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L'HISTOIRE DIVINE DE JÉSUS-CHRISTLIVRE CINQUIÈMEDOCTRINE DU ROYAUME DES CIEUX , DOCTRINE DU SAINT-ESPRIT |
LE
PONTIFICAT SUPRÊME UNIVERSEL DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT PAUL
1- LA CONSPIRATION CHRÉTIENNE 2- L'INVENTION DU CHRISTIANISME 3- L'AVENIR DU JUDAÏSME 4- L'AVENIR DE L'ÉGLISE 5- JÉSUS-CHRIST, SUPRÊME PONTIFE UNIVERSEL 6- LE VÉRITABLE VISAGE DU CHRIST 7- JÉSUS-CHRIST, TÊTE SPIRITUELLE DE LA CRÉATION 8- JÉSUS-CHRIST, PONTIFE UNIVERSEL ET ÉTERNEL 9- JÉSUS-CHRIST, LA VIE AU-DELÀ DE LA FIN DU MONDE
I
La conspiration jésucristienne
La nécessité est la mère de tout,
si l’on en croit le proverbe, et l’origine des actions humaines, si l’on en croit
d’autres. Et comme il y a toujours une part de vérité dans les leçons tirées de l’expérience,
même s’il est vrai que prétendre conférer le caractère de loi universelle au fruit d’
une expérience particulière est un acte quelque peu audacieux, disons aussi que cette
part de vérité existe dans la leçon.
Nous voyons que le christianisme repose
sur une nécessité, la mort du Christ, ce qui confère à la première partie de
cette réflexion une solidité extraordinaire, et en même temps, il faut se prémunir
contre quiconque prétendrait faire de cette nécessité « la seule nécessité » comme
axe, noyau et épine dorsale de sa doctrine. Ou, comme le dirait saint Paul lui-même,
qui vous a appris à voir le Christ comme crucifié ? N’est-il pas ressuscité, et
tout n’était-il pas ordonné à sa Résurrection ?
Qu’est-ce qui est le plus important : la culture
de l’arbre, ou le fruit qui est le but de cet acte ? Un génie cultivera peut-être son champ
par amour de l’art, mais l’art pour l’art est une utopie que cultivent justement
ceux qui ne sont pas des artistes. La Nécessité, par conséquent, resplendit
toujours au sein d’un ensemble de causes. Et c’est ainsi que nous savons que dans la
Création de l’Homme est également intervenue la Nécessité qu’avait Dieu de
trouver un moyen de faire entrer tous ses Enfants par la Porte de la
Vérité, où réside la Loi.
Et pourtant, il serait faux de réduire la
Création de l’Homme à la Nécessité. En principe et par antonomase, l’
Homme est le fruit de l’Amour de Dieu pour sa Science et son Art, la Science de la
Création des univers et des mondes, Amour qui détermine son Être en faisant de Lui « le
Créateur », Origine et Source de tous les esprits créateurs de l’univers, et
qui, faisant de Lui « Celui qui est », engendre dans son Esprit des visions de mondes,
pour lesquelles, s’enflammant en esprit, Il se met aussitôt à l’œuvre, emporté par la
passion naturelle de tout créateur, à leur donner corps dans la matière des étoiles.
Il y a donc Nécessité et Passion, et
toutes deux se rejoignent, assurément, dans la Résurrection, acte dans lequel ces deux causes
se rencontrent pour élever l’Acte créateur à sa plus haute expression, car si, par
la première, Dieu se consacre à la Création, c’est par la seconde que le Triomphe de la
Passion l’emporte et fait resplendir sur sa Créature le Vrai Visage de son
Créateur.
Et même si la Nécessité impose
à Dieu sa Loi dans ces événements qui lui sont propres, car sans Lui à leur
Origine, ils ne pourraient pas avoir d’Histoire, cette Nécessité ne peut pas anéantir la Source d’
où procède son Action créatrice : l’Amour, la Passion pour sa Création.
Nous voyons, en entamant enfin la marche,
que l’interprétation de la Réalité divine dépend de celui qui l’interprète,
mais que la Réalité universelle reste inaltérable, et ce n’est pas parce que Dieu a
souffert ce qu’on Lui a fait subir en voyant sa Créature marcher dans la poussière,
que notre Créateur nous abhorre.
