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L'HISTOIRE DIVINE DE JÉSUS-CHRIST

 

HISTOIRE ET FONDATION DU ROYAUME DE DIEU

CHRONIQUES GALILÉENNES

LE MYSTÈRE DU VISAGE DE LA MÈRE DE JÉSUS

L'ORIGINE ESSÉNIENNE DE JOHN LE BAPTISTE

AGE APOSTOLIQUE

 

 

L'ORIGINE ESSÉNIENNE DE JEAN-BAPTISTE

1

La mort de Zacharie

Gardons à l’esprit que la condamnation à mort prononcée contre Jésus et les persécutions antichrétiennes menées par les Juifs leur ont valu la réputation d’assassins de leurs propres frères pour cause de dissensions religieuses, un acte qui, jusqu’en 66, était strictement interdit par les lois du droit romain. La Pax Romana a imposé son empire sur le fondement de la liberté religieuse. Il est vrai que la religion officielle de Rome était financée par Rome, mais aucune autre mesure contre les autres religions n’était en vigueur et toute autre mesure en faveur de la religion romaine avait été abrogée. C’est dans ce contexte historique que les Juifs ont lancé leurs persécutions antichrétiennes visant à exterminer les disciples de Jésus sur leur propre territoire. Malheureusement pour eux, le terrorisme antichrétien pratiqué par les assassins de saint Étienne, de saint Jacques le Majeur et de saint Jacques le Mineur — ces trois morts marquant les trois vagues de persécutions meurtrières visant à l’extermination menées par les auteurs et les fils de ceux qui avaient réclamé la condamnation à mort du Maître —, ainsi que la stratégie de propagande antichrétienne qui s’ensuivit au échelle internationale, non seulement n’a pas joué en faveur des Juifs, mais a fini par se retourner contre eux : ils ont été massacrés, leur terre ravagée et les survivants chassés de leurs biens.

Conséquence de cette situation et animé par la haine la plus criminelle contre le christianisme, tout en trahissant les siens, Flavius Josèphe écrira son Histoire des Antiquités et des Guerres des Juifs. Dans ses ouvrages, il était naturel que toute référence susceptible de conduire les historiens du futur à la véritable histoire du Christ, à ses origines et à sa mort, par logique je veux dire, doive être enterrée par la manipulation des noms des acteurs et la dissimulation des événements derrière les circonstances des rois d’Israël, depuis les Maccabées jusqu’aux Hérodes. Le jour où ce même Flavius Josèphe et ses alliés de la rébellion contre Rome ont décidé de mettre le feu aux archives du Temple de Jérusalem, leur objectif était d’effacer de l’Histoire tout document juridique susceptible de certifier l’historicité de ce Jésus-Christ.

Traître à ses alliés et à ses frères de sang et d’armes, et survivant de la destruction de sa nation, Flavius Josèphe vécut à genoux aux pieds du maître romain, tel un chien, mais un chien dans les veines duquel coulait la haine, et toute cette haine concentrée vers un seul objectif : le christianisme. Dans son Histoire, cherchez n’importe quel élément concernant l’existence de Zacharie et d’Élisabeth, ce Zacharie ayant été un acteur extrêmement important de son époque, comme le rapportent les apocryphes eux-mêmes, qui l’élèvent jusqu’à la fonction même de grand prêtre, irréelle mais remarquable au regard de l’ existence d’une renommée restée dans la mémoire de beaucoup, bien que reléguée dans la prison des souvenirs interdits ; chercher dans les Histoires juives, dis-je, toute mention du fils d’Abias, ce même Abias dont le nom, bien qu’il fût un Juif de souche, Flavius Josèphe l’a manipulé et hellénisé, pour devenir Abtalion dans ses Guerres juives ; chercher dans cette anti-histoire du peuple juif une source d’information pour la reconstruction des époques prémésianiques, tant asmonéennes qu’hérodiennes, revient à se livrer à un exercice d’idiotie suprême. C’est comme aller chercher sur la table du diable le fruit de l’Arbre de vie.

Dans l’Histoire divine, j’ai laissé de côté le récit de la vie de Zacharie, d’Élisabeth et de leur fils le Baptiste afin de rester concentré sur la Sainte Famille. Il est temps de le reprendre et de rouvrir le chapitre de l’assassinat de ce Zacharie, au sujet de la mort duquel, ainsi que de la vie de son fils aîné et unique, Jean-Baptiste, Dieu, selon Jésus, demanderait des comptes à son peuple

J’ai dit dans la deuxième partie de l’Histoire divine que le Temple de Jérusalem fonctionnait 24 heures sur 24, et que chaque heure était attribuée à l’une des vingt-quatre familles sacerdotales, parmi lesquelles était ensuite choisi le grand prêtre. L’une de ces heures revenait au père de Zacharie, Abias, dont le nom avait été déformé par son hellénisation par le Juif Judas, Flavius Josèphe, et l’Antéchrist par excellence aux yeux de Jean l’Évangéliste. C’est à cette heure que se réfère l’Évangile lorsqu’il parle des quarts du Temple. Zacharie a hérité de son père ce quart. De toute évidence, cette « heure » en disait long sur l’importance de l’adorateur dans la structure hiérarchique du Temple.

