. »
Salomon
a grandi sous une pluie de paroles de ce genre.
À la cour de son père, Dieu avait répandu son esprit. Le prophète Nathan, par
exemple, entrait et sortait du palais du roi le plus gardé du monde comme s’il
s’agissait de sa propre maison. La vérité est que si Nathan s’était tu, personne
n’aurait découvert le crime si grave que David commit en tuant le mari
pour s’emparer de la veuve.
Nathan se
présentait au palais comme s’il s’agissait de Moïse lui-même entrant dans la
salle du trône d’Égypte. Il n’y avait au monde aucun homme capable de franchir sans
autorisation les sept remparts de guerriers invincibles qui protégeaient le roi de
Jérusalem. Entrer en pleine salle du trône d’Israël en tant que persona non grata ? Comment,
où et quand ?
Submergé
par le vertige que lui procurait la prise de conscience de son crime, Nathan faisait irruption dans la
maison du roi comme un fils entre dans la maison de son père. L’homme qui avait à
ses ordres les plus belles femmes de l’univers s’était laissé emporter par la
passion la plus juvénile et l’avait poussée jusqu’à ses dernières conséquences.
Le fait
de tuer un homme pour le voler est un crime suffisant pour payer vie pour
vie ; le vol de la femme de son prochain au prix du sang de son frère,
qu’en est-il ? » demanda Nathan au roi des prophètes.
Le roi
avait d’autant plus péché qu’ayant été oint par Dieu, il rendait plus
difficile à Dieu de se venger du sang versé. David avait-il piégé
Dieu dans le dilemme de Satan ? Dieu condamnerait-il tout le peuple pour le péché d’
un seul homme ?
Quel
homme de la cour du roi David aurait osé se lever en tant que prophète
devant le roi prophète s’il n’avait pas été son propre fils ? Quel prophète
David aurait-il accepté pour lui adresser la parole, si ce n’est un fils né de ses
entrailles ?
Son Dieu,
qui l’aimait tant et le connaissait si bien, lui a tiré de sa cuisse un fils né pour
lui lier la langue.
29.
La
naissance du judaïsme.
« C’est Lui qui donne
les ordres, mon fils », disait Salomon à son fils Roboam. Ses armées
se mettent en marche à la voix de sa Parole. Aucun chef de son peuple ne doit s’arroger les
compétences du Seigneur des armées ; Il n’est jamais absent. Il ne laisse pas
ses armées seules face à la défaite. Il sait quand et comment. Le Roi veille
à la paix et au bien de son peuple ; le peuple du Seigneur Dieu est toute sa création
. Dans son omniscience, Il dirige le cours de l’histoire des nations.
La victoire Lui appartient ; Il choisit les chefs de son peuple dès le sein de leurs
mères. Sois sage, mon fils. »
Ce que
le vent emporta !
À
l’insu de son père, Roboam se convertit au judaïsme.
La tribu
de Juda s’était liguée pour inaugurer l’ère messianique le lendemain de la
mort de Salomon ; après la mort de Salomon, les autres tribus accepteraient
le fait accompli et se joindraient au projet.
« Mon
fils, ne te laisse pas flatter par ceux qui s’assoient à la table du roi, car
ce sont leurs intérêts qui s’expriment par leur bouche, et non la sagesse de Dieu.
À quoi
sert un anneau d’or au museau d’un cochon ? La cupidité ne sera-t-elle pas la ruine de l’
avare ? »
Quel
père aurait-il été s’il avait eu un bon fils !
Derrière
les limites salomoniennes, le crocodile du Nil était à l’affût. De l’autre côté des
grands fleuves, l’ours assyrien commençait à sortir de sa léthargie.
« Ne sois pas
fou, mon fils… »
Des paroles
de sage à des oreilles d’âne !
À la
mort du roi sage, le crocodile du Nil envahit Jérusalem, arracha les
pierres d’argent de ses rues, démantela les tuiles d’or de ses palais, l’
ivoire de ses coupoles, et laissa derrière lui le fils du roi sage pleurant comme une
femme ce qu’il n’avait pas su défendre comme un homme. Cela s’est passé vers 930
environ.
Mais
rappelons-nous :
La
véritable rupture déterminante d’une aliénation du Juif face à l’Hébreu
a trouvé son origine immédiatement après la mort du roi Salomon. Si nous
considérons les Hébreux comme un seul et même peuple, fruit de la descendance d’
Abraham, alors nous devons dire que la rupture entre les Juifs et les
Galiléens-Hébreux a déclenché un processus de schizophrénie violente et incurable, dont
l’évolution pathologique ne pouvait aboutir qu’à la destruction du corps
national. En effet, en 722, Sargon II détruit le royaume d’Israël, c’est-à-dire
la Galilée et la Samarie, et en 607, Nabuchodonosor fait de même avec le royaume
de Juda.
Même Dieu,
pouvons-nous l’affirmer, ne peut rien faire lorsque la folie est livrée à ses
propres forces. Cependant, plutôt que de nous livrer à une satire sur des processus qui relèvent de la
littérature, ce qui nous intéresse ici, c’est de comprendre pourquoi les Hébreux de David et
de Salomon ont rompu le Pacte d’unité entre les tribus d’Israël, provoquant ainsi le
début de la fin des Hébreux en tant que nation et peuple, qui ne reviendraient plus jamais
sur le devant de la scène, leur place étant désormais occupée par les Juifs.
À la suite de
la lecture des livres historiques de la Bible, on constate que le choc des forces
entre Juda et le reste des tribus d’Israël est survenu à la suite de la même
erreur qui a poussé Caïn à tuer son frère Abel. Caïn s’est laissé emporter par le
désir de vengeance et de restauration du destin divin de son père Adam. Et puisque
que le seul qui s’interposait entre Dieu et son désir était son frère Abel, la
réponse était évidente : une fois Abel mort, Dieu ayant décidé que l’un
des fils d’Adam vengerait sa Chute et hériterait de sa Gloire perdue, une fois
Abel mort et Adam n’ayant plus d’autres enfants, Caïn obligeait Dieu à l’oindre comme
son champion et héritier de la couronne perdue d’Adam.
L’erreur
de Caïn résidait dans ses muscles. Il ne pensait pas avec sa tête, mais avec ses pieds.
Il ne voyait pas Dieu tel que Dieu se voit lui-même. Et à partir de cette erreur, voyant Dieu
comme un homme regarde un autre homme, il crut que sa pensée et celle de Dieu avaient
le même but et le même principe.
Dans le
cas juif, l’erreur suivait le même schéma de raisonnement. Dieu avait
promis à un fils de David le royaume universel et éternel (puisque nous sommes
citoyens de la civilisation chrétienne et que nous connaissons l’existence
des Psaumes de David, je n’ai pas besoin de rappeler ici le maremagnum de
prophéties à ce sujet).
Une fois
cette promesse transposée dans la mentalité de l’époque de Salomon, la prophétie revenait à dire
que Dieu avait promis l’Empire aux Juifs.
Amen,
Alléluia, Dieu est grand.
Le
prochain empire à déployer son drapeau sur la Mésopotamie, et de là jusqu’aux
confins de la Terre : ce serait l’empire des Juifs. La logique des faits
le confirmait. Sous David, les Hébreux avaient levé la plus grande armée de
l’époque. Sous Salomon, le royaume des Juifs avait amassé ce qui est le plus
nécessaire pour mener une guerre de conquête : de l’or et de l’argent en
quantités infinies. L’héritier de cette armée et de ce trésor serait le roi
Messie, l’héritier de la promesse du royaume universel, dont la descendance s’
érerait en dynastie jusqu’à la fin du monde, et dont le royaume s’étendrait sur la
surface de toute la Terre.
Jéroboam
n’avait qu’à suivre ce raisonnement logique pour déclencher la guerre pour l’
Empire, faire sortir les armées de leurs casernes, les déployer sur l’Égypte,
l’Assyrie, Babylone, la Phénicie, et ses fils se chargeraient de la Crète, de Chypre,
de la Grèce, de l’Italie, de la Libye, de la Médie, de la Perse, et ses petits-fils de l’Inde, de la Scythie,
de l’Ibérie, de l’Abyssinie, de l’Arabie… Le rêve de l’Empire des Juifs qui, encore de
nos jours, résonne dans l’esprit d’une poignée de fous à la manière de Jéroboam, et dont,
comme on le voit sur le Web lui-même, la schizophrénie paranoïaque belliciste est identique à
celle qui avait provoqué la scission des Douze Tribus, ne laissant que celles de Juda et
de Benjamin avec leur rêve de domination universelle.
La
Galilée, qui faisait alors partie du royaume de Salomon, comprit que Juda, c’est-à-dire
les Juifs, après la mort du roi Salomon, avait perdu la raison et
commettait la même erreur que Caïn : ne pas voir Dieu tel qu’il est, et tomber dans l’
erreur de croire que c’est Dieu qui est au service de l’homme, que Dieu est là pour faire la
volonté de l’homme. Le très grand roi Salomon, doté de toute la sagesse
et de toute la force, n’aurait-il pas pu prendre les devants s’il avait considéré que la
prophétie se rapportait à lui, fils de David ?
Pour
mettre fin au processus de destruction du peuple hébreu, il aurait suffi
que Jéroboam suive le conseil des anciens. Mais le conseil des
Juifs lui parut meilleur ; lui-même avait été élevé dans cette tradition, et,
trébuchant sur la pierre de Caïn, il leva le bras contre Abel, croyant que la
crainte de la destruction que la division ferait planer à l’horizon obligerait
tous les Hébreux à accepter la politique du fait accompli qu’il prétendait
leur imposer. Une erreur qui allait coûter aux uns comme aux autres de finir comme ils finirent.
Comme
les Juifs imputaient leur sort aux autres tribus d’Israël, leurs relations
futures avec celles-ci furent marquées par la haine jusqu’à la chute de Jérusalem. Les tribus du royaume
d’Israël leur rendirent la pareille sous la forme de guerres constantes
et incessantes. Pendant trois longs siècles, les Juifs et les Hébreux eurent
le temps d’ériger entre eux un mur d’inimitié tel qu’il ne disparaîtrait plus jamais
de la structure mentale juive ; c’est depuis ce côté de la haine que
les Juifs regardèrent avec le mépris qu’il méritait un Hébreu – pour avoir été galiléen –
le Jésus de notre Histoire divine. Un crachat au visage pour avoir été galiléen,
dont, bien sûr, saint Pierre n’a pas été épargné et qu’il a subi jusqu’à la fin de ses jours. Et
ceci alors même que ce saint Pierre est le même que notre Jésus issu de la lignée de David, c’est-à-dire
plus juif par le sang que Jérusalem elle-même.
30
La chute
de Samarie la Blanche.
Si le
royaume du Nord se réjouit de voir Jérusalem pillée, Samarie ne tardera pas à payer le prix de la
division du royaume de David aux mains du roi de
Ninive. Ce qui arriva en 721. Mais voyons d’abord comment Ninive put s’élever
à une telle hauteur au-dessus des cités classiques de l’âge du bronze et de l’âge du fer.