Tout artiste, tout esprit créateur,
connaît la douleur et la souffrance que l’on éprouve lorsque quelqu’un ou quelque chose
détruit l’œuvre de sa vie, de son inspiration, de son être. Et si la douleur causée par
la perte d’un manuscrit ou d’un tableau produit un effet émotionnel tragique,
on peut imaginer que, si cette perte ou cette destruction se produit sous les yeux de
son créateur, cette souffrance sera infiniment plus douloureuse. Ce n’est qu’en voyant en Lui
notre Créateur que nous pouvons comprendre Dieu. SéparerDieu de l’Esprit du Créateur, et
réduire notre vision à la contemplation de son Saint-Esprit, en niant à
celui-ci la nature de Celui-là, c’est succomber à la vieille hérésie qui consiste à séparer Jésus
du Christ. L’Esprit Créateur définit la nature de Dieu dans sa relation avec
le cosmos ; le Saint-Esprit définit la relation de Dieu avec sa création. Dans la
première, nous avons une relation divine exclusive ; dans la seconde, nous avons la
relation sociale de Dieu avec la vie à son image et à sa ressemblance. Mais toutes deux ne font
qu’une seule réalité dans l’âme de notre Créateur, où ces deux relations
engendrent la personnalité du Père, par l’amour duquel pour sa Création nous sommes enfants de
Dieu. « Soyez saints comme je suis saint ».
De toute évidence, créés pour être ses semblables, ces deux définitions marquent
notre personnalité. L’esprit Créateur vit en nous, dans le cadre de la dimension
de notre origine, et son esprit
social naît en nous à l’image et
à la ressemblance de sa Personnalité sociale, fondée sur l’Amour de la Vérité, la
Justice et de la Paix, les trois piliers sur lesquels repose l’édifice
tout entier de l’avenir d’une civilisation créée pour jouir de la vie aux côtés
de la vie de son Fondateur. Ainsi, si, par l’esprit créateur, notre âme contemple
un champ riche en fruits pour l’avenir de tous, par l’esprit social,
notre civilisation évolue dans le présent au sein de cet édifice qui nous
protège, nous ouvre la porte vers l’Intelligence de notre Créateur et nous conduit
par la main de sa Sagesse à travers les Jours
de l’Éternité. Ainsi, l’empreinte de notre
Créateur vivant en nous, Lui qui s’est manifesté en devenant Homme afin que nous ne nous égarions pas en inventant des dieux pour justifier
de futurs délits et crimes contre nos semblables, « soyez saints car je
suis saint » nous est révélé dans le cadre de la dimension sociale que Dieu Lui-même a édifiée pour vivre avec nous. L’idée de la sainteté
comme un pilier sur lequel s’asseoir au-delà du monde, une fois que l’on vit en
Jésus-Christ, nous la retrouvons tout naturellement dans l’amour de la vie qui naît
avec nous, pour que toute la théologie et la philosophie du monde se résument en une
simple phrase divine : « Aime Dieu ton Créateur par-dessus tout, et ton
prochain comme toi-même ». Il est vrai que c’est pour avoir dit cela que
Jésus-Christ a été condamné à mort. Comprenons-le , pour l’avoir dit et
l’avoir incarné dans son propre être. Car parler, c’est très facile. Croire que Dieu
existe et que Jésus-Christ est son Fils, même le Diable le savait. Ce qui différencie
un homme d’un autre, ce n’est ni la foi ni la parole, ce sont ses actions, ses
œuvres. « Beaucoup diront en ce jour-là : Seigneur, nous avons accompli de nombreux miracles en ton nom. » La réponse de ce Seigneur aux miracles qui
sortent de la bouche transforme les hommes en moutons dont on tire la laine
et le lait, tandis que leurs âmes sont des terres arides où n’a pas mûri le fruit
que Dieu recherche : les œuvres d’amour envers son prochain comme envers soi-même… La réponse de
Dieu est écrite : « Éloignez-vous de moi, enfants de l’iniquité, allez vers votre père
dans l’exil éternel hors de mon Royaume ». Ainsi donc, l’esprit social de l’Homme trouve en Jésus-Christ sa racine. « Soyez féconds et
