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L'HISTOIRE DIVINE DE JÉSUS-CHRIST

 

HISTOIRE ET FONDATION DU ROYAUME DE DIEU

CHRONIQUES GALILÉENNES

LE MYSTÈRE DU VISAGE DE LA MÈRE DE JÉSUS

L'ORIGINE ESSÉNIENNE DE JOHN LE BAPTISTE

AGE APOSTOLIQUE

 

 

CRYS

 

PRÉHISTOIRE DU CHRISTIANISME ET FONDATION DU ROYAUME DE DIEU

 

AU NOM DE JÉSUS-CHRIST

 

PROLOGUE JE SUIS LA PORTE

CHAPITRE 1 LES ORIGINES

CHAPITRE 2 LA CRÉATION DES CIEUX

CHAPITRE 3 DE NOÉ À ABRAHAM

CHAPITRE 4 D’ABRAHAM À DAVID

CHAPITRE 5 DE DAVID À CYRE LE GRAND

CHAPITRE 6 CYRUS LE GRAND

CHAPITRE 7 DE CYRE AU CHRIST

 

ÉPILOGUE

 

PROLOGUE

 

JE SUIS LA PORTE

 

La mémoire de l’Homme, créé à l’image et à la ressemblance de son Créateur, remonte à la fondation du christianisme par le Fils de Dieu ; c’est depuis la mémoire du genre humain, le Livre écrit par son Père, que notre intelligence élève les yeux vers la Création des Cieux et de la Terre, notre Univers, dans l’Histoire duquel nous découvrons l’Existence de son Créateur, sans la connaissance duquel l’Homme ne peut, à lui seul, pénétrer la connaissance de l’Histoire du Cosmos. Cette Porte ayant été fermée par l’Événement décrit dans la Genèse, les hommes, privés de la Connaissance de toutes choses, à laquelle le Verbe les avait appelés : « Faisons l’Homme à notre image et à notre ressemblance », mais l’intelligence étant active dans l’Âme humaine, l’incapacité à franchir cette porte a conduit les hommes à s’inventer un dieu personnel à partir duquel visualiser le Cosmos et l’Univers, des religions qui ont imposé leurs dieux par l’épée et le feu, comme on le constate en lisant l’histoire des origines de l’hindouisme et de l’ islam. L’impossibilité de trouver cette Porte qui ouvre la Connaissance de Dieu et de sa Création à l’intelligence humaine a conduit Dieu à l’incarner en la Personne de son Fils, afin que les hommes cherchent en LUI la Sagesse. Ceux qui l’ont franchie se sont élevés parmi les hommes pour devenir les Pères de la doctrine de l’Église, dont les livres éloignaient les peuples chrétiens des religions inventées par les hommes, à l’image et à la ressemblance desquels leurs pères, eux-mêmes et leurs enfants avaient été élevés, des religions sanglantes, dont les entrailles ne pouvaient donner naissance qu’à des hommes à l’image et à la ressemblance de leurs dieux.

La mémoire de l’homme chrétien trouve dans la venue du Fils de Dieu le point d’ancrage historique à partir duquel lever les yeux vers Dieu, notre Père, et, à partir de Dieu et de son Fils, entrer dans l’histoire de notre univers. C’est grâce à la fondation du christianisme que la civilisation a commencé à laisser derrière elle la loi du plus fort, du plus sanguinaire, du plus menteur, du plus corrompu et du plus traître envers son peuple et ses frères, et qu’elle s’est frayé un chemin depuis la barbarie jusqu’aux premières universités du monde, en Europe chrétienne, l’Église catholique jouant le rôle de mécène des lettres, du droit, des sciences et des arts. L’origine de toute âme étant un monde asservi depuis des millénaires à la loi de la guerre à mort entre frères, personne ne pouvait s’attendre à ce que, du jour au lendemain, tous les chrétiens, prêtres et rois, se réveillent en saints. L’histoire de la chrétienté médiévale témoigne mieux que mille volumes de cette réalité. L’ esprit de prophétie qui animait les apôtres l’a consigné par écrit : « La foi, qui se corrompt ». La fondation de la Maison de Dieu au sein du genre humain fut soumise dès son origine à un avenir ouvert aux tempêtes, aux tremblements de terre, aux raz-de-marée, aux déluges et à toutes sortes d’attaques et de sièges naturels, jusqu’à une guerre ouverte entre le monde païen et le monde chrétien. Le monde païen serait relayé par de nouvelles armées au service de la Mort, dont l’horizon de victoire serait la destruction de la Maison de Dieu sur Terre. L’Empire romain eut pour successeur l’Empire islamique. Deux forces distinctes, un même objectif historique. Cependant, le Fils de Dieu vit venir l’Antéchrist, cette force fratricide interne qui, née au sein du christianisme, hériterait de l’esprit de Caïn. Arius fut le premier de tous ceux qui, nés au sein du christianisme, se soulevèrent contre le peuple catholique, déclarant la guerre à sa Mère, l’Église catholique, dont la destruction fut empêchée par Constantin, serviteur de Dieu. La Parole de Dieu ne ment pas : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Épouse du Seigneur ». Quinze siècles plus tard, l’Antéchrist est sorti de sa tombe : d’abord vêtu d’une robe de moine, puis se couronnant sur les nations européennes qui, détestant la Couronne du Roi des Cieux, se sont proclamées chefs des Églises nationales, ajoutant ainsi à un crime civil un délit contre le Dieu qui a fait de son Fils le Chef universel de toutes les Églises. La guerre de Trente Ans était inévitable. Le même destin que celui de l’Empire romain et de l’Empire islamique, à savoir la destruction du christianisme, fut hérité par ceux qui, tentés par le Diable, ne purent résister à sa tentation : « Mets-toi à genoux et je te donnerai tous les royaumes du monde ». Ainsi, le sceptre de l’Empire passa de l’Orient à l’Occident, revint en Orient, puis retourna en Occident ; les deux empires, unis dans la même haine du monde catholique, protestants et Ottomans, remporteraient la victoire qui avait été refusée aux Romains et aux musulmans. Où reposent aujourd’hui ces deux empires ? Le Verbe est Dieu : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre TA Maison ». C’est pourquoi on parle de l’Ancien Testament, car il y en eut un Nouveau, scellé par le sang du Testateur : « Ta descendance s’emparera des portes de ses ennemis ». Ainsi, si dans l’Ancien Testament, Dieu a conféré l’indestructibilité à l’Épouse de son Fils, dans le Nouveau, il accorde l’invincibilité à sa Descendance née de cette Épouse et de son Seigneur, Notre Père Jésus-Christ.

La mémoire du genre humain est l’histoire de la création de l’homme en tant que fils de Dieu : « à l’image et à la ressemblance du Premier-né de Dieu », qui s’est fait Homme afin que ce que nous ne pouvions pas, ni n’aurions jamais pu, accomplir par nous-mêmes, nous l’ayons « avec nous » ; la Mémoire de cet Événement est le Rocher, la Colonne sur laquelle repose notre Vie.

Notre histoire commence dans un autre monde, remonte à la création du cosmos et pénètre dans l’Être de Dieu, son Créateur, guidée par son Fils unique, sans lequel, comme aux temps anciens, personne ne pouvait comprendre l’origine du cosmos, et pour satisfaire le besoin de connaissance universelle pour lequel l’Homme a été créé, on a inventé des cosmologies et des dieux à l’image et à la ressemblance desquels justifier ses génocides, ses crimes et ses passions fratricides. Une fois que l’ anticatholicisme eut rejeté la Main du Fils de Dieu, s’imposa parmi les nations la même loi antique s’est imposée parmi les nations modernes ; la Porte de la Sagesse divine étant fermée, les hommes se sont inventé un univers à la mesure de leurs rois, un univers soumis à la loi du plus fort, aux pieds duquel la vie et l’existence des faibles doivent être écrasées au nom de la survie de leur classe et de leur lignée. L’Antéchrist, celui-là même qui était auparavant venu déguisé sous une soutane trompeuse, est apparu immédiatement après la première véritable guerre mondiale, la guerre de Trente Ans, déguisé en scientifique. L’athéisme scientifique étant incapable d’ ouvrir la porte de la sagesse, dont la clé est entre les mains de celui qui a dit : « MOI, suis Celui qui ouvre et que nul ne peut fermer, Celui qui ferme et que nul ne peut ouvrir », dans son orgueil bestial, la science a ouvert ses entrailles à la version moderne de Caïn et Abel, Staline et Hitler, ses fils, tous deux fils du même père, le Diable, Satan, l’Ancien Serpent. Sous le poids de la haine qu’ils se portaient l’un à l’autre, la destruction du monde chrétien étant le but commun des deux, pour lequel ils se sont battus sous les yeux de leur père maléfique afin d’hériter du sceptre de l’Empire, le XXe siècle a été précipité dans les champs de l’enfer des guerres mondiales.

Telle est notre histoire, l’histoire de tous les chrétiens de la plénitude des nations. Nos peuples ont survécu à des tremblements de terre, des raz-de-marée, des déluges, des sièges infernaux, des guerres génocidaires, des calamités mortelles dues à la misère. Ce n’est PAS notre œuvre ; la victoire appartient à celui qui a fondé sa maison sur le roc : ce roc, c’est le Verbe de son Père, YAHVÉ DIEU, Créateur de la Lumière du Cosmos et des Ténèbres qui l’entourent. C’est dans la Parole de son Père que son Fils a placé sa confiance. C’est dans cette Parole que nous, sa descendance, plaçons notre confiance, à son image et à sa ressemblance, une confiance toute-puissante et indestructible, grâce à laquelle nous savons que peu importe les Alliances des Civilisations qui se renouvellent pour abattre la Maison de notre Côté, toutes leurs attaques se briseront contre ses Murs, afin que celui qui a de l’intelligence parmi ses ennemis comprenne que l’attaque finale qu’ ils mènent en érigeant une idéologie dont la Graine a dans la Mort son Origine, est vouée à être arrachée et jetée au feu. Que quiconque doté d’intelligence se détourne de cette Alliance des civilisations, sous la force antiscientifique et antichrétienne de laquelle cette idéologie du genre espère extirper de l’Homme et de la Femme l’image du Fils de Dieu.

Que l’indestructibilité de la Maison fondée par notre Père au nom de Dieu serve de leçon à ceux qui, tentés par le pouvoir et les richesses, croient que l’Alliance de l’islam avec le socialisme accomplira ce qu’aucun empire n’a pu réaliser au cours de ces 2 000 ans. L’Alliance scellée entre Dieu et l’Homme par son Fils, scellée par le Sang du Christ et de ses Frères dans le Saint-Esprit, a déjà prouvé son indestructibilité. Que chaque homme et chaque femme se retire donc de cette Alliance des civilisations et abandonne cette idéologie du genre sans se retourner ; car le Fils lui-même, qui a conquis une alliance d’indestructibilité pour son Épouse, l’Église catholique, a obtenu en héritage pour sa descendance l’invincibilité ; cette descendance étant née, sa gloire vit dans la Parole de son Dieu : « Ta descendance s’emparera des portes de tes ennemis ».

 

CHAPITRE PREMIER

1

Origines.

 

Ainsi, tout ce qui nous concerne et compose l’Histoire de la Plénitude des Nations a pris son origine dans un autre monde, en un autre lieu du Cosmos, dans un monde situé au-delà des étoiles de nos cieux, en plein cœur du royaume des galaxies. C’est là, précisément au centre de sa Création, que Dieu s’est créé un monde pour lui-même ; le monde d’où son Fils est descendu vers le nôtre, et vers lequel il est retourné après sa Résurrection.

« Je ne suis pas de ce monde ». Le Fils de Dieu l’a dit à maintes reprises, mais ses paroles n’ont trouvé ni oreilles pour y prêter attention, ni intelligence pour en saisir le message. L’une des occasions où il a parlé le plus clairement de son monde d’ origine, c’était en présence de ses juges : « Mon royaume n’est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes ministres auraient lutté pour que je ne sois pas livré aux Juifs, mais mon royaume n’est pas d’ici. »

À d’autres occasions, Jésus-Christ est revenu sur la question de son origine et n’a pas hésité à préciser qu’Il n’est pas de notre monde, et qu’Il a quitté son monde pour descendre dans le nôtre afin de nous libérer de l’ignorance et de nous conduire vers la Vérité. Sans la Vérité universelle, le jugement critique de l’intelligence n’a pas le pouvoir de se forger un avenir dans un monde soumis à la loi de la mort. Car la liberté ne s’exerce que lorsque la pensée a le pouvoir de juger et de choisir l’orientation de sa vie. Sans cette Vérité universelle, l’avenir de la vie est laissé au hasard, aux circonstances, aux coïncidences, au karma, au chaos créateur de la perfection suprême, c’est-à-dire à la plus grande des erreurs dans le monde des chimères.

La Vérité universelle est divine à la fois parce que Dieu l’a faite sienne, et s’est fait une seule chose avec la Vérité, « JE suis la Vérité », et parce qu’elle est universelle en soi.

« Tu es poussière et tu retourneras à la poussière » était la Loi du Cosmos depuis l’Éternité des éternités. La Vie et la Mort étaient les deux faces de cette Réalité cosmologique que nous appelons « La Non-Création ». La Non-Création a pris fin, la Création s’est accomplie. La Mort et la Vie ont été séparées. La Vie a été élevée au rang de Nature existentielle du Créateur.

Dieu ne s’est pas seulement fait une seule réalité avec la Vérité universelle, il a également accueilli en son sein la Vie : « JE suis la Vie ». Telle est Sa Gloire. Sa Liberté créatrice n’a pas de limite, son Omniscience élève Sa Force jusqu’à la Toute-puissance et l’Omnipotence. Car, comme nous le savons tous, le Pouvoir qui naît de la force sans l’intervention de l’Intelligence trouve sa fin dans la destruction. Nous en sommes tous témoins.

Non seulement Dieu a-t-Il voyagé jusqu’au cœur des étoiles, des galaxies, de la Vie et de la Mort, s’épanouissant dans toutes les sciences, devenant Omniscient. La dernière étape qui a consacré YAHVÉ DIEU comme LE CRÉATEUR, Cause physique du Nouveau Cosmos, a été de ne faire qu’un avec cette Sagesse dont Il nous dit : « J’ai été formé, et il n’y en aura pas d’autre après moi ». Car celui qui est formé ne se forme pas lui-même ; d’où l’on comprend que, lorsque Dieu dit « Faisons l’Homme à notre image et à notre ressemblance », Adam était fils de Dieu, tout en comprenant que, en rejetant Dieu comme Maître de son Esprit, l’homme doit se tourner vers les bêtes pour définir son existence, tout comme Charles Darwin l’a fait en définissant l’Humanité par le Pouvoir de Destruction, dont le fruit fut le cannibalisme monstrueux du XXe siècle, qui prétend se frayer un chemin en ce siècle, et qui se heurtera à cette Sagesse incréée qui a étendu sa Gloire sur Dieu et a déposé entre ses mains les trésors infinis de la Science de la Création des univers et des mondes. Cette même Sagesse qui a formé le Dieu unique de la Non-Création, et a laissé entre ses mains la Victoire que Lui seul pouvait remporter : la Création de l’Arbre de la Vie Immortelle ; cette même Sagesse, qui a incarné en une Femme la Nature de la Relation Éternelle entre Elle et Dieu, est devenue son Épouse. Et d’Elle, Il eut un Fils. Et ce Fils fut celui qui vint de son Monde vers le nôtre pour engendrer en nous l’Homme à son image et à sa ressemblance, d’où notre appellation d’enfants de Dieu.

Dans l’ Histoire universelle divine de Jésus-Christ, j’ai développé le thème de l’origine de ce monde d’où est venu le Fils de Dieu. J’ai rappelé, dans la mesure du possible, ses chroniques, et j’ai retracé le parcours de ses guerres jusqu’au point où elles nous concernent directement.

Je crois avoir dit alors que Dieu a créé le Monde d’où il nous a envoyé son Fils pour qu’il soit sa Maison, sa Patrie, son Pays, sa Propriété, son Paradis. Et il l’a créé à sa mesure. Pour frontières, il lui a donné l’Aube qui vole sur les ailes de l’Infini ; pour avenir, il lui a donné le Matin qui se lève toujours et vit éternellement dans les yeux de l’Éternité. Autrement dit, il l’a créé à l’image et à la ressemblance de l’Idée qui vit dans son Esprit concernant la Nature et la Constitution du Nouveau Cosmos qu’il s’est apprêté à ériger immédiatement après avoir achevé la création de sa Maison.

L’Idée du Cosmos que Dieu avait à l’esprit avant de se pencher sur la Réalité universelle peut être définie par deux caractéristiques principales. Premièrement, l’expansion ad infinitum de ses frontières ; et deuxièmement, l’évolution ad eternum de son avenir.

Résolu à donner un centre géographique au Nouveau Cosmos, Dieu a donné à ce centre un corps, l’a doté d’une nature propre, avec sa spécificité singulière, unique et irremplaçable.

Né pour être le cœur géographique de sa Création, Son Monde, le point d’ intersection entre les deux vecteurs incréés, l’Infini et l’Éternité, il a doté son corps de l’indestructibilité naturelle propre à son Être. Son Monde, sa Maison, son Paradis. YAHVÉ Dieu a toujours été un nomade dans l’Éternité, un aventurier dans l’ Infini. Et il s’est créé ce qu’il n’avait jamais eu, son Monde, et il l’a créé sans limites de moyens ni manque d’imagination.

 

2

Et ainsi fut fait.

 

La manière dont Dieu a créé son Monde n’a pas d’importance. En ce qui concerne la création de notre Univers, le « comment » a quant à lui de l’importance. Dans l’Introduction à la cosmologie du XXIe siècle, j’ai abordé ce sujet. Dans l’Histoire de Jésus-Christ, j’ai dit que nous aurons bientôt toute la vie éternelle pour connaître ce monde dont nous traitons ici l’origine. Ce qui m’amène à réaffirmer ce que j’ai déjà déclaré ailleurs, à savoir qu’il y a des choses qui relèvent de notre sphère de connaissance et d’autres, comme la naissance du Fils et du Père en Dieu incréé, qui échappent à la compréhension de notre intelligence.

Alors, Dieu éleva dans le cœur de son Monde une montagne. Et à son sommet, il éleva une ville. Mais sachant que ce ne sont pas douze murs qui font une Maison, mais ceux qui y vivent, il rêva de Frères, d’Amis, d’Enfants. Telle est l’origine des dieux du Ciel.

 

3

Création du Cosmos

 

En réduisant à une vitesse infinie la durée d’existence des galaxies qui entouraient son Monde, YAVÉ DIEU transforma les galaxies en énergie lumineuse, créant ainsi une explosion de feux d’artifice de nature cosmique, que nous avons convenu d’appeler Big Bang pour des raisons de simplicité communicative.

Comparons cette conversion à la transformation d’une galaxie en un canon à faisceaux d’ énergie microphysique traversant des champs « d’espace-temps » à une vitesse « infinie ». La différence entre la vitesse initiale, égale à celle de la lumière, et la vitesse infinie, vers laquelle la matière élémentaire est dérivée dans un champ d’espace- temps, transforme cette différence en masse. De toute évidence, la transformation de l’énergie cosmique en matière stellaire ne s’étend pas jusqu’à l’infini en raison de la limite d’implosion astrophysique naturelle imposée à ce processus cosmologique de création de matière à partir de l’énergie créée par la matière elle-même.

Il y eut un Big Bang originel, d’entrée, et un autre de sortie (réduction de la matière astrophysique en énergie cosmique, et transformation de l’énergie cosmique créée en matière astrophysique). Et ce processus créateur se répète aux confins du Cosmos, d’où le fait que les astrophysiciens continuent de découvrir sans cesse de nouvelles galaxies et de nouveaux amas galactiques.

YAHVÉ DIEU a des Témoins de cette Création. Ainsi que de la Destruction de l’Ancien Cosmos ; ses Frères, les dieux de Yahvé et de Sion, sont ses Témoins. Mais ce sujet a été relaté dans l’HISTOIRE DIVINE DE JÉSUS-CHRIST.

 

4

Les dieux anciens

 

Au fil du temps, le Ciel s’est transformé en Royaume, le Royaume s’est transformé en Empire. La Maison de Dieu s’est remplie d’enfants, chacun d’entre eux étant roi de son peuple. Une fois l’Univers créé, Dieu sema la graine de l’Arbre de la Vie dans ses eaux, et de ses profondeurs, la Vie lui conçut un Monde, deux Mondes, trois Mondes, quatre Mondes, et jusqu’à cinq Mondes furent créés avant le sixième jour de la première semaine de la Création. Le sixième jour, Dieu créa l’ Homme.

Telle est l’origine des enfants de Dieu, les dieux de la nuit des temps.

 

5

Le berceau de l’Homme.

 

Il y eut cinq mondes que Dieu créa et transféra de leurs lieux d’origine dans l’ Univers vers son Monde, vers son Paradis. L’Homme n’avait pas encore été créé. Et l’idée de l’Homme n’existait pas encore dans l’Esprit du Créateur.

À ceux qui se demandent s’il y a de la vie dans l’Univers, nous répondrons que oui ; nous sommes là. À ceux qui se demandent s’il y avait de la vie avant nous, nous répondrons de même : oui, nous n’avons pas été les premiers et nous ne serons pas les derniers. Si alors on nous demande sur quelle étoile, dans quelle partie des Cieux résident ces autres Peuples de l’Univers, nous répondrons qu’ils ont leurs Demeures dans le Monde que Dieu s’est construit pour lui-même, celui qui se trouve au-dessus et au centre de sa Création, le Monde d’où Jésus est descendu et vers lequel Jésus-Christ est retourné. Nous aussi, nous aurons notre demeure dans ce monde, et là-haut, nous nous reverrons tous et partagerons la vie éternelle pour laquelle nous avons été créés. Cependant, l’actualité nous y oblige, et nous revenons donc de l’avenir vers le passé, vers les jours où l’Enfer a semé la graine de la guerre au Paradis.