Le royaume mitanni disparut de la scène géopolitique en 1350 à
la suite du mouvement de tenaille entre les Hittites et les Assyriens.
Pour
mieux comprendre, disons que les Hittites régnaient sur la Turquie occidentale ;
les Mitanniens sur le nord de la Syrie, et les Assyriens
sur le nord de l’Irak.
La
destruction de Mitanni survint à un mauvais moment. Peu après, les Philistins — peut-être
les Grecs de l’Antiquité qui, après s’être abattus sur l’empire de Troie, poursuivirent
leur route vers le sud — renversèrent le royaume hittite et freinèrent l’expansion assyrienne vers
l’Ouest.
Dans un
paragraphe précédent, nous avions laissé les Kassites régner sur les ruines de l’empire de
Hammurabi. Les Kassites et les Assyriens étant en guerre, le contrôle de la région au sud d’
Éden échappa peu à peu à Babylone, jusqu’à ce qu’en 1310,
environ, les anciens Perses — les Élamites — obtiennent leur indépendance et se
mettent au même niveau que leurs voisins.
Après avoir
conquis Babylone, l’Assyrien Tukulti-Ninurta Ier étendit son
pouvoir vers l’Élam, mais de manière sporadique seulement, car vers 1215, Suse
devint indépendante et s’imposa comme une puissance militaire. Son roi profita alors des
circonstances liées à l’arrivée des Philistins pour arracher à Ninive le
contrôle de Babylone, qui tomba en 1159 et entraîna dans sa chute le dernier roi
des Kassites.
Une fois
la guerre déclenchée entre Assyriens et Élamites pour le contrôle de l’ancien royaume chassidique, l’
issue prit une tournure inattendue lorsqu’un certain Nabuchodonosor Ier s’imposa comme
roi de Babylone et libéra son pays des deux ennemis traditionnels de sa nation.
Ce qui s’est produit en 1110. Et il a maintenu le conflit entre Babyloniens et Assyriens
dans une guerre d’usure qui aboutit finalement à l’hégémonie de Ninive.
Une hégémonie relative, sans autre force dans la structure géopolitique imposée par l’
invasion des Philistins que celle de maintenir vivantes à Ninive ses aspirations
impérialistes. Aspirations qui, si elles furent d’abord freinées par les barbares de l’
Ouest, furent ensuite contenues à l’intérieur des frontières de l’Irak actuel grâce à l’
expansion du royaume de Salomon à travers tout le Proche-Orient.
Lorsque
le royaume salomonique s’est divisé et que toute l’infrastructure sur laquelle
le roi sage avait bâti sa paix internationale s’est effondrée, Ninive a profité du vide de
pouvoir à l’ouest du Jourdain pour créer son empire.
Si, au
début, Adad-Nirari Ier dirigea ses armées contre Babylone, ses successeurs,
conscients du gaspillage d’efforts qu’ils commettaient, ouvrirent un front
au nord, conquérant la Mésopotamie. Ce changement de cap, sous Salmanasar III, fixa son
objectif vers l’ouest, où la division du royaume de Salomon avait laissé la Syrie à
la merci de son armée. Son entrée de ce côté du Jourdain ne se produisit qu’
après un processus de déstabilisation interne. Ce dernier, mené à bien par le
légendaire Tiglath-Pileser III, envahit Babylone, la
soumet, puis tourne son regard vers l’Ouest, où parviennent les armées de Ninive
sous Salmanasar V.
La
rencontre avec le royaume d’Israël réduisit en ruines la fierté des
Israélites, Samarie la Blanche, comme on l’appelait. Cela se passa en l’an 721.
31
La chute
de Jérusalem la Sainte.
Or, nous ne savons pas si
le royaume des Juifs s’est réjoui en apprenant la nouvelle de la destruction du
royaume de ses frères. Ce que nous savons, en revanche, c’est qu’une fois le
décret contre la division du royaume prononcé, Jérusalem ne pouvait échapper au
même sort que sa sœur Samarie.
Ce ne furent pas
cette fois-ci les Assyriens, mais les Chaldéens de Babylone, destructeurs de
Ninive, qui infligèrent ce châtiment à Jérusalem.
Les
événements généraux se sont déroulés comme suit :
Les rois
de Ninive étendirent leur empire vers le nord et vers le sud, conquérant la Mésopotamie et la
Babylonie.
Salmanasar
III, Adad-Nirari III, Tiglath-Pileser III et Sargon II,
Sennachérib et Assurbanipal, leurs rois les plus célèbres, la haine qu’ils semèrent au nord
et au sud de l’Éden s’est retournée contre eux lorsque Nabopolassar, père de
Nabuchodonosor II, roi de Babylone, et Cyaxare, père de Fraortes II, roi d’Ecbatane, capitale de la Médie, s’unirent pour renverser le roi de
Ninive, objectif qu’ils atteignirent en 612.
Le
partage du monde opéré par les Mèdes et les Babyloniens laissa les terres de l’
Ouest aux mains de Babylone. Lorsqu’il monta sur le trône, le fils de Nabopolassar,
Nabuchodonosor II, traversa le Jourdain et détruisit Jérusalem en 587. Tous ces événements
sont décrits dans l’Ancien Testament.
Une fois
Jérusalem et Samarie détruites, le décret divin : « Tout royaume divisé en lui-même sera
détruit », s’est accompli, leur sort servant d’exemple à tout royaume qui, à
l’avenir, tenterait d’échapper à son destin.
32
Le
Malin.
L’
Ancien Serpent bondissait de joie entre les murs de son silence lorsque
Jérusalem tomba.
Dans quel
esprit peut-on imaginer que Dieu ait besoin de lunettes à rayons X pour radiographier d’un
seul regard l’intérieur de, Seigneur !, ses propres créatures ?
La chute
de Jérusalem fit le jeu de ceux qui prônaient la destruction de l’
Homme et croyaient que le Messie des prophéties avait d’avance
tout perdu. Dieu devait enfin accepter la réalité : en créant l’homme, les choses lui
avaient échappé. Le genre humain ne franchirait plus jamais la frontière entre
les bêtes et les enfants de Dieu ; il manifestait une tendance instinctive si logique
à son espèce que la simple idée de voir le fils d’un homme défier en duel à
mort Satan aurait pu être prise pour une offense si ce n’était le ridicule de l’
idée.
33
Les trois
colonnes du monde.
À
cette époque, dans la Babylone des Chaldéens, cinq siècles avant la
Naissance, vivaient trois enfants prodigieux.
Le
premier était destiné à devenir prophète et à laisser le monde entier bouche bée. Ses
parents l’appelèrent Daniel, mais Nabuchodonosor lui donna un autre nom.
La
doctrine messianique de Daniel fit taire les rires des juifs orthodoxes qui
continuaient à croire à l’avènement immédiat du Messie. Selon Daniel, le
prophète-magicien, la prophétie s’étendait sur une longue période, même cinq siècles après avoir
été écrite par le roi David.
34
Zorobabel.
Le
deuxième enfant était né pour prendre la tête de la caravane de la liberté, conduire son
peuple vers la Patrie perdue, faire renaître Jérusalem des cendres de l’Histoire
et ériger un temple à la Sagesse. Ses amis l’appelaient Zoro, mais le roi
de Babylone l’appelait autrement. Zoro était le
prince héritier de la couronne de
CHAPITRE 6
35
Cyrus le
Grand.
Le troisième
enfant s’appelait Cyrus. Ce Cyrus était le fils de la princesse mède mariée, selon
Hérodote, au prince des Perses. Hérodote n’a pas pu résoudre l’énigme de l’
origine de Cyrus en raison de son manque de connaissances sur les structures de succession des
monarchies mésopotamiennes.
Grâce à
notre connaissance actuelle des structures de pouvoir classiques de l’ère
préchrétienne, nous sommes en mesure de reconstituer l’architecture des
relations internationales typiques de l’époque néo-babylonienne.
La vérité
qui brille au bout du tunnel nous éclaire le chemin vers la découverte des
mécanismes impériaux qui ont dû être mis en place pour porter sur le trône impérial
le prince Cyrus.
L’épouse
de Nabuchodonosor était la fille de Cyaxare, roi des Mèdes. Ce Cyaxare était
l’allié de Nabopolassar, père du prince Nabuchodonosor.
Ciaxare
et Nabopolassar enfermèrent le roi de Ninive dans son
palais et l’ensevelirent sous les décombres de son empire. Pour célébrer
cette grande victoire, ils marièrent leurs enfants. Ciaxare donna sa fille au fils du roi
des Chaldéens ; et celui-ci donna son fils à la fille du roi des Mèdes.
Le
frère de l’épouse de Nabuchodonosor hérita du trône de Médie et maria sa fille
au prince de Perse, père de Cyrus. Ciaxares était donc, selon cette tradition, l’
arrière-grand-père maternel de Cyrus, et Nabuchodonosor son grand-oncle – le grand-oncle de la mère
est le grand-oncle pour ses enfants.
Si
Nabuchodonosor était le gendre de Cyaxare, Fraortes et lui
étaient cousins. Et s’il était cousin du fils de Cyaxare, Nabuchodonosor était l’oncle par la mère de
Cyrus.
Conclusion :
Cyrus était le petit-neveu du roi de Babylone et le petit-fils du roi de Médie.
Un jeu
de probabilités gordiennes de cette nature a conduit Charles Quint sur le trône d’
Allemagne.
Un
prince perse pouvait aspirer à réunir entre ses mains les trois couronnes « quand les
poules pondront des chiots », disait le proverbe populaire babylonien.
Il fallait
que de nombreux calculs coïncident pour que cette possibilité prenne forme. Ou bien il pouvait
arriver qu’il soit invité à prendre part à un projet d’unification du
monde sous une couronne unique et…
Résumons :
À la lumière
des conclusions qui ont été tirées à partir des traductions des
bibliothèques mises au jour au Moyen-Orient préchrétien, nous pouvons
reconstituer la véritable structure des relations internationales qui ont
permis à Cyrus le Persan de conquérir un empire.
Les
Histoires d’Hérodote, sans pour autant leur ôter leur valeur, ont été écrites dans l’
ignorance de l’importance de l’élément biblique dans le déroulement des
événements mondiaux de l’époque. Il est dans une certaine mesure amusant de voir comment
ceux qui se sont eux-mêmes qualifiés d’historiens, aveuglés par leur haine
antisémite et leurs préjugés anticatholiques, ont été incapables de percer à jour le
voile de fables qu’Hérodote a recueillies comme norme de vérité et transmises à la
postérité, enveloppées dans le tissu doré de l’Antiquité classique. N’étant pas un historien
de notre époque, mais simplement un écrivain de son temps, on ne peut demander
à l’auteur des Histoires autre chose que de refléter dans ses écrits l’ignorance
qui régnait à son époque sur les choses du passé. Au regard de notre connaissance du
pouvoir et de l’Histoire, il faut le dire, à ce stade, il faudrait être un
véritable imbécile pour croire que le général en chef des forces militaires du
royaume de Médie a remis la couronne d’Ecbatane au roi de Perse simplement pour son
beau visage, celui de Cyrus, alors que ce royaume n’était jusqu’alors qu’un acteur de second plan dans le jeu
politique.