multipliez-vous ». C’est l’appel à participer avec notre Créateur à la formation, à
l’image et à la ressemblance de son Esprit social, des générations qui vivent en
nous. Pouvons-nous imaginer une responsabilité plus grande et plus merveilleuse que
de participer avec notre Créateur à la formation des générations dans l’
esprit social de son Fils ? N’est-ce pas là
participation le principe et la fin de tout l’édifice pédagogique de notre
civilisation ? Existe-t-il une tâche plus grande et plus digne quede former les générations dans l’esprit de
la Loi de la Vérité, de la Justice et de la Paix ? C’est cette Loi qui s’est faite Homme
afin que nous puissions voir en direct le Fruit de l’Arbre de Vie. Commentla Liberté, la Fraternité et l’Égalité pourraient-elles
exister là où ne vivent pas la Vérité, la Justice et la Paix ! Ce Fruit vit dans l’
esprit social de notre Créateur ; c’est pourquoi les œuvres de ceux qui ont
fait de leur bouche une trompette de révolution ont suscité, non pas l’Amour du
prochain, mais la Terreur. Lorsque la parole devient une entité vide d’esprit,
dans le corps de laquelle se cache une soif immense de richesses et de pouvoir, le fruit que récolte la
société est la ruine. Plus un homme parle de progrès, plus celui qui l’
écoute s’enfonce dans la misère. Le seul progrès
réel qui existe est celui qui naît de l’amour inconditionnel de la vérité, de la
justice et de la paix.
Je veux dire par là que regarder
Dieu en oubliant que l’esprit créateur est en Lui sa Nature définitive, son
essence ontologique ultime, la substance émotionnelle dans le champ de laquelle s’enracinent ses
pensées et ses sentiments, oublier le Créateur en Dieu et réduire le regard sur
Dieu à une Entité, c’est-à-dire un sujet théologique abstrait défini par ses
attributs, incapable de bouger ne serait-ce que parce que le mouvement porterait atteinte à
ces attributs, etc.… Réduire l’Être à des attributs théologiques n’est plus une
aberration de la pensée, c’est, de manière perverse, monter sur la dalle sous laquelle
on a enterré Jésus pour que le Christ ne ressuscite pas.
Il faut être aveugle ou être un
véritable saint pour, en centrant la pensée sur Dieu en tant qu’Entité, ne pas perdre de
vue le Créateur dans l’Être. À ce sujet, il semble que l’Histoire nous donne l’exemple
d’un saint Thomas, pour le meilleur, et pour le pire, elle présente tant d’exemples qu’il
vaut mieux n’en mentionner aucun. Le fait est que, dès le tout début, Dieu se
révèle comme une Passion créatrice, et c’est à partir de cette passion dévorante du Créateur pour
son Œuvre que Dieu se met en colère et se déchaîne contre le « voleur » et
le « criminel » qui a osé détruire son œuvre, le Premier Homme, là-bas dans l’
Éden, et cela fait déjà près de six mille ans que cela s’est produit.
Dans la Résurrection, nous avons donc la
vision du Créateur qui ne peut empêcher la destruction de son Œuvre, obéissant à la
Nécessité, et la manifestation de l’amour infini du Créateur pour son Œuvre, qui,
pouvant la restaurer dans sa perfection originelle, non seulement le fait, mais va même
jusqu’à perfectionner ce qui est perfectible en rendant indestructible ce Deuxième Homme. Si le
Premier était parfait, son Ignorancis le rendait
imparfait aux yeux d’un esprit maléfique dont la tendance à la destruction de
l’Œuvre créatrice était sa nature, sa passion artistique, comme si l’on disait qu’
on peut éprouver de la passion pour la guerre, le crime et le délit. Le Créateur en Dieu
se dresse contre cette pseudo-philosophie de la perversion, fruit de la
nature, et se jette à l’assaut du voleur, du criminel et du destructeur pervers en qui
l’envie est la véritable nature ; et parce qu’Il le fait, Dieu sépare
la Création de la Destruction, la Lumière des Ténèbres, la Vérité du Mensonge, et la Passion de l’
Intérêt. Et enfin, en Jésus-Christ s’établit la Création sur la Passion du
Créateur pour son Œuvre.