Véritable État du Vatican en miniature, ces 24 prêtres des 24 quarts de service du Temple constituaient les 24 chefs des 24 ministères sur lesquels reposait la bureaucratie du Temple. Registre des naissances, impôts sur le péché, vente d’animaux et de volailles destinés au sacrifice expiatoire, perception de la dîme à l’échelle nationale et internationale… bref, un État au sein de l’État juif. En règle générale, cette garde d’adoration se transmettait de père en fils et ce n’est qu’en l’absence de descendant que la garde passait à une autre famille sacerdotale. Parfois par le biais de sa vente au plus offrant. Ce fut précisément le cas de Zacharie, l’héritier d’Abias. Mais son assassinat ne résultait pas de la nécessité d’éliminer le prêtre afin de se partager son poste à la suite d’une élection, toujours sujette à la corruption des électeurs.

Ajoutons également que le père de Zacharie était l’un des rares hommes du Temple que le roi Hérode non seulement respectait, mais qu’il avait en outre élevé en raison de son courage et de sa réputation de prophète auprès de son peuple. À l’ombre de ce père et grâce à sa renommée auprès de la cour du roi des Juifs, qui plus est un Palestinien, Zacharie fit carrière dans l’administration au sein de la bureaucratie du Temple. Destiné de par sa naissance à diriger l’un des ministères sur lesquels le Temple fondait son existence matérielle, Zacharie choisit les Archives généalogiques et historiques, dont dépendait le registre des naissances. La raison pour laquelle il s’agissait précisément de ce registre et non d’une autre fonction s’explique à la lumière de l’ Histoire divine.

La recherche du véritable et légitime héritier de la couronne de David devint l’objectif numéro un pendant la période comprise entre la fin du règne des Asmonéens et le début du règne des Hérodes. Zacharie consacra sa vie à découvrir le lieu où se trouvait l’héritier vivant de la couronne d’Israël. Face aux circonstances historiques qui lui étaient défavorables, Hérode venant tout juste d’accéder au pouvoir, Zacharie a parfaitement joué la carte de ce prophète Daniel qui, d’une main, servait le roi de Babylone et, de l’ autre, préparait la ruine de son royaume. Si vous avez lu l’Histoire divine, vous connaissez déjà la merveilleuse aventure de sa saga, la Doctrine de l’Alpha et de l’Oméga, la découverte des deux maisons messianiques et le Vœu de Marie. Toutes ces événements se sont déroulés dans le secret et personne n’en a brisé le sceau jusqu’à ce qu’un événement fortuit vienne l’ouvrir et mettre à nu l’intrigue anti-hérodienne et pro-davidique que son favori parmi les prêtres, le fils d’Abias bien sûr, avait tissée contre sa couronne. Cet événement fortuit s’appelle la Visitation des Mages.

Dans les évangiles apocryphes, dont le protoévangile est le fleuron, ces Mages sont présentés comme des rois d’Inde, de Perse et d’Arabie. Cette information suffit à comprendre pourquoi les sages des premiers siècles ont banni du canon divin de tels récits. Qui, cependant, comme je l’ai dit, ont recueilli des souvenirs interdits et s’en sont servis pour ériger leur propre pyramide d’ or. Dans la deuxième partie de l’Histoire divine, j’ai déjà révélé qui étaient en réalité ces personnages. Le fait est que, contre leur gré, ces Mages ont révélé aux Hérode le complot messianique qui, dans leur dos, mais dans leur ombre, s’était tissé. Si, au début, Hérode ne voulut pas croire que son favori et protégé, le fils d’Abias, était à la tête de ce complot dès lors que le mystère de son mutisme, de sa retraite et de son absence du Temple sans avoir réglé la question de la succession à son tour de service fut dévoilé, « car Élisabeth avait donné naissance à un fils », la résistance d’Hérode céda.

C’était l’occasion que ceux qui avaient voulu racheter le service à Zacharie et n’y étaient pas parvenus attendaient. Ils pouvaient désormais régler le problème, soumettre la succession à une élection et laisser le plus offrant remporter le service d’Abias. Mais si, pour ces assassins en tuniques sacrées, le complot déjoué leur offrait l’ occasion sacrée de s’élever à la direction du Temple, en entrant faire partie de la Hiérarchie sacerdotale, pour l’intéressé, Zacharie, père de Jean, la question était de barrer la voie qui pouvait mener la Bête jusqu’à la Sainte Famille : au prix du sacrifice de sa propre vie. Une fois le sang des Innocents versé, la soif de la Bête serait étanchée.