Il y eut deux guerres universelles qui ravagèrent le Paradis, mais le Ciel ne fut jamais conquis. Les grandes batailles pour le trône du Roi des rois et Seigneur des seigneurs sont consignées dans le Livre de la Vie ; ses pages décrivent comment les Frères et les Fils de Dieu sont restés fidèles à la Couronne de l’ Unique-Né, ont anéanti la force du Dragon, l’Axe des Rebelles, et, en brisant le Sceau de la Fidélité, les éléments mêmes de la Nature du Ciel se sont mis au service de leurs Bras, beaux, invincibles, sages et puissants. Comme celui qui emprunte à l’éclair son éclat et, les yeux brillants de ses reflets, avance contre les ténèbres, ou comme celui qui fait de sa gorge la tente du tonnerre et transforme le ciel de sa bouche en firmament où galope le cheval des vents, ou comme celui qui, à l’aide d’un fouet, emprunte au rayon son mystère et, de ses cordes électriques, frappe le dos de la Bête, ainsi, ainsi fut la contre-attaque massive et fulgurante des Frères et des Fils de Dieu contre les armées de l’Enfer qui, menées par Satan, en l’absence de Dieu, se soulevèrent contre son Empire.

À deux reprises, le Dragon fut vaincu et capturé ; et autant de fois, les Rebelles furent pardonnés. Car, dans son amour de Père, Dieu crut qu’avec le temps, ses enfants rebelles changeraient et qu’à mesure qu’ils grandiraient et mûriraient, cette tendance à faire la guerre s’éteindrait. Mais voyant que les événements survenus l’obligeaient à prendre des décisions révolutionnaires : le sixième jour de la première semaine de la Création de l’Univers, Dieu conçut l’Homme dans Son esprit.

 

 

 

CHAPITRE 2

 

6

LA CRÉATION DES CIEUX

 

Il arriva donc que Dieu engendra à partir de son Être ; et dans la Paternité, son esprit et son cœur trouvèrent le bonheur parfait. Il présenta son Fils aux dieux, et ceux-ci l’adorèrent.

Finalement, Dieu commença à créer notre Univers. Les galaxies mirent leurs champs d’ étoiles au service de leur Seigneur ; depuis les sommets de leurs chaînes de montagnes, des fleuves de soleils se frayèrent un chemin à travers les plaines sidérales. Telle une personne qui, à un courant impétueux, frais et joyeux, ajoute en tête de machine un front d’onde gravitationnelle, ces lits lumineux commencèrent à descendre depuis les hauteurs des galaxies de l’Amas local.

Telle est l’origine de l’Univers. Telles des cordes gravitationnelles entraînant un train de soleils, de toutes tailles et de toutes couleurs, ces fleuves d’étoiles se sont déversés dans l’océan de nos Cieux. C’est ainsi que notre Univers a été créé.

Nous comparons les galaxies à de hautes chaînes de montagnes contre les sommets desquelles un canon gigantesque tire des obus colossaux jusqu’à faire jaillir de leurs profondeurs des rivières d’ eau lumineuse. Nous dirigeons à présent ces rivières vers un lit marin créé pour recueillir ce volume d’eau provenant de différentes chaînes de montagnes. Ce processus correspond à l’événement que les fils de Dieu ont vécu lors de la Création de nos Cieux.

Si nous comparons maintenant les galaxies à des ballons chauds qui, lorsqu’on les perce, projettent une partie de leur air, et que nous mélangeons ces processus, nous obtenons des cordes gravitationnelles servant de lits à des rivières d’étoiles se jetant dans un lit préalablement aménagé pour accueillir en son sein ces rivières d’étoiles.

YAHVÉ DIEU crée le Lit gravitationnel et perce les galaxies d’où émergent les fleuves d’ étoiles qui font crépiter les espaces et vont se jeter dans la Mer d’Énergie Gravitationnelle dont il se nourrira pour l’éternité. Spectacle merveilleux, jamais vu par aucune créature, spectacle divin auquel nous avons été invités par YAVÉ DIEU, comme nous le lisons dans l’Évangile de son Fils : « Et il accomplira des œuvres plus grandes que celle-ci, de sorte que vous en serez émerveillés ».

 

7

Création de la Terre

 

En tant que Père, YAVÉ DIEU considéra que, s’il n’ouvrait pas la Création à ses enfants, avec le passage du Temps, ceux-ci pourraient croire que leur Paradis n’est rien d’autre qu’un zoo dans lequel ils ne sont qu’une espèce parmi d’autres, une espèce intelligente mais une espèce animale après tout. Enfermés dans les limites du Paradis, et apparemment enfermés entre ces murs pour l’éternité, Dieu a voulu bannir de la pensée de ses enfants un tel avenir. Ainsi, YAHVÉ DIEU a révolutionné son propre Monde en ouvrant à tous ses enfants l’Acte de la Création des Mondes et des Univers, réservé jusqu’alors à son FILS JÉSUS.

Le spectacle de la Création suivit son cours.

Une fois nos Cieux créés, Dieu ouvrit la Navigation à travers l’Océan des Galaxies. Ce qui est impossible à la Créature, naviguer à travers la forêt des galaxies, car l’approche à vitesse divine crée une Forêt où les arbres s’ ouvrent pour laisser passer et se referment une fois que le navigateur a poursuivi son chemin, c’est ce ont vécu les fils de Dieu. Seul YAHVÉ DIEU, pour qui l’Infini est son Univers, a le Pouvoir d’atteindre les confins du Cosmos et de revenir au point de départ sans se perdre sur le trajet aller-retour. Des galaxies qui courent, volent, se rejoignent, se séparent… Un spectacle merveilleux, indescriptible, inoubliable. Et à la fin de ce Voyage : « les Ténèbres qui recouvrent la surface de l’Abîme », dont les fils de Dieu connaissaient l’existence par la bouche des Fils du Ciel. Car nous, tous les fils de Dieu, avons été créés en dehors du Monde que Dieu s’est créé pour en faire son Paradis, mais Dieu a créé ses Frères à partir de la Glue du Ciel.

Les Frères de YAVÉ DIEU ont dit aux enfants de Dieu qu’une fois créé le Big Bang originel, le Premier-né des dieux, YAVÉ, le SEUL VRAI DIEU, a détruit l’Ancien Cosmos, réduit d’innombrables galaxies en poussière, fait des espaces infinis un abîme recouvert de nébuleuses de poussière et de pierre, recouvrant la surface d’un abîme privé de toute énergie. C’est au-dessus de cet abîme que le Nouveau Cosmos s’étend jusqu’à l’infini pour l’éternité, absorbant toute la matière nébulaire issue de la destruction de l’Ancien Cosmos.

Une vision bouleversante pour celui qui se sent soudain précipité dans les profondeurs de ce cimetière sans fond où repose un Cosmos : voilà l’Enfer, « où il y aura des pleurs et des grincements de dents ».

YAHVÉ DIEU a conduit ses enfants au-delà des frontières du Nouveau Cosmos, d’où sa Création ressemble à un océan débordant de tous ses côtés, dont les vagues créatrices s’étendent sur l’Abîme comme un tsunami tout-puissant.

Alors, Dieu dirigea un faisceau d’énergie lumineuse vers le champ créateur qu’IL avait Lui-même étendu dans les Ténèbres, et commença le voyage de cette énergie vers la matière, dont le produit final fut l’implosion astrophysique qui donna naissance au Soleil, aux planètes et aux satellites que contient notre Système.

Quelle merveille pour les yeux et quelle joie pour l’intelligence ! Leçon d’omniscience créatrice et révélation en direct de la nature du Créateur, à ne jamais oublier. YAHVÉ EST DIEU. IL A CRÉÉ LA LUMIÈRE ET LES TÉNÈBRES.

En chemin, Dieu a voulu leur montrer l’origine physique de la Création, ainsi que le lieu d’ exil où seraient précipités ceux qui ravageraient à nouveau leur monde avec le feu de la guerre.

Cela fait, le Système solaire créé, YAHVÉ DIEU a mis à l’écart une planète de sa famille, l’a abandonnée dans les ténèbres comme on se débarrasse d’un corps sans avenir, et a transféré le Soleil et son Système dans les Cieux. Ici, au sein d’un milieu astrophysique, même sans carte de navigation interstellaire, Dieu ouvrit au Système Solaire son propre champ de mouvement au sein d’un amas stellaire ouvert.

La localisation de notre Système solaire au sein d’un univers de type amas globulaire serait impossible pour tous les enfants de Dieu une fois hors des Cieux.

C’est ce que fit soudain YAHVÉ DIEU. Dieu ouvrit à nouveau la navigation à travers la Forêt des Galaxies en direction de l’Abîme Extérieur où il abandonna cette planète, à l’origine un déchet, tel un avorton produit pendant la gestation du Système solaire.

 

8.

La Lumière.

 

Dieu créa notre monde en faisant émerger du sein des eaux de l’océan stellaire les Cieux. Puis il créa la Terre. Mais il y eut d’abord l’Idée.

Dans son omniscience, le Créateur ne fait rien sans avoir d’abord tissé dans son intelligence l’ édifice à construire. Il planifie d’abord, décide, trace des lignes, calcule, surmonte les problèmes, résout les inconnues, visualise en mouvement virtuel le but vers lequel tend son projet, se laisse guider par sa sagesse, puis passe à l’action. Il s’appuie sur son expérience pour garder le contrôle de tous les processus. Si, en cours de route, un élément semble lui échapper, il agit en conséquence, improvise, prend les décisions qui s’imposent et, sans dénaturer l’Idée, maintient le mouvement dans la direction initiale établie.

Ainsi, Dieu créa la Terre aux confins du Cosmos, loin du Ciel et des Cieux, dans les Ténèbres. Il donna à la Terre pour époux le Soleil et pour frères et sœurs les Planètes.

Le Soleil, la Terre et la Lune, ainsi que toute la famille planétaire, furent créés à partir d’un seul noyau.

Une fois la famille solaire créée, Dieu abandonna la Terre dans les Ténèbres, dans une solitude si totale et absolue qu’elle en vint à se sentir « confuse et vide », comme nous le raconte Dieu dans son Livre. Car il arriva que, contre toute attente, lorsqu’il se rendit à la Terre à laquelle il avait fait toutes ses promesses d’avenir, son mariage avec le Soleil scellé dès l’Origine même, scellé par des baisers dans le berceau, Dieu emmena toute sa famille loin, très loin de l’Abîme recouvert par les ténèbres, et l’ abandonna, elle, la Terre, à la merci des forces de l’Abîme. L’obscurité glaciale d’une solitude invincible s’insinua dans les os de la Terre, et de froid, ses dents claquèrent.

Hélas, la Terre, née parmi les promesses de maternité à la lumière des rires, des applaudissements et des exclamations des enfants de Dieu. Belle dans sa nudité, magnifique dans sa petitesse. Hélas, le rêve conçu pour elle, comme celui de l’enfant qui vit du rêve de sa mère tandis que ses os et sa chair se tissent dans ses entrailles. Hélas, ce rêve-là. Le froid lui a gelé les os, les vents qui parcourent les Ténèbres ont secoué sa chair tremblante. Hélas, mon rêve, hélas, ma vie, mon Dieu m’a quitté et m’a abandonnée dans les Ténèbres sans personne pour me défendre ! Pourquoi m’as-tu abandonnée, mon Dieu ? Pourquoi m’as-tu promis l’océan, pourquoi m’as-tu fait rêver de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud, pourquoi m’as-tu imaginée mère de tant d’ enfants, mes mains ailées, mes cheveux couronnés d’un diadème de nuages chargés de vie, mes pieds de neige respirant le printemps sur des vallées verdoyantes, pourquoi m’as-tu nourrie de miel si tu m’avais destinée à me nourrir de ce poison amer et épais ? Hélas, je meurs, hélas, je préfère la mort à une vie sans ton rêve.

Ainsi, lorsque son Grand Esprit revint la chercher, « la Terre était confuse et vide », car son Créateur n’apparaissait nulle part. Lorsqu’il revint, la Lumière se fit. Il en fut ainsi.

Le Fils de Dieu étendit le champ de forces qui entoure la Terre, et sa surface se transforma en une mer de lave vivante. Nous parlons ici de la fusion de la croûte primaire de notre planète. Des entrailles de cette mer de lave vivante surgit l’atmosphère primitive. Finalement, la croûte terrestre se refroidit et cette atmosphère se transforma en une couche de glace qui recouvrit toute la sphère de notre planète, du pôle Nord au pôle Sud. Cette couche de glace est « la lumière » du Verbe du premier jour de notre Création.

Telle est l’origine de l’échelle des éléments naturels. (Dans l’Introduction à la cosmologie du XXIe siècle, le thème de la physique créatrice de la biosphère est abordé avec toute la profondeur qu’il mérite).

Telle est l’Histoire de la Terre.

 

9

Le Firmament.

 

L’étreinte du Tout-Puissant. Ô, la chaleureuse étreinte du Tout-Puissant. La chaleur de tes muscles, ô Dieu, est la chaleur du premier baiser entre les époux vierges, la chaleur du premier mot du père à son bébé ; enveloppe-moi de ton souffle, mon Dieu mon Dieu… Ah, la Terre, combien de vers, combien de lignes a-t-elle écrits dans sa solitude, chacune comme une colombe blanche traversant les eaux à la recherche du rameau d’olivier qui maintiendrait vivante l’espérance de Noé. Sa joie, son cœur emballé, son pouls effréné, ses nerfs vibrants le jour où la lumière du Grand Esprit de son Créateur a brillé de mille feux, traversant le champ des galaxies à la vitesse de Sa pensée ! Sa Voix chaleureuse, Son Verbe tendre, hélas, frères et sœurs, je meurs d’envie d’arroser mes oreilles du baume de l’écho de Ses cordes, quand Sa Parole brise le Silence.

Et ainsi fut-il. Le Grand Esprit revint, le Fils de Dieu l’enlaça, la couvrit de baisers, lui parla, et sa confusion disparut aussitôt.

Enveloppée dans ce Manteau de Glace forgé à des températures bien en dessous de zéro absolu, Manteau de Glaces issu de la fusion de l’écorce primaire et de la sublimation de l’ atmosphère primitive qui en a résulté, Dieu sépara la Terre des Ténèbres et l’ introduisit dans les Cieux. Il la conduisit à la rencontre du Soleil. Dans la chaleur de cette rencontre, la glace fondit et se transforma en air et en eau.

Sous le firmament qui séparait les eaux situées sous le firmament des eaux situées au-dessus du firmament, deux blocs de glace ont commencé leur retraite vers les pôles Nord et Sud. Et depuis lors, le firmament est toujours là, séparant les eaux des mers de tous les jours des eaux gravitationnelles qui remplissent l’espace extra-atmosphérique.

Le Firmament dans le Verbe de la Genèse est l’atmosphère issue de cette création. Firmament que le Fils de Dieu a appelé « ciel », le ciel de tous les jours, bleu, rouge, blanc, jaune, orange, violet, pourpre. Firmament dont nous aurons l’occasion d’explorer l’architecture, et dont nous abordons sa genèse, en laissant pour plus tard les fondements de la biosphère, fondements qui doivent nous conduire à la définition des éléments constitutifs de l’ écosphère.

 

10.

La main de Dieu.

 

Elles continuèrent à descendre sous le soleil, les eaux de l’océan mère. Et elles continuèrent à descendre jusqu’à atteindre le niveau des mers. Alors, lorsque les eaux se retirèrent pour laisser la Vie suivre son cours, l’empreinte de la Main créatrice resta gravée dans la pierre des dorsales océaniques, et sur la surface de l’ empreinte de ses cinq doigts, l’arbre des espèces enfonça ses racines.

Telle est l’origine de la vie sur Terre.

 

11.

Le monde des oiseaux.

 

Les mers se sont remplies de créatures, si nombreuses qu’elles ne pouvaient tenir dans l’immensité de ces eaux qui entouraient le monde.

Le niveau des eaux situées sous le firmament continua de baisser, et par conséquent, la pression d’augmenter. Alors, l’Arbre de vie franchit la frontière entre l’ eau et l’air, et le firmament des cieux se remplit de créatures dotées d’ailes et de becs.

D’autres branches touchèrent la terre ferme, passant directement de l’eau à la terre ; mais le monde appartenait aux oiseaux, qui pondaient leurs œufs sur le sol et s’étendaient vers l’intérieur des terres jusqu’aux confins des chaînes de montagnes. Ainsi, lorsque les amphibiens commencèrent à s’enfoncer au-delà des rives et se nourrirent d’œufs d’oiseaux préhistoriques, la nécessité de surveiller leur territoire a donné lieu à la transformation révolutionnaire des ailes en bras.

Telle est l’origine de tous les animaux qui mettent bas.

 

12.

Les fils de Dieu.

 

Les pères des hommes et leurs familles grandirent dans les forêts, depuis les confins desquelles, à la lisière du monde des dinosaures, ils virent les dieux descendre du ciel. Les fils de Dieu se distinguaient des autres créatures car ils marchaient sur leurs jambes. Et le pouvoir que leur parole exerçait sur toutes les bêtes était très grand. C’est alors qu’un instinct unique en son genre s’éveilla chez les hommes, celui de l’ intelligence, et ils trouvèrent dans leur capacité naturelle à imiter les dieux la voie menant à la domination du monde. C’est à cette époque que les fils de Dieu adoptèrent les hommes comme disciples.

 

13

Mésopotamie. Le pays du paradis terrestre.

Dieu donna à chacun de ses fils, « qui n’étaient pas issus de notre création », une zone d’influence sur Terre. Selon le Sceau que chaque peuple avait reçu de son précepteur, la formation des cinq peuples originels dont descend toute l’humanité donnerait naissance à cinq cultures différentes. Le Projet Divin consistait à unifier ces cinq cultures en une seule, d’où émergerait la conception d’ un royaume mondial, patrie originelle de tous les futurs peuples du genre humain. La couronne de ce royaume serait donnée par Dieu au Premier Homme qui l’ appellerait Père, et personne ne pourrait s’octroyer ce pouvoir.

Ainsi, ce processus de formation des peuples de la Terre, déjà en cours, les a amenés, venant de différents endroits, à se rencontrer en Mésopotamie, c’est-à-dire en Irak à l’époque d’aujourd’hui, un nombre indéterminé de familles. Elles créèrent une société, bâtirent des villes, établirent une constitution sociale. Mais elles ne s’accordèrent jamais le pouvoir de se choisir un roi et d’entreprendre par elles-mêmes l’œuvre d’unification de tous les peuples de la Terre en un grand royaume. C’est Dieu qui le donnerait.

 

14

Adam et Ève.

 

Et il l’a fait. Poussé par le Dieu des dieux, un jeune citoyen de cette Première Mésopotamie quitta sa maison et sa famille. Son périple s’acheva dans un coin vierge de cette terre arrosée par quatre fleuves.

Dieu donna un nouveau nom à son élu : Adam. Et là, il lui révéla l’avenir de l’humanité tel qu’il l’avait tissé dans son esprit grâce à sa prescience.

En dehors de l’ Éden, la voix du Grand Esprit avait diffusé le message. L’élection divine avait eu lieu. L’entrée du roi dans l’Histoire n’était qu’une vision éphémère .

Telle est l’origine d’Abraham, père d’Israël.

 

15

Le talon d'Achille d'Adam.

 

La société humaine originelle n’était pas fondée sur la propriété, le mensonge ou la conquête du pouvoir. Tout appartenait à Dieu, et ses prêtres entreposaient le fruit du travail dans le Temple pour le distribuer selon les besoins des familles.

La parole d’un homme faisait loi. L’homme, à l’image et à la ressemblance de son Créateur, ne parlait jamais en vain.

C’est là que résidait la force de l’Homme aux yeux de son Créateur, dans cette innocence qui le poussait à croire en la parole de son prochain comme s’il s’agissait de la sienne propre. Jusqu’à ce que vienne le fils de la perdition et transforme cette force en cible pour la flèche infaillible de sa trahison.

 

16.

Plus dure serait la vengeance.

Hélas ! Malheur au Serpent lorsque le Père de cet enfant reviendrait. Le Dragon serait banni hors des limites de la Création, là où le non-être vit une mort qui ne vient jamais, ni ne s’en va. Ses plans visant à contraindre le Grand Esprit à transformer le paradis en un monde de dieux au-delà du bien et du mal étaient voués à l’échec le plus total.

En Dieu, le Père et le Juge ne font qu’un. La justice et l’amour sont les deux bras de son Grand Esprit. Que celui qui aime l’enfer aille en enfer ! Béni soit Dieu et son saint esprit de justice. Il ne peut supporter la vision de tout ce que nous avons vu et entendu, et c’est pourquoi la Création tout entière attend avec impatience, rêvant du Jour de la gloire de la liberté de ses enfants, où, à la tête de sa Maison, le Roi du Paradis se dressera contre ce que l’Enfer a semé parmi les enfants de la Terre.

Dansez, guerriers, la danse de la victoire en l’honneur de l’Invincible. Applaudissez, vents du Nord, parcourez les mers avec la nouvelle, vents de l’Ouest, portez le cri de l’espoir à ceux qui vivent dans les ombres de l’Est : Le Roi arrive, entouré de princes qui brillent comme des soleils, l’armée du Paradis de Dieu chante à nouveau à la fin de la Nuit.

Oui, enfants de la Terre, malheur aux rebelles pour la troisième fois, car ils ont comblé la coupe de la patience divine ; dans leur folie, ils ont voulu transformer l’eau en poison. Le Grand Esprit a alors juré qu’il ne retirerait pas son épée tant que sa lame ne serait pas tombée sur la tête de l’assassin et de ses complices maudits. Il jura sur son honneur et sa gloire qu’un enfant né de cette Ève hériterait de son épée, celle du Grand Esprit, et qu’avec elle s’accomplirait la Parole de Dieu : « Il t’écrasera la tête ».