Et à la
lumière des connaissances dont nous disposons aujourd’hui, il faut être bien plus qu’un imbécile pour
croire que le roi de Babylone, la superpuissance de l’époque, soit resté en
marge du cortège triomphal du Persan, son inaction lui faisant ainsi céder l’Empire
à celui qui n’était jusqu’alors que son vassal, simplement pour le beau visage de Cyrus. Dans un monde
où le fer faisait loi et où la force détenait la vérité, les sottises qu’
Érodote a pu écrire sur l’ascension au pouvoir de Cyrus ne pouvaient trouver leur place
que dans l’esprit d’un berger analphabète, ce qui, en fin de compte, à bien y réfléchir, représentait l’
immense majorité du monde : un peuple analphabète, dont l’analphabétisme concernait davantage
à la connaissance des lois du pouvoir qu’à celle des lettres composant l’
alphabet. C’est en comptant sur cet analphabétisme du peuple concernant les lois du
pouvoir qu’Hérodote écrivit cette série de sottises qu’il appela, en ce qui concerne Cyrus,
les « Histoires ».
Ce sont les
faits qui apportent leur témoignage et effacent l’inscription sur
le mur, gravée dans notre mémoire par des sages de l’envergure d’Hérodote.
Nous savons avec certitude qu’à l’époque de Nabonide, les villes impériales situées
aux frontières du royaume de Babylone des Chaldéens étaient entre les mains d’
officiers juifs. Tout historien professionnel peut confirmer cette
information qui, si elle est énoncée par un amoureux de la vérité, n’est qu’une simple supposition,
mais qui, entre les mains d’un mercenaire de l’information historique, sonne comme une
vérité établie.
Mais ce
qui est tout à fait incroyable, c’est que ces mercenaires au service du Pouvoir
n’aient jamais consacré une seule ligne à ce phénomène si singulier qui se présente sous
nos yeux lorsque l’on découvre qu’un peuple d’esclaves s’est
révolté jusqu’à détenir les clés du royaume de son maître et seigneur.
Le
responsable de cette situation si atypique et phénoménologique était, sans l’ombre d’un doute,
le prophète Daniel, chef du Conseil privé de Nabuchodonosor. Mais ce qui me
fascine personnellement, c’est de voir comment les experts en structure impériale, le
peuple britannique, bien qu’ils aient été parmi les artisans de la mise au jour des
bibliothèques de l’Ancien Moyen-Orient, ces experts en structure impériale se
soient comportés comme des bergers illettrés face à ce qu’est un empire et à la
série de forces structurelles qui le font fonctionner, eux qui avaient entre leurs mains l’un
des plus grands empires que la Terre ait jamais connus. Cela ressemble donc à une farce,
que ce soient précisément les impérialistes par excellence, le peuple
britannique, face à la série d’absurdités d’Hérodote sur l’ascension de Cyrus le
Persan, qui aient réagi comme le berger de la fable.
Le fait
que les armées aux frontières du royaume des Chaldéens fussent entre
les mains de généraux juifs ne s’explique qu’à la lumière de la Bible.
En la conciliant avec la Vraie Histoire du royaume des Chaldéens, on constate que
le coup d’État qui a porté Nabonide au pouvoir a eu lieu immédiatement
après l’orgie de Balthazar, coup d’État mené par Daniel, prophète et chef
des mages de Babylone, coup d’État qui se préparait depuis un
certain temps et dont le célèbre récit de l’écriture
sur le mur a servi de signal de départ.
On constate
dans l’histoire du royaume de Nabonide que celui-ci délégua toutes les fonctions
impériales à sa cour, se consacrant lui-même, en tant que roi fantoche, à la mise au jour
de cités perdues dans le désert. C’est sous cette cour, dominée par le chef
du Conseil privé de Nabuchodonosor, que ceux qui étaient jusqu’alors des esclaves se hisseraient
à la tête des armées des frontières, qui leur ouvriraient plus tard
les portes à Cyrus, une conquête pacifique que le nouveau roi de Babylone paierait,
non pas avec de l’or, mais avec la liberté, comme le montre bien le très célèbre, mais
méconnu au niveau historique international, l’édit de liberté religieuse de
Cyrus, dont je traduirai le contenu tout au long de cette section.
Chroniques
mèdes
Observons
comment la haine antisémite des historiens de l’époque moderne et leur fanatisme
anti-ecclésiastique ont altéré leur intelligence au point de les rendre aveugles
face à l’incroyable fait que le général en chef de la deuxième superpuissance
de l’époque, la Médie, ait remis la couronne de son roi et seigneur à un prince
vassal, et ce sans qu’une seule bataille n’ait eu lieu, se contentant de dire : « Amen ».
Ce serait la
première fois dans l’histoire de l’humanité qu’une armée supérieure se rende à
une autre, inférieure, simplement parce que l’ennemi assaillant avait un beau visage, en l’occurrence Cyrus le
Persan.
Hérodote,
étant ce qu’il était, un homme de son temps, en aucun cas un historien de
notre époque, s’est contenté d’écrire la série d’absurdités qui circulaient à son époque
sur l’ascension d’un prince de second rang au sommet de l’empire,
phénomène inexplicable que seul un regard mythique permettait au
peuple de comprendre, et que lui, simple écrivain, s’est contenté de recréer des années
après les faits, démontrant ainsi qu’il avait peu de l’étoffe d’un historien et beaucoup
de ce qu’il était, à savoir un écrivain.
Il était
impossible qu’un prince de Perse, Cyrus, n’ait pas été soumis à la vassalité
à la cour de Babylone. Rappelons qu’après le partage du monde par Cyaxare
et Nabopolassar, à la suite de la destruction de l’empire de Ninive, la Perse fut
reléguée à ce qu’elle avait toujours été, une puissance obscure, à cette différence près
que cette fois-ci, au nord et à l’ouest, deux royaumes puissants s’étaient
élevés, face auxquels le prince de Suse n’avait d’autre choix que la vassalité.
Il est vrai
que, par accord, Cyaxare soumit la Perse à l’influence de son sceptre et que
Nabopolassar céda cette influence en échange de la frontière occidentale, plus riche
et nécessitant davantage son attention si l’on considère que de l’autre côté du
Jourdain et à l’ouest du Sinaï se trouvait l’Égypte. Mais il n’en reste pas moins vrai que
la Mède et son roi avaient à leur frontière occidentale un autre ennemi potentiel de grande
envergure : les peuples hellénistiques.
La Perse
se retrouva reléguée aux confins de l’empire, en théorie dépendante du roi de
Mède mais, dans la pratique, exposée à la cour du roi de Babylone. Si l’indépendance de la Perse est
respectée, c’est grâce à un accord entre vainqueurs qui
sert de symbole d’amitié perpétuelle entre Ecbatane et Babylone. Tout
soulèvement militaire en faveur de l’indépendance réelle de Suse pouvait être écrasé à
tout moment, tant par les Chaldéens que par les Mèdes. C’est pourquoi, si
Ecbatane cherchait à s’allier avec Suse pour maintenir la
frontière fermée face à Babylone, Suse cherchait à s’allier avec Babylone afin de préserver son autonomie
face à Ecbatane, ce qui se scellait, comme il était d’usage à l’époque, par
la remise, en qualité d’« hôte-otage », d’un héritier de la couronne, en l’
occurrence Cyrus.
Nous avons
donc qu’Astiage le Gros, héritier de Ciaxare et roi d’Ecbatane, marie l’une
de ses filles au père de Cyrus, dans le cadre d’une alliance contre Babylone, ce que Suse considère
comme une garantie d’autonomie face à la cour de Nabuchodonosor. Et à son tour, le
père de Cyrus remet en «otage »l’un de ses fils au
roi de Babylone en signe de soumission à la couronne de Nabuchodonosor, obligeant ainsi
Babylone à lui servir de rempart face à toute violation des accords
signés entre Ciaxares et Nabopolassar concernant le statut
de la Perse.
Afin de
dissimuler le réseau de relations qui a rendu possible l’accession du prince
persan au trône impérial et que nous démêlerons jusqu’au bout, on a amplifié le
conte pour enfants de la persécution du fils de la princesse mède donnée en
épouse au père de Cyrus, du sauvetage mythique de son fils par un berger, et de la
conquête prodigieuse de la Médie et de Babylone sans même livrer, ou du moins, une
seule bataille. Que dire d’une seule bataille ! Mais non, aucune. Et le plus curieux,
étonnant et fascinant, ce n’est pas qu’un écrivain spécialisé dans les récits fantastiques de son
époque ne se soit pas étonné de ce conte, le plus hallucinant de tout, c’est que ceux-là
ceux-là mêmes qui prétendent nous donner des leçons d’histoire universelle aient gobé
cette histoire. Et ce qui fait le plus rire, c’est de voir que ces grandes gueules
aient été capables d’affirmer les « Histoires » et de nier l’Histoire : affirmant au
Siècle des Lumières – Dieu nous préserve de leurs lumières – qu’il n’y avait jamais eu ni
Ninive, ni Troie. Des affirmations dignes d’imbéciles qui, si sous les lumières de l’
ère moderne, ont été prises au XVIIIe siècle pour parole de Dieu, au XIXe, Dieu
a plongé ses mains dans la boue et leur a frotté Ninive au visage. Ce n’est pas une
accusation, mais bien le fait de leur ôter le masque d’infaillibilité que se sont attribué
les historiens du XXe siècle.
Les
faits parlent d’eux-mêmes. D’abord, la Médie. Le général en chef du royaume des Mèdes descend
de son cheval et place ses forces militaires aux ordres du prince d’un
royaume vassal. Sans aucune raison !
Un acte
incroyable que la légende signée par Hérodote attribue à la jalousie du
général en chef des forces mèdes, qui, dépité parce que la mère de
Cyrus, autrefois sa fiancée, lui avait été enlevée par son roi et futur beau-père
pour être donnée en épouse au roi de Perse, bla bla bla… une histoire digne des contes d’une
Nuit d’été de Shakespeare… car le roi Astyage fit un rêve dans lequel
il voyait sa dynastie brisée par l’enfant né de l’union de sa fille avec le chef de ses armées,
oh là là!, et, terrifié, il donna sa fille, la
fiancée du chef de ses armées, en mariage au roi de Suse, écartant ainsi le
danger d’Ecbatane, une balle qui, avec le temps, reviendrait vers son point de départ pour
faire s’effondrer tout l’édifice…
Eh bien voilà,
comme ça, sans rien en échange ! Après avoir cédé le royaume à un prince vassal, voilà que
Babilone tout entière ouvre ses portes à ce même prince de seconde zone… comme ça,
sans rien en échange !