Dans le désert vivaient, dans des grottes, des communautés fermées et isolées de dissidents juifs pacifiques. C’est parmi ces troglodytes de l’époque romaine que Zacharie cacha sa femme et son fils. Puis il se rendit au Temple pour reprendre son service comme si de rien n’était et comme s’il ne savait absolument rien des Mages, de l’étoile de Bethléem … Car ils en avaient après sa vie : plus vite ils en finiraient, mieux ce serait. Et c’est ce qu’ils firent. Ils le tuèrent à coups de pied, ils le tuèrent à coups de dents, ils le tuèrent à coups de griffes, ils le tuèrent à coups de poing. Une meute de chiens qui se disaient serviteurs du Très-Haut et cachaient la marque du démon qu’ils servaient sous des tuniques sacrées ornées de franges d’argent et ointes de points d’or, saints de toujours, pères du peuple par inspiration divine, des chiens à deux pattes se jetèrent sur l’ Homme de Dieu et le remercièrent de ses services en le frappant jusqu’à lui éclater le crâne, ses côtes brisées en éclats restèrent enfoncées dans son dos, ses jambes et ses bras brisés jusqu’au délire, et même sa mère n’aurait pu reconnaître à qui appartenait le cadavre de celui qu’ils avaient tué à la porte du Temple, « sous le gazilofacio ».

La mort de Zacharie, père du Baptiste et fils d’Abias, coupa les pistes qui auraient pu mener les Hérode à leur fils Jean, et surtout, au Fils de Joseph. Ce dernier, averti du massacre des Innocents et de l’assassinat de Zacharie, son mentor, prit sa femme, son fils, et, accompagné de Cléophas, le frère de sa femme, ainsi que Marie, la femme de Cléophas, et ses fils et filles, ils émigrèrent en Égypte à cette époque, alors en pleine splendeur sous le règne d’Octave César Auguste, figure emblématique de ce qu’on appelle l’âge d’or de l’Empire romain.

2

Jean-Baptiste parmi les Esséniens

La structure des faits entourant la Naissance du Royaume de Dieu laisse peu de marge pour intervenir depuis le futur dans les événements déterminants de sa Fondation. Dieu ayant mis fin à l’ère de son Empire et proclamé l’unification de toutes les couronnes de l’univers sur la tête de son Fils unique, depuis lors et pour l’éternité, la transcendance de l’humanité dans ce chapitre de l’éternité se déduit du lieu où ce changement révolutionnaire d’ère s’est produit : la Terre. Ce sont des hommes qui ont mis leur vie au au service de ce Projet divin, et lorsqu’ils ont dû la sacrifier, ils n’ont pas hésité à mettre leur tête sur le billot. Devant le sang, il n’y a pas de doute ; le doute est l’apanage des esprits subtils, génies du vide, amoureux de la forme. L’être humain est bien plus qu’une créature de l’abîme. Et c’est ce que nous allons démontrer dans ces Réflexions.

Je vais laisser de côté pour l’instant le sujet de la nationalité romaine « de droit » des Juifs, qui a existé, comme dans le cas de saint Paul, contemporain de Jésus si ma mémoire est bonne, bien qu’il ne fût pas concompatriote au sens de la patrie natale, mais bien au sens de la race, etc. ; et au lieu de nous demander quand l’Empire s’est dépouillé de sa citoyenneté pour en revêtir ses sujets, il serait plus opportun de nous interroger sur les raisons pour lesquelles Octave Auguste n’a pas étendu cette universalité, qui découle du droit, alors que, si l’on une fois son génie étudié, on déduit de ses œuvres que cette universalité ne pouvait échapper à sa pensée, car ce qui convient au génie, ce n’est pas la vulgarité, mais la rupture avec la symphonie agonisante des traditions agglutinantes et monolithiques, contre le rythme schizoïde desquelles, traduit en guerres civiles, Octavien l’homme s’est battu à la vie à la mort, d’où il faudrait comprendre qu’il aurait été très difficile à son Esprit de laisser échapper les avantages ultimes d’une expansion révolutionnaire du droit humain-romain à tous les peuples du monde civilisé. Racine idéologique à partir de laquelle verrait le jour le mouvement de recensement universel comme porte d’accès à la citoyenneté romaine qui, issue du droit, abattrait le mur entre les Romains et les autres peuples de l’Empire. Mouvement dans le cadre duquel il faut considérer le recensement universel qui obligea Joseph, le père de Jésus, à se déplacer de Nazareth à Bethléem, mais que nous voyons entouré de sang, comme il ne pouvait en être autrement, lors d’un soulèvement de protestation contre la tentative du Romain d’intégrer tous les peuples au sein du droit, et qui constituerait la preuve concrète définitive dont Octave avait besoin pour se convaincre que, à bien des égards, il était né pour un avenir qu’il ne connaîtrait pas de son vivant, car le monde n’était pas, loin s’en faut, prêt à vivre à la lumière de ce droit. Ainsi, Octave le politicien l’emporta sur Octave l’homme et, face à la réponse sanglante des Juifs à sa tentative d’étendre la citoyenneté romaine à tous les peuples de l’Empire, Auguste s’adapta aux faits et laissa à l’avenir la réalisation d’un bien aussi grand.