Ne voyez-vous pas, enfants du Grand Esprit, la vision qu’eut le Guerrier Éternel ? Quel bras issu de la boue pourrait soulever dans son poing l’épée du Héros des galaxies qui parcourent joyeusement l’infini ? La réponse est en vous, car il était parmi nous : le Bras de Dieu, le Bras de son Fils.

En contemplant la vision de son Père, Adam se leva du sol et dansa sur les décombres de son désespoir la danse des héros en l’honneur du Champion que le Grand Esprit avait choisi pour les enfants de la Terre.

Telle est l’origine du Christ.

 

17

À l’Est de l’Éden.

 

Dans l’ amertume du désespoir qui lui déchira l’âme et lui déchira l’esprit, Adam vit l’histoire de l’humanité, depuis le fratricide jusqu’à la dernière bombe qui fit exploser la Terre et la réduisit à des montagnes de pierre se dissipant dans la fumée des étoiles. Les horreurs dont il fut témoin l’effrayèrent à tel point qu’il lui sembla impossible de croire que son Dieu et Père puisse permettre une telle tragédie.

Il s’est alors avéré qu’Adam ne s’était pas trompé.

Dieu ressentit la trahison de Satan comme un coup de poignard dans le dos, comme un coup de lance en plein cœur. Son élu étant mort, la Terre était à la merci d’un Dragon fou de vouloir imposer son empire d’un bout à l’autre du monde, mais grâce à son omniscience et à sa toute-puissance, le Serpent Ancien venait de signer son arrêt de bannissement ad eternum du Ciel, de la Terre et du Cosmos tout entier. Pour sa gloire, un fils de ce même Adam s’élèverait jusqu’aux nuages, lèverait le bras et ferait tomber le marteau de la vengeance sur la tête de l’assassin d’Adam.

Adam et Ève furent eux aussi bannis loin de leur patrie. Là où personne ne pourrait les trouver et où l’Enfant de la Prophétie serait tué. C’était comme si la terre les avait engloutis. Dieu les cacha de la colère de leurs frères parmi les peuples des montagnes, habitants des grottes, ces montagnards chasseurs de fourrures de l’Est.

Voici l’arbre généalogique des fils de Noé.

 

18.

La première guerre civile mésopotamienne.

 

Immédiatement après la Chute, les Cités très anciennes, Ur, Lagash, Kish, Umma… se donnèrent des rois, et chaque roi se lança dans la réalisation de l’utopie du royaume universel en recourant à la force.

Les anges rebelles ouvrirent la boîte de Pandore, firent de notre monde leur champ d’action, et la longue portée de leurs tentacules s’étendit à toutes les nations. Elle s’étendit également à Caïn, qui tua Abel dans une tentative désespérée de contraindre Dieu à lui accorder la gloire du Vengeur.

Réconfortés par la Sagesse, Adam et Ève éduquèrent Seth dans la doctrine messianique des patriarches. Personne, sauf Dieu lui-même, ne connaissait le moment de la naissance du Fils de l’Homme.

Lorsque ces premières guerres fratricides prirent fin, les fils de Seth retournèrent dans leur patrie perdue et apprirent à vivre avec les autres familles sur un pied d’égalité, sans jamais oublier l’état de guerre déclaré entre le Ciel et l’ Enfer, ni le rôle qui leur avait été attribué dans cette confrontation.

Le premier homme à avoir appelé Dieu « Père » fut Adam ; mais Adam n’allait en aucun cas être le dernier que Dieu appellerait « Fils » devant toute sa création.

Telle est l’origine mythologique du roi David

 

19.

Vers le déluge universel.

 

Les chroniques connues concernant la période de la chute des cités-États et l’ère antérieure au Déluge nous sont transmises sous une forme énigmatique dans les archives découvertes sur les sites archéologiques du Moyen-Orient. Elles évoquent des chroniques royales, l’origine divine de la royauté. Elles concordent avec la Genèse hébraïque concernant l’événement du Déluge.

D’après ce que l’on peut déduire de l’histoire de ce monde de mythes et de héros, les cités-États ont acheté la paix à un prix très élevé. La Force par la Loi a remis à l’empire des dieux anciens le sceptre des Quatre Régions. Ces dieux maléfiques et maudits qui semèrent la zizanie de leurs mensonges d’un bout à l’ autre du monde, sans crainte, sans honneur ni honte dans leurs entrailles, ne se contentant pas de lui avoir déclaré la guerre à celui qu’ils continuaient d’appeler Père, l’ ont offensé à l’infini en bafouant une loi sacrée, inviolable, contre le crime insupportable, son Grand Esprit endura en silence l’indicible. Mais ravalant sa fierté, le sang bouillonnant dans ses veines, le Guerrier Divin supporta la souffrance, emmagasinant dans son âme le feu dans lequel brûleraient éternellement ces démons pervers et maudits.

Car si un père, par amour pour un fils, permet à ce fils de tuer ses autres frères, ce père est le démon malfaisant et pervers dont le sein a engendré un fils aussi malfaisant. Loin de la Paternité Divine, un tel comportement criminel !

En silence, les dents serrées, les nerfs à vif, Dieu a souffert l’indicible le jour où l’on a bafoué sa loi sacrée interdisant le métissage des races cosmiques. Lorsque Satan et ses frères maudits s’unirent aux femmes humaines, celles-ci donnèrent naissance à des créatures mi-humaines, mi-démons qui, leurs par une immortalité qui leur était refusée, ont semé la destruction à travers le monde, transformant les terres en un champ de ravages où obtenir de leurs pères démoniaques, au prix de sacrifices humains, l’immortalité qui leur était refusée.

Eux, les héros d’un temps très ancien, furent les fondateurs des religions sanglantes qui ravagèrent les terres et comparèrent nos pères à des bêtes, sacrifiant des vies humaines sur l’autel de leurs passions impossibles, à la poursuite de la source de la jeunesse éternelle. Rendus fous par leur condition ni divine ni humaine, ils ont semé dans le monde ces guerres et ces violences gratuites que les Anciens ont consignées dans leurs contes et légendes, quand, par amour pour une femme, un homme était capable de mettre le feu à toute une ville, comme si, dans le monde, cette Hélène avait été la dernière femme sur la face de la terre. Sauvages, monstres issus de semences maudites, les héros d’autrefois sont nés pour mourir, entraînant avec eux dans la tombe tous ceux qui les entouraient, comme en témoignent les tombes des Râ et des Amon d’Égypte.

Ne pouvant plus supporter la présence de ce monde où la bestialité imposait sa loi, Dieu choisit de mettre fin à cette œuvre, de la détruire et d’en commencer une nouvelle. Quant à savoir si le Déluge a touché tous les continents de la même manière et au même moment, c’est une autre histoire. Si tel fut le cas, chaque peuple l’a subi à sa manière.

 

CHAPITRE 3

 

20

De Noé à Abraham.

 

Les datations au carbone indiquent que le Déluge doit être situé vers le début du troisième et la fin du quatrième millénaire avant Jésus-Christ. La reconstitution de l’histoire à partir de l’archéologie vient étayer ce témoignage.

Beaucoup ont échappé au désastre et ont recommencé à zéro. Au cours de ce processus de reconstruction internationale, les fils de Noé ont joué le rôle du guerrier qui descend des montagnes vers l’amphithéâtre des vanités babyloniennes. La structure du mythe akkadien, qui est une copie de celle du mythe hébreu, n’est pas sans raison que de nombreux historiens ont cru découvrir dans le Gilgamesh du mythe sumérien le lien juif.

Rappelons-nous que Dieu a promis aux fils de Noé, en regardant le Fils de l’Homme, l’ invincibilité comme règle.

« Ta descendance s’emparera des portes de l’Enfer », leur dit-il. Une promesse merveilleuse et fantastique par laquelle le Père d’Adam réaffirma son serment de vengeance contre les princes de l’Enfer.

Les démons maudits, qui avaient autrefois été des anges bénis, célébraient déjà la destruction du monde et se réjouissaient déjà de la victoire finale sur le « fils d’Ève », dont ils se moquaient déjà avant même d’avoir vu sa naissance, quand ce Roi silencieux et inconnu, dont le Grand Esprit ne manifestait aucun sentiment d’ échec, leva la tête et, ouvrant la bouche, à la honte et à la confusion de ceux qui célébraient déjà la victoire non remportée, répéta son serment béni : « Le Fils de l’Homme t’écrasera la tête ; danse tant que tu le peux, maudit ».

Noé et ses fils descendirent des Montagnes de l’Est en formation militaire. (N’oublions pas que le guerrier parmi les guerriers, Gilgamesh, est présenté comme étant d’origine montagnarde dans les textes cunéiformes). Les fils de Noé vécurent dans les villes, grandirent et se multiplièrent. Le clan d’origine s’étendit dans les villes de Nippur, Uruk, Ebla, Kish, Lagash, Umma, Ur

À Ur, sous la IIIe dynastie, vivaient les parents d’Abraham lorsque la folie égocentrique poussa le roi d’Ur à s’octroyer l’immunité constitutionnelle qui était réservée aux dieux. Mais retracons dans les grandes lignes la succession de ces événements.

D’après les éléments archéologiques dont nous disposons, nous pouvons situer la date du Déluge à la fin du quatrième millénaire et au début du troisième. La période dite protodynastique remonte à 2 900. Cette datation nous oblige à prévoir un intervalle de deux siècles entre la catastrophe et la renaissance des populations.

La ville de Kish fut la première à émerger des eaux et à se doter d’un roi. Peu après, la ville d’Uruk entra dans la danse, enrichissant l’histoire des aventures de son héros et roi, Gilgamesh.

Après la mort de Gilgamesh, la ville de Kish reprit le flambeau de l’Empire, son roi jouant le rôle d’arbitre et de juge des différends entre les villes voisines. Ce pouvoir passa ensuite à Ur, puis à la ville de Lagash, ce qui nous amène au XXVe siècle avant J.-C. Il finit par tomber entre les mains de la ville d’Umma, dont le roi, véritable héros, revendiqua pour lui-même l’empire de l’Éden.

Un empire qui ne dura que peu de temps pour Umma. Le jeune Sargon, échanson du roi de Kish, le lui arracha des mains. Sargon se rebella contre son roi, fonda sa propre ville impériale, Akkad, et c’est depuis Akkad qu’il partit à la conquête du monde.

Il le conquit.

Ses fils régnèrent de 2278 à 2193 environ, date à laquelle les Premiers Barbares s’abattirent sur l’empire d’Éden et étendirent leur anarchie d’un bout à l’autre des Quatre Régions.

La chute de l’empire d’Acad redonna le premier plan aux cités classiques, parmi lesquelles Lagash revint sur le devant de la scène sous la direction du célèbre et légendaire Gudea. Mais ce n’est pas ce Gudea qui libéra le pays de l’empire des Barbares, mais la coalition des cités du Sud menée par le roi d’ Uruk, sous la bannière duquel il faut placer les grands-parents d’Abraham.

Il arriva, donc, qu’après la défaite des barbares Gutis, le chef Utukhegal voulut se proclamer empereur, ce qui ne plut pas du tout au chef Nammu et à son conseil de princes d’Ur, qui lui déclarèrent alors la guerre d’indépendance qui s’imposait. C’est sous ce drapeau, en effet, que l’on peut situer les parents d’Abraham.

Nous nous trouvons à la frontière entre les deux millénaires, le troisième et le deuxième avant J.-C.

Nous constatons, cependant, qu’avant la découverte des cités sumériennes perdues, dans la seconde moitié du XIXe siècle, lorsqu’on parlait de Ninive, d’Ur, de Kish, d’Akkad, de Lagash, etc., ces cités et leur monde, qui font partie du monde prophétique de l’Ancien Testament, ces cités et leur monde, selon la science du XVIIIe et du début du XIXe siècle, n’avaient jamais existé, la Genèse de Moïse et les livres des prophètes, remontant jusqu’à Nabuchodonosor et au-delà, étant une pure invention littéraire, un conte de vieilles légendes que les Israélites s’étaient inventés de toutes pièces, et que les chrétiens avaient repris afin de maintenir dans les ténèbres, dont la science allait les faire sortir toutes, en particulier à l’apogée du XXe siècle, date que les scientifiques avaient fixée comme celle de la mort du christianisme.

Mais à la suite d’un de ces événements qui n’auraient jamais dû se produire, mais qui se produisent, une génération de scientifiques fous, comme investis du pouvoir de Jésus-Christ de ressusciter les morts, se mirent à ressusciter les cités perdues de Sumer qui, jusque-là, n’étaient que des contes de vieilles femmes.

Les Sayce, Maspero, Rawlingson, etc., ont fait voler en éclats la dialectique du matérialisme historique du XIXe siècle grâce à la nouvelle science de l’interprétation des langues exhumées des tombes : le sumérien, le hittite… où reposaient Ninive, Ur, Kish, Lagash, Acad… les villes protagonistes de la Liste royale sumérienne.

Le rapport entre l'âge des personnages des généalogies bibliques et l'âge des rois de cette liste a été et reste l'un de ces phénomènes qui laissent sans voix.

Rappelons-nous :

La couronne est descendue du Ciel. Eridu fut la cité royale choisie par les dieux.

Alulim, (Adam), le premier des rois de la Terre, a régné pendant 28 800 ans.

Dumuzi le Berger, pendant 36 000 ans.

Ces trois rois ont régné pendant un total de 108 000 ans. Lorsque Bar Tibirá tomba, la couronne revint à Larsa.

Ensipadzidana régna sur Larsa pendant 28 800 ans. Peu après, Larsa tomba et Sippar prit le relais

Enmendurana s'empara de la couronne et régna pendant 21 000 ans. Sippar tomba à son tour et Churrupag lui succéda.

Ubar Tutu régna sur Churrupag pendant 18 600 ans.

Huit rois pour cinq villes sur une période de 241 200 ans. Immédiatement, le Déluge universel les a rayés de la carte.

 

CHAPITRE 4

 

21.

Abraham.

 

La structure des faits nous permet de penser que Nachor, grand-père d’Abram, fut l’un des chefs d’Ur qui, sous la direction d’ Utukhegal d’Uruk, libérèrent le pays de l’anarchie dans laquelle l’avaient plongé les barbares.

Mais interrompons un instant ce récit pour mettre en évidence le phénomène du temps. On parle de milliers d’années pour une dynastie et un règne. C’est le même phénomène que l’on observe dans les généalogies bibliques des patriarches antérieurs à Noé.

Phénomène qui nous montre deux choses : premièrement, que la méthode de comptage du temps de ces générations du quatrième et du cinquième millénaire avant J.-C. n’est pas la méthode que nous avons connue à partir du troisième millénaire et que nous utilisons actuellement.

Et la deuxième chose est que : en tirant les conclusions de ce lien, on comprend que le peuple du premier royaume connu de notre monde, dont la couronne revint à Adam, l’Alulim sumérien, père de Noé, et les Sumériens formaient un seul et même peuple, dont la descendance de Noé s’est séparée pour créer sa propre nation.

Cela dit, revenons à la ligne du temps.

Une fois les Gutis vaincus par la coalition dirigée par Utukhegal, Teraj, père d’Abram, s’inscrivant dans cette lignée, participa à la coalition des princes d’Urque sous la direction de Nammu, qui se souleva contre la tyrannie à laquelle Utukhegal se livra par la suite.

La victoire de la coalition d’Ur permit aux fils de Nammu de s’emparer de la couronne. Une couronne qui ne tarda pas à succomber au paroxysme de la perversité lorsque son successeur, Shulgi, se proclama dieu sur terre.

Disons qu’on revint soudainement à l’époque antérieure au Déluge, lorsque les héros d’un temps très ancien se proclamaient authentiques et véritables fils des dieux et revendiquaient pour eux-mêmes tous les droits de la divinité. N’est-ce pas leurs religions et leurs exploits qui ont conduit les nations à la ruine ?

Sous le règne des fils de Nammu, alors que Shulgi et ses frères régnaient sur Ur, notre Abraham quitta sa ville natale. Ne pouvant plus supporter cette égomanie, Abraham quitta Ur. Curieusement, sans rencontrer de résistance.

Les faits ne laissent guère de place au doute.

Au vu de la force dont fit preuve par la suite l’armée de soldats-éleveurs sous le commandement d’Abraham, tout porte à croire que le fils de Térach se trouvait au cœur de la guerre civile que la divinisation de Shulgi avait déclenchée. Sans l’ intervention de son Dieu, le fils de Térach aurait certainement mené le coup d’ État contre le fils de Nammu. La situation aurait alors été tout autre à Ur. L’ armée du fils de Térach aurait scellé le sort de la ville.

Lorsque donc Abraham quitta Ur, le fils de Nammu vit partir son ennemi le plus dangereux. L’exil volontaire du fils de Térach réduisait l’opposition à sa dynastie au strict minimum.

Et c'est ainsi qu'à la tête d'une puissante armée de guerriers-bergers, Abraham remonta les rives du fleuve occidental sans que personne n'ose lui tenir tête. Il pénétra en Syrie par le nord, une terre d'aucun où régnaient le pastoralisme et le banditisme.

La Bible raconte qu’Abraham combattit jusqu’à cinq rois à la fois. Et il triompha à chaque fois. Et il continua à triompher. Le Pharaon non plus n’osa mener son audace à son terme. Qu’en est-il advenu de son mariage annoncé avec la femme du fils de Noé ? Une armée d’ hommes aguerris sur le champ de bataille, marchant au son de la parole d’ un seul homme : on peut dire que c’était là un ennemi redoutable !

Quant à la date approximative du pèlerinage d’Abraham et de son fils Isaac à travers les terres du Moyen-Orient, les famines dont parle la Bible et les famine qui ont ravagé le royaume des fils de Nammu, en particulier sous le règne d’Ibbi Sin, entre 2028 et 2004, nous servent de repère pour les situer sur la frise chronologique.

La présence d’Abraham et de son fils parmi les Amoréens, peuple ennemi d’Ur, avec lesquels Abraham entretenait des relations selon le principe « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », nous ouvre les yeux sur la situation géopolitique dans laquelle évoluait le père d’Isaac. Elle nous confirme en outre les limites chronologiques entre lesquelles nous avons situé Abraham et son fils.

 

22.

Israël.

 

Incompréhensible, une décision qui aurait pu entacher sa réputation en lui collant l’étiquette de lâche, Abraham a préféré la sagesse de son Dieu à celle des hommes. Sa position théologique n’admettait ni altérations ni révisions. L’heure du fils d’ Ève n’était pas encore venue. Telle était sa vérité. Le reste, croire que l’histoire du Paradis perdu n’était que cela, une histoire de vieilles femmes, était pour Abraham une tentation de Satan.

En effet, l’impatience fut la mère du péché de Caïn. L’ignorance, et non la sagesse, fut le moteur de son crime. Celui qui jura de se venger se réserva le droit de fixer la date du combat à mort entre le Fils de l’Homme et Satan. C’est à Dieu qu’il revient de dire quand et comment. Il dit, et la création tout entière écrit : « Et ainsi fut fait. » En sa parole réside la vie.

« Compte les étoiles du ciel si tu le peux, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que cela. »

Où sont les descendants de la Maison de Nammu ?

Après la mort d’Isaac, du vivant de Jacob, père de Joseph, la famine frappa à nouveau les terres du Proche-Orient antique. Au cours de ces famines qui ravagèrent l’univers connu, on a découvert dans les papyrus la colonie d’un puissant clan hébreu sur les rives du Nil.

La « Connexion juive » présente Joseph au cœur des bouleversements sociaux que les famines ont provoqués à la cour du pharaon.

Avec Joseph, la Providence fit son entrée en Égypte. On comprend qu’en signe de gratitude, le pharaon et sa cour aient permis aux frères de la Providence de s’installer sur la rive du Nil de leur choix.

Avec la Providence à la maison, adieu les mauvais jours.

 

23

Moïse.

 

Nous avons situé la période abrahamique au cours de la IIIe dynastie d’Ur, entre les deux extrémités du XXe siècle. Et nous avons vu comment, dans les archives pharaoniques de l’Empire moyen, sous le règne d’Amenemhat II, entre 1929 et 1895, les tribus asiatiques ont commencé à pénétrer en Égypte, se déplaçant de plus en plus vers le sud.

C’est dans les chroniques de Sésostris II, successeur de ce dernier, qu’apparaît pour la première fois une mention formelle de cette immigration de tribus asiatiques dans l’empire. Mais ce qui retient particulièrement notre attention, ce sont les famines qui ont ravagé l’Égypte sous le règne de Mentouhotep III. Des famines qui nous relient à l’ histoire de Joseph, nous permettant de situer l’arrivée des Hébreux au Pays du Nil au début du deuxième millénaire.

L’ importance de ce lien réside dans la réponse qu’exige l’événement de l’installation de tribus d’éleveurs dans le royaume des pharaons, agriculteurs. Le fait de la rupture avec la culture pharaonique traditionnelle, du rejet des peuples nomades et éleveurs, nous ouvre les yeux sur un changement qui ne s’ explique que par la révolution qu’a représentée la présence de Joseph à la cour du pharaon. Sans aller plus loin, c’est au cours de cette période que le pharaon acquerra tous les traits classiques, si typiques des structures impérialistes asiatiques, et que s’opère l’unification des deux Égyptes.

On comprend donc que, jusqu’à l’arrivée de ce pharaon qui n’a pas connu Joseph, les Hébreux ont bénéficié d’une politique d’amitié privilégiée, grâce à laquelle, à mesure qu’ils grandissaient, ils ont étendu leurs implantations plus au sud, au prix, bien sûr, d’abandonner la tradition pastorale de leurs pères.

Comme les mauvais temps s’oublient vite ! En l’espace d’un clin d’œil, les fils des sauveurs devinrent les pères des esclaves qui firent la grandeur de l’Empire du pharaon, et, avec le temps et d’autres revirements, cela finit par signifier la ruine des Égyptiens. Mais prenons les choses une par une.