En vérité,
il faut être un imbécile pour écouter cette histoire et prêter attention à de telles
Chroniques de la véritable histoire de l’humanité.
Et tout
cela après que Babylone eut tenu tête à l’Égypte, barrant au
pharaon la route vers la Lydie ; un pharaon qui, bien qu’il fût aux antipodes de
ces événements, s’était levé et mettait la pression sur le roi de Babylone pour qu’il
qu’il se soulève et agisse, qu’il s’allie à Crésus et rende à Astyage le trône que son
serviteur lui avait volé au profit de Cyrus, sans aucune raison !
Je crois
qu’il faut être un véritable imbécile pour ne pas voir, dans ce défilé triomphal d’un
prince de second rang dans les relations du pouvoir de l’époque, un réseau de
forces internationales unies par une même cause, un noyau pensant et dirigeant
des actions de tous ceux qui ont remis l’Empire à Cyrus, ce qu’il a récompensé
par l’édit de liberté, qui s’impose comme notre preuve principale et la plus
puissante du lien entre le monde juif et le changement transcendantal que la
civilisation tout entière a connu à la suite de l’accession au trône impérial de Cyrus.
Le mystère de Dioces le Mède
Une autre de
ces histoires que les éminents historiens de l’époque moderne ont rapportées sans
s’en émouvoir, c’est-à-dire sans aucune envie et encore moins la capacité de
l’élucider, concerne le mystère de la formation miraculeuse du royaume des
Mèdes. La légende s’élève à nouveau aux autels de l’Histoire et
laisse le mystérieux voyage de Dioces, fondateur du
royaume des Mèdes, à l’issue duquel il revint avec les clés de ce qui allait devenir
Ecbatane, sa capitale, dans les brumes de l’univers succulent des mythes.
La
structure historique est sans équivoque et ne se prête pas aux fables. Mais n’oublions pas
que si Hérodote n’avait aucune idée de l’existence de la Bible, les
historiens modernes, aveuglés par leurs préjugés antisémites, ont gardé le silence
sur la révolution qui a permis le passage d’une nation composée de
tribus à l’état barbare à une société soumise à une structure monarchique. Et ils
passent sous silence cette révolution parce qu’elle a eu lieu à la suite de la déportation des
Israélites vers les montagnes de l’Est.
Dès l’
époque de Tiglath-Pileser Ier, au XIIe siècle av. J.-C.,
les Assyriens connaissaient déjà l’existence des peuples barbares du Nord. Mais
ce n’est qu’à l’époque de Salmanazar III, au IXe siècle, que les affrontements avec
ces barbares des montagnes au nord de l’Assyrie devinrent réguliers.
Salmanasar découvrit un ensemble d’environ 27 tribus, chacune soumise à son propre
prince, et dont la structure militaire et sociale était typique de toutes les
nations indo-européennes à leurs débuts, c’est-à-dire anarchique, fruit de la
théorie de la liberté qui a toujours été naturelle à tous les barbares.
Que
ces 27 tribus du Nord provenaient d’autres régions du monde et qu’entre
elles se trouvait le peuple des Mèdes, lui-même divisé en tribus, est
une chose bien connue. Le problème est que les historiens modernes ont eu tendance à modeler
toutes les données afin de se forger une histoire à la mesure de leur
mentalité : or, leur école de pensée étant de nature impériale, cette
reconstruction n’a en aucun cas obéi à la loi du pouvoir. Quoi qu’il en soit,
il existe des données qu’il leur était impossible de contourner et qu’ils devaient,
à leur grand regret, considérer comme des faits. Le lien entre les Mèdes et les Perses, qui transparaît dans les relations
commerciales entre ces peuples du Nord et les nations situées au sud de l’Assyrie, est
l’un de ces faits gênants qu’ils ont évités autant que possible afin de ne pas
corriger les récits historiques de leur maître.
Le fait
est que, sous le règne de Salmanazar III, les Mèdes étaient toujours aussi sauvages
qu’à l’époque de Tiglath-Pileser Ier,
deux ou trois siècles auparavant.
J'entends
par « sauvages » le fait de ne pas savoir structurer un État ni définir une
civilisation qui leur soit propre.
Samshi Adad IV et Adad-Nirari III — toujours au
IXe siècle — imposèrent un tribut aux Mèdes et aux peuples alliés des montagnes,
mais sans jamais parvenir ni à les réduire au joug de l’Assyrie, ni à les convertir à leur
civilisation. La loi de la liberté des barbares était préférable à la loi de
l’esclavage qui régnait depuis Ninive. Et sous cette loi, ils continuèrent
à se multiplier et à prospérer.
À tel point que
lorsque Tiglath-Pileser III, au milieu du VIIIe siècle, se
lança à la conquête de la gloire et de la renommée pour l’éternité, et fit irruption dans le pays
du Nord, il affronta les chefs barbares et les vainquit tous, l’un après
l’autre : il ramena en Assyrie une caravane d’esclaves qui se comptait par
des dizaines de milliers de têtes. Peu après, la génération suivante s’est
révoltée contre le joug assyrien, mais sans autre conséquence que l’écrasement de
la révolte et l’anéantissement d’une population déjà décimée par la première
guerre contre Tiglath-Pileser III.
Ainsi,
lorsque Sargon II, en 722, ravagea le royaume d’Israël et détruisit Samarie la
Blanche, dont les dômes d’ivoire brillaient sous le soleil des siècles, au grand
désespoir du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, qui voyait le peuple élu sombrer dans l’
idolâtrie — événements déjà décrits dans la Bible —, et déporta les
survivants d’Israël vers le pays des Mèdes, la nation des barbares
du Nord, qui subit alors une transfusion de sang guerrier ; sous la pression de celui-ci, déjà
exacerbée par le désir de vengeance de la nation qui recevait ce nouveau
souffle, elle se souleva en rébellion contre l’ennemi commun, partageant ainsi la
défaite et l’exil du chef de la révolte, le mystérieux et énigmatique Dioces de la Légende mède.
Nous devons
imputer à la honte des historiens du Proche-Orient ancien
de n’avoir jamais voulu ouvrir les yeux sur cette rencontre de deux peuples à une
même époque et en un même lieu, l’un hautement évolué, les Israélites, dont l’origine
en tant que royaume et État remontait à l’époque de David et de Salomon, et l’autre à son
état le plus sauvage, tous deux soumis au même despotisme impérial, et qui scellèrent
leur union par le sang qu’ils versèrent lors de la révolte dont Dioces fut le chef. Ces historiens de l’école
d’Hérodote, systématiquement hostiles à l’influence toute-puissante de l’élément
sémite dans l’histoire de la civilisation, dans la mesure où le Sémite est le Juif,
clôturent le chapitre de la convergence de ces deux peuples, les Israélites et les
Mèdes, dans la révolte contre leur ennemi commun, Sargon II, en affirmant que les tribus
barbares se sont à nouveau soumises au joug, reléguant ainsi dans l’oubli
les aspects marquants du lien israélite.
Ce
lien israélite dans l’avenir du peuple mède devint si décisif et
transcendant que ce qui était jusqu’alors impossible, à savoir faire de toutes les tribus une
seule nation, devint réalité et, du jour au lendemain, les barbares se donnèrent
un roi, se construisirent une capitale et s’organisèrent selon la structure d’un
État. Or, l’explication de la création d’un État du jour au
lendemain offre deux possibilités. L’une s’adresse aux esprits limités, l’autre est l’
expression de la réalité. L’époque moderne a préféré la première. La réalité est
que l’évolution, en l’espace d’une génération, celle de Dioces,
du passage d’une structure barbare à une structure étatique, a impliqué une véritable
révolution. Et pour que celle-ci s’accomplisse, il fallait pouvoir compter sur des experts en la
matière, un peuple hautement civilisé, formé à la structure du pouvoir que
représente la formation d’un royaume.
Cette
révolution s’est produite précisément lorsque le peuple israélite est entré au Moyen-Orient.
Et toute explication de ce passage révolutionnaire par lequel un peuple composé de
nombreuses tribus barbares, en état d’anarchie depuis des siècles, se fond dans une
Couronne et un État impérial, qui ne passerait pas par ce lien, aboutit à une
histoire destinée à des bergers analphabètes, qui serait l’histoire qu’Hérodote a rapportée
en parlant de Cyrus.
La
formation de l’Empire d’Ecbatane n’avait qu’un seul but : la destruction de Ninive.
C’est sous l’impulsion d’une vengeance perpétuelle, scellée par le sang lors de la
révolte que Sargon II a réprimée contre les Israélites et les Mèdes, que le petit-fils de Dioces,
le Cyaxare de l’Histoire universelle, et père de celle qui allait devenir l’épouse de
Nabuchodonosor, a conduit la nouvelle nation issue de l’union du peuple israélite
et de la nation des Mèdes, se lança contre l’Assyrie et arracha Ninive de
la surface de la Terre.
Chute de Ninive
Au cours de
cette révolution fondatrice à l’origine de la formation du royaume mède, et comme on
peut le comprendre selon la logique du pouvoir, afin de donner de la cohésion à sa couronne militaire, Dioces compléta son état-major avec l’
élément israélite, désormais une tribu unie par le sang à la nation des
Mèdes et par l’État à la couronne du roi d’Ecbatane. C’était l’établissement
d’une monarchie civilisée sur un substrat barbare, dans laquelle la direction
était conservée par l’élément barbare, et dont la cohésion reposait sur l’
élément étranger, hautement évolué, mais qui, en raison de sa condition de nouvelle
tribu, ne pouvait prétendre à la couronne. Et cette structure d’obéissance au
monarque, quelque peu naturelle chez les Israélites mais étrangère au sang barbare,
allait constituer le pilier fondamental sur lequel la dynastie de Dioces fonda son pouvoir militaire.
Que la
soif de vengeance animait les deux peuples, les Israélites et les Mèdes, et qu’elle fut le berceau dans
lequel les deux sangs s’unirent pour concevoir la couronne d’Ecbatane, on le voit dans
la fougue avec laquelle l’héritier de Dioces, Fraortes le Jeune, se jeta contre l’ennemi commun. Le
coupable, comme toujours, l’Assyrien.
Sous
le règne de Sennachérib le Bibliothécaire, le joug de Ninive pesait de manière criminelle
sur toutes les nations à l’ouest de l’Euphrate. Soucieux d’étouffer dans le sang
le cri de liberté des peuples à l’ouest de l’Euphrate,
Sennachérib ne se soucia pas des barbares du Nord, et Dioces profita de cette inattention pour consolider sa révolution et léguer à sa
dynastie une armée puissante, prête à assouvir la soif de vengeance de la
Nouvelle Nation. Grâce à l’aventure de Sennachérib à l’Ouest, Diocès étendit son influence aux portes de Ninive,
concluant avec le peuple perse l’alliance typique entre amis, fondée sur
l’hostilité envers un ennemi commun.