Parmi toutes les œuvres de ce
Créateur, saint Paul est l’une des plus merveilleuses.Saint Paulest le
prototype de ceux qui, sans avoir touché ni vu le Fils de Dieu dans la chair du
Fils de Marie, deviennent enfants de Dieu « par la béatitude de celui qui croit sans
voir », et parce que, sans voir, ils croient, ils seraient d’autant plus précieux aux yeux de leur
Créateur que ceux qui, le voyant et le touchant, s’enfuirent en courant lorsque vint
l’Heure de la Vérité. Et pourtant, Dieu, pour glorifier tous ses Fils,
a disposé que les premiers couronnent leur vie par le sacrifice suprême, et que pour les
derniers, que notre foi surnaturelle soit notre gloire ; car si, chez les premiers, la foi
n’était que naturelle après avoir vécu ce qu’ils ont vécu, chez nous, pour
résumer le sujet, elle est surnaturelle dans la mesure où, sans voir ce qu’ils ont vu,
nous croyons en ce qu’ils n’auraient jamais cru s’ils ne l’avaient pas vu. Et enfin,
pour faire de nous tous une seule chose, Dieu a établi notre foi surnaturelle
dans le sang de leur foi naturelle, par le sang et dans le Sang du
Premier-né de la Gloire, comme le dira saint Paul, Dieu le Père unissant dans le sang
du Christ tous ses enfants.
Une fois le premier pas franchi, il n’y a plus
de division entre les enfants de Dieu. La foi est la même, et bien que l’origine soit
différente, car les uns sont enfants d’Abraham et les autres du Christ, par l’Esprit,
nous croyons tous en la même Vérité. Et cette Vérité est la suivante :
À maintes reprises et de multiples façons,
Dieu a parlé autrefois à nos pères par la bouche des prophètes ;
mais ces derniers temps, en ces jours-ci, il nous a parlé par son Fils, qu’il a établi héritier
de toutes choses, par qui il a aussi créé les siècles ; lui qui, étant le rayonnement de sa
gloire et l’empreinte de sa substance, et qui, par sa parole puissante, soutient
toutes choses, après avoir accompli la purification des péchés, s’est
assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs, devenu bien supérieur aux
anges, puisqu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur.
Voici, s’il est possible de résumer toute
une Sagesse sur laquelle des montagnes de livres ont été écrits, le condensé
de toutes choses, l’égalité résultant d’une somme de facteurs innombrables.
L’auteur s’en va vers l’Éternité même, puis revient à l’Histoire du quotidien ; il
s’élève vers les hauteurs impérissables du Ciel où demeure le Dieu des bienheureux,
et descend à la surface de la Terre où nous vivons sous le poids des
circonstances, nous, les malheureux de toujours ; l’auteur voyage vers l’Infini, et
revient avec un message merveilleux et sublime : Dieu a établi son Fils
aîné Roi et Seigneur sur toute l’Œuvre de ses mains, et a remis l’Avenir
de toutes choses entre les mains de son Fils.
La crainte de Dieu se transforme en amour pour son
Fils, et puisque la crainte s’est érigée en pont de relation entre Dieu et sa
Création, et que par la crainte était glorifié Celui qui recherchait l’amour, voulant
mettre fin à cette relation, qui ne lui plaisait pas et qu’il n’a jamais recherchée,
il dit : « Glorifiez mon Fils. Aimez-Le, car en Lui j’ai mis toutes choses, aussi
bien celles de la Terre que celles du Ciel. Toutes choses ne sont rien à mes yeux et
ce n’est qu’en Lui que réside ma vie. Je ne manque de rien, j’ai mon Fils ; j’ai tout en abondance, en Lui
j’ai tout. Vous voulez craindre Dieu et fonder sur la crainte la relation entre le
Créateur et son Œuvre ; eh bien, voici votre Créateur, donnez-lui tout votre amour, moi,
je lui ai donné tout le pouvoir ».
Et pourtant, en nous faisant plier les
genoux, Dieu le Père a joué avec nous de la manière la plus merveilleuse
qui soit, car en établissant la Couronne de son Fils dans Sa volonté éternelle,
Il a d’abord enlevé l’homme avec un amour profond afin que la crainte qu’Il n’avait pas voulue dans Sa Gloire
Il n’a pas voulu pour Lui-même s’établisse dans l’Amour et que, par l’Amour, la
Crainte devienne parfaite, cette Crainte devenant ainsi la crainte de la Toute-Puissance : la Crainte qui vient
de la peur de perdre la seule chose capable de satisfaire cet amour passionné
avec lequel la Foi inonde l’être de celui qui se convertit.