La politique d'amitié envers les tribus du Proche-Orient menée par les pharaons des XIIe et XIIIe dynasties a attiré un autre peuple dans leur empire. Il s’agit des Hyksos. Et c’est dans le coup d’État que ces Hyksos ont mené que nous devons chercher le pharaon qui n’a pas connu Joseph, et qui a puni les Hébreux pour avoir refusé de se joindre à la prise du pouvoir… en les réduisant en esclavage !

Le déclin qu’a connu la cour pharaonique sous la XIVe dynastie a ouvert les portes du pouvoir au peuple qui se trouvait parmi eux, les Hyksos, pouvoir que les Égyptiens ne retrouveraient qu’après la disparition de l’armée hyksos, noyée dans les eaux de la mer Rouge.

Ainsi, si l’on considère cette chronologie et que l’on situe l’arrivée des Hébreux quelque part au XXe siècle, leur départ, quatre siècles plus tard, se situera vers le milieu du XVIe siècle, date à laquelle eut lieu précisément la chute des Hyksos et la reconquête du trône perdu par les Ramsès.

 

24.

Josué.

 

L’ innocence, disons-le franchement, n’était pas le talon d’Achille de Josué. À l’âge du bronze, où les métaux avaient le dernier mot, parfait connaisseur du langage des armes, Josué mena la conquête de la Terre promise de victoire en victoire.

« À cette époque, aux XVe et XVIe siècles avant J.-C., un flot de peuples en mouvement a bouleversé le statu quo du Proche-Orient préchrétien », selon ses propres termes, avec sa manière de nier tout en affirmant, d’ affirmer en niant, nous dit l’Histoire officielle.

Ce qui s’est passé, c’est que Josué et ses Hébreux ont tout ravagé. La conquête de la Palestine biblique par une vague de guerriers-esclaves a nécessité de semer la terreur qui a précédé la ruée.

La nouvelle de la libération des Hébreux devait répandre, et a répandu, la terreur à l’ouest du Jourdain.

Comparons cette rébellion des esclaves hébreux d’Égypte à la rébellion de Spartacus contre l’Empire romain et nous comprendrons la nature de la vague de panique qui s’est répandue en Italie, amplifiée dans ce cas par la chute du pharaon hyksos.

Depuis notre position confortable, trois mille cinq cents ans plus tard, nous résumons cette nouvelle en disant que les esclaves égyptiens s’étaient rebellés contre le pharaon, qu’ils s’étaient vengés de la mort de leurs enfants et qu’ils avaient vaincu, sur les rives de la mer Rouge, les armées du seigneur du Nil. Ils avaient franchi le Sinaï et venaient à la conquête des terres du Jourdain, menés par un chef militaire qui ne connaissait pas la pitié. Leur message à toutes les cités- États situées à l’ouest du Jourdain était sans équivoque : fuir ou être détruit.

C’est ainsi que nous le voyons. Mais du point de vue de ces peuples de la Palestine biblique, les nouvelles étaient tout autres.

Comme s’il s’agissait des descendants de l’Atlantide disparue, un peuple était sorti des profondeurs de la mer. Ces enfants de l’océan avaient mis fin à l’ empire des pharaons hyksos et dirigeaient désormais leur conquête vers l’Est avec un seul objectif : détruire pour le plaisir de détruire. Car qui est celui qui vainc une armée impériale et, au lieu de s’emparer de son royaume, fait demi-tour ? Ils avaient traversé le Sinaï pour ravager, détruire et dévaster. Cette nouvelle sema la terreur dans l’ancienne Palestine.

Alors, la vague conquérante hébraïque se transforma en l’impact du rocher sur les eaux, et de ses profondeurs émergèrent les Philistins. Cependant, l’entrée en scène des Philistins ne se produirait qu’à la fin de la légende, lorsque les peuples asiatiques découvrirent enfin que les Hébreux n’étaient pas des monstres issus de l’Atlantide, mais des hommes comme les autres.

Récapitulons comment se présentait le monde cinq siècles après Abraham.

L’ effondrement de la dynastie de Nammu, la troisième dynastie d’Ur, laissa le sceptre de l’Empire à la disposition de l’aventurier le plus audacieux. Dans la ville de Larsa, son roi Gungunum se plaça à la tête des États mésopotamiens, sa figure dominant le dernier tiers du XIXe siècle.

 

Sa mort a donné des ailes aux rois d’Isin, qui ont vu échouer leur tentative de retrouver l’hégémonie perdue et ont dû subir la divinisation des fils de Gungunum. Une théocratie sui generis, si typique des âges mésopotamiens, qui allait finir par propulser au premier plan la Babylone d’Hammurabi.

Pendant un certain temps, toujours au XVIIIe siècle, l’Assyrie de Shamsi-Adad, la Larsa de Rim Sin et la Babylone d’Hammurabi se sont livrées à des guerres entre elles et contre le reste du monde pour l’Empire. À la moitié du siècle, Hammurabi imposa sa loi, et à nouveau, le Pays d’Éden se retrouva entre les mains d’un seul homme. Une domination impériale de courte durée, puisqu’en 1595, la dynastie d’Hammurabi prit fin et le pays retomba dans l’anarchie qui lui était si caractéristique.

L’ arrivée au pouvoir d’un nouveau peuple, les Kassites, nous permet d’élargir notre horizon et de percevoir sur la scène géopolitique l’existence d’un royaume puissant, le royaume hittite, qui, aux côtés des royaumes de Mitanni et d’Égypte, se partagera les rôles que jouaient jusqu’alors les cités-États.

Le détail qui retient notre attention et nous fait prendre conscience de l’importance de la conquête de la Terre Promise est attesté par le fait qu’aucun de ces trois royaumes n’a pu franchir les frontières tracées par Josué. En effet, les célèbres «Hapirus », ou Hébreux, se sont forgé la réputation d’adversaires redoutables aux frontières du royaume de Mitanni. Une situation qui allait changer avec l’avalanche philistine, qui non seulement fit voler en éclats les murs du royaume hittite et renversa les frontières du royaume disparu de Mitanni, mais fut également la première armée connue à se dresser face aux Hébreux dans l’espoir de remporter la victoire.

Les armées du célèbre roi assyrien Tiglath-Pileser Ier, bien qu’ elles aient atteint les côtes phéniciennes, n’osèrent pas non plus, ou ne parvinrent pas à franchir les limites de Josué. Ce n’est qu’au XIe siècle, une fois les royaumes classiques de cette seconde moitié du deuxième millénaire, que ces limites furent bafouées et que le peuple hébreu lui-même fut poussé au bord de la destruction par les mêmes destructeurs des Hittites. La volonté naturelle des Philistins de s’emparer du troisième royaume de l’époque, l’Égypte, devait passer par le cadavre des Hébreux. Une entreprise difficile à mener tant que le Dieu de Moïse était avec eux.

Si, en leur temps, les Hébreux avaient libéré les Égyptiens des Hyksos, ils allaient désormais les sauver des Philistins.

 

CONCORDANCE ENTRE LES ÉVÉNEMENTS DU PROCHE-ORIENT AU COURS DE LA DEUXIÈME MOITIÉ DU DEUXIÈME MILLÉNAIRE AV. J.-C., EN FAVEUR DE L’EXODE AU XVIe SIÈCLE AV. J.-C.

 

1750. Les Hyksos conquièrent Avaris

1595. Fin de la première dynastie de Babylone.

Murshilish Ier, petit-fils de Khattushilish Ier, détruit Alep et Babylone.

1573-1550 Les Égyptiens chassent les Hyksos

Exode et chute de Jéricho

 

La chronologie définitive de l’époque du Moyen-Orient en relation avec l’Histoire de la Bible nous permet d’envisager les événements sous un angle nouveau. Le démembrement de la chronologie archéologique visant à séparer l’histoire universelle de l’histoire divine a provoqué, à la fin du XIXe siècle après J.-C., un décalage des faits qui a conduit à situer l’Exode au XIIIe siècle avant J.-C.

L’ impossibilité d’harmoniser les événements relatés dans la Bible et notre connaissance de la civilisation et de la culture pharaoniques égyptiennes nous empêche d’accorder une importance historique à une chronologie officielle dont l’origine est antibiblique.

Le premier facteur qui invalide un tel décalage de la naissance de Moïse au XIIIe siècle avant J.-C. trouve sa clé maîtresse dans l’endogamie monolithique de la maison pharaonique. Croire qu’une dynastie impériale fondée sur l’endogamie fermée de la famille pharaonique aurait pu accueillir en son sein le fils d’une esclave, comme Moïse, revient à nier toutes les connaissances accumulées sur la mentalité de la dynastie pharaonique.

En vérité, il faut être profondément ancré dans l’anticatholicisme le plus féroce pour, à l’encontre de sa propre intelligence, se voiler la face et ignorer une telle barbarie.

Il serait vain de se lancer dans une reconstitution de la mentalité endogamique pharaonique que nous avons vue sous son aspect le plus brutal dans l’histoire de Cléopâtre VII.

Le racisme est un phénomène récent. Les peuples anciens ne connaissaient pas le racisme tel que nous le comprenons. Mais croire qu’un Hébreu, fils d’esclaves, ait pu être adopté, en plein XIIIe siècle av. J.-C., par la Maison pharaonique en tant que prince, c’est en vérité nous demander de nous couper la tête ou de nous défaire de notre cerveau.

Compte tenu de la nature endogamique pharaonique qui allait perdurer tout au long de l’ère ptolémaïque jusqu’à son dernier soubresaut avec Cléopâtre VII, ouvrir au Moïse de l’ Exode les portes de la cour du pharaon à l’époque des Ramsésides revient à revenir à cette demande de nous faire arracher le cerveau. Soit on nie toute réalité à l’histoire de ce héros biblique, soit on nie la chronologie officielle de l’Exode qui situe la traversée de la mer Rouge à un moment donné du XIIIe siècle.

Face à la mentalité pharaonique endogamique, il n’y a pas d’autre choix.

Un fait similaire, l’adoption d’un esclave par une princesse pharaonique, ne pouvait avoir lieu qu’à la cour des rois hyksos. Issus tous deux, l’Israélite hébreu et le peuple des Hyksos, de la même souche, deux branches du même phénotype asiatique mésopotamien, l’adoption par une princesse hyksos du fils d’une esclave israélite s’apparentait à celle d’une Espagnole adoptant un enfant français ou italien.

D’autre part, l’endogamie de la dynastie hyksos se limitait au caractère militaire typique de tout acte d’invasion et de conquête. Cette réaction du pouvoir hyksos face à la croissance de la population israélite n’a jamais été consignée, à aucune époque, comme propre à la cour égyptienne autochtone ; et il n’existe aucune trace d’une telle mesure, en général, et en particulier à l’encontre des Israélites, pour la simple raison qu’une telle barbarie n’était pas de mise chez les Égyptiens. Seule une cour non autochtone, celle des Hyksos, qui se sentait envahissante et craignait sans cesse que le coup d’État qu’ils avaient porté contre leurs hôtes, les Égyptiens, ne leur revienne comme un boomerang par la main des Israélites, pouvait donner son aval à une telle mesure génocidaire.

Ceci pour le premier point.

D’autre part, revenons au coup d’État que les Hyksos ont perpétré contre leurs hôtes, les Égyptiens, en 1750 av. J.-C.

De cette année-là, 1750, jusqu’à l’année de leur chute, vers 1550, à une décennie près, les Hyksos ont exercé deux siècles de domination absolue au cours desquels les Égyptiens se sont repliés vers le sud et, depuis le sud, ont attendu leur heure. Quel événement leur a permis, d’un seul coup, de se lancer à l’assaut d’un envahisseur qui, pendant deux siècles, avait imposé sa loi sur le Nil ? Les forces militaires égyptiennes, durant la période précédant la chute des Hyksos, nous apparaissent inexistantes.

Il y a aussi Jéricho, la ville fortifiée qui n’a pas pu résister au siège des trompettes de Josué. Les archéologues reconnaissent que c’est à cette date que ses remparts se sont effondrés… mais qu’ils l’ont fait à la suite d’un tremblement de terre.

Nous ne savons pas sur quelles données ils s’appuient pour affirmer que la région a subi un tremblement de terre. À moins que le tremblement de terre n’ait eu son épicentre exclusivement sous les pieds de Jéricho, il est probable que le préjugé anti-biblique ait aveuglé la pensée des pères de l’ archéologie du Proche-Orient ancien, et, bien qu’ils disposent de données concordantes dates, ancrés dans leur anti-bibliisme, ils ont refusé de mettre ces événements en relation les uns avec les autres.

Premièrement :

vers 1750, approximativement, le peuple qui n’a pas connu Joseph, les Hyksos, fait son entrée en Égypte.

Pendant encore deux siècles, jusqu’en 1550 environ — ce qui porte à quatre le nombre de siècles entre Joseph et Moïse —, les Hyksos dominent en maître l’Empire des pharaons.

Au cours de ce même siècle, le XVIe avant J.-C., les Hittites se réarment et se lancent à la conquête de la Syrie et de Babylone.

Sur le plan politique, le pharaon hyksos devait faire face à ce problème d’expansion de l’ empire hittite. En effet, une fois le pouvoir hyksos tombé, le pharaon égyptien noua des relations avec la nouvelle puissance du Nord.

Je veux dire par là que les Israélites étaient un peuple d’esclaves qui aurait pu être utilisé comme cheval de Troie par les Hittites. Un peuple d’esclaves aspirant à la liberté constitue toujours un danger interne prédisposé à la révolution, s’il bénéficie d’un soutien extérieur. Le pharaon hyksos ne pouvait pas se lancer dans la guerre contre le roi hittite en laissant derrière lui cette armée d’esclaves. Le décret ordonnant l’assassinat de tous les enfants hébreux venait enfoncer le doigt dans la plaie sanglante du fardeau de l’esclavage, tout en marquant toute insurrection du fer de l’extermination. En effet, les Hittites n’ont pas franchi la ligne rouge de l’influence hyksos sur les cités-États de la Palestine biblique.

Les Égyptiens restaient dans l’expectative. La montée en puissance des Hittites pouvait être utilisée par les Égyptiens contre le pouvoir des Hyksos. Prise en étau entre le Nord et le Sud, il restait au milieu une armée d’esclaves attendant un libérateur envoyé par leur Dieu pour les conduire vers la terre de leurs pères.

L’ infanticide de masse constituerait une bonne mesure politique pour tenir à distance cette armée d’esclaves forgés par le travail, du berceau à la tombe. On peut supposer, à en juger par le recul des Hittites et le silence des Égyptiens, que les Hyksos ont su contenir la menace et instaurer un nouvel équilibre des pouvoirs internationaux.

C’est précisément à ce moment-là, alors que les Hyksos étaient solidement installés sur leur trône, que, sans crier gare, surgit de nulle part cet enfant sauvé des eaux, au pire moment, se dirent les Hyksos, pour leur rendre la monnaie de leur pièce : la mort de tous les premiers-nés hyksos.

Dieu fit ce qui est naturel à Dieu lorsque Dieu veut se montrer comme Dieu : il précipita le trône des Hyksos dans l’abîme et rendit la cour à l’Égyptien.

C’est là que commence le problème. Jéricho est-elle tombée à la suite d’un tremblement de terre isolé dans l’espace, dont les ondes n’ont été ressenties que sur les remparts de Jéricho ?

La concordance chronologique ne saurait être plus solide.

Au XIXe-XXe siècle av. J.-C., environ, Joseph est vice-roi du pharaon.

Deux siècles plus tard, au XVIIIe, les Hyksos s’emparent du trône des pharaons.

Deux siècles plus tard, au XVIe, Moïse libère les Hébreux et passe le commandement à Josué.

Tandis que celui-ci entame la conquête de la Palestine, l’Égyptien retourne chez lui. Un cadeau du Ciel, une grâce du Dieu de Moïse.

Jéricho s'effondre vers 1550. La terreur s'empare de tous les royaumes de Palestine. Commence alors une restructuration du monde antique en vue de la venue du Rédempteur, dont les principaux acteurs seront David, Salomon, Nabuchodonosor et Cyrus le Grand, Alexandre le Grand et Octave Auguste.

Nous reviendrons sur cette concordance à une autre date

Mais dans ce domaine comme dans tant d’autres, il s’agit de ne raconter que quelques gouttes de l’océan. Sans aller plus loin, nous voyons comment les zones d’influence entre les Hyksos et les Hittites, établies à la suite de la conquête d’Alep et de Babylone par les Hittites, sont respectées par les Hébreux. Josué étend l’ expansion des tribus à l’intérieur de ce cadre géopolitique. En faisant du Jourdain une frontière nationale, Josué évite une confrontation directe avec un royaume hittite à l’apogée de sa puissance impériale. Il ne faut pas oublier que, dans l’art de la guerre sur les champs de bataille, l’Hébreu, qui sortait tout juste de quatre siècles d’isolement, était un guerrier inexpérimenté. Un affrontement direct avec le royaume hittite était la dernière chose que Josué pouvait se permettre.

Je veux dire par là que la structure géopolitique de la région et la conquête de la Palestine par les Hébreux coïncident dans le temps avec une précision qui ne laisse aucun doute pour situer cet Événement, de caractère et de valeur universels, au XVIe siècle av. J.-C. D’abord, Moïse provoque la chute de la dynastie hyksos en Égypte, et, par conséquent, la restauration de la dynastie pharaonique indigène ; ensuite Josué devient le point d’origine du séisme qui a fait s’effondrer les remparts de Jéricho et semé la terreur parmi les cités-États situées de ce côté du Jourdain.

Nous observons en outre que les Hittites ont respecté le cadre géopolitique établi après leur conquête d’Alep et de Babylone, une conquête qui a préparé aux Hébreux leur entrée en Terre Promise, et que nous considérons comme l’ action divine préparatoire à l’Exode. Il est absurde de croire, connaissant la soif d’ empire de la Babylone de cette époque, que si les Hittites n’avaient pas mis fin à son règne, Babylone serait restée les bras croisés face aux conséquences de l’Exode.

Si, au contraire, on veut nous faire croire à une simple coïncidence, notre réponse ne peut être que celle qui convient à celui qui s’est arraché les yeux de l’intelligence et ne voit dans les ténèbres que ce qu’il s’imagine voir. Le fait est qu’entre l’imagination subjective et la réalité objective s’érige un mur, d’un côté duquel se trouve l’ignorance et de l’autre, la folie. En ce siècle, les sciences historiques, tout comme l’ensemble des branches de l’Arbre des sciences, devront choisir de quel côté elles se situent ; en fonction de cette décision, les mesures correspondantes et nécessaires seront prises pour placer cet Arbre dans le Jardin qui lui appartient par nature : le Jardin de la Vérité.

 

25

Juges.

 

Avec l’ installation en Terre Promise, les maux de la sédentarité ancestrale sont apparus au sein des tribus hébraïques. « Raconte-moi encore une fois, grand-père. » Les Écritures sacrées, toujours les Écritures sacrées !

« Demande-le aux anciens et ils te le diront. » « Écoute, Israël… »

Avec le temps, les oreilles se sont lassées d’entendre la même histoire racontée mille fois.

Oui, c’est ça. On en a assez. Adam et la pomme interdite, Noé et le Déluge, Abraham et Isaac, Joseph et ses frères…

Les générations hébraïques futures se sont adaptées à ce qui existait, à leurs voisins, au progrès. À chaque fois qu’elles le faisaient, tout allait de travers pour elles. L’ exception de Moïse. Mais elles n’apprenaient pas.

Alors, lorsque cette foi qui déplaçait des montagnes est arrivée sur le ring de Goliath, à vrai dire, elle ne déplaçait plus rien, pas même des jambes paralysées par la peur, clouées au sol, vivant leurs dernières heures de vie, de liberté dans le meilleur des cas.

La manière dont les Philistins traitaient les vaincus faisait froid dans le dos à tout le monde. Et pour couronner le tout, ce Goliath qui se pavanait. La mort ou l’esclavage, ou bien avaient-ils déjà oublié le moment où ils avaient tous été chassés de leur terre au cri de « Fuyez ou mourez » ?

C’est là que le pharaon s’est trompé. « Le chien mort, la rage a pris fin », se moqua Goliath en leur lançant ce regard.

 

CHAPITRE 5

 

26.

David.

 

Est-ce qu’un homme allait parler à Josué comme Goliath l’avait fait à Saül ? Les habitants de Jéricho se sont cachés derrière des murs hauts et épais comme la Grande Muraille de Chine. À quoi ça leur a-t-il servi ? Combien de temps disaient-ils pouvoir résister ? Jusqu’à ce que ceux qui tétent aient de la barbe ? Ha ha ha.

Dieu n’a-t-il pas accompli un miracle en les faisant sortir d’Égypte ? Pourquoi n’en ferait-il pas un autre aujourd’hui ?

« Te sauver la vie, par exemple », croassa Goliath lorsqu’il découvrit la taille de celui qui avait lâché ces bêtises dignes d’un petit enfant.

Ils avaient choisi comme prétendant au titre un gamin dégingandé, une vraie balayeuse qui sautillait entre le géant et la première ligne ennemie. N’était-ce pas à mourir de rire ? Jo jo jo.

« Tais-toi, chien païen. Tu ne sais rien. Tu es aussi bête que tu es immense. Dieu va accomplir une œuvre aussi grande que celle-là. Ceux qui l’entendront n’y croiront pas. Ils se diront les uns aux autres : « Tu as entendu la dernière blague hébraïque ? : Un petit berger de trois ans et demi promène son troupeau dans la montagne quand il tombe nez à nez avec un géant armé comme un Hercule ressuscité, mesurant au moins trois mètres. Affamé, le géant s’empare d’un mouton bien dodu. Le petit berger le surprend en flagrant délit. Que crois-tu que le petit berger a dit au géant ?

C’est là que ça devient incroyable. Toi non plus, tu ne vas pas le croire.

Le petit berger était un lion ensorcelé par un sorcier. Il ne parlait pas, il rugissait. Il ne rugissait pas comme un petit lionceau, il rugissait comme le roi de la jungle en personne.