À la mort
de Sennachérib et de Dioces, leurs fils s’
affrontèrent sur le champ de bataille. Mais Assurbanipal s’avéra être un adversaire
trop puissant pour Fraortes le Jeune, dont le royaume
n’avait pas encore suffisamment mûri pour que sa structure soit comparable à celle
d’un empire. Son successeur, Ciaxares, se replia donc sur son royaume afin de
lui apporter la touche finale. Qui, comme nous le savons tous, atteignit son apogée en 606,
l’année où la soif de vengeance de la Nation du Nord s’enivra du sang
de l’ennemi haï, l’Assyrien, dont la capitale fut rayée de la surface de
la Terre pour ne plus jamais être habitée, pour les siècles des siècles, selon ce qu’
avait annoncé Dieu dans son Livre.
Entre l’
accession au trône de Ciaxares et la destruction de Ninive, il y eut l’invasion
de la Mède par les barbares des steppes sibériennes, qui retarda l’Heure finale,
mais ne put empêcher que le dessein divin s’accomplisse à la lettre. Dans le
frémissement de ce cri de victoire, celui qui a des oreilles pour entendre perçoit la langue
hébraïque s’élever aux côtés de celle des Mèdes, ces deux âmes ivres du plaisir des
dieux, rendant toutes deux grâce à leurs dieux.
Nous
ne devons pas oublier qu’Hérodote, Grec, ignorait la Bible, et que par conséquent sa
capacité à découvrir l’existence de l’élément israélite à l’origine de
la révolution mède est amplement justifiée ; nous ne devons pas non plus manquer de
remarquer que les historiens modernes, connaissant la Bible et l’histoire du
Moyen-Orient préchrétien, se bouchent les oreilles et s’arrachent les yeux
plutôt que de reconnaître la puissance de l’influence de l’élément sémitique, incarné par
le peuple israélite, lorsqu’ils évoquent l’irruption dans l’histoire universelle du
royaume des Mèdes. C’est à partir de ce lien que l’on expliquera comment un état-major,
composé d’éléments israélites, a orchestré le transfert de la couronne,
qu’il avait lui-même créée, des mains de la maison de Dioces à celles de
la maison de Cyrus. Une raison qui sera expliquée en suivant cette même structure de
raisonnement.
Chroniques babyloniennes
Mais si
l’Assyrien sema au nord la graine d’une haine toute-puissante qui, en temps voulu,
porterait ses fruits, au sud de Ninive cette haine était déjà une réalité qui, tapie comme
la lionne qui contemple sa victime, assise, le gouverneur de Babylone
attendait son heure. Cette heure lui viendrait à Babylone avec Nabopolassar.
Au courant
de l’avancée du roi d’Ecbatane, Nabopolassar se lança
contre le roi de Ninive, appliquant à ce dernier la même loi que celui-ci
avait imposée à toutes les nations. Une fois l’Empire assyrien écrasé, Nabopolassar monta sur le trône, concluant avec Cyaxare
une alliance de paix mutuelle, scellée par le mariage entre la fille du roi du Nord et
le fils du roi du Sud.
Et
aussitôt, le partage du monde.
Le roi de
Babylone s’appropria le territoire situé au sud des monts Taurus,
laissant tout le nord, et de là jusqu’aux confins de l’Anatolie occidentale, au roi de Médie. Le roi de Médie laissait au
roi de Babylone le territoire situé au sud des monts Taurus, et
de là jusqu’aux confins de la Palestine, de l’Arabie et de l’Égypte. Derrière
ces deux royaumes se trouvait la Perse, région autonome soumise en principe à la vassalité
de la couronne d’Ecbatane, mais sous l’influence politique de Babylone.
La Perse, région dépourvue de véritable armée et de force étatique unifiée propre, voyait son
pouvoir en tant qu’ennemi réduit à celui d’une province frontalière au service
des intérêts mutuels des deux royaumes. En raison de l’alliance matrimoniale entre
Ecbatane et Babylone, toute révolte de Suse se heurterait à un mur
impossible à franchir. Or, tout dépassement des limites d’
influence sur la Perse dictées par les deux puissances pourrait faire basculer le
rapport de forces et faire passer la dépendance de Suse d’une cour à l’autre.
Un déséquilibre qui n’intéressait ni les couronnes alliées, toutes deux lancées dans
les conquêtes de l’Ouest, l’une par le Nord et l’autre par le Sud, ni la propre
couronne de Perse, trop faible pour résister à une attaque conjointe des
forces d’Ecbatane et de Babylone.
Par le
nord, Cyaxare parvint jusqu’au royaume de Lydie, dont la conquête ne fut pas menée à bien, et
par le sud, le roi de Babylone parvint jusqu’à la Grande Mer, où le fils de
Nabopolassar détruisit le royaume de Juda, comme il est écrit.
Tout comme
auparavant le royaume d’Israël avait été rayé de la surface de l’Histoire, c’était désormais
au tour du royaume de Juda. Et tout comme auparavant l’Assyrien avait déporté la
crème de la jeunesse israélite survivante vers une terre étrangère, dans le but d’
humilier leur fierté et d’écarter à jamais le danger d’une révolte,
Nabuchodonosor fit de même avec les survivants de Jérusalem et de son royaume,
déportant vers le pays des Chaldéens la crème de la nation
survivante.
Si, dans le
premier cas, la déportation n’a pas signifié l’esclavage, mais plutôt le partage de la même
haine et du même désir de vengeance avec la population du pays vers lequel les Israélites
ont été déportés, et en s’unissant à laquelle, de cette fusion est née une nouvelle
nation, avec pour capitale Ecbatane, dans ce cas précis, la déportation des Juifs
signifiait l’esclavage au sein même du pays de ceux-là mêmes qui avaient détruit leur
royaume.
Quelle
révolution aurait pu porter au pouvoir ce peuple d’esclaves dont le maître avait autant
d’expérience, voire davantage, que le peuple juif lui-même quant à la nature structurelle d’un
État et d’un empire ! Aucune. À moins que… En effet, Dieu n’élève un Juif à la
tête suprême du Conseil privé du roi de Babylone. Et encore, à condition que
cet homme de Dieu parvienne à surmonter toutes les intrigues ourdies contre sa personne que
les membres du Conseil privé du roi ne manqueraient pas de lui tendre.
Les
historiens de l’époque moderne, plus soucieux de titiller l’
Église catholique que de pénétrer les structures du passé, se sont
désintéressés de l’influence et du pouvoir des mages à la cour de
Nabuchodonosor. La haine envers l’élément sémitique, du fait qu’il était juif, s’est toujours
révélée plus forte que leur sens de la vérité et, dès qu’ils percevaient un quelconque
lien hébreu-juif, ils tournaient le dos et se moquaient éperdument d’écrire
l’Histoire, se limitant à faire du journalisme du passé : telle année, tel roi, telle
guerre. Point final.
Mais le fait que,
à l’époque du règne de Nabonide, le dernier des Chaldéens, d’origine
assyrienne qui plus est, les clés des grandes villes frontalières fussent
entre les mains de généraux juifs — un fait que tout historien peut confirmer —,
met en évidence que le pouvoir du chef du Conseil privé du roi, et chef des
mages de Babylone, était d’une portée extraordinaire. D’autant plus étendue que
la figure du moment était puissante. Dans le cas du prophète Daniel, ce
pouvoir doit être multiplié à sa puissance maximale si l’on tient compte de sa
survie après la mort de Nabuchodonosor et de sa présence dans le complot qui
a renversé sa dynastie et remis la couronne à un prince étranger, le
Nabonide de l’Histoire. Ou bien un changement dynastique se produit-il sans
révolution ? L’innocence des historiens modernes, qui ne voient aucune révolution
dans un changement de dynastie, est aussi grande que leur perversité à tourner le
dos à la vérité si cela leur permettait de satisfaire la passion qui les poussait à
taquiner l’Église, pourvu qu’ils démontrent que ce sont eux, et non Dieu, qui sont
les véritables artisans de l’Histoire, sinon de celle qui est, du moins de celle
qui fut.
Ainsi,
nous avons deux éléments d’un même corps qui se rejoignent à l’extrémité
pour remettre la couronne de l’Empire à notre Cyrus. D’un côté, l’élément
israélite à l’origine de la couronne d’Ecbatane, et de l’autre, l’élément juif
à la tête des villes frontalières du royaume de Babylone.
Il nous reste
à définir la nature de la révolution qui a conduit Nabonide au pouvoir, Cyrus
à l’Empire et Zorobabel au retour dans la patrie perdue.
Chroniques perses
Nous pourrions
consacrer tout un ouvrage encyclopédique à ce sujet, à savoir l’
ascension de Cyrus à l’Empire et son édit de liberté religieuse.
Les
différents aspects regorgent de mystères si captivants qu’il serait difficile de faire l’impasse sur
une nouvelle version de l’Histoire.
Premièrement,
en raison de la série d’impossibilités exposées, en contournant lesquelles un prince de
second rang affronte les superpuissances de l’époque et triomphe, inscrivant ce
que Jules de la maison des César signerait : « Vini, vidi, vincit », mais ce Jules de la maison des Achéménides
sans avoir à livrer une bataille digne de ce nom, à l’exception de celle
qu’il mena contre Crésus le Lydien ; et deuxièmement, car depuis quand la culture de la
nation perse a-t-elle fait de la liberté religieuse son emblème ?
Même de
nos jours, la génétique trahit ceux qui se proclament successeurs de ce
Cyrus, défenseur des libertés religieuses, et qui, se disant ses successeurs,
entendent par liberté religieuse la destruction de tous les infidèles,
en particulier s’ils sont juifs.
Dans ce
jeu de forces entre les superpuissances de l’époque, il était naturel que les alliances
matrimoniales ouvrent et ferment des voies. C’est pour cette raison que le mariage du fils de
Cyaxare, Astyage le Gros, avec une fille de sa famille et le prince de
Perse n’impliquait aucun droit de Suse sur la couronne d’Ecbatane, de la même manière
que le mariage entre la fille de Cyaxare et le fils de Nabopolassar ne conférait
aucun droit au roi d’Ecbatane sur la couronne de Babylone.
En excusant
Hérodote de son ignorance, tout historien sait que la princesse
donnée en mariage d’alliance passait directement sous la couronne
du prince consort. La fable du prince Cyrus, fils issu de ce mariage,
condamné à mort par décret et sauvé par un berger, n’a aucune
valeur, si ce n’est celle de vouloir préserver d’une manière ou d’une autre le droit de Cyrus au trône
de la Médie et de revêtir son incroyable ascension à l’Empire du manteau de la
providence des dieux.
Il était
impossible qu’un prince de second rang, comme je l’ai dit plus haut, rêve de conquérir
toutes les couronnes des superpuissances de l’époque, et ce qui est encore plus
fantastique, sans même avoir à livrer une seule bataille. Oh là là!