Nous aurons alors le temps de revenir sur le procès de Jésus et de nous émerveiller devant le fait de sa présence, non plus devant le Sanhédrin, mais devant le gouverneur romain lui-même, lorsque, au fil des Évangiles, nous voyons comment les Juifs appliquaient la peine de mort à tout va, en toute impunité. Mais non pas en crucifiant « les chiens » ; la crucifixion était la chaise électrique de l’époque, réservée à l’Empire, mais bien en lapidant en pleine rue aussi bien une prostituée, comme dans le cas de l’adultère rapporté dans les Évangiles — « que celui qui est sans péché jette la première pierre » —, qu’un saint (saint Sébastien, par exemple). D’où l’on déduit, d’après ce que l’on voit et ce que l’on sait, que l’Empire n’a pas aboli le droit national des peuples, et qu’il a laissé aux États sujets le pouvoir sur la vie et la mort en ce qui concerne les affaires intérieures.

Certains historiens ont tenté de nous faire avaler des histoires à dormir debout datant de l’époque des Pierrafeu en affirmant que les Juifs avaient été privés du pouvoir sur la vie et la mort. Et ils nous disent cela en évoquant le cadavre de saint Sébastien et celui de cette femme adultère prise en flagrant délit, à qui Jésus adressa la célèbre phrase : « Je ne te condamne pas, va-t’en et ne pèche plus ». Si Jésus n’a pas été lapidé ni condamné à mort par le Temple, alors que le Temple lapidait tous ses ennemis et ses pécheurs, et ce en toute impunité, à quoi était dû ce traitement réservé à Jésus : était-ce contraire au droit romain qui interdisait au gouverneur de l’Empire de s’immiscer dans des affaires internes ne concernant pas les citoyens romains ? Jésus était-il citoyen romain ? Et d’ailleurs, le seul crime pour lequel un gouverneur impérial devait répondre devant César ne se limitait-il pas à ses actes criminels contre des citoyens romains ?

Quoi qu’il en soit, dans cette section, nous allons passer de Jésus à Jean. La question de départ est importante : d’où venait Jean-Baptiste ?

Dieu pouvait faire naître des enfants d’Abraham à partir des pierres. Cependant, personne ne prendra cette expression à la lettre. Non pas parce que Dieu ne peut pas transformer les pierres en hommes, pouvoir que confirme la réalité quand on voit tant de têtes de pierre sur deux jambes peupler la terre. Et si c’est à cause du cœur, que certains ont aussi dur que la roche … Au-delà de ce constat, la question s’impose avec force : d’où venait Jean-Baptiste ? Et qui le savait, comment le savait-il, et pourquoi celui-là qui le savait savait-il que ce Jean était le fils de cette Élisabeth et de ce Zacharie ?

Ce point cloué sur la table mériterait d’être enfoncé en affirmant, ou du moins en laissant entendre, que pour lever le voile des siècles et pénétrer dans le saint des saints de la Mémoire de Dieu lui-même, nous devons nous détacher de la nature de notre siècle. Et ce qui vaut pour nous vaut pour tous les temps et tous les lieux. Nous naissons et nous formons dans un milieu donné, et logiquement, la nature de ce milieu façonne les caractéristiques de notre façon de voir et de comprendre le monde.

Mais cela ne vaut que tant que nous sommes enfants. Le but de cette relation entre le sujet et le monde est de faire naître en l’être un esprit libre, parfaitement formé pour s’abstraire de ses circonstances et contempler le monde, en tant qu’objet, du point de vue du sujet qui observe la réalité comme s’il n’en faisait pas lui-même partie .

La réalité universelle étant considérée comme une entité en soi, dotée de ses propres lois objectives et régie par ses propres jugements, la légitimité biohistorique d’un regard alternatif se développe chez l’individu lui-même, déterminant la recréation d’ événements dont le souvenir se déplace dans le temps à la manière des ombres sur un écran chinois. N’oublions jamais que le mur le plus haut contre lequel se heurte notre intelligence est la muraille formée par les livres de ceux que l’on appelait autrefois des « historiens ».