Le petit berger ensorcelé continua à tourner en rond autour du géant de fer au rythme des tambours de guerre. Au-dessus de sa tête, une fronde avec sa pierre tournait à une vitesse vertigineuse. Les ennemis ont fait aboyer leur chien de combat et ont reculé lorsque le sorcier s’est précipité vers la ligne de front philistine, leur enfonçant dans le cerveau ce rugissement ensorcelé qui leur déchirait les sens.

Désespéré, lassé de voir ce clown danser comme une stupide marionnette, Goliath commet l’erreur impardonnable d’arracher son casque et de l’écraser contre le sol.

Il allait parler, il voulait dire quelque chose, il a ouvert la bouche pour parler. Mais il n’a pas eu le temps d’en dire plus. Le nain a lancé le projectile. Bingo. En plein dans le mille. Entre les yeux. Un coup fulgurant. Le géant s’est effondré en arrière comme un sac de pommes de terre.

« Voilà ce que fera le fils d’Adam au Diable. Regardez bien, guerriers. Il lèvera son épée et lui tranchera la tête d’un seul coup », s’écria David, triomphant.

Un petit berger tout à fait ordinaire a affronté ce grande gueule et lui a tranché la tête d’un coup. N’est-ce pas drôle ?

 

27.

La cour du roi prophète.

 

Saül a régné de 1025 à 1010. David de 1010 à 955.

Le couronnement de Saül nous ouvre les yeux sur l’anarchie dans laquelle les Philistins avaient plongé le monde . Hittites, Mitanni, Assyriens, Babyloniens, simples ombres de ce qu’ils avaient été, l’avenir de la civilisation était désormais entre les mains des Hébreux. Eux non plus n’auraient pas pu résister à leur effondrement sans l’intervention du Dieu de David, véritable artisan de la victoire hébraïque face aux armées que l’Enfer avait levées dans sa guerre particulière contre le Ciel. Mais ne nous attardons pas sur ce qui relève de l’Histoire divine.

Au cours de son règne, David apprit ce qui s’était passé dans l’Éden. Dieu lui révéla également son Plan de salut universel.

Voyant en esprit l’issue de la bataille entre le Fils de Dieu et le Diable, le roi David s’est réjoui. Il n’était toutefois pas du genre à se confesser tous les jours, et comme il vivait dans le plus grand secret et que son Dieu le plaçait entre ceux qui voulaient le tuer et ceux qui le recherchaient pour lui ôter la vie, David garda pour lui tout ce qu’il avait appris, et publia ce que son Dieu lui avait inspiré pour qu’on le lise.

L’idée du roi Messie s’imprégna rapidement dans l’esprit guerrier des jeunes. Et elle ne cessa de grandir jusqu’à trouver en Absalom son prince vaillant.

Absalom ne pouvait ni ne voulait permettre que le parti de Salomon profite de la vieillesse du roi pour obtenir l’octroi des droits de primogéniture à la marionnette qu’ils s’étaient créée. Il s’imposa donc comme priorité absolue de tuer Salomon.

 

28.

Salomon.

 

« La première pensée n’est pas toujours la dernière ; au contraire, elle est presque toujours le premier maillon d’une chaîne d’événements.

La sagesse n’exige jamais la vieillesse comme condition sine qua non pour se laisser atteindre.

 

Le dernier mot n’appartient pas au plus âgé, mais au plus sage. Mais même les sages se méfient de la toute-puissance de leur raison.

Le sage place sa pensée en Dieu, et tire sa force de Sa volonté.

La pensée de l’homme est une brume dans les ténèbres ; l’esprit de la Sagesse est celui qui anime l’intelligence et l’élève jusqu’à la réponse de celui qui connaît toutes choses parce que Dieu les lui a révélées.

Dieu dit et Dieu fait ; c’est là que l’homme trouve le principe de son intelligence. »

Salomon a grandi sous une pluie de paroles de ce genre. À la cour de son père, Dieu avait répandu son esprit. Le prophète Nathan, par exemple, entrait et sortait du palais du roi le plus gardé du monde comme s’il s’agissait de sa propre maison. La vérité est que si Nathan s’était tu, personne n’aurait découvert le crime si grave que David commit en tuant le mari pour s’emparer de la veuve.

Nathan se présentait au palais comme s’il s’agissait de Moïse lui-même entrant dans la salle du trône d’Égypte. Il n’y avait au monde aucun homme capable de franchir sans autorisation les sept remparts de guerriers invincibles qui protégeaient le roi de Jérusalem. Entrer en pleine salle du trône d’Israël en tant que persona non grata ? Comment, où et quand ?

Submergé par le vertige que lui procurait la prise de conscience de son crime, Nathan faisait irruption dans la maison du roi comme un fils entre dans la maison de son père. L’homme qui avait à ses ordres les plus belles femmes de l’univers s’était laissé emporter par la passion la plus juvénile et l’avait poussée jusqu’à ses dernières conséquences.

Le fait de tuer un homme pour le voler est un crime suffisant pour payer vie pour vie ; le vol de la femme de son prochain au prix du sang de son frère, qu’en est-il ? » demanda Nathan au roi des prophètes.

Le roi avait d’autant plus péché qu’ayant été oint par Dieu, il rendait plus difficile à Dieu de se venger du sang versé. David avait-il piégé Dieu dans le dilemme de Satan ? Dieu condamnerait-il tout le peuple pour le péché d’ un seul homme ?

Quel homme de la cour du roi David aurait osé se lever en tant que prophète devant le roi prophète s’il n’avait pas été son propre fils ? Quel prophète David aurait-il accepté pour lui adresser la parole, si ce n’est un fils né de ses entrailles ?

Son Dieu, qui l’aimait tant et le connaissait si bien, lui a tiré de sa cuisse un fils né pour lui lier la langue.

 

29.

La naissance du judaïsme.

 

« C’est Lui qui donne les ordres, mon fils », disait Salomon à son fils Roboam. Ses armées se mettent en marche à la voix de sa Parole. Aucun chef de son peuple ne doit s’arroger les compétences du Seigneur des armées ; Il n’est jamais absent. Il ne laisse pas ses armées seules face à la défaite. Il sait quand et comment. Le Roi veille à la paix et au bien de son peuple ; le peuple du Seigneur Dieu est toute sa création . Dans son omniscience, Il dirige le cours de l’histoire des nations. La victoire Lui appartient ; Il choisit les chefs de son peuple dès le sein de leurs mères. Sois sage, mon fils. »

Ce que le vent emporta !

À l’insu de son père, Roboam se convertit au judaïsme.

La tribu de Juda s’était liguée pour inaugurer l’ère messianique le lendemain de la mort de Salomon ; après la mort de Salomon, les autres tribus accepteraient le fait accompli et se joindraient au projet.

« Mon fils, ne te laisse pas flatter par ceux qui s’assoient à la table du roi, car ce sont leurs intérêts qui s’expriment par leur bouche, et non la sagesse de Dieu.

À quoi sert un anneau d’or au museau d’un cochon ? La cupidité ne sera-t-elle pas la ruine de l’ avare ? »

Quel père aurait-il été s’il avait eu un bon fils !

Derrière les limites salomoniennes, le crocodile du Nil était à l’affût. De l’autre côté des grands fleuves, l’ours assyrien commençait à sortir de sa léthargie.

« Ne sois pas fou, mon fils… »

Des paroles de sage à des oreilles d’âne !

À la mort du roi sage, le crocodile du Nil envahit Jérusalem, arracha les pierres d’argent de ses rues, démantela les tuiles d’or de ses palais, l’ ivoire de ses coupoles, et laissa derrière lui le fils du roi sage pleurant comme une femme ce qu’il n’avait pas su défendre comme un homme. Cela s’est passé vers 930 environ.

Mais rappelons-nous :

La véritable rupture déterminante d’une aliénation du Juif face à l’Hébreu a trouvé son origine immédiatement après la mort du roi Salomon. Si nous considérons les Hébreux comme un seul et même peuple, fruit de la descendance d’ Abraham, alors nous devons dire que la rupture entre les Juifs et les Galiléens-Hébreux a déclenché un processus de schizophrénie violente et incurable, dont l’évolution pathologique ne pouvait aboutir qu’à la destruction du corps national. En effet, en 722, Sargon II détruit le royaume d’Israël, c’est-à-dire la Galilée et la Samarie, et en 607, Nabuchodonosor fait de même avec le royaume de Juda.

Même Dieu, pouvons-nous l’affirmer, ne peut rien faire lorsque la folie est livrée à ses propres forces. Cependant, plutôt que de nous livrer à une satire sur des processus qui relèvent de la littérature, ce qui nous intéresse ici, c’est de comprendre pourquoi les Hébreux de David et de Salomon ont rompu le Pacte d’unité entre les tribus d’Israël, provoquant ainsi le début de la fin des Hébreux en tant que nation et peuple, qui ne reviendraient plus jamais sur le devant de la scène, leur place étant désormais occupée par les Juifs.

À la suite de la lecture des livres historiques de la Bible, on constate que le choc des forces entre Juda et le reste des tribus d’Israël est survenu à la suite de la même erreur qui a poussé Caïn à tuer son frère Abel. Caïn s’est laissé emporter par le désir de vengeance et de restauration du destin divin de son père Adam. Et puisque que le seul qui s’interposait entre Dieu et son désir était son frère Abel, la réponse était évidente : une fois Abel mort, Dieu ayant décidé que l’un des fils d’Adam vengerait sa Chute et hériterait de sa Gloire perdue, une fois Abel mort et Adam n’ayant plus d’autres enfants, Caïn obligeait Dieu à l’oindre comme son champion et héritier de la couronne perdue d’Adam.

L’erreur de Caïn résidait dans ses muscles. Il ne pensait pas avec sa tête, mais avec ses pieds. Il ne voyait pas Dieu tel que Dieu se voit lui-même. Et à partir de cette erreur, voyant Dieu comme un homme regarde un autre homme, il crut que sa pensée et celle de Dieu avaient le même but et le même principe.

Dans le cas juif, l’erreur suivait le même schéma de raisonnement. Dieu avait promis à un fils de David le royaume universel et éternel (puisque nous sommes citoyens de la civilisation chrétienne et que nous connaissons l’existence des Psaumes de David, je n’ai pas besoin de rappeler ici le maremagnum de prophéties à ce sujet).

Une fois cette promesse transposée dans la mentalité de l’époque de Salomon, la prophétie revenait à dire que Dieu avait promis l’Empire aux Juifs.

Amen, Alléluia, Dieu est grand.

Le prochain empire à déployer son drapeau sur la Mésopotamie, et de là jusqu’aux confins de la Terre : ce serait l’empire des Juifs. La logique des faits le confirmait. Sous David, les Hébreux avaient levé la plus grande armée de l’époque. Sous Salomon, le royaume des Juifs avait amassé ce qui est le plus nécessaire pour mener une guerre de conquête : de l’or et de l’argent en quantités infinies. L’héritier de cette armée et de ce trésor serait le roi Messie, l’héritier de la promesse du royaume universel, dont la descendance s’ érerait en dynastie jusqu’à la fin du monde, et dont le royaume s’étendrait sur la surface de toute la Terre.

Jéroboam n’avait qu’à suivre ce raisonnement logique pour déclencher la guerre pour l’ Empire, faire sortir les armées de leurs casernes, les déployer sur l’Égypte, l’Assyrie, Babylone, la Phénicie, et ses fils se chargeraient de la Crète, de Chypre, de la Grèce, de l’Italie, de la Libye, de la Médie, de la Perse, et ses petits-fils de l’Inde, de la Scythie, de l’Ibérie, de l’Abyssinie, de l’Arabie… Le rêve de l’Empire des Juifs qui, encore de nos jours, résonne dans l’esprit d’une poignée de fous à la manière de Jéroboam, et dont, comme on le voit sur le Web lui-même, la schizophrénie paranoïaque belliciste est identique à celle qui avait provoqué la scission des Douze Tribus, ne laissant que celles de Juda et de Benjamin avec leur rêve de domination universelle.

La Galilée, qui faisait alors partie du royaume de Salomon, comprit que Juda, c’est-à-dire les Juifs, après la mort du roi Salomon, avait perdu la raison et commettait la même erreur que Caïn : ne pas voir Dieu tel qu’il est, et tomber dans l’ erreur de croire que c’est Dieu qui est au service de l’homme, que Dieu est là pour faire la volonté de l’homme. Le très grand roi Salomon, doté de toute la sagesse et de toute la force, n’aurait-il pas pu prendre les devants s’il avait considéré que la prophétie se rapportait à lui, fils de David ?

Pour mettre fin au processus de destruction du peuple hébreu, il aurait suffi que Jéroboam suive le conseil des anciens. Mais le conseil des Juifs lui parut meilleur ; lui-même avait été élevé dans cette tradition, et, trébuchant sur la pierre de Caïn, il leva le bras contre Abel, croyant que la crainte de la destruction que la division ferait planer à l’horizon obligerait tous les Hébreux à accepter la politique du fait accompli qu’il prétendait leur imposer. Une erreur qui allait coûter aux uns comme aux autres de finir comme ils finirent.

Comme les Juifs imputaient leur sort aux autres tribus d’Israël, leurs relations futures avec celles-ci furent marquées par la haine jusqu’à la chute de Jérusalem. Les tribus du royaume d’Israël leur rendirent la pareille sous la forme de guerres constantes et incessantes. Pendant trois longs siècles, les Juifs et les Hébreux eurent le temps d’ériger entre eux un mur d’inimitié tel qu’il ne disparaîtrait plus jamais de la structure mentale juive ; c’est depuis ce côté de la haine que les Juifs regardèrent avec le mépris qu’il méritait un Hébreu – pour avoir été galiléen – le Jésus de notre Histoire divine. Un crachat au visage pour avoir été galiléen, dont, bien sûr, saint Pierre n’a pas été épargné et qu’il a subi jusqu’à la fin de ses jours. Et ceci alors même que ce saint Pierre est le même que notre Jésus issu de la lignée de David, c’est-à-dire plus juif par le sang que Jérusalem elle-même.

 

30

La chute de Samarie la Blanche.

 

Si le royaume du Nord se réjouit de voir Jérusalem pillée, Samarie ne tardera pas à payer le prix de la division du royaume de David aux mains du roi de Ninive. Ce qui arriva en 721. Mais voyons d’abord comment Ninive put s’élever à une telle hauteur au-dessus des cités classiques de l’âge du bronze et de l’âge du fer.

Le royaume mitanni disparut de la scène géopolitique en 1350 à la suite du mouvement de tenaille entre les Hittites et les Assyriens.

Pour mieux comprendre, disons que les Hittites régnaient sur la Turquie occidentale ; les Mitanniens sur le nord de la Syrie, et les Assyriens sur le nord de l’Irak.

La destruction de Mitanni survint à un mauvais moment. Peu après, les Philistins — peut-être les Grecs de l’Antiquité qui, après s’être abattus sur l’empire de Troie, poursuivirent leur route vers le sud — renversèrent le royaume hittite et freinèrent l’expansion assyrienne vers l’Ouest.

Dans un paragraphe précédent, nous avions laissé les Kassites régner sur les ruines de l’empire de Hammurabi. Les Kassites et les Assyriens étant en guerre, le contrôle de la région au sud d’ Éden échappa peu à peu à Babylone, jusqu’à ce qu’en 1310, environ, les anciens Perses — les Élamites — obtiennent leur indépendance et se mettent au même niveau que leurs voisins.

Après avoir conquis Babylone, l’Assyrien Tukulti-Ninurta Ier étendit son pouvoir vers l’Élam, mais de manière sporadique seulement, car vers 1215, Suse devint indépendante et s’imposa comme une puissance militaire. Son roi profita alors des circonstances liées à l’arrivée des Philistins pour arracher à Ninive le contrôle de Babylone, qui tomba en 1159 et entraîna dans sa chute le dernier roi des Kassites.

Une fois la guerre déclenchée entre Assyriens et Élamites pour le contrôle de l’ancien royaume chassidique, l’ issue prit une tournure inattendue lorsqu’un certain Nabuchodonosor Ier s’imposa comme roi de Babylone et libéra son pays des deux ennemis traditionnels de sa nation. Ce qui s’est produit en 1110. Et il a maintenu le conflit entre Babyloniens et Assyriens dans une guerre d’usure qui aboutit finalement à l’hégémonie de Ninive. Une hégémonie relative, sans autre force dans la structure géopolitique imposée par l’ invasion des Philistins que celle de maintenir vivantes à Ninive ses aspirations impérialistes. Aspirations qui, si elles furent d’abord freinées par les barbares de l’ Ouest, furent ensuite contenues à l’intérieur des frontières de l’Irak actuel grâce à l’ expansion du royaume de Salomon à travers tout le Proche-Orient.

Lorsque le royaume salomonique s’est divisé et que toute l’infrastructure sur laquelle le roi sage avait bâti sa paix internationale s’est effondrée, Ninive a profité du vide de pouvoir à l’ouest du Jourdain pour créer son empire.

Si, au début, Adad-Nirari Ier dirigea ses armées contre Babylone, ses successeurs, conscients du gaspillage d’efforts qu’ils commettaient, ouvrirent un front au nord, conquérant la Mésopotamie. Ce changement de cap, sous Salmanasar III, fixa son objectif vers l’ouest, où la division du royaume de Salomon avait laissé la Syrie à la merci de son armée. Son entrée de ce côté du Jourdain ne se produisit qu’ après un processus de déstabilisation interne. Ce dernier, mené à bien par le légendaire Tiglath-Pileser III, envahit Babylone, la soumet, puis tourne son regard vers l’Ouest, où parviennent les armées de Ninive sous Salmanasar V.

La rencontre avec le royaume d’Israël réduisit en ruines la fierté des Israélites, Samarie la Blanche, comme on l’appelait. Cela se passa en l’an 721.

 

31

La chute de Jérusalem la Sainte.

 

Or, nous ne savons pas si le royaume des Juifs s’est réjoui en apprenant la nouvelle de la destruction du royaume de ses frères. Ce que nous savons, en revanche, c’est qu’une fois le décret contre la division du royaume prononcé, Jérusalem ne pouvait échapper au même sort que sa sœur Samarie.

Ce ne furent pas cette fois-ci les Assyriens, mais les Chaldéens de Babylone, destructeurs de Ninive, qui infligèrent ce châtiment à Jérusalem.

Les événements généraux se sont déroulés comme suit :

Les rois de Ninive étendirent leur empire vers le nord et vers le sud, conquérant la Mésopotamie et la Babylonie.

Salmanasar III, Adad-Nirari III, Tiglath-Pileser III et Sargon II, Sennachérib et Assurbanipal, leurs rois les plus célèbres, la haine qu’ils semèrent au nord et au sud de l’Éden s’est retournée contre eux lorsque Nabopolassar, père de Nabuchodonosor II, roi de Babylone, et Cyaxare, père de Fraortes II, roi d’Ecbatane, capitale de la Médie, s’unirent pour renverser le roi de Ninive, objectif qu’ils atteignirent en 612.

Le partage du monde opéré par les Mèdes et les Babyloniens laissa les terres de l’ Ouest aux mains de Babylone. Lorsqu’il monta sur le trône, le fils de Nabopolassar, Nabuchodonosor II, traversa le Jourdain et détruisit Jérusalem en 587. Tous ces événements sont décrits dans l’Ancien Testament.

Une fois Jérusalem et Samarie détruites, le décret divin : « Tout royaume divisé en lui-même sera détruit », s’est accompli, leur sort servant d’exemple à tout royaume qui, à l’avenir, tenterait d’échapper à son destin.

 

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Le Malin.

 

L’ Ancien Serpent bondissait de joie entre les murs de son silence lorsque Jérusalem tomba.

Dans quel esprit peut-on imaginer que Dieu ait besoin de lunettes à rayons X pour radiographier d’un seul regard l’intérieur de, Seigneur !, ses propres créatures ?

La chute de Jérusalem fit le jeu de ceux qui prônaient la destruction de l’ Homme et croyaient que le Messie des prophéties avait d’avance tout perdu. Dieu devait enfin accepter la réalité : en créant l’homme, les choses lui avaient échappé. Le genre humain ne franchirait plus jamais la frontière entre les bêtes et les enfants de Dieu ; il manifestait une tendance instinctive si logique à son espèce que la simple idée de voir le fils d’un homme défier en duel à mort Satan aurait pu être prise pour une offense si ce n’était le ridicule de l’ idée.

 

33

Les trois colonnes du monde.

 

À cette époque, dans la Babylone des Chaldéens, cinq siècles avant la Naissance, vivaient trois enfants prodigieux.

Le premier était destiné à devenir prophète et à laisser le monde entier bouche bée. Ses parents l’appelèrent Daniel, mais Nabuchodonosor lui donna un autre nom.

La doctrine messianique de Daniel fit taire les rires des juifs orthodoxes qui continuaient à croire à l’avènement immédiat du Messie. Selon Daniel, le prophète-magicien, la prophétie s’étendait sur une longue période, même cinq siècles après avoir été écrite par le roi David.

 

34

Zorobabel.

 

Le deuxième enfant était né pour prendre la tête de la caravane de la liberté, conduire son peuple vers la Patrie perdue, faire renaître Jérusalem des cendres de l’Histoire et ériger un temple à la Sagesse. Ses amis l’appelaient Zoro, mais le roi de Babylone l’appelait autrement. Zoro était le prince héritier de la couronne de

 

CHAPITRE 6

 

35

Cyrus le Grand.

 

Le troisième enfant s’appelait Cyrus. Ce Cyrus était le fils de la princesse mède mariée, selon Hérodote, au prince des Perses. Hérodote n’a pas pu résoudre l’énigme de l’ origine de Cyrus en raison de son manque de connaissances sur les structures de succession des monarchies mésopotamiennes.

Grâce à notre connaissance actuelle des structures de pouvoir classiques de l’ère préchrétienne, nous sommes en mesure de reconstituer l’architecture des relations internationales typiques de l’époque néo-babylonienne.

La vérité qui brille au bout du tunnel nous éclaire le chemin vers la découverte des mécanismes impériaux qui ont dû être mis en place pour porter sur le trône impérial le prince Cyrus.