Dépassant
ainsi Hérodote, nous revenons à la réalité. Et la réalité est que si Astyage a marié
l’une de ses filles au prince héritier de Perse, comme cela arrive souvent
dans tout mariage de ce genre : cette alliance avait pour but de préserver
l’autonomie de Suse face à Babylone, Ecbatane rappelant à Babylone que
toute adhésion qui dépasserait son influence politique sur Suse donnerait lieu
à une guerre légitimée par le sang entre les couronnes.
Du
côté de Suse, tandis que le roi des Perses s’assurait le soutien du roi des
Mèdes grâce au mariage entre son héritier et la princesse d’Ecbatane,
jouant sur les deux tableaux – ainsi va le pouvoir ! –, le roi des Perses conservait son
indépendance politique face au roi d’Ecbatane : vassalité envers le roi de
Babylone, en signant avec le Chaldéen le classique accord de prise en otage d’un héritier, par lequel le premier, un royaume de second rang, obtenait du
second, un royaume de première importance, une protection et une assistance garantissant son
indépendance vis-à-vis du roi des Mèdes. C’est à cette cour, et non dans la
hutte d’un berger, que Cyrus allait grandir.
Rappelons-nous
qu’à l’époque où Cyrus dut être remis — d’où la légende de
sa disparition des yeux d’Ecbatane et de Suse — aux mains de la cour
chaldéenne, la direction de la Maison des Mages et la présidence du Conseil privé du roi
de Babylone, et donc responsable des otages royaux, ce pouvoir était entre
les mains d’un Juif nommé Daniel.
Notons
en outre que le même processus que Nabuchodonosor avait appliqué à Jérusalem,
en détruisant la ville et en emmenant avec lui ses princes survivants, ce
même processus fut celui que son père, Nabopolassar, appliqua à Ninive, en détruisant
la ville et déportant dans son royaume ses princes survivants, parmi lesquels,
tout comme le prince Zorobabel allait naître des Juifs survivants,
tous deux élevés à la cour de Nabuchodonosor sous la tutelle du chef même de la
maison du roi, le mage et prophète Daniel, allait naître plus tard Nabonide, le futur roi après
le coup d’État qui renversa la dynastie de Nabuchodonosor.
Cyrus,
qui clôtura cette incursion, était apparenté par sa mère à la couronne des
Mèdes, et par son grand-père maternel, à Astyage lui-même, fils de Cyaxare.
Astyage, frère de l’épouse de Nabuchodonosor, étant le grand-père maternel de
Cyrus, liait son petit-fils, sans le vouloir, à la couronne de Babylone. L’
occasion de réunir ces trois couronnes, la perse, la chaldéenne et la mède, sous une
même tête était extraordinaire. Cyrus avait des droits légitimes de sang sur
les trois couronnes de l’époque. Évidemment, pour cela, il fallait renverser la
dynastie de Nabuchodonosor, de placer sur le trône un roi fantoche, Nabonide, de placer
les villes frontalières sous le contrôle d’hommes fidèles au Mage de Babylone, des Juifs comme lui
-même, et de venir à bout du roi d’Ecbatane. Ce qui n’était pas très difficile
à réaliser si le Grand Mage d’Orient tenait compte du fait que la structure de l’État
de la Couronne mède était entre les mains de descendants d’Israélites, tous fils
du même Abraham, dans les oreilles desquels la Volonté de Dieu, qui avait
décidé l’accession au trône de roi des rois de Cyrus le Persan, trouverait
une âme bien disposée.
Quel
prix Cyrus allait-il payer ?
La
liberté !
Chroniques
juives
Tout ce qui brille
n’est pas d’or. Et sous les traits de l’image antisémite archétypale
qui dépeint le Juif comme l’avare classique, misérable créature rampant parmi les
couches du pouvoir, non seulement l’or ne brille pas, mais il n’est que de la peinture. Ce n’est qu’
après la destruction de Jérusalem par les Romains et la coexistence des Juifs au sein de l’
islam et face au christianisme que cette image a commencé à se forger et s’est
achevée, faisant du Juif la plus abjecte des vermines, sans loyauté envers
personne et capable de trahir l’ami d’aujourd’hui si l’ennemi d’hier accède au
pouvoir et que sa survie de demain dépend de celle de l’ennemi d’aujourd’hui, qui était
l’ami d’hier. Mais en ce qui concerne l’Hébreu, l’Israélite ou le Juif, des
époques antérieures au Christ, et en particulier au cours des siècles XVI à VI,
c’est-à-dire tout un millénaire, l’Hébreu était un guerrier né, forgé sur le champ
de bataille, dont la renommée s’est imposée à l’échelle mondiale à l’époque de David.
Mais
croire qu’un guerrier né pour le combat est anéanti tant que son cœur bat est une
erreur qui, à terme, a coûté la vie à Ninive. Un guerrier ne
cesse d’exister qu’une fois mort. C’est ce même esprit de liberté qui a opposé le royaume de Juda
à l’empire de Babylone. L’image que le monde d’alors avait du Juif était
celle d’un soldat courageux et vaillant. Une vérité qui met en lumière la porte qui
s’est ouverte à la liberté grâce à son entrée dans l’armée babylonienne, au sein de laquelle
ses chefs ont fini par atteindre les plus hautes fonctions dans les
villes situées aux frontières du royaume. Avec l’aide du chef des mages ? Eh bien
oui, toujours ; mais aucune influence n’a de poids lorsqu’il s’agit de
défendre des lâches qui, s’ils l’avaient été, même au nombre de dix comme Daniel, le roi de
Babylone n’aurait pas accepté leur nomination comme gardes des Portes du
Royaume.
L’édit
de liberté que Cyrus signa à son entrée dans Babylone avait été rédigé bien
longtemps auparavant et le nouveau roi de Babylone se contenta d’y apposer son sceau. Cet
édit est la clé qui ouvre la porte à tout le mystère de ce siècle : l’
ascension de Cyrus, la chute de Babylone et d’Ecbatane, la complicité de
Babylone face à la chute du royaume de Lydie et son refus de s’allier à l’Égypte
pour soutenir la Lydie et empêcher la fondation de l’empire de Cyrus. Et en même temps, il nous
permet de comprendre la nature de la caravane que le prince Zorobabel a conduite de
Babylone à Jérusalem.
Je veux
dire par là que Zorobabel menait une armée armée, enrichie par les trésors de la
communauté de la Grande Synagogue d’Orient et exaltée par la tribu sacerdotale,
mais avant tout et surtout, Zorobabel était un prince et ceux qui l’accompagnaient
étaient les mêmes généraux et soldats qui avaient ouvert les portes du royaume à
Cyrus, dont Cyrus s’était heureusement débarrassé, pensant que, tout comme ils avaient
déserté leur ancien maître, ils pourraient déserter leur nouveau seigneur, et qu’il valait mieux pour son Empire
que de tels serviteurs, fidèles uniquement à leur Dieu, soient hors de l’armée plutôt que
dans l’armée.
Le récit
biblique suffit à confirmer la véracité de la
nature armée de la caravane de l’héritier de la couronne de Salomon. Comme je l’ai dit,
l’image archétypale du Juif ancrée dans notre mémoire au cours des
derniers siècles ne peut être transposée à l’époque dont il est question ici.
Zorobabel dirige une armée d’occupation dotée de pleins pouvoirs de défense armée
face aux occupants de la Patrie perdue. Ceux-ci, comme on peut le lire, ne tardèrent pas à
tenter de les anéantir. Ce qu’ils ne parvinrent pas à faire, car ces colons
maçons, charpentiers et autres, sous leur apparence de travailleurs, portaient l’épée du
soldat. Et ils avaient reçu l’autorisation de Cyrus de se défendre et de protéger leurs vies. Qu’est-ce que
la liberté sans le droit à la défense de la vie ?
Il
ressort clairement de son édit que Cyrus n’a pas accordé aux Juifs la liberté
d’envahir le pays et de faire de Zorobabel un nouveau Josué en pleine reconquête. L’
édit laisse entendre que les Juifs ont acheté leur liberté pour retourner dans leur
patrie et s’y installer en respectant les lois de la colonisation
pacifique, et de soumission des nouvelles populations aux devoirs impériaux. Dans ces
conditions, comme on le voit dans le récit biblique, Zorobabel et ses hommes
ont reconstruit Jérusalem, se sont installés et ont commencé à s’étendre à travers l’
héritage des Hébreux.
Voici
le célèbre édit de Cyrus
A. -
Je suis Cyrus, roi du monde, grand roi, roi puissant, roi de Babylone, roi des
terres de Sumer et d’Akkad, roi des Quatre Régions, fils de Cambyse,
grand roi, roi d’Ansán, petit-fils de Cyrus, grand roi, roi d’Ansán, descendant de Teispès, grand roi, roi d’Ansán, descendant d’une lignée royale sans fin, dont la loi
est bénie par Bel et Nabu, et dont le règne fait la satisfaction des dieux.
Lorsque je
fus prêt, j’entrai dans Babylone et j’établis mon royaume dans le palais des
rois, au milieu de la liesse et de la joie. Marduk, le Dieu Très-Haut, a tourné le
cœur des habitants de Babylone vers moi, et je l’adorerai tous les
jours.
Et il poursuit :
B. – Par
mes actes, Marduk, le Seigneur Tout-Puissant, s’est réjoui, et moi, Cyrus, le roi qui lui
rend un culte, ainsi que Cambyse, mon fils, la force de mes cuisses, et toutes mes
troupes, Il nous a bénis ; c’est pourquoi, dans un esprit de grâce, nous glorifions dans
toute sa grandeur sa Divinité Très-Haute.
Tous les
rois qui siègent sur leurs trônes d’un bout à l’autre des Quatre
régions, de la mer du Nord à celle du Sud, qui résident à… tous les rois
de l’Occident qui habitent sous des tentes, m’ont rendu hommage et sont venus m’embrasser
les pieds à Babylone. De… aux cités d’Assur,
Suse, Akkad et Eshunna, aux cités de Zamban, Der, jusqu’aux confins du pays des Gutis,
j’ai ramené les dieux vers leurs lieux de culte d’autrefois, vers leurs
cités sacrées en ruines depuis des temps lointains.
J’ai rassemblé
tous leurs habitants et j’ai restauré leurs villes. Les dieux de Sumer et d’Akkad, que
Nabonide, pour apaiser la colère des dieux, avait amenés à Babylone, moi, par la
volonté de Marduk, le Seigneur Dieu, je les ai fait retourner dans leurs cités de culte.
Que
tous les dieux intercèdent en ma faveur auprès de Bel et de Nabu tous les jours de ma
vie, et qu’ils disent à mon Seigneur, Marduk : « Que Cyrus, le roi, ton serviteur, et Cambyse, son
fils… »
Et il conclut
ainsi :
C. -
Maintenant que je suis roi de Perse, de Babylone et des nations des Quatre Régions
avec l’aide de Marduk, je déclare que je respecterai les traditions, les coutumes et
les religions des nations de mon empire, et je ne permettrai pas, tant que je vivrai, qu’
aucun gouverneur sous mon autorité ne les insulte.