Que ce soit parce qu’ils n’existent pas, ou parce que ceux qui existent sont des documents manipulés à des fins spécifiques, quiconque souhaite recréer les temps passés doit nécessairement proposer une méthode de reconstruction au sein de laquelle ces documents « officiels » constituent un outil parmi d’autres, mais en aucun cas le seul valable pour ouvrir la porte des siècles et de leurs événements. Oublier que les acteurs de l’ Histoire avaient à leur service ceux-là mêmes qui ont écrit l’« Histoire », et que ces historiens ont été payés pour raconter ce qu’ils ont raconté, cet oubli est un renoncement impardonnable aux yeux d’un passionné sans réserve de l’Histoire universelle, et bien qu’aux pieds des historiens scientifiques :

« sans documents, il n’y a pas de reconstitution du passé et cette reconstitution doit se conformer à ces documents », il faut s’affirmer dans le rejet de leur méthode scientifique et déclarerqu’il est insenséde prétendre atteindre la vérité en suivant les traces de ceux qui se sont employés à la dissimuler. Flavius Josèphe n’est pas le seul « historien » à avoir aimé la vérité par-dessus tout, et au nom de cet amour, il a saisi la Vérité historique et l’a crucifiée.

Alors : d’où venait Jean ? Pourquoi se nourrissait-il de miel et de sauterelles comme les bêtes ? Étant le fils de ce Zacharie, de la classe d’Abias, prince du Temple de Jérusalem, fils unique de son père, héritier de sa classe : à quoi était due sa retraite dans le désert, son renoncement à l’héritage multicentenaire de son père ?

On comprend cela en affirmant la Révélation de l’Évangile et en reconnaissant sa valeur en tant que document historique. Mais si l’Évangile est un roman, dans ce cas, cette question relève de la fantaisie et la discussion qui s’ensuit n’est que de la pure science-fiction.

Le choix appartient à chacun. Je n’étais pas là lorsque les faits se sont déroulés et je m’en remets à l’ encre qui a servi à écrire ce document : le sang.

Car si la vie réside dans le sang et que l’esprit est la vie, l’esprit est dans le sang. Ainsi, en mettant en balance la valeur de certains « historiens scientifiques » dontla foliese réjouit de fonder la reconstitution de l’Histoire universelle sur des documents, en sacrifiant la Vérité quant à l’origine de ces documents, dont ils ne tiennent pas compte ; et la valeur du sang en tant que « document historique », chacun doit se forger son propre jugement.

Exemple.

Si l’on se référait à l’Histoire d’Henri VIII à travers les documents de l’histoire britannique, ce criminel aurait été un saint. Et parmi les historiens britanniques, où se trouve celui qui appelle un chat un chat, qui traite ce « saint » de criminel et qui appelle un tel saint par son nom : criminel ? Et un criminel en série, la pire espèce de bête à deux pattes, dont le crime est d’autant plus monstrueux que, dans sa victoire, une nation entière a renoncé au plus sacré, le jugement critique de l’intelligence libre.

Ainsi, lorsqu’il s’agit d’ étudier l’Histoire, il faut se méfier, avant tout et par-dessus tout, des « historiens ». Il est certes indispensable de se référer à Flavius Josèphe lorsqu’on remonte à l’époque des Juifs de l’ère préchrétienne, mais il faut en même temps manipuler ses livres avec des « gants de fer ». Et quiconque ne prendra pas ces précautions finira par jeter des pierres sur « les chiens chrétiens ».

Cette décision prise, il faut savoir : l’Évangile est un document historique, nous levons le voile et regardons en face le souvenir de cette époque où… Zacharie, fils d’Abias, l’ « Abtalion » des derniers jours des Asmonéens selon Flavius Josèphe… au nom duquel la manipulation des faits mêmes racontés par « l’ historien » découle de l’incroyable cas qu’il présente, en donnant un nom grec à un Hébreu de souche pure, qui plus est un grand prêtre.

Le fils d’ Abias-Abtalion, héritier de l’une des 24 classes du Temple, marié à Élisabeth, issue de la lignée aaronique pour la plus grande gloire de son héritier, serait le père de notre Jean. Et c’est ce même Zacharie que, allongé sous l’une des portes du Temple, nous avions laissé dans une section précédente. C’est à propos de la mort de ce Zacharie, père de Jean-Baptiste, que Jésus a prononcé par sa bouche le jugement de Dieu contre les assassins de son Serviteur, un vieillard octogénaire, lorsqu’ Il a dit : « depuis Abel jusqu’à Zacharie… » En effet. Ils l’ont tué à coups de poing, à coups de pied, à coups de dents…

Comment ont-ils osé tuer un vieillard, prince du Temple, déjà aux portes de la tombe, de toute façon ? Pourquoi, et plus précisément quelques jours seulement après le Massacre des Innocents ? Zacharie n’avait-il pas eu vent de ce qui s’était passé à Bethléem de Judée ?