L’épouse de Nabuchodonosor était la fille de Cyaxare, roi des Mèdes. Ce Cyaxare était l’allié de Nabopolassar, père du prince Nabuchodonosor.

Ciaxare et Nabopolassar enfermèrent le roi de Ninive dans son palais et l’ensevelirent sous les décombres de son empire. Pour célébrer cette grande victoire, ils marièrent leurs enfants. Ciaxare donna sa fille au fils du roi des Chaldéens ; et celui-ci donna son fils à la fille du roi des Mèdes.

Le frère de l’épouse de Nabuchodonosor hérita du trône de Médie et maria sa fille au prince de Perse, père de Cyrus. Ciaxares était donc, selon cette tradition, l’ arrière-grand-père maternel de Cyrus, et Nabuchodonosor son grand-oncle – le grand-oncle de la mère est le grand-oncle pour ses enfants.

Si Nabuchodonosor était le gendre de Cyaxare, Fraortes et lui étaient cousins. Et s’il était cousin du fils de Cyaxare, Nabuchodonosor était l’oncle par la mère de Cyrus.

Conclusion : Cyrus était le petit-neveu du roi de Babylone et le petit-fils du roi de Médie.

Un jeu de probabilités gordiennes de cette nature a conduit Charles Quint sur le trône d’ Allemagne.

Un prince perse pouvait aspirer à réunir entre ses mains les trois couronnes « quand les poules pondront des chiots », disait le proverbe populaire babylonien.

Il fallait que de nombreux calculs coïncident pour que cette possibilité prenne forme. Ou bien il pouvait arriver qu’il soit invité à prendre part à un projet d’unification du monde sous une couronne unique et…

Résumons :

À la lumière des conclusions qui ont été tirées à partir des traductions des bibliothèques mises au jour au Moyen-Orient préchrétien, nous pouvons reconstituer la véritable structure des relations internationales qui ont permis à Cyrus le Persan de conquérir un empire.

Les Histoires d’Hérodote, sans pour autant leur ôter leur valeur, ont été écrites dans l’ ignorance de l’importance de l’élément biblique dans le déroulement des événements mondiaux de l’époque. Il est dans une certaine mesure amusant de voir comment ceux qui se sont eux-mêmes qualifiés d’historiens, aveuglés par leur haine antisémite et leurs préjugés anticatholiques, ont été incapables de percer à jour le voile de fables qu’Hérodote a recueillies comme norme de vérité et transmises à la postérité, enveloppées dans le tissu doré de l’Antiquité classique. N’étant pas un historien de notre époque, mais simplement un écrivain de son temps, on ne peut demander à l’auteur des Histoires autre chose que de refléter dans ses écrits l’ignorance qui régnait à son époque sur les choses du passé. Au regard de notre connaissance du pouvoir et de l’Histoire, il faut le dire, à ce stade, il faudrait être un véritable imbécile pour croire que le général en chef des forces militaires du royaume de Médie a remis la couronne d’Ecbatane au roi de Perse simplement pour son beau visage, celui de Cyrus, alors que ce royaume n’était jusqu’alors qu’un acteur de second plan dans le jeu politique.

Et à la lumière des connaissances dont nous disposons aujourd’hui, il faut être bien plus qu’un imbécile pour croire que le roi de Babylone, la superpuissance de l’époque, soit resté en marge du cortège triomphal du Persan, son inaction lui faisant ainsi céder l’Empire à celui qui n’était jusqu’alors que son vassal, simplement pour le beau visage de Cyrus. Dans un monde où le fer faisait loi et où la force détenait la vérité, les sottises qu’ Érodote a pu écrire sur l’ascension au pouvoir de Cyrus ne pouvaient trouver leur place que dans l’esprit d’un berger analphabète, ce qui, en fin de compte, à bien y réfléchir, représentait l’ immense majorité du monde : un peuple analphabète, dont l’analphabétisme concernait davantage à la connaissance des lois du pouvoir qu’à celle des lettres composant l’ alphabet. C’est en comptant sur cet analphabétisme du peuple concernant les lois du pouvoir qu’Hérodote écrivit cette série de sottises qu’il appela, en ce qui concerne Cyrus, les « Histoires ».

Ce sont les faits qui apportent leur témoignage et effacent l’inscription sur le mur, gravée dans notre mémoire par des sages de l’envergure d’Hérodote. Nous savons avec certitude qu’à l’époque de Nabonide, les villes impériales situées aux frontières du royaume de Babylone des Chaldéens étaient entre les mains d’ officiers juifs. Tout historien professionnel peut confirmer cette information qui, si elle est énoncée par un amoureux de la vérité, n’est qu’une simple supposition, mais qui, entre les mains d’un mercenaire de l’information historique, sonne comme une vérité établie.

Mais ce qui est tout à fait incroyable, c’est que ces mercenaires au service du Pouvoir n’aient jamais consacré une seule ligne à ce phénomène si singulier qui se présente sous nos yeux lorsque l’on découvre qu’un peuple d’esclaves s’est révolté jusqu’à détenir les clés du royaume de son maître et seigneur.

Le responsable de cette situation si atypique et phénoménologique était, sans l’ombre d’un doute, le prophète Daniel, chef du Conseil privé de Nabuchodonosor. Mais ce qui me fascine personnellement, c’est de voir comment les experts en structure impériale, le peuple britannique, bien qu’ils aient été parmi les artisans de la mise au jour des bibliothèques de l’Ancien Moyen-Orient, ces experts en structure impériale se soient comportés comme des bergers illettrés face à ce qu’est un empire et à la série de forces structurelles qui le font fonctionner, eux qui avaient entre leurs mains l’un des plus grands empires que la Terre ait jamais connus. Cela ressemble donc à une farce, que ce soient précisément les impérialistes par excellence, le peuple britannique, face à la série d’absurdités d’Hérodote sur l’ascension de Cyrus le Persan, qui aient réagi comme le berger de la fable.

Le fait que les armées aux frontières du royaume des Chaldéens fussent entre les mains de généraux juifs ne s’explique qu’à la lumière de la Bible. En la conciliant avec la Vraie Histoire du royaume des Chaldéens, on constate que le coup d’État qui a porté Nabonide au pouvoir a eu lieu immédiatement après l’orgie de Balthazar, coup d’État mené par Daniel, prophète et chef des mages de Babylone, coup d’État qui se préparait depuis un certain temps et dont le célèbre récit de l’écriture sur le mur a servi de signal de départ.

On constate dans l’histoire du royaume de Nabonide que celui-ci délégua toutes les fonctions impériales à sa cour, se consacrant lui-même, en tant que roi fantoche, à la mise au jour de cités perdues dans le désert. C’est sous cette cour, dominée par le chef du Conseil privé de Nabuchodonosor, que ceux qui étaient jusqu’alors des esclaves se hisseraient à la tête des armées des frontières, qui leur ouvriraient plus tard les portes à Cyrus, une conquête pacifique que le nouveau roi de Babylone paierait, non pas avec de l’or, mais avec la liberté, comme le montre bien le très célèbre, mais méconnu au niveau historique international, l’édit de liberté religieuse de Cyrus, dont je traduirai le contenu tout au long de cette section.

 

Chroniques mèdes

 

Observons comment la haine antisémite des historiens de l’époque moderne et leur fanatisme anti-ecclésiastique ont altéré leur intelligence au point de les rendre aveugles face à l’incroyable fait que le général en chef de la deuxième superpuissance de l’époque, la Médie, ait remis la couronne de son roi et seigneur à un prince vassal, et ce sans qu’une seule bataille n’ait eu lieu, se contentant de dire : « Amen ».

Ce serait la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’une armée supérieure se rende à une autre, inférieure, simplement parce que l’ennemi assaillant avait un beau visage, en l’occurrence Cyrus le Persan.

Hérodote, étant ce qu’il était, un homme de son temps, en aucun cas un historien de notre époque, s’est contenté d’écrire la série d’absurdités qui circulaient à son époque sur l’ascension d’un prince de second rang au sommet de l’empire, phénomène inexplicable que seul un regard mythique permettait au peuple de comprendre, et que lui, simple écrivain, s’est contenté de recréer des années après les faits, démontrant ainsi qu’il avait peu de l’étoffe d’un historien et beaucoup de ce qu’il était, à savoir un écrivain.

Il était impossible qu’un prince de Perse, Cyrus, n’ait pas été soumis à la vassalité à la cour de Babylone. Rappelons qu’après le partage du monde par Cyaxare et Nabopolassar, à la suite de la destruction de l’empire de Ninive, la Perse fut reléguée à ce qu’elle avait toujours été, une puissance obscure, à cette différence près que cette fois-ci, au nord et à l’ouest, deux royaumes puissants s’étaient élevés, face auxquels le prince de Suse n’avait d’autre choix que la vassalité.

Il est vrai que, par accord, Cyaxare soumit la Perse à l’influence de son sceptre et que Nabopolassar céda cette influence en échange de la frontière occidentale, plus riche et nécessitant davantage son attention si l’on considère que de l’autre côté du Jourdain et à l’ouest du Sinaï se trouvait l’Égypte. Mais il n’en reste pas moins vrai que la Mède et son roi avaient à leur frontière occidentale un autre ennemi potentiel de grande envergure : les peuples hellénistiques.

La Perse se retrouva reléguée aux confins de l’empire, en théorie dépendante du roi de Mède mais, dans la pratique, exposée à la cour du roi de Babylone. Si l’indépendance de la Perse est respectée, c’est grâce à un accord entre vainqueurs qui sert de symbole d’amitié perpétuelle entre Ecbatane et Babylone. Tout soulèvement militaire en faveur de l’indépendance réelle de Suse pouvait être écrasé à tout moment, tant par les Chaldéens que par les Mèdes. C’est pourquoi, si Ecbatane cherchait à s’allier avec Suse pour maintenir la frontière fermée face à Babylone, Suse cherchait à s’allier avec Babylone afin de préserver son autonomie face à Ecbatane, ce qui se scellait, comme il était d’usage à l’époque, par la remise, en qualité d’« hôte-otage », d’un héritier de la couronne, en l’ occurrence Cyrus.

Nous avons donc qu’Astiage le Gros, héritier de Ciaxare et roi d’Ecbatane, marie l’une de ses filles au père de Cyrus, dans le cadre d’une alliance contre Babylone, ce que Suse considère comme une garantie d’autonomie face à la cour de Nabuchodonosor. Et à son tour, le père de Cyrus remet en «otage »l’un de ses fils au roi de Babylone en signe de soumission à la couronne de Nabuchodonosor, obligeant ainsi Babylone à lui servir de rempart face à toute violation des accords signés entre Ciaxares et Nabopolassar concernant le statut de la Perse.

Afin de dissimuler le réseau de relations qui a rendu possible l’accession du prince persan au trône impérial et que nous démêlerons jusqu’au bout, on a amplifié le conte pour enfants de la persécution du fils de la princesse mède donnée en épouse au père de Cyrus, du sauvetage mythique de son fils par un berger, et de la conquête prodigieuse de la Médie et de Babylone sans même livrer, ou du moins, une seule bataille. Que dire d’une seule bataille ! Mais non, aucune. Et le plus curieux, étonnant et fascinant, ce n’est pas qu’un écrivain spécialisé dans les récits fantastiques de son époque ne se soit pas étonné de ce conte, le plus hallucinant de tout, c’est que ceux-là ceux-là mêmes qui prétendent nous donner des leçons d’histoire universelle aient gobé cette histoire. Et ce qui fait le plus rire, c’est de voir que ces grandes gueules aient été capables d’affirmer les « Histoires » et de nier l’Histoire : affirmant au Siècle des Lumières – Dieu nous préserve de leurs lumières – qu’il n’y avait jamais eu ni Ninive, ni Troie. Des affirmations dignes d’imbéciles qui, si sous les lumières de l’ ère moderne, ont été prises au XVIIIe siècle pour parole de Dieu, au XIXe, Dieu a plongé ses mains dans la boue et leur a frotté Ninive au visage. Ce n’est pas une accusation, mais bien le fait de leur ôter le masque d’infaillibilité que se sont attribué les historiens du XXe siècle.

Les faits parlent d’eux-mêmes. D’abord, la Médie. Le général en chef du royaume des Mèdes descend de son cheval et place ses forces militaires aux ordres du prince d’un royaume vassal. Sans aucune raison !

Un acte incroyable que la légende signée par Hérodote attribue à la jalousie du général en chef des forces mèdes, qui, dépité parce que la mère de Cyrus, autrefois sa fiancée, lui avait été enlevée par son roi et futur beau-père pour être donnée en épouse au roi de Perse, bla bla bla… une histoire digne des contes d’une Nuit d’été de Shakespeare… car le roi Astyage fit un rêve dans lequel il voyait sa dynastie brisée par l’enfant né de l’union de sa fille avec le chef de ses armées, oh là là!, et, terrifié, il donna sa fille, la fiancée du chef de ses armées, en mariage au roi de Suse, écartant ainsi le danger d’Ecbatane, une balle qui, avec le temps, reviendrait vers son point de départ pour faire s’effondrer tout l’édifice…

Eh bien voilà, comme ça, sans rien en échange ! Après avoir cédé le royaume à un prince vassal, voilà que Babilone tout entière ouvre ses portes à ce même prince de seconde zone… comme ça, sans rien en échange !

En vérité, il faut être un imbécile pour écouter cette histoire et prêter attention à de telles Chroniques de la véritable histoire de l’humanité.

Et tout cela après que Babylone eut tenu tête à l’Égypte, barrant au pharaon la route vers la Lydie ; un pharaon qui, bien qu’il fût aux antipodes de ces événements, s’était levé et mettait la pression sur le roi de Babylone pour qu’il qu’il se soulève et agisse, qu’il s’allie à Crésus et rende à Astyage le trône que son serviteur lui avait volé au profit de Cyrus, sans aucune raison !

Je crois qu’il faut être un véritable imbécile pour ne pas voir, dans ce défilé triomphal d’un prince de second rang dans les relations du pouvoir de l’époque, un réseau de forces internationales unies par une même cause, un noyau pensant et dirigeant des actions de tous ceux qui ont remis l’Empire à Cyrus, ce qu’il a récompensé par l’édit de liberté, qui s’impose comme notre preuve principale et la plus puissante du lien entre le monde juif et le changement transcendantal que la civilisation tout entière a connu à la suite de l’accession au trône impérial de Cyrus.

 

Le mystère de Dioces le Mède

 

Une autre de ces histoires que les éminents historiens de l’époque moderne ont rapportées sans s’en émouvoir, c’est-à-dire sans aucune envie et encore moins la capacité de l’élucider, concerne le mystère de la formation miraculeuse du royaume des Mèdes. La légende s’élève à nouveau aux autels de l’Histoire et laisse le mystérieux voyage de Dioces, fondateur du royaume des Mèdes, à l’issue duquel il revint avec les clés de ce qui allait devenir Ecbatane, sa capitale, dans les brumes de l’univers succulent des mythes.

La structure historique est sans équivoque et ne se prête pas aux fables. Mais n’oublions pas que si Hérodote n’avait aucune idée de l’existence de la Bible, les historiens modernes, aveuglés par leurs préjugés antisémites, ont gardé le silence sur la révolution qui a permis le passage d’une nation composée de tribus à l’état barbare à une société soumise à une structure monarchique. Et ils passent sous silence cette révolution parce qu’elle a eu lieu à la suite de la déportation des Israélites vers les montagnes de l’Est.

Dès l’ époque de Tiglath-Pileser Ier, au XIIe siècle av. J.-C., les Assyriens connaissaient déjà l’existence des peuples barbares du Nord. Mais ce n’est qu’à l’époque de Salmanazar III, au IXe siècle, que les affrontements avec ces barbares des montagnes au nord de l’Assyrie devinrent réguliers. Salmanasar découvrit un ensemble d’environ 27 tribus, chacune soumise à son propre prince, et dont la structure militaire et sociale était typique de toutes les nations indo-européennes à leurs débuts, c’est-à-dire anarchique, fruit de la théorie de la liberté qui a toujours été naturelle à tous les barbares.

Que ces 27 tribus du Nord provenaient d’autres régions du monde et qu’entre elles se trouvait le peuple des Mèdes, lui-même divisé en tribus, est une chose bien connue. Le problème est que les historiens modernes ont eu tendance à modeler toutes les données afin de se forger une histoire à la mesure de leur mentalité : or, leur école de pensée étant de nature impériale, cette reconstruction n’a en aucun cas obéi à la loi du pouvoir. Quoi qu’il en soit, il existe des données qu’il leur était impossible de contourner et qu’ils devaient, à leur grand regret, considérer comme des faits. Le lien entre les Mèdes et les Perses, qui transparaît dans les relations commerciales entre ces peuples du Nord et les nations situées au sud de l’Assyrie, est l’un de ces faits gênants qu’ils ont évités autant que possible afin de ne pas corriger les récits historiques de leur maître.

Le fait est que, sous le règne de Salmanazar III, les Mèdes étaient toujours aussi sauvages qu’à l’époque de Tiglath-Pileser Ier, deux ou trois siècles auparavant.

J'entends par « sauvages » le fait de ne pas savoir structurer un État ni définir une civilisation qui leur soit propre.

Samshi Adad IV et Adad-Nirari III — toujours au IXe siècle — imposèrent un tribut aux Mèdes et aux peuples alliés des montagnes, mais sans jamais parvenir ni à les réduire au joug de l’Assyrie, ni à les convertir à leur civilisation. La loi de la liberté des barbares était préférable à la loi de l’esclavage qui régnait depuis Ninive. Et sous cette loi, ils continuèrent à se multiplier et à prospérer.

À tel point que lorsque Tiglath-Pileser III, au milieu du VIIIe siècle, se lança à la conquête de la gloire et de la renommée pour l’éternité, et fit irruption dans le pays du Nord, il affronta les chefs barbares et les vainquit tous, l’un après l’autre : il ramena en Assyrie une caravane d’esclaves qui se comptait par des dizaines de milliers de têtes. Peu après, la génération suivante s’est révoltée contre le joug assyrien, mais sans autre conséquence que l’écrasement de la révolte et l’anéantissement d’une population déjà décimée par la première guerre contre Tiglath-Pileser III.

Ainsi, lorsque Sargon II, en 722, ravagea le royaume d’Israël et détruisit Samarie la Blanche, dont les dômes d’ivoire brillaient sous le soleil des siècles, au grand désespoir du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, qui voyait le peuple élu sombrer dans l’ idolâtrie — événements déjà décrits dans la Bible —, et déporta les survivants d’Israël vers le pays des Mèdes, la nation des barbares du Nord, qui subit alors une transfusion de sang guerrier ; sous la pression de celui-ci, déjà exacerbée par le désir de vengeance de la nation qui recevait ce nouveau souffle, elle se souleva en rébellion contre l’ennemi commun, partageant ainsi la défaite et l’exil du chef de la révolte, le mystérieux et énigmatique Dioces de la Légende mède.

Nous devons imputer à la honte des historiens du Proche-Orient ancien de n’avoir jamais voulu ouvrir les yeux sur cette rencontre de deux peuples à une même époque et en un même lieu, l’un hautement évolué, les Israélites, dont l’origine en tant que royaume et État remontait à l’époque de David et de Salomon, et l’autre à son état le plus sauvage, tous deux soumis au même despotisme impérial, et qui scellèrent leur union par le sang qu’ils versèrent lors de la révolte dont Dioces fut le chef. Ces historiens de l’école d’Hérodote, systématiquement hostiles à l’influence toute-puissante de l’élément sémite dans l’histoire de la civilisation, dans la mesure où le Sémite est le Juif, clôturent le chapitre de la convergence de ces deux peuples, les Israélites et les Mèdes, dans la révolte contre leur ennemi commun, Sargon II, en affirmant que les tribus barbares se sont à nouveau soumises au joug, reléguant ainsi dans l’oubli les aspects marquants du lien israélite.

Ce lien israélite dans l’avenir du peuple mède devint si décisif et transcendant que ce qui était jusqu’alors impossible, à savoir faire de toutes les tribus une seule nation, devint réalité et, du jour au lendemain, les barbares se donnèrent un roi, se construisirent une capitale et s’organisèrent selon la structure d’un État. Or, l’explication de la création d’un État du jour au lendemain offre deux possibilités. L’une s’adresse aux esprits limités, l’autre est l’ expression de la réalité. L’époque moderne a préféré la première. La réalité est que l’évolution, en l’espace d’une génération, celle de Dioces, du passage d’une structure barbare à une structure étatique, a impliqué une véritable révolution. Et pour que celle-ci s’accomplisse, il fallait pouvoir compter sur des experts en la matière, un peuple hautement civilisé, formé à la structure du pouvoir que représente la formation d’un royaume.

Cette révolution s’est produite précisément lorsque le peuple israélite est entré au Moyen-Orient. Et toute explication de ce passage révolutionnaire par lequel un peuple composé de nombreuses tribus barbares, en état d’anarchie depuis des siècles, se fond dans une Couronne et un État impérial, qui ne passerait pas par ce lien, aboutit à une histoire destinée à des bergers analphabètes, qui serait l’histoire qu’Hérodote a rapportée en parlant de Cyrus.

La formation de l’Empire d’Ecbatane n’avait qu’un seul but : la destruction de Ninive. C’est sous l’impulsion d’une vengeance perpétuelle, scellée par le sang lors de la révolte que Sargon II a réprimée contre les Israélites et les Mèdes, que le petit-fils de Dioces, le Cyaxare de l’Histoire universelle, et père de celle qui allait devenir l’épouse de Nabuchodonosor, a conduit la nouvelle nation issue de l’union du peuple israélite et de la nation des Mèdes, se lança contre l’Assyrie et arracha Ninive de la surface de la Terre.