Dès
à présent et pour toujours, tant que Marduk me favorisera dans le royaume, je n’imposerai
ma religion à aucune nation. Chaque nation est libre de l’accepter, et si l’une d’entre elles
la rejette, je ne m’opposerai jamais à sa liberté pour lui imposer ma croyance.
Tant que je serai roi de Perse et de Babylone, ainsi que des Quatre Régions, je ne
permettrai pas l’oppression religieuse d’une nation sur une autre, et si cela devait se produire, je
punirai l’oppresseur et rendrai ses droits à l’opprimé.
Tant que
je serai roi, je ne permettrai à personne de s’emparer des
biens d’autrui ni de les exproprier par la force ou sans compensation. Tant que je vivrai,
j’interdis le travail dans des conditions d’esclavage.
Aujourd’hui, je
déclare : que chacun est libre de choisir sa religion ; que chacun
est libre de choisir son lieu de résidence, étant entendu que ce droit n’annule pas
le devoir de respecter la loi du prochain ; que nul ne pourra être tenu pour responsable des délits
ou des fautes commis par les membres de sa famille.
J’interdis
l’esclavage et mes gouverneurs ont le devoir d’interdire l’échange de
personnes contre des biens au sein de leurs domaines. Une telle coutume doit être éradiquée
de la surface du monde.
Je prie
Marduk de m’accorder de remplir mes obligations envers les nations de
Perse, de Babylone et des autres régions des Quatre Régions.
CHAPITRE 7
36
Le quatrième
homme.
Et que
dirait le prince assyrien Nabonide au sujet du passage de l’empire des mains des
Chaldéens à celles des Perses ?
Se
joindrait-il au bombardement depuis l’intérieur de la forteresse ennemie ?
Nabónide accepterait-il
d’être un pion dans le jeu d’échecs du prophète-magicien ?
Que
pourrait offrir Nabonide en échange de la possibilité de reconstruire Ninive
quelque part dans le Sud ? Donnerait-il aux mages de Daniel les clés du royaume ?
Nabonide
secoua la tête.
« Tu
te retireras dans la ville de ton choix, loin de moi », le rassura Cyrus en riant.
Sage,
digne disciple du chef des mages, Nabonide se construisit sa ville dans une
oasis perdue au cœur d’un Éden qu’il avait lui-même semé. Cyrus éclata de rire. Zorobabel ne fut pas pris au dépourvu par la ruse du
Quatrième Homme.
Le
mystère qui nous intéresse ici est de découvrir comment un prince assyrien a réussi
à monter sur le trône de Babylone. Mystère dont on peut déduire le secret à partir de
la chute de la dynastie de Nabuchodonosor à l’époque de Balthazar. Ce coup
de maître politique qui porta Nabonide au pouvoir révèle l’identité assyrienne
du pion manœuvré par Daniel en vue du transfert définitif de l’empire entre les
mains de Cyrus, lorsque ce pion se contenta de livrer Babylone au nouveau roi
du monde. Une remise qu’il confia dès le début
même de son règne, et qui s’est traduite, à la fin de celui-ci, par le fait que
les armées babyloniennes se sont retrouvées entre les mains des Juifs. Daniel aurait très bien pu
utiliser le réseau qu’il avait mis en place pour mener un autre coup d’État et placer sur le
trône l’héritier de Juda. Mais il ne l’a pas fait.
37
La
reconquête du royaume perdu.
La
doctrine prophétique de Daniel trouva en Zorobabel une étoile pleine de vie.
Il s’agissait de reconstruire Jérusalem, de poser la première pierre du Temple et
d’acquérir pacifiquement la terre de Juda. Jérusalem ferait office de
colonie mère. Le gouverneur de la ville serait le chef suprême de la colonie ;
sous ses ordres, les groupes élus se déplaceraient là où le
conseil des sages l’aurait décidé.
La
deuxième phase prophétique annonçait que, dans deux siècles tout au plus, le roi de Grèce
pénétrerait en Asie et renverserait l’empire de Cyrus. La conquête de Babylone
par l’Occident serait suivie de la division de l’empire du conquérant grec
en quatre royaumes. Peu après, un royaume verrait le jour qui s’étendrait à travers le monde entier
et vaincrait les quatre royaumes. À cette époque, l’ange de la liberté sonnerait
de la trompette et les colonies juives se soulèveraient dans un état de guerre d’
indépendance. Jusque-là, chaque fils d’Israël devait s’en tenir au projet
initial.
38
Sous le
joug des Hellènes.
Parmi les
historiens du XXe siècle, la théorie de la création a posteriori des
livres bibliques s’est imposée. Du point de vue de l’athéisme, Alexandre le Grand n’a pas conquis l’
Asie par la suite, mais ce sont les Juifs qui ont écrit ce qui s’est passé après la mort
du Grec.
Indifférents aux
opinions du monde entier, depuis leur tour à Séleucie-sur-le-Tigre, les Mages
d’Orient suivirent le cours des événements. Les synagogues du monde entier
leur envoyaient des nouvelles des lieux où ils vivaient, de ceux qui gouvernaient,
du système politique en vigueur, ainsi que des changements de dynastie.
« Les
conflits entre Perses et Grecs ont commencé. Le roi du Nord, Philippe, a
soumis toute la Grèce. Le jour de la vengeance pour les hommes de Léonidas aux
Thermopyles commence à poindre » – c’est ce qu’apporta à Seleucia-sur-le-Tigre une
colombe blanche, attachée à sa patte.
La
réponse parvint rapidement à Jérusalem. Elle disait : « Tous les fils d’Abraham doivent
se préparer à accueillir le Conquérant avec des palmes et des acclamations. Bientôt, à la mort
du fils de Philippe, son royaume sombrera dans une longue guerre civile. Il survivra
à sa destruction en se divisant en quatre royaumes. »
Et il
en fut ainsi.
Le
cadavre d’Alexandre n’était pas encore
refrigéré que ses généraux s’entre-tuaient déjà. Finalement,
ils ont vu les cornes du diable et ont cessé de s’entre-dévorer.
C’est
Seleucos Ier l’Invincible qui s’empara de l’empire de Cyrus, ainsi que de tout ce qu’
Alexandre avait conquis de ce côté de l’Indus. Il ne reconstruisit pas Babylone ; à sa
place, il fonda une nouvelle ville sur les rives du Tigre. Il l’appela Seleucia sur le Tigre.
Seleucia
sur le Tigre fut conçue pour servir de port commercial intérieur
entre l’Extrême-Orient et l’Occident. N’oublions pas que, dans sa sagesse pour
contrôler le passage des caravanes et des navires de l’Orient vers l’Occident, le roi Salomon
possédait ses propres mines.
39
Jérusalem
crie « Liberté ».
La part
du crocodile revint à Ptolémée. Dès qu’il eut vu les plans d’Alexandre le Grand
pour Alexandrie sur le Nil, le jeune Ptolémée fut saisi par la passion pour cette
« Nouvelle Athènes » que le fils de Philippe envisageait de construire sur les côtes égyptiennes.
Précis et
silencieux comme le crocodile lorsqu’il attaque, avec ses petits yeux de part et d’autre du
museau, avançant dans l’eau sans expirer, sans bouger un cil, plus raide
qu’un tronc d’arbre, le jeune Ptolémée fit avancer ses troupes la veille de l’
enterrement de son héros. Il s’est d’abord proclamé maître et seigneur de l’Égypte ; ensuite, ce serait aux
dieux de décider.
40
La
cupidité des rois.
L’
ambition sans limites de Séleucos fut le spectre personnel de la maison des
Séléucides. L’homme mourut avec le regret d’avoir perdu Jérusalem lors d’un
pari entre lézards. Et sa famille, incapable d’accepter la défaite face aux forces
des Ptolémées égyptiens. Les guerres
helléno-égyptiennes pour la possession de Jérusalem ont constitué la constante vitale du
Proche-Orient depuis la mort d’Alexandre jusqu’au règne des fils des
Maccabées.
Ces
revirements — aujourd’hui, Antiochie est ma maîtresse, demain, c’est Alexandrie — ont affecté
Jérusalem. Ses enfants, épuisés, se sont endormis sur leurs lauriers, ceux qui avaient
réussi à se débarrasser de leurs fantômes messianiques. À leur réveil, ils se
sont retrouvés pris dans les griffes d’une « solution finale », qui n’était pas la
première et ne serait pas la dernière.
41
Le deuxième royaume d’Israël.
Jérusalem vécut dans l’horreur de la persécution religieuse d’
Antiochus IV. C’était quelque chose qu’elle n’aurait jamais imaginé pouvoir lui arriver.
Les Écritures disaient qu’après les quatre royaumes viendrait la liberté. Ils
restèrent bouche bée, pris au dépourvu par la nouvelle. À quoi avaient-ils
bien pu penser ? À la naissance d’un enfant descendu du ciel qui viendrait
résoudre tous leurs problèmes ?
Ils mangeraient des perdrix et seraient heureux !
En réalité, certains en mangeaient à volonté et les autres se
débrouillaient avec des poules. C’est pourquoi, lorsque Judas Maccabée revint dans sa patrie et
prit la tête de la résistance avec son escouade de déserteurs, tous ceux qui n’avaient rien à perdre et tout à gagner se joignirent à lui.
La chronologie, depuis les Maccabées jusqu’à la Naissance, était
La chronologie depuis les Maccabées jusqu’à la Naissance était
la suivante :
Judas Maccabée régna de 166 à 161. Judas mena
ainsi les armées du Seigneur de victoire en victoire pendant cinq ans.
On ne sait pas très bien, ou la vérité n’a jamais été écrite, sur l’origine de la
formation militaire de ce chef. Il est plus que probable que, connaissant la
structure des armées impériales séleucides, ce Judas ait été le chef de l’
escadron juif, à la tête duquel il fit défection lorsqu’il apprit les plans meurtriers du
roi, qui, en partant pour la grande aventure de la conquête de l’Asie perdue,
ordonna au régent de son royaume la solution finale anti-juive à l’origine de la
rébellion en cours.
Il n’est peut-être pas facile de reconstituer la vie de Judas avant son
apparition en tant qu’incarnation du Marteau de Dieu. Mais comme je l’ai déjà dit, la
structure militaire de l’empire reposait sur le recrutement d’escadrons provenant de
toutes les provinces sous la couronne du roi. Parmi celles-ci, il devait exister un
escadron juif qui, sans aucun doute, servit sous le drapeau impérial jusqu’à ce que,
à son retour de son invasion avortée de l’Égypte, le roi laisse libre cours à son
impuissance contre Jérusalem.