Il serait inutile de ma part de m’attarder à chercher un document qui nous serve de preuve pour ancrer le comportement des personnages de l’Histoire divine conformément au mouvement que je recrée au fur et à mesure des souvenirs de leurs vies. La biohistoire est là pour déplacer les pions de telle sorte qu’une fois la partie jouée, il n’y ait plus de mystère dans l’air, si ce n’est en guise de mémoire pour celui qui n’a pas suivi le déroulement des événements qui ont donné la victoire au Vainqueur. Et s’il fallait, à chaque étape, se remémorer la séquence dans le temps, la reconstitution serait une perte de temps, de la même manière qu’interpréter une langue pour quelqu’un qui ignore même la langue à partir de laquelle la traduction est effectuée revient à gaspiller sa salive. Ainsi, Zacharie, le père de Jean-Baptiste et fils d’Abias-Abtalion, n’avait-il pas pris connaissance de l’Histoire manipulée des Juifs par Josèphe, du Massacre des Innocents, et s’est-il, tel un agneau ayant perdu l’odorat, aventuré, dans son ignorance, dans la caverne du basilic hérodien ?

La Vérité n’admet pas les digressions. Seul le Mensonge s’ouvre au Doute. Bien sûr que Zacharie était au courant du Massacre des Innocents et, sachant que s’il se présentait au Temple, cela lui coûterait la vie, Zacharie prit la décision qui vaudrait à son nom la Gloire pour l’Éternité : leur jeter davantage de viande afin d’empêcher que la faim n’aiguise l’odorat de la Bête, tel un loup affamé traquant la vie de l’Enfant qui venait de naître. Cette viande allait être la sienne !

Gardons à l’esprit que pour le lâche, le courage du héros semble né de la folie, et que pour le despote, le sang de la révolution a le goût de la rébellion ; par conséquent, fonder la nature des événements historiques sur le jugement de tels témoins revient tout simplement à renoncer à ce qui distingue l’homme des bêtes : l’esprit de la Vérité. Et ce n’est pas parce que c’est la Science qui a tué la vérité de l’Esprit que nous devons admettre comme naturel ce qui répugne à l’Intelligence. Autrement dit, quiconque souhaite traiter avec un autre Être d’égal à égal doit voir la Personne dans la plénitude de ses facultés ontologiques, et non en modifiant ses propriétés en fonction de l’époque. Phénomène très courant chez les historiens, d’autant plus si l’on tient compte du fait que parmi les milliers de « professeurs », on ne trouve guère que quelques quelques-uns qui n’étaient pas au service de leurs maîtres et seigneurs, et que, en tant que mercenaires de la plume, chercher parmi eux plus d’un Procope revient, sinon à jouer à colin-maillard, du moins à faire l’imbécile pour le plaisir de faire le clown.

Autrefois, les hommes du peuple, qualifiés de « vulgaires » par leurs Excellences, sans savoir lire ni écrire, devaient prendre les récits des empereurs, rois et papes comme s’il s’agissait de la parole de Dieu, bien qu’ils nous fussent dictés par des mercenaires de la plume, des chiens fidèles à leurs maîtres, et s’ils n’étaient pas fidèles, du moins bien payés et bien nourris. Aujourd’hui, nous avons la possibilité de lire par nous-mêmes, de voir de nos propres yeux et de recourir à l’exercice divin consistant à brûler la grange afin de trouver l’aiguille sans nous ridiculiser, pour le bonheur et le nirvana de leurs Éminences, leurs Très Excellentes et divines têtes couronnées. Ce qui ne signifie pas que le proverbe suicidaire selon lequel l’ignorant est plus heureux que celui qui sait beaucoup ait disparu. Il faut croire que nous devrons encore, mais pas pour longtemps, attendre le jour de ses funérailles.

Pour en revenir à notre sujet, la mort de Zacharie, père de Jean-Baptiste, disons que, si pour un lâche l’esprit d’un courageux est une énigme, celui d’un saint l’est d’autant plus insondable pour un pécheur des lettres. Ce sont ces mains-là qui se sont lavées de leurs fautes dans le sang de ces fous ; comment croire qu’il aurait pu en être autrement ? Recréée par des historiens dont la liberté était celle d’un chien au collier d’or, comment l’ histoire des jours de Jésus aurait-elle pu être autre chose qu’une « anti-histoire » ? Or, l’ homme libre préfère vivre dans une grotte plutôt que d’être un chien au palais. Ce qui ne s’ applique pas aux « historiens », et encore moins à l’École britannique.