 

Chute de Ninive

 

Au cours de cette révolution fondatrice à l’origine de la formation du royaume mède, et comme on peut le comprendre selon la logique du pouvoir, afin de donner de la cohésion à sa couronne militaire, Dioces compléta son état-major avec l’ élément israélite, désormais une tribu unie par le sang à la nation des Mèdes et par l’État à la couronne du roi d’Ecbatane. C’était l’établissement d’une monarchie civilisée sur un substrat barbare, dans laquelle la direction était conservée par l’élément barbare, et dont la cohésion reposait sur l’ élément étranger, hautement évolué, mais qui, en raison de sa condition de nouvelle tribu, ne pouvait prétendre à la couronne. Et cette structure d’obéissance au monarque, quelque peu naturelle chez les Israélites mais étrangère au sang barbare, allait constituer le pilier fondamental sur lequel la dynastie de Dioces fonda son pouvoir militaire.

Que la soif de vengeance animait les deux peuples, les Israélites et les Mèdes, et qu’elle fut le berceau dans lequel les deux sangs s’unirent pour concevoir la couronne d’Ecbatane, on le voit dans la fougue avec laquelle l’héritier de Dioces, Fraortes le Jeune, se jeta contre l’ennemi commun. Le coupable, comme toujours, l’Assyrien.

Sous le règne de Sennachérib le Bibliothécaire, le joug de Ninive pesait de manière criminelle sur toutes les nations à l’ouest de l’Euphrate. Soucieux d’étouffer dans le sang le cri de liberté des peuples à l’ouest de l’Euphrate, Sennachérib ne se soucia pas des barbares du Nord, et Dioces profita de cette inattention pour consolider sa révolution et léguer à sa dynastie une armée puissante, prête à assouvir la soif de vengeance de la Nouvelle Nation. Grâce à l’aventure de Sennachérib à l’Ouest, Diocès étendit son influence aux portes de Ninive, concluant avec le peuple perse l’alliance typique entre amis, fondée sur l’hostilité envers un ennemi commun.

À la mort de Sennachérib et de Dioces, leurs fils s’ affrontèrent sur le champ de bataille. Mais Assurbanipal s’avéra être un adversaire trop puissant pour Fraortes le Jeune, dont le royaume n’avait pas encore suffisamment mûri pour que sa structure soit comparable à celle d’un empire. Son successeur, Ciaxares, se replia donc sur son royaume afin de lui apporter la touche finale. Qui, comme nous le savons tous, atteignit son apogée en 606, l’année où la soif de vengeance de la Nation du Nord s’enivra du sang de l’ennemi haï, l’Assyrien, dont la capitale fut rayée de la surface de la Terre pour ne plus jamais être habitée, pour les siècles des siècles, selon ce qu’ avait annoncé Dieu dans son Livre.

Entre l’ accession au trône de Ciaxares et la destruction de Ninive, il y eut l’invasion de la Mède par les barbares des steppes sibériennes, qui retarda l’Heure finale, mais ne put empêcher que le dessein divin s’accomplisse à la lettre. Dans le frémissement de ce cri de victoire, celui qui a des oreilles pour entendre perçoit la langue hébraïque s’élever aux côtés de celle des Mèdes, ces deux âmes ivres du plaisir des dieux, rendant toutes deux grâce à leurs dieux.

Nous ne devons pas oublier qu’Hérodote, Grec, ignorait la Bible, et que par conséquent sa capacité à découvrir l’existence de l’élément israélite à l’origine de la révolution mède est amplement justifiée ; nous ne devons pas non plus manquer de remarquer que les historiens modernes, connaissant la Bible et l’histoire du Moyen-Orient préchrétien, se bouchent les oreilles et s’arrachent les yeux plutôt que de reconnaître la puissance de l’influence de l’élément sémitique, incarné par le peuple israélite, lorsqu’ils évoquent l’irruption dans l’histoire universelle du royaume des Mèdes. C’est à partir de ce lien que l’on expliquera comment un état-major, composé d’éléments israélites, a orchestré le transfert de la couronne, qu’il avait lui-même créée, des mains de la maison de Dioces à celles de la maison de Cyrus. Une raison qui sera expliquée en suivant cette même structure de raisonnement.

 

Chroniques babyloniennes

 

Mais si l’Assyrien sema au nord la graine d’une haine toute-puissante qui, en temps voulu, porterait ses fruits, au sud de Ninive cette haine était déjà une réalité qui, tapie comme la lionne qui contemple sa victime, assise, le gouverneur de Babylone attendait son heure. Cette heure lui viendrait à Babylone avec Nabopolassar.

Au courant de l’avancée du roi d’Ecbatane, Nabopolassar se lança contre le roi de Ninive, appliquant à ce dernier la même loi que celui-ci avait imposée à toutes les nations. Une fois l’Empire assyrien écrasé, Nabopolassar monta sur le trône, concluant avec Cyaxare une alliance de paix mutuelle, scellée par le mariage entre la fille du roi du Nord et le fils du roi du Sud.

Et aussitôt, le partage du monde.

Le roi de Babylone s’appropria le territoire situé au sud des monts Taurus, laissant tout le nord, et de là jusqu’aux confins de l’Anatolie occidentale, au roi de Médie. Le roi de Médie laissait au roi de Babylone le territoire situé au sud des monts Taurus, et de là jusqu’aux confins de la Palestine, de l’Arabie et de l’Égypte. Derrière ces deux royaumes se trouvait la Perse, région autonome soumise en principe à la vassalité de la couronne d’Ecbatane, mais sous l’influence politique de Babylone. La Perse, région dépourvue de véritable armée et de force étatique unifiée propre, voyait son pouvoir en tant qu’ennemi réduit à celui d’une province frontalière au service des intérêts mutuels des deux royaumes. En raison de l’alliance matrimoniale entre Ecbatane et Babylone, toute révolte de Suse se heurterait à un mur impossible à franchir. Or, tout dépassement des limites d’ influence sur la Perse dictées par les deux puissances pourrait faire basculer le rapport de forces et faire passer la dépendance de Suse d’une cour à l’autre. Un déséquilibre qui n’intéressait ni les couronnes alliées, toutes deux lancées dans les conquêtes de l’Ouest, l’une par le Nord et l’autre par le Sud, ni la propre couronne de Perse, trop faible pour résister à une attaque conjointe des forces d’Ecbatane et de Babylone.

Par le nord, Cyaxare parvint jusqu’au royaume de Lydie, dont la conquête ne fut pas menée à bien, et par le sud, le roi de Babylone parvint jusqu’à la Grande Mer, où le fils de Nabopolassar détruisit le royaume de Juda, comme il est écrit.

Tout comme auparavant le royaume d’Israël avait été rayé de la surface de l’Histoire, c’était désormais au tour du royaume de Juda. Et tout comme auparavant l’Assyrien avait déporté la crème de la jeunesse israélite survivante vers une terre étrangère, dans le but d’ humilier leur fierté et d’écarter à jamais le danger d’une révolte, Nabuchodonosor fit de même avec les survivants de Jérusalem et de son royaume, déportant vers le pays des Chaldéens la crème de la nation survivante.

Si, dans le premier cas, la déportation n’a pas signifié l’esclavage, mais plutôt le partage de la même haine et du même désir de vengeance avec la population du pays vers lequel les Israélites ont été déportés, et en s’unissant à laquelle, de cette fusion est née une nouvelle nation, avec pour capitale Ecbatane, dans ce cas précis, la déportation des Juifs signifiait l’esclavage au sein même du pays de ceux-là mêmes qui avaient détruit leur royaume.

Quelle révolution aurait pu porter au pouvoir ce peuple d’esclaves dont le maître avait autant d’expérience, voire davantage, que le peuple juif lui-même quant à la nature structurelle d’un État et d’un empire ! Aucune. À moins que… En effet, Dieu n’élève un Juif à la tête suprême du Conseil privé du roi de Babylone. Et encore, à condition que cet homme de Dieu parvienne à surmonter toutes les intrigues ourdies contre sa personne que les membres du Conseil privé du roi ne manqueraient pas de lui tendre.

Les historiens de l’époque moderne, plus soucieux de titiller l’ Église catholique que de pénétrer les structures du passé, se sont désintéressés de l’influence et du pouvoir des mages à la cour de Nabuchodonosor. La haine envers l’élément sémitique, du fait qu’il était juif, s’est toujours révélée plus forte que leur sens de la vérité et, dès qu’ils percevaient un quelconque lien hébreu-juif, ils tournaient le dos et se moquaient éperdument d’écrire l’Histoire, se limitant à faire du journalisme du passé : telle année, tel roi, telle guerre. Point final.

Mais le fait que, à l’époque du règne de Nabonide, le dernier des Chaldéens, d’origine assyrienne qui plus est, les clés des grandes villes frontalières fussent entre les mains de généraux juifs — un fait que tout historien peut confirmer —, met en évidence que le pouvoir du chef du Conseil privé du roi, et chef des mages de Babylone, était d’une portée extraordinaire. D’autant plus étendue que la figure du moment était puissante. Dans le cas du prophète Daniel, ce pouvoir doit être multiplié à sa puissance maximale si l’on tient compte de sa survie après la mort de Nabuchodonosor et de sa présence dans le complot qui a renversé sa dynastie et remis la couronne à un prince étranger, le Nabonide de l’Histoire. Ou bien un changement dynastique se produit-il sans révolution ? L’innocence des historiens modernes, qui ne voient aucune révolution dans un changement de dynastie, est aussi grande que leur perversité à tourner le dos à la vérité si cela leur permettait de satisfaire la passion qui les poussait à taquiner l’Église, pourvu qu’ils démontrent que ce sont eux, et non Dieu, qui sont les véritables artisans de l’Histoire, sinon de celle qui est, du moins de celle qui fut.

Ainsi, nous avons deux éléments d’un même corps qui se rejoignent à l’extrémité pour remettre la couronne de l’Empire à notre Cyrus. D’un côté, l’élément israélite à l’origine de la couronne d’Ecbatane, et de l’autre, l’élément juif à la tête des villes frontalières du royaume de Babylone.

Il nous reste à définir la nature de la révolution qui a conduit Nabonide au pouvoir, Cyrus à l’Empire et Zorobabel au retour dans la patrie perdue.

 

Chroniques perses

 

Nous pourrions consacrer tout un ouvrage encyclopédique à ce sujet, à savoir l’ ascension de Cyrus à l’Empire et son édit de liberté religieuse.

Les différents aspects regorgent de mystères si captivants qu’il serait difficile de faire l’impasse sur une nouvelle version de l’Histoire.

Premièrement, en raison de la série d’impossibilités exposées, en contournant lesquelles un prince de second rang affronte les superpuissances de l’époque et triomphe, inscrivant ce que Jules de la maison des César signerait : « Vini, vidi, vincit », mais ce Jules de la maison des Achéménides sans avoir à livrer une bataille digne de ce nom, à l’exception de celle qu’il mena contre Crésus le Lydien ; et deuxièmement, car depuis quand la culture de la nation perse a-t-elle fait de la liberté religieuse son emblème ?

Même de nos jours, la génétique trahit ceux qui se proclament successeurs de ce Cyrus, défenseur des libertés religieuses, et qui, se disant ses successeurs, entendent par liberté religieuse la destruction de tous les infidèles, en particulier s’ils sont juifs.

Dans ce jeu de forces entre les superpuissances de l’époque, il était naturel que les alliances matrimoniales ouvrent et ferment des voies. C’est pour cette raison que le mariage du fils de Cyaxare, Astyage le Gros, avec une fille de sa famille et le prince de Perse n’impliquait aucun droit de Suse sur la couronne d’Ecbatane, de la même manière que le mariage entre la fille de Cyaxare et le fils de Nabopolassar ne conférait aucun droit au roi d’Ecbatane sur la couronne de Babylone.

En excusant Hérodote de son ignorance, tout historien sait que la princesse donnée en mariage d’alliance passait directement sous la couronne du prince consort. La fable du prince Cyrus, fils issu de ce mariage, condamné à mort par décret et sauvé par un berger, n’a aucune valeur, si ce n’est celle de vouloir préserver d’une manière ou d’une autre le droit de Cyrus au trône de la Médie et de revêtir son incroyable ascension à l’Empire du manteau de la providence des dieux.

Il était impossible qu’un prince de second rang, comme je l’ai dit plus haut, rêve de conquérir toutes les couronnes des superpuissances de l’époque, et ce qui est encore plus fantastique, sans même avoir à livrer une seule bataille. Oh là là!

Dépassant ainsi Hérodote, nous revenons à la réalité. Et la réalité est que si Astyage a marié l’une de ses filles au prince héritier de Perse, comme cela arrive souvent dans tout mariage de ce genre : cette alliance avait pour but de préserver l’autonomie de Suse face à Babylone, Ecbatane rappelant à Babylone que toute adhésion qui dépasserait son influence politique sur Suse donnerait lieu à une guerre légitimée par le sang entre les couronnes.

Du côté de Suse, tandis que le roi des Perses s’assurait le soutien du roi des Mèdes grâce au mariage entre son héritier et la princesse d’Ecbatane, jouant sur les deux tableaux – ainsi va le pouvoir ! –, le roi des Perses conservait son indépendance politique face au roi d’Ecbatane : vassalité envers le roi de Babylone, en signant avec le Chaldéen le classique accord de prise en otage d’un héritier, par lequel le premier, un royaume de second rang, obtenait du second, un royaume de première importance, une protection et une assistance garantissant son indépendance vis-à-vis du roi des Mèdes. C’est à cette cour, et non dans la hutte d’un berger, que Cyrus allait grandir.

Rappelons-nous qu’à l’époque où Cyrus dut être remis — d’où la légende de sa disparition des yeux d’Ecbatane et de Suse — aux mains de la cour chaldéenne, la direction de la Maison des Mages et la présidence du Conseil privé du roi de Babylone, et donc responsable des otages royaux, ce pouvoir était entre les mains d’un Juif nommé Daniel.

Notons en outre que le même processus que Nabuchodonosor avait appliqué à Jérusalem, en détruisant la ville et en emmenant avec lui ses princes survivants, ce même processus fut celui que son père, Nabopolassar, appliqua à Ninive, en détruisant la ville et déportant dans son royaume ses princes survivants, parmi lesquels, tout comme le prince Zorobabel allait naître des Juifs survivants, tous deux élevés à la cour de Nabuchodonosor sous la tutelle du chef même de la maison du roi, le mage et prophète Daniel, allait naître plus tard Nabonide, le futur roi après le coup d’État qui renversa la dynastie de Nabuchodonosor.

Cyrus, qui clôtura cette incursion, était apparenté par sa mère à la couronne des Mèdes, et par son grand-père maternel, à Astyage lui-même, fils de Cyaxare. Astyage, frère de l’épouse de Nabuchodonosor, étant le grand-père maternel de Cyrus, liait son petit-fils, sans le vouloir, à la couronne de Babylone. L’ occasion de réunir ces trois couronnes, la perse, la chaldéenne et la mède, sous une même tête était extraordinaire. Cyrus avait des droits légitimes de sang sur les trois couronnes de l’époque. Évidemment, pour cela, il fallait renverser la dynastie de Nabuchodonosor, de placer sur le trône un roi fantoche, Nabonide, de placer les villes frontalières sous le contrôle d’hommes fidèles au Mage de Babylone, des Juifs comme lui -même, et de venir à bout du roi d’Ecbatane. Ce qui n’était pas très difficile à réaliser si le Grand Mage d’Orient tenait compte du fait que la structure de l’État de la Couronne mède était entre les mains de descendants d’Israélites, tous fils du même Abraham, dans les oreilles desquels la Volonté de Dieu, qui avait décidé l’accession au trône de roi des rois de Cyrus le Persan, trouverait une âme bien disposée.

Quel prix Cyrus allait-il payer ?

La liberté !

 

Chroniques juives

 

Tout ce qui brille n’est pas d’or. Et sous les traits de l’image antisémite archétypale qui dépeint le Juif comme l’avare classique, misérable créature rampant parmi les couches du pouvoir, non seulement l’or ne brille pas, mais il n’est que de la peinture. Ce n’est qu’ après la destruction de Jérusalem par les Romains et la coexistence des Juifs au sein de l’ islam et face au christianisme que cette image a commencé à se forger et s’est achevée, faisant du Juif la plus abjecte des vermines, sans loyauté envers personne et capable de trahir l’ami d’aujourd’hui si l’ennemi d’hier accède au pouvoir et que sa survie de demain dépend de celle de l’ennemi d’aujourd’hui, qui était l’ami d’hier. Mais en ce qui concerne l’Hébreu, l’Israélite ou le Juif, des époques antérieures au Christ, et en particulier au cours des siècles XVI à VI, c’est-à-dire tout un millénaire, l’Hébreu était un guerrier né, forgé sur le champ de bataille, dont la renommée s’est imposée à l’échelle mondiale à l’époque de David.

Mais croire qu’un guerrier né pour le combat est anéanti tant que son cœur bat est une erreur qui, à terme, a coûté la vie à Ninive. Un guerrier ne cesse d’exister qu’une fois mort. C’est ce même esprit de liberté qui a opposé le royaume de Juda à l’empire de Babylone. L’image que le monde d’alors avait du Juif était celle d’un soldat courageux et vaillant. Une vérité qui met en lumière la porte qui s’est ouverte à la liberté grâce à son entrée dans l’armée babylonienne, au sein de laquelle ses chefs ont fini par atteindre les plus hautes fonctions dans les villes situées aux frontières du royaume. Avec l’aide du chef des mages ? Eh bien oui, toujours ; mais aucune influence n’a de poids lorsqu’il s’agit de défendre des lâches qui, s’ils l’avaient été, même au nombre de dix comme Daniel, le roi de Babylone n’aurait pas accepté leur nomination comme gardes des Portes du Royaume.

L’édit de liberté que Cyrus signa à son entrée dans Babylone avait été rédigé bien longtemps auparavant et le nouveau roi de Babylone se contenta d’y apposer son sceau. Cet édit est la clé qui ouvre la porte à tout le mystère de ce siècle : l’ ascension de Cyrus, la chute de Babylone et d’Ecbatane, la complicité de Babylone face à la chute du royaume de Lydie et son refus de s’allier à l’Égypte pour soutenir la Lydie et empêcher la fondation de l’empire de Cyrus. Et en même temps, il nous permet de comprendre la nature de la caravane que le prince Zorobabel a conduite de Babylone à Jérusalem.

Je veux dire par là que Zorobabel menait une armée armée, enrichie par les trésors de la communauté de la Grande Synagogue d’Orient et exaltée par la tribu sacerdotale, mais avant tout et surtout, Zorobabel était un prince et ceux qui l’accompagnaient étaient les mêmes généraux et soldats qui avaient ouvert les portes du royaume à Cyrus, dont Cyrus s’était heureusement débarrassé, pensant que, tout comme ils avaient déserté leur ancien maître, ils pourraient déserter leur nouveau seigneur, et qu’il valait mieux pour son Empire que de tels serviteurs, fidèles uniquement à leur Dieu, soient hors de l’armée plutôt que dans l’armée.

Le récit biblique suffit à confirmer la véracité de la nature armée de la caravane de l’héritier de la couronne de Salomon. Comme je l’ai dit, l’image archétypale du Juif ancrée dans notre mémoire au cours des derniers siècles ne peut être transposée à l’époque dont il est question ici. Zorobabel dirige une armée d’occupation dotée de pleins pouvoirs de défense armée face aux occupants de la Patrie perdue. Ceux-ci, comme on peut le lire, ne tardèrent pas à tenter de les anéantir. Ce qu’ils ne parvinrent pas à faire, car ces colons maçons, charpentiers et autres, sous leur apparence de travailleurs, portaient l’épée du soldat. Et ils avaient reçu l’autorisation de Cyrus de se défendre et de protéger leurs vies. Qu’est-ce que la liberté sans le droit à la défense de la vie ?

Il ressort clairement de son édit que Cyrus n’a pas accordé aux Juifs la liberté d’envahir le pays et de faire de Zorobabel un nouveau Josué en pleine reconquête. L’ édit laisse entendre que les Juifs ont acheté leur liberté pour retourner dans leur patrie et s’y installer en respectant les lois de la colonisation pacifique, et de soumission des nouvelles populations aux devoirs impériaux. Dans ces conditions, comme on le voit dans le récit biblique, Zorobabel et ses hommes ont reconstruit Jérusalem, se sont installés et ont commencé à s’étendre à travers l’ héritage des Hébreux.

Voici le célèbre édit de Cyrus

A. - Je suis Cyrus, roi du monde, grand roi, roi puissant, roi de Babylone, roi des terres de Sumer et d’Akkad, roi des Quatre Régions, fils de Cambyse, grand roi, roi d’Ansán, petit-fils de Cyrus, grand roi, roi d’Ansán, descendant de Teispès, grand roi, roi d’Ansán, descendant d’une lignée royale sans fin, dont la loi est bénie par Bel et Nabu, et dont le règne fait la satisfaction des dieux.

Lorsque je fus prêt, j’entrai dans Babylone et j’établis mon royaume dans le palais des rois, au milieu de la liesse et de la joie. Marduk, le Dieu Très-Haut, a tourné le cœur des habitants de Babylone vers moi, et je l’adorerai tous les jours.

Et il poursuit :

B. – Par mes actes, Marduk, le Seigneur Tout-Puissant, s’est réjoui, et moi, Cyrus, le roi qui lui rend un culte, ainsi que Cambyse, mon fils, la force de mes cuisses, et toutes mes troupes, Il nous a bénis ; c’est pourquoi, dans un esprit de grâce, nous glorifions dans toute sa grandeur sa Divinité Très-Haute.

Tous les rois qui siègent sur leurs trônes d’un bout à l’autre des Quatre régions, de la mer du Nord à celle du Sud, qui résident à… tous les rois de l’Occident qui habitent sous des tentes, m’ont rendu hommage et sont venus m’embrasser les pieds à Babylone. De… aux cités d’Assur, Suse, Akkad et Eshunna, aux cités de Zamban, Der, jusqu’aux confins du pays des Gutis, j’ai ramené les dieux vers leurs lieux de culte d’autrefois, vers leurs cités sacrées en ruines depuis des temps lointains.