Le détachement juif, scandalisé par cette action,
la désertion était sans doute déjà inévitable, et elle s’accomplit lorsque, en se dirigeant
vers Babylone, Antiochus IV tenta d’emmener le détachement juif avec lui,
laissant à la merci de Lysias et de ses généraux le sort final des Juifs.
Au courant des intentions du roi, Judas, chef de la
garde juive, déserta avec ses hommes. Arrivé en Judée, il découvrit le
massacre et, s’enfuyant avec son père et ses frères, il déclara la guerre de
guérilla à l’Empire. Lorsque Apollonius, le général désigné par Lysias pour
régler la question juive, parvint en Judée, il se heurta à un chef de guerre qui
connaissait parfaitement les tactiques et les stratégies militaires de l’armée
impériale sous le drapeau de laquelle le Maccabée avait servi toute sa vie.
En 161 cependant, abandonné par les siens à la tête
de ses 800 braves, Judas tomba comme il avait vécu, vendant chèrement sa vie. Les autres
exploits guerriers de Judas sont relatés dans la Bible.
Son frère Jonathan lui succéda à la tête des armées du
Seigneur. Jonathan gouverna le pays de 161 à 143. Les
aventures militaires de Jonathan sont également relatées dans la Bible. Comment
il reçut la fonction de grand prêtre des mains du roi Alexandre Balas, comment il
parvint à prospérer en jouant sur deux tableaux et comment, finalement, il fut pris au
piège par trahison et condamné à mort.
Son frère Simon lui succéda à la tête du pays. Celui-ci
régna de 143 à 135. C’est Simon qui, en réalité, conquit l’
indépendance. En récompense, l’ensemble du peuple juif accorda à
ses héritiers le pouvoir à perpétuité. Le roi d’Antioche, repentant de la
perte de la Judée, ordonna à son général Cendébée de la reconquérir. Simon et ses
fils, Judas et Jean, vainquirent l’envahisseur. La liberté n’empêcha pas Simon de succomber
à la trahison, tout comme son frère Jonathan.
Après la mort de Simon, son fils Jean accéda au pouvoir. Jean
Hyrcan Ier régna de 135 à 105 (toujours avant J.-C.). Si, au départ, il semblait
que l’invasion de la Judée par le roi de Syrie allait anéantir tout ce qui
avait été conquis par les Maccabées, le premier des Asmonéens parvint à
en sortir triomphant et même de conquérir la Samarie, l’Idumée et des territoires situés
à l’est du Jourdain. C’est ce Jean Hyrcan Ier qui, en obligeant tous les
non-juifs de son royaume à se faire circoncire, ouvrit la voie au trône à Hérode.
Son fils Aristobule Ier, « le roi fou », lui succéda. Au
début, son père ne lui légua que la fonction de grand prêtre, réservant le pouvoir à
sa mère. Jean perdit la raison, emprisonna sa mère et ses frères et se
proclama roi. Il mourut un an plus tard.
Des profondeurs de la terre, Jérusalem reçut un roi. Il
s’appelait Alexandre. Il régna de 104 à 78. Sous son règne, le sang coula à
flots sur Jérusalem. C’est sous son règne que les étoiles d’Abias,
père de Zacharie, époux d’Élisabeth, et arrière-grand-père de Marie, mère de Jésus, ainsi que
celles de Siméon le Babylonien, père du Siméon qui prit l’Enfant dans ses bras lors de sa
présentation au Temple, les Semaya et Abtalion de l’histoire officielle juive, brillèrent de toute leur
splendeur.
À la mort de l’Asmonéen, sa femme Alexandre,
également appelée la reine Salomé, lui succéda. De 76 à 69, la reine Alexandre assura
la paix du royaume. Elle rétablit le Sanhédrin et c’est sous son règne qu’eut
lieu la recherche secrète de l’héritier de la couronne de Salomon.
À sa mort, ses fils Hyrcan II et Aristobule II se
déclarèrent la guerre, conflit qui fut réprimé en 63 par Pompée le Grand.
Hyrcan II resta ethnarque pendant toute la durée de la vie de Pompée, et Antipater,
père d’Hérode, Iduméen de naissance, resta général des armées de la
Judée jusqu’à sa mort. Ce sont les partisans de Pompée qui assassinèrent
Aristobule II à Rome, en 49, et la même année, son fils Alexandre fut assassiné à
Antioche sur ordre de Pompée lui-même. Au cours de ces années eut lieu l’
ascension au sommet des Archives du Temple de Zacharie, fils d’Abias.
À cette époque, les Parthes envahirent la Judée et
couronnèrent roi l’autre fils d’Aristobule II, qu’on appelait Antigone. Celui-ci
coupa le nez et les oreilles de son oncle Hyrcan II et l’exila en Nouvelle
Babylonie. Avec cet allié de circonstance de Zacharie et de sa lignée, dans la Grande
Synagogue des Mages d’Orient, les échanges entre les Mages et Zacharie ainsi que ses
hommes s’intensifièrent.
Quoi qu’il en soit, les temps étaient durs pour les Asmonéens.
Profitant des guerres civiles romaines, Hérode vainquit Antigone, fils d’
Aristobule II, neveu d’Hyrcan II, et le fit décapiter (en l’an 37).
La tragédie des Asmonéens n’était pas encore terminée.
Assoiffé de sang, le roi Hérode assassina le petit-fils d’Aristobule II et
Hyrcan II lui-même, qu’il avait fait venir de Babylone avec des promesses de paix et de salut. Il
assassina également les Asmonéennes Alexandra et Mariana, la reine Mariana. Et enfin
ses fils Alexandre et Aristobule, fils de la reine Mariana.
En l’an 7 av. J.-C., toute la lignée des Asmonéens, comme l’avait
prophétisé Abias, avait été rayée de la surface de la terre. Hérode resta
le seul maître et seigneur de Jérusalem. Hérode fut le premier et le dernier roi
que connut le IIe Royaume d’Israël.
42
Le roi Messie.
Joseph et Marie, les parents de Jésus, sont nés au cours des
premières années du règne d’Hérode. Joseph devait avoir environ quarante ans
lorsqu’il eut son premier-né, et Marie un peu moins lorsqu’elle donna naissance à son
fils unique. D’après ce calcul, Joseph mourut à l’âge de soixante ans environ. À
quel âge, selon la légende, la Mère monta au Ciel dans la ville de Saragosse,
personne ne le sait avec certitude. Le fait est que les misères qu’
Hérode a fait endurer aux Juifs ont nourri, au sein du peuple opprimé, le rêve
du roi Messie. Rêve qui, comme tout rêve, ne se réaliserait jamais, du moins
tant qu’Hérode et ses fils auraient le pouvoir de l’empêcher. Cependant,
le roi Messie est venu naître loin des regards de la Cour, dans une crèche.
Avertis par « la colombe muette des contrées lointaines », les Rois mages
quittèrent leur tour d’Orient et se précipitèrent pour déposer aux pieds de la Sainte
Famille leurs richesses et leur savoir.
Ont-ils précédé la Sainte Famille en Égypte, ont-ils financé
la menuiserie du Juif et sont-ils morts en voyant grandir l’Enfant ?
43
La Nativité du Christ.
Il était en l’Enfant. Mais l’Enfant ne le savait pas. Il
le découvrirait parmi les docteurs du Temple, à l’âge de douze ans
environ.
Là, parmi les docteurs, à l’âge de douze ans, Jésus
renaquit. Dieu lui donna un nouveau nom, le Christ. Il était Jésus-Christ de
Yahvé et de Sion. Il était l’Agneau que son Père offrirait
en expiation des péchés du monde entier.
44
La jeunesse du Messie.
Une question sans réponse accompagna l’Enfant depuis le Temple
jusqu’à Nazareth. Pourquoi son Dieu allait-il l’abandonner à la merci des ennemis du
Christ ? Comment pourrait-il sauver le monde des griffes de l’Enfer depuis la Croix
que les Romains réservaient aux maudits ? Qu’espérait Dieu obtenir d’un
événement aussi tragique ? Pourquoi allait-il en faire une pierre d’achoppement
pour ses frères et ses amis ?
Tout au long de sa jeunesse, Jésus-Christ n’a cessé de chercher
la réponse à cette énigme : Dieu allait établir la victoire du fils d’Ève
sur le sang du fils de David. Pourquoi ?
45
La doctrine du Royaume des
Cieux.
La réponse que trouva Jésus-Christ fut la suivante. Dieu
abolit l’Empire et fonde à sa place un Royaume universel. Et il accorde à toutes
les créatures la liberté de rejoindre ou de refuser l’adhésion ad eternum à son Royaume. La couronne de ce Royaume unique resplendit sur
la tête de son Fils bien-aimé, Jésus-Christ.
Quiconque croit en son Fils
est déclaré citoyen de son Royaume ici et maintenant, et quiconque rejette cette
révolution divine est soumis au Jugement dernier.
De toutes les mesures que, à la suite de la Troisième Guerre
universelle, Dieu a adoptées contre l’Enfer, celle-ci est la pierre angulaire. Les autres
mesures découlent de l’histoire même du christianisme.
ÉPILOGUE
Ainsi, Dieu et la Loi constituent une réalité indivisible,
incorruptible.
Avant d’instaurer la peine de mort, équivalente à l’exil
de la Création, YAHVÉ DIEU LE PÈRE a voulu faire connaître à ses enfants la
nature de l’Enfer dans lequel ils seraient précipités si une nouvelle
guerre entre frères venait à éclater. En élevant la Loi au rang de nature divine, YAHVÉ DIEU
rendre ses enfants plus forts face à la mort. Personne ne peut oublier qu’IL est
le seul Être non créé à avoir connu l’Éternité et l’Infini avant la
Création du Nouveau Cosmos. Personne ne doit oublier que Sa Personnalité s’est forgée
dans les feux de la Science du Bien et du Mal, face à la Mort, et en traçant
son chemin guidé par la Sagesse.
Son désir de créer la vie à son image et à sa ressemblance fut
le principe de la révolution qui le conduisit à devenir le Créateur de galaxies,
d’univers et de mondes. Personne ne peut oublier qu’IL est le Seigneur de l’Infini et de l’
Éternité ; personne ne doit permettre que l’Amour du Créateur pour sa Création aveugle
les yeux de celui qui, ayant été adopté comme fils, s’arroge le droit d’être un
dieu « à l’image et à la ressemblance » de sa propre conception de ce qu’est un fils
de Dieu.
Ouvrir le Cosmos à ses enfants, voir le Créateur, le PÈRE et
le FILS, à l’œuvre, avait en outre pour but d’ouvrir les yeux de tous sur la
nature de son Fils unique, JÉSUS, sur la nature divine duquel le
doute s’était élevé parmi les enfants de Dieu, doute qui devait être dissipé en voyant
Dieu dans son Fils.
« Vrai Dieu né du Vrai Dieu » est la confession de la
création tout entière, consignée par l’Église catholique romaine, née pour être le
temple en qui cette Vérité vit pour l’éternité.
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