Depuis que Flavius Josèphe, cherchant à assurer la survie de sa race, a dépouillé son peuple de l’esprit naturel des Patriarches et des Prophètes, espérer que les historiens des Gentils trouvent dans le cadavre du Juif l’âme de l’Hébreu est devenu un dilemme de la nature que le Serpent a posé aux autres bêtes du Paradis : « Dieu condamnera-t-il le monde entier pour le péché d’un seul homme ? » La réponse de Josèphe fut : « Impossible. » La réponse de Paul fut : Bien sûr. Et depuis lors, Juifs et chrétiens, nous vivons comme chien et chat. Ainsi, le Juif ayant dépouillé l’Hébreu de son esprit, qui croira qu’ Israël puisse voir Dieu en Christ ! Et s’il ne peut voir ce qui est dans sa propre chair, comment accédera-t-il à sa mémoire ?

Face à la sainteté de l’ Hébreu, le Juif se trouve dans la même position que le lâche face au héros : il est incapable de comprendre la source de ses motivations. Le Juif, ne voulant pas admettre que Dieu condamne le monde entier à cause d’un seul homme, a été capable de considérer comme nécessaire la mort d’un homme afin que tout son peuple puisse vivre ; c’est sur cette voie que se sont ensuite engagées deux vies, puis trois, et, suivant ce même chemin, le Juif s’est lancé vers la solution finale que le célèbre Saul de Tarse tenait entre ses mains lorsqu’il est tombé de cheval, parce que Jésus lui est apparu selon les chrétiens, parce qu’il était un lâche selon les Juifs. Mais revenons à notre sujet :

Zacharie, le père du petit Jean encore en langes, était parfaitement au courant du massacre des Innocents lorsqu’il décida de se présenter au Temple dans le but, grâce au scandale provoqué par sa mort, de gagner pour Joseph et Marie le temps nécessaire pour faire leurs bagages et émigrer en Égypte.

Nous voyons comment, ignorant tout du massacre, Joseph et Marie se présentent au Temple, et y rencontrent l’autre personnage central de la deuxième partie de l’histoire divine de Jésus, Siméon le Jeune, fils de Siméon le Babylonien, le Semeï de l’histoire de Flavius Josèphe, l’associé d’Abtalion.

La Tradition retient le pauvre vieillard adorant le Messie. Pour Joseph, ce sont les paroles que ce « vieillard » lui a murmurées à l’oreille : « Fuis, Joseph, prends le Fils de David et pars en Égypte, car il est écrit : “C’est d’Égypte que j’ai appelé mon fils” ». Le reste est écrit dans l’Histoire divine. Dans cette section, nous allons aborder ce que je n’ai pas écrit là-bas.

Bien sûr, Zacharie savait qu’il risquait la peine de mort en quittant les montagnes de Judée où il vivait pour retourner à Jérusalem après sa période de mutisme, précisément au moment où les candidats à l’entrée dans le Temple se répartissaient déjà leur tour de service parmi les 24 princes qui gouvernaient l’État théocratique de Jérusalem. Zacharie savait que le scandale de son assassinat par les chiens du Temple obligerait ses maîtres à les contrôler, à les enfermer et à les maintenir tranquilles pendant un certain temps, le temps dont Joseph avait besoin pour prendre l’Enfant et quitter Israël.

Mais avant de se sacrifier, Zacharie prit les dispositions nécessaires pour sauver la vie de son fils, celui qui était né pour faire entendre la Voix dans le désert. Comment auraient-ils pu ne pas venir assassiner son fils Jean une fois que la nouvelle de sa naissance serait parvenue à Jérusalem et serait parvenue aux oreilles des Hérode ! Un enfant né à la manière d’Isaac, de parents plus âgés que Mathusalem… un Messie, bien sûr ! 

 

Telle est la véritable origine de Jean-Baptiste.

Zacharie ordonne à sa femme de prendre son enfant et de l’emmener dans les grottes des Esséniens, au bord de la mer Morte. Sans nom, comme celui qui a sauvé son petit-fils d’un massacre, ou comme celui qui sauve le fils d’une fille surprise en adultère et lapidée à lapidation, celle qui, par sa lignée, était la sœur de Marie, la sœur de Moïse, et qui, par sa famille, était la sœur de la mère de Marie, Mère de Jésus, cette Élisabeth, née princesse au sein des clans aaronites de Jérusalem, cultivée comme elle seule, obéit à son mari, car elle sait parfaitement où va son époux, Zacharie ; elle se dépouille de tous ses atours de dame, prend son fils nouveau-né, âgé de six mois, sept tout au plus, et se cache dans l’ombre de l’une des grottes où vivaient ces communautés esséniennes de l’époque d’ Hérode et de ses fils. Si jamais l’un de ces troglodytes avait connu la femme de Zacharie, fils d’Abias, autrefois, après la naissance miraculeuse naissance de son Jean, personne n’aurait pu dire que cette femme était la même qu’il avait connue. Le miracle du rajeunissement de son corps avait effacé de son apparence la grand-mère qu’elle aurait dû être vu son âge.