J’ai rassemblé tous leurs habitants et j’ai restauré leurs villes. Les dieux de Sumer et d’Akkad, que Nabonide, pour apaiser la colère des dieux, avait amenés à Babylone, moi, par la volonté de Marduk, le Seigneur Dieu, je les ai fait retourner dans leurs cités de culte.

Que tous les dieux intercèdent en ma faveur auprès de Bel et de Nabu tous les jours de ma vie, et qu’ils disent à mon Seigneur, Marduk : « Que Cyrus, le roi, ton serviteur, et Cambyse, son fils… »

Et il conclut ainsi :

C. - Maintenant que je suis roi de Perse, de Babylone et des nations des Quatre Régions avec l’aide de Marduk, je déclare que je respecterai les traditions, les coutumes et les religions des nations de mon empire, et je ne permettrai pas, tant que je vivrai, qu’ aucun gouverneur sous mon autorité ne les insulte.

Dès à présent et pour toujours, tant que Marduk me favorisera dans le royaume, je n’imposerai ma religion à aucune nation. Chaque nation est libre de l’accepter, et si l’une d’entre elles la rejette, je ne m’opposerai jamais à sa liberté pour lui imposer ma croyance. Tant que je serai roi de Perse et de Babylone, ainsi que des Quatre Régions, je ne permettrai pas l’oppression religieuse d’une nation sur une autre, et si cela devait se produire, je punirai l’oppresseur et rendrai ses droits à l’opprimé.

Tant que je serai roi, je ne permettrai à personne de s’emparer des biens d’autrui ni de les exproprier par la force ou sans compensation. Tant que je vivrai, j’interdis le travail dans des conditions d’esclavage.

Aujourd’hui, je déclare : que chacun est libre de choisir sa religion ; que chacun est libre de choisir son lieu de résidence, étant entendu que ce droit n’annule pas le devoir de respecter la loi du prochain ; que nul ne pourra être tenu pour responsable des délits ou des fautes commis par les membres de sa famille.

J’interdis l’esclavage et mes gouverneurs ont le devoir d’interdire l’échange de personnes contre des biens au sein de leurs domaines. Une telle coutume doit être éradiquée de la surface du monde.

Je prie Marduk de m’accorder de remplir mes obligations envers les nations de Perse, de Babylone et des autres régions des Quatre Régions.

 

CHAPITRE 7

 

36

Le quatrième homme.

 

Et que dirait le prince assyrien Nabonide au sujet du passage de l’empire des mains des Chaldéens à celles des Perses ?

Se joindrait-il au bombardement depuis l’intérieur de la forteresse ennemie ?

Nabónide accepterait-il d’être un pion dans le jeu d’échecs du prophète-magicien ?

Que pourrait offrir Nabonide en échange de la possibilité de reconstruire Ninive quelque part dans le Sud ? Donnerait-il aux mages de Daniel les clés du royaume ?

Nabonide secoua la tête.

« Tu te retireras dans la ville de ton choix, loin de moi », le rassura Cyrus en riant.

Sage, digne disciple du chef des mages, Nabonide se construisit sa ville dans une oasis perdue au cœur d’un Éden qu’il avait lui-même semé. Cyrus éclata de rire. Zorobabel ne fut pas pris au dépourvu par la ruse du Quatrième Homme.

Le mystère qui nous intéresse ici est de découvrir comment un prince assyrien a réussi à monter sur le trône de Babylone. Mystère dont on peut déduire le secret à partir de la chute de la dynastie de Nabuchodonosor à l’époque de Balthazar. Ce coup de maître politique qui porta Nabonide au pouvoir révèle l’identité assyrienne du pion manœuvré par Daniel en vue du transfert définitif de l’empire entre les mains de Cyrus, lorsque ce pion se contenta de livrer Babylone au nouveau roi du monde. Une remise qu’il confia dès le début même de son règne, et qui s’est traduite, à la fin de celui-ci, par le fait que les armées babyloniennes se sont retrouvées entre les mains des Juifs. Daniel aurait très bien pu utiliser le réseau qu’il avait mis en place pour mener un autre coup d’État et placer sur le trône l’héritier de Juda. Mais il ne l’a pas fait.

 

37

La reconquête du royaume perdu.

 

La doctrine prophétique de Daniel trouva en Zorobabel une étoile pleine de vie. Il s’agissait de reconstruire Jérusalem, de poser la première pierre du Temple et d’acquérir pacifiquement la terre de Juda. Jérusalem ferait office de colonie mère. Le gouverneur de la ville serait le chef suprême de la colonie ; sous ses ordres, les groupes élus se déplaceraient là où le conseil des sages l’aurait décidé.

La deuxième phase prophétique annonçait que, dans deux siècles tout au plus, le roi de Grèce pénétrerait en Asie et renverserait l’empire de Cyrus. La conquête de Babylone par l’Occident serait suivie de la division de l’empire du conquérant grec en quatre royaumes. Peu après, un royaume verrait le jour qui s’étendrait à travers le monde entier et vaincrait les quatre royaumes. À cette époque, l’ange de la liberté sonnerait de la trompette et les colonies juives se soulèveraient dans un état de guerre d’ indépendance. Jusque-là, chaque fils d’Israël devait s’en tenir au projet initial.

 

38

Sous le joug des Hellènes.

 

Parmi les historiens du XXe siècle, la théorie de la création a posteriori des livres bibliques s’est imposée. Du point de vue de l’athéisme, Alexandre le Grand n’a pas conquis l’ Asie par la suite, mais ce sont les Juifs qui ont écrit ce qui s’est passé après la mort du Grec.

Indifférents aux opinions du monde entier, depuis leur tour à Séleucie-sur-le-Tigre, les Mages d’Orient suivirent le cours des événements. Les synagogues du monde entier leur envoyaient des nouvelles des lieux où ils vivaient, de ceux qui gouvernaient, du système politique en vigueur, ainsi que des changements de dynastie.

« Les conflits entre Perses et Grecs ont commencé. Le roi du Nord, Philippe, a soumis toute la Grèce. Le jour de la vengeance pour les hommes de Léonidas aux Thermopyles commence à poindre » – c’est ce qu’apporta à Seleucia-sur-le-Tigre une colombe blanche, attachée à sa patte.

La réponse parvint rapidement à Jérusalem. Elle disait : « Tous les fils d’Abraham doivent se préparer à accueillir le Conquérant avec des palmes et des acclamations. Bientôt, à la mort du fils de Philippe, son royaume sombrera dans une longue guerre civile. Il survivra à sa destruction en se divisant en quatre royaumes. »

Et il en fut ainsi.

Le cadavre d’Alexandre n’était pas encore refrigéré que ses généraux s’entre-tuaient déjà. Finalement, ils ont vu les cornes du diable et ont cessé de s’entre-dévorer.

C’est Seleucos Ier l’Invincible qui s’empara de l’empire de Cyrus, ainsi que de tout ce qu’ Alexandre avait conquis de ce côté de l’Indus. Il ne reconstruisit pas Babylone ; à sa place, il fonda une nouvelle ville sur les rives du Tigre. Il l’appela Seleucia sur le Tigre.

Seleucia sur le Tigre fut conçue pour servir de port commercial intérieur entre l’Extrême-Orient et l’Occident. N’oublions pas que, dans sa sagesse pour contrôler le passage des caravanes et des navires de l’Orient vers l’Occident, le roi Salomon possédait ses propres mines.

 

39

Jérusalem crie « Liberté ».

 

La part du crocodile revint à Ptolémée. Dès qu’il eut vu les plans d’Alexandre le Grand pour Alexandrie sur le Nil, le jeune Ptolémée fut saisi par la passion pour cette « Nouvelle Athènes » que le fils de Philippe envisageait de construire sur les côtes égyptiennes.

Précis et silencieux comme le crocodile lorsqu’il attaque, avec ses petits yeux de part et d’autre du museau, avançant dans l’eau sans expirer, sans bouger un cil, plus raide qu’un tronc d’arbre, le jeune Ptolémée fit avancer ses troupes la veille de l’ enterrement de son héros. Il s’est d’abord proclamé maître et seigneur de l’Égypte ; ensuite, ce serait aux dieux de décider.

 

40

La cupidité des rois.

 

L’ ambition sans limites de Séleucos fut le spectre personnel de la maison des Séléucides. L’homme mourut avec le regret d’avoir perdu Jérusalem lors d’un pari entre lézards. Et sa famille, incapable d’accepter la défaite face aux forces des Ptolémées égyptiens. Les guerres helléno-égyptiennes pour la possession de Jérusalem ont constitué la constante vitale du Proche-Orient depuis la mort d’Alexandre jusqu’au règne des fils des Maccabées.

Ces revirements — aujourd’hui, Antiochie est ma maîtresse, demain, c’est Alexandrie — ont affecté Jérusalem. Ses enfants, épuisés, se sont endormis sur leurs lauriers, ceux qui avaient réussi à se débarrasser de leurs fantômes messianiques. À leur réveil, ils se sont retrouvés pris dans les griffes d’une « solution finale », qui n’était pas la première et ne serait pas la dernière.

 

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Le deuxième royaume d’Israël.

Jérusalem vécut dans l’horreur de la persécution religieuse d’ Antiochus IV. C’était quelque chose qu’elle n’aurait jamais imaginé pouvoir lui arriver. Les Écritures disaient qu’après les quatre royaumes viendrait la liberté. Ils restèrent bouche bée, pris au dépourvu par la nouvelle. À quoi avaient-ils bien pu penser ? À la naissance d’un enfant descendu du ciel qui viendrait résoudre tous leurs problèmes ?

Ils mangeraient des perdrix et seraient heureux !

En réalité, certains en mangeaient à volonté et les autres se débrouillaient avec des poules. C’est pourquoi, lorsque Judas Maccabée revint dans sa patrie et prit la tête de la résistance avec son escouade de déserteurs, tous ceux qui n’avaient rien à perdre et tout à gagner se joignirent à lui. La chronologie, depuis les Maccabées jusqu’à la Naissance, était

La chronologie depuis les Maccabées jusqu’à la Naissance était la suivante :

Judas Maccabée régna de 166 à 161. Judas mena ainsi les armées du Seigneur de victoire en victoire pendant cinq ans. On ne sait pas très bien, ou la vérité n’a jamais été écrite, sur l’origine de la formation militaire de ce chef. Il est plus que probable que, connaissant la structure des armées impériales séleucides, ce Judas ait été le chef de l’ escadron juif, à la tête duquel il fit défection lorsqu’il apprit les plans meurtriers du roi, qui, en partant pour la grande aventure de la conquête de l’Asie perdue, ordonna au régent de son royaume la solution finale anti-juive à l’origine de la rébellion en cours.

Il n’est peut-être pas facile de reconstituer la vie de Judas avant son apparition en tant qu’incarnation du Marteau de Dieu. Mais comme je l’ai déjà dit, la structure militaire de l’empire reposait sur le recrutement d’escadrons provenant de toutes les provinces sous la couronne du roi. Parmi celles-ci, il devait exister un escadron juif qui, sans aucun doute, servit sous le drapeau impérial jusqu’à ce que, à son retour de son invasion avortée de l’Égypte, le roi laisse libre cours à son impuissance contre Jérusalem.

Le détachement juif, scandalisé par cette action, la désertion était sans doute déjà inévitable, et elle s’accomplit lorsque, en se dirigeant vers Babylone, Antiochus IV tenta d’emmener le détachement juif avec lui, laissant à la merci de Lysias et de ses généraux le sort final des Juifs.

Au courant des intentions du roi, Judas, chef de la garde juive, déserta avec ses hommes. Arrivé en Judée, il découvrit le massacre et, s’enfuyant avec son père et ses frères, il déclara la guerre de guérilla à l’Empire. Lorsque Apollonius, le général désigné par Lysias pour régler la question juive, parvint en Judée, il se heurta à un chef de guerre qui connaissait parfaitement les tactiques et les stratégies militaires de l’armée impériale sous le drapeau de laquelle le Maccabée avait servi toute sa vie.

En 161 cependant, abandonné par les siens à la tête de ses 800 braves, Judas tomba comme il avait vécu, vendant chèrement sa vie. Les autres exploits guerriers de Judas sont relatés dans la Bible.

Son frère Jonathan lui succéda à la tête des armées du Seigneur. Jonathan gouverna le pays de 161 à 143. Les aventures militaires de Jonathan sont également relatées dans la Bible. Comment il reçut la fonction de grand prêtre des mains du roi Alexandre Balas, comment il parvint à prospérer en jouant sur deux tableaux et comment, finalement, il fut pris au piège par trahison et condamné à mort.

Son frère Simon lui succéda à la tête du pays. Celui-ci régna de 143 à 135. C’est Simon qui, en réalité, conquit l’ indépendance. En récompense, l’ensemble du peuple juif accorda à ses héritiers le pouvoir à perpétuité. Le roi d’Antioche, repentant de la perte de la Judée, ordonna à son général Cendébée de la reconquérir. Simon et ses fils, Judas et Jean, vainquirent l’envahisseur. La liberté n’empêcha pas Simon de succomber à la trahison, tout comme son frère Jonathan.

Après la mort de Simon, son fils Jean accéda au pouvoir. Jean Hyrcan Ier régna de 135 à 105 (toujours avant J.-C.). Si, au départ, il semblait que l’invasion de la Judée par le roi de Syrie allait anéantir tout ce qui avait été conquis par les Maccabées, le premier des Asmonéens parvint à en sortir triomphant et même de conquérir la Samarie, l’Idumée et des territoires situés à l’est du Jourdain. C’est ce Jean Hyrcan Ier qui, en obligeant tous les non-juifs de son royaume à se faire circoncire, ouvrit la voie au trône à Hérode.

Son fils Aristobule Ier, « le roi fou », lui succéda. Au début, son père ne lui légua que la fonction de grand prêtre, réservant le pouvoir à sa mère. Jean perdit la raison, emprisonna sa mère et ses frères et se proclama roi. Il mourut un an plus tard.

Des profondeurs de la terre, Jérusalem reçut un roi. Il s’appelait Alexandre. Il régna de 104 à 78. Sous son règne, le sang coula à flots sur Jérusalem. C’est sous son règne que les étoiles d’Abias, père de Zacharie, époux d’Élisabeth, et arrière-grand-père de Marie, mère de Jésus, ainsi que celles de Siméon le Babylonien, père du Siméon qui prit l’Enfant dans ses bras lors de sa présentation au Temple, les Semaya et Abtalion de l’histoire officielle juive, brillèrent de toute leur splendeur.

À la mort de l’Asmonéen, sa femme Alexandre, également appelée la reine Salomé, lui succéda. De 76 à 69, la reine Alexandre assura la paix du royaume. Elle rétablit le Sanhédrin et c’est sous son règne qu’eut lieu la recherche secrète de l’héritier de la couronne de Salomon.

À sa mort, ses fils Hyrcan II et Aristobule II se déclarèrent la guerre, conflit qui fut réprimé en 63 par Pompée le Grand. Hyrcan II resta ethnarque pendant toute la durée de la vie de Pompée, et Antipater, père d’Hérode, Iduméen de naissance, resta général des armées de la Judée jusqu’à sa mort. Ce sont les partisans de Pompée qui assassinèrent Aristobule II à Rome, en 49, et la même année, son fils Alexandre fut assassiné à Antioche sur ordre de Pompée lui-même. Au cours de ces années eut lieu l’ ascension au sommet des Archives du Temple de Zacharie, fils d’Abias.

À cette époque, les Parthes envahirent la Judée et couronnèrent roi l’autre fils d’Aristobule II, qu’on appelait Antigone. Celui-ci coupa le nez et les oreilles de son oncle Hyrcan II et l’exila en Nouvelle Babylonie. Avec cet allié de circonstance de Zacharie et de sa lignée, dans la Grande Synagogue des Mages d’Orient, les échanges entre les Mages et Zacharie ainsi que ses hommes s’intensifièrent.

Quoi qu’il en soit, les temps étaient durs pour les Asmonéens. Profitant des guerres civiles romaines, Hérode vainquit Antigone, fils d’ Aristobule II, neveu d’Hyrcan II, et le fit décapiter (en l’an 37).

La tragédie des Asmonéens n’était pas encore terminée. Assoiffé de sang, le roi Hérode assassina le petit-fils d’Aristobule II et Hyrcan II lui-même, qu’il avait fait venir de Babylone avec des promesses de paix et de salut. Il assassina également les Asmonéennes Alexandra et Mariana, la reine Mariana. Et enfin ses fils Alexandre et Aristobule, fils de la reine Mariana.

En l’an 7 av. J.-C., toute la lignée des Asmonéens, comme l’avait prophétisé Abias, avait été rayée de la surface de la terre. Hérode resta le seul maître et seigneur de Jérusalem. Hérode fut le premier et le dernier roi que connut le IIe Royaume d’Israël.

 

42

Le roi Messie.

Joseph et Marie, les parents de Jésus, sont nés au cours des premières années du règne d’Hérode. Joseph devait avoir environ quarante ans lorsqu’il eut son premier-né, et Marie un peu moins lorsqu’elle donna naissance à son fils unique. D’après ce calcul, Joseph mourut à l’âge de soixante ans environ. À quel âge, selon la légende, la Mère monta au Ciel dans la ville de Saragosse, personne ne le sait avec certitude. Le fait est que les misères qu’ Hérode a fait endurer aux Juifs ont nourri, au sein du peuple opprimé, le rêve du roi Messie. Rêve qui, comme tout rêve, ne se réaliserait jamais, du moins tant qu’Hérode et ses fils auraient le pouvoir de l’empêcher. Cependant, le roi Messie est venu naître loin des regards de la Cour, dans une crèche.

Avertis par « la colombe muette des contrées lointaines », les Rois mages quittèrent leur tour d’Orient et se précipitèrent pour déposer aux pieds de la Sainte Famille leurs richesses et leur savoir.

Ont-ils précédé la Sainte Famille en Égypte, ont-ils financé la menuiserie du Juif et sont-ils morts en voyant grandir l’Enfant ?

43

La Nativité du Christ.

Il était en l’Enfant. Mais l’Enfant ne le savait pas. Il le découvrirait parmi les docteurs du Temple, à l’âge de douze ans environ.

Là, parmi les docteurs, à l’âge de douze ans, Jésus renaquit. Dieu lui donna un nouveau nom, le Christ. Il était Jésus-Christ de Yahvé et de Sion. Il était l’Agneau que son Père offrirait en expiation des péchés du monde entier.

44

La jeunesse du Messie.

Une question sans réponse accompagna l’Enfant depuis le Temple jusqu’à Nazareth. Pourquoi son Dieu allait-il l’abandonner à la merci des ennemis du Christ ? Comment pourrait-il sauver le monde des griffes de l’Enfer depuis la Croix que les Romains réservaient aux maudits ? Qu’espérait Dieu obtenir d’un événement aussi tragique ? Pourquoi allait-il en faire une pierre d’achoppement pour ses frères et ses amis ?

Tout au long de sa jeunesse, Jésus-Christ n’a cessé de chercher la réponse à cette énigme : Dieu allait établir la victoire du fils d’Ève sur le sang du fils de David. Pourquoi ?

45

La doctrine du Royaume des Cieux.

La réponse que trouva Jésus-Christ fut la suivante. Dieu abolit l’Empire et fonde à sa place un Royaume universel. Et il accorde à toutes les créatures la liberté de rejoindre ou de refuser l’adhésion ad eternum à son Royaume. La couronne de ce Royaume unique resplendit sur la tête de son Fils bien-aimé, Jésus-Christ.

Quiconque croit en son Fils est déclaré citoyen de son Royaume ici et maintenant, et quiconque rejette cette révolution divine est soumis au Jugement dernier.

De toutes les mesures que, à la suite de la Troisième Guerre universelle, Dieu a adoptées contre l’Enfer, celle-ci est la pierre angulaire. Les autres mesures découlent de l’histoire même du christianisme.

 

ÉPILOGUE

Ainsi, Dieu et la Loi constituent une réalité indivisible, incorruptible.

Avant d’instaurer la peine de mort, équivalente à l’exil de la Création, YAHVÉ DIEU LE PÈRE a voulu faire connaître à ses enfants la nature de l’Enfer dans lequel ils seraient précipités si une nouvelle guerre entre frères venait à éclater. En élevant la Loi au rang de nature divine, YAHVÉ DIEU rendre ses enfants plus forts face à la mort. Personne ne peut oublier qu’IL est le seul Être non créé à avoir connu l’Éternité et l’Infini avant la Création du Nouveau Cosmos. Personne ne doit oublier que Sa Personnalité s’est forgée dans les feux de la Science du Bien et du Mal, face à la Mort, et en traçant son chemin guidé par la Sagesse.

Son désir de créer la vie à son image et à sa ressemblance fut le principe de la révolution qui le conduisit à devenir le Créateur de galaxies, d’univers et de mondes. Personne ne peut oublier qu’IL est le Seigneur de l’Infini et de l’ Éternité ; personne ne doit permettre que l’Amour du Créateur pour sa Création aveugle les yeux de celui qui, ayant été adopté comme fils, s’arroge le droit d’être un dieu « à l’image et à la ressemblance » de sa propre conception de ce qu’est un fils de Dieu.

Ouvrir le Cosmos à ses enfants, voir le Créateur, le PÈRE et le FILS, à l’œuvre, avait en outre pour but d’ouvrir les yeux de tous sur la nature de son Fils unique, JÉSUS, sur la nature divine duquel le doute s’était élevé parmi les enfants de Dieu, doute qui devait être dissipé en voyant Dieu dans son Fils.

« Vrai Dieu né du Vrai Dieu » est la confession de la création tout entière, consignée par l’Église catholique romaine, née pour être le temple en qui cette Vérité vit pour l’éternité.

L'HISTOIRE DIVINE DE JÉSUS-CHRIST

 

HISTOIRE ET FONDATION DU ROYAUME DE DIEU

CHRONIQUES GALILÉENNES

LE MYSTÈRE DU VISAGE DE LA MÈRE DE JÉSUS

L'ORIGINE ESSÉNIENNE DE JOHN LE BAPTISTE

AGE APOSTOLIQUE