Là, dans l’une de ces communautés esséniennes, autorisées par les pouvoirs juifs en place à l’ époque, Élisabeth éleva son fils et vécut pour lui enseigner qui était son père, comment Zacharie, son père, avait été tué ; comment lui, Jean, était né, le mutisme de son père et la nécessité de sa mort. Élisabeth a nourri l’âme de son fils tout au long de son enfance et de son adolescence dans le mystère de l’Annonciation de Jésus, en lui expliquant qui étaient Joseph et Marie, ses parents, pourquoi ils devaient fuir et pourquoi Zacharie s’était imposé le devoir de dissimuler leur fuite en s’offrant comme victime d’un scandale. Lui, Jean, était « la Voix de celui qui devait crier dans le désert… »

Le fait qu’elle fût une femme, et qu’elle ne pût donc pas être admise comme membre à part entière de la communauté essénienne de la mer Morte, a tenu la « confrérie » éloignée de son fils Jean, qui, à la mort de sa mère, se retira dans le désert pour se préparer à son Heure, survivant grâce au miel et aux sauterelles.

Élisabeth mourut en même temps que Joseph, le mari de Marie, alors que son fils était déjà autonome et qu’il n’y avait plus personne en ce monde qui pût lui imposer d’autres règles que celles de sa Naissance.

La philosophie religieuse des Esséniens et l’atmosphère de fraternité interne ont constitué une formation morale d’une puissance extraordinaire pour le futur Baptiste, d’autant plus que l’origine des Esséniens reposait sur l’impossibilité de vivre au sein d’une nation qui, avec l’ascension des Asmonéens, scella sa destruction en se rebellant contre la Loi de la Couronne, donnée par le Seigneur à perpétuité aux fils de David.

 

Telle est la véritable origine des Esséniens.

Les Esséniens refusèrent de vivre sous le poids du péché de rébellion contre le décret du Seigneur commis par les fils des Maccabées, et, lorsque la défaite du mouvement pro-davidique et anti-asmonéen fut consommée, les vaincus préférèrent la pauvreté et l’isolement à la vie sous la loi du roi rebelle à Dieu.

Tout au long de la dynastie des Asmonéens, les Esséniens vécurent isolés et se développèrent grâce à l’afflux constant d’esprits subtils vers une communauté quasi troglodyte qui, grâce à l’aide fidèle de leurs proches, put survivre à la cause de son origine. Une fois la couronne asmonéenne abolie, en 66 av. J.-C., lorsque Pompée fit irruption et conquit le Moyen-Orient, les Esséniens revinrent au sein de la nation. Mais lorsque Hérode accéda au pouvoir, la nation commettant à leurs yeux un crime infiniment plus grave contre le Seigneur Dieu — car si auparavant c’était un Juif le rebelle, désormais c’était un Palestinien l’usurpateur —, les Esséniens retournèrent dans leurs grottes.

Que ce soit pacifiquement ou sous la contrainte d’Hérode et de ses Juifs, c’est une autre histoire. Le fait est que la Galilée s’est rebellée contre la maison des Hérode dès qu’Antipater a commencé à s’appuyer sur Rome pour hisser sa maison sur le trône que les Asmonéens avaient laissé vacant. Hérode en personne, bien que jeune, se chargea d’anéantir cette opposition à sa famille, et sa victoire contre les Galiléens rebelles lui vaudrait renommée et gloire aux yeux de ses futurs protecteurs romains.

C’est au cours de cette période d’humiliation des Juifs, dominés par une maison anti-davidique et non hébraïque, que la communauté essénienne du désert de la mer Morte s’est développée. Hérode, pour sa part, s’est contenté de les ignorer. Ces troglodytes du désert, sur les rives de la mer Morte, avaient fait de la Paix et de la Fraternité leurs dieux et plus il y en avait comme eux… mieux c’était pour leur dynastie. Ils ne faisaient de mal à personne et étaient vénérés comme des saints par ceux qui les connaissaient… tant mieux pour eux…

Quel meilleur endroit que ces grottes pour cacher un « enfant et sa mère » des mains meurtrières de la Bête qui avait dévoré le mari d’Élisabeth « celle de Zacharie » ?

Les paroles de Jean à l’encontre des Juifs du Temple, qu’il ne cessait de traiter de vipères, s’expliquent par l’éducation et l’enseignement que sa mère lui avait inculqués. Jean savait qui il était lui-même, et qui était le Messie ; il connaissait les liens qui unissaient leurs familles et leurs lignées, et il connaissait le nom du fils de Marie, petite-nièce de sa mère, il connaissait le nom du Messie, de Celui qui était né sans avoir connu d’homme, comme sa mère le lui avait révélé. Ce que Jean ne connaissait pas, c’était le visage de Jésus. Mais c’est une autre histoire.