Il n’y a pas de division entre les enfants de
Dieu !
En extirpant de sa Création le mal,
en plaçant entre la passion pour la destruction meurtrière et la passion pour l’
activité créatrice la Couronne et la Seigneurie universelle de son Premier-né, et parce qu’Il
le fait : toutes les couronnes, tous les pouvoirs, tout ce qui, ayant pour origine
le bien et qui, par le mal, est devenu source de destruction et de crime, et ayant été
abolis, Dieu établit la Fraternité sur l’Égalité, de sorte que, en ce qui
concerne le Pouvoir, tous les enfants de Dieu se retrouvent nus devant le Seigneur
Universel et Roi éternel, Jésus-Christ.
Il n’y a pas de division entre les enfants de
Dieu !
Et s’il y en avait une, Dieu ayant
établi l’Égalité de tous ses enfants dans l’Obéissance sans limites au
Roi de son Royaume, elle surgirait en relation avec une rébellion contre cette
Égalité. Et si nous voyons que Dieu met à nu toute sa Création — en abolissant toute
couronne —, nous voyons ensuite que la division entre les serviteurs de Dieu surgit en
rapport avec le pouvoir, c’est-à-dire avec les vêtements dont, non contents du
nouveau vêtement que Dieu donne à sa création, les serviteurs de Dieu
se sont battus et se sont diabolisés pour… pour la plus grosse bague en or, pour la mitre
la plus chargée de pierres précieuses, pour la plus grande part de pouvoir impérial.
Il n’y a pas de division entre les enfants de
Dieu, mais il y en a eu entre les serviteurs du Seigneur !
Les enfants de Dieu tirent leur gloire non pas
du pouvoir, mais de la liberté ; les serviteurs, eux, la tiraient non pas de la liberté, mais
du pouvoir, et c’est pourquoi il existe une division entre eux. Or, celui qui recherche
le pouvoir se rebelle contre celui qui a aboli tout pouvoir et a remis tout pouvoir entre les
mains de son Fils unique.
Et d’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement
? Tout être vivant n’est que de la poussière cosmique mêlée à un peu d’eau,
des créatures d’argile qui ne doivent leur vie qu’au pouvoir du Créateur de faire en sorte que son
Esprit pénètre la matière et devienne chair divine. Un souffle suffit pour que la
terre retourne à la terre, l’esprit à l’esprit, et qu’il ne reste ni trace ni
souvenir de celui qui, l’espace d’un instant, s’est cru un dieu. C’est uniquement par l’amour que le
Créateur porte à sa Création, à son œuvre, au reflet de sa nature sur la
toile de l’Univers, instrument accordé sur les notes des étoiles, et
uniquement par cette passion créatrice qu’une simple poupée d’argile prend vie et, par le
même amour envers sa créature, celle-ci se tourne vers son Créateur et l’appelle Père.
Mais la folie commence lorsque la
créature oublie ce qu’elle est et, en se contredisant elle-même quant à l’argument de son
Origine, ose revendiquer pour elle-même ce qui est l’apanage exclusif de son Créateur : le Pouvoir !
La conséquence est sous nos yeux
et réside dans ce noyau meurtrier qui, répandant ses effets maléfiques sur notre
espèce, a conduit notre histoire au point où nous en sommes aujourd’hui. Ainsi,
une fois dépassée la limite que l’Amour s’impose d’attendre patiemment que la conduite
de celui qu’il aime se régénère, une fois dépassée cette limite de la Patience surnaturelle,
Dieu a dépouillé toutes ses créatures de leur Pouvoir, a placé tout le Pouvoir entre les mains de
son Fils, et ce faisant, nous a tous mis à ses pieds.
Humiliation, mais aussi gloire. Car la
créature a déjà prouvé, et nous le vivons encore dans notre chair, qu’elle est rendue folle
par le pouvoir.
Le pouvoir ne corrompt pas, le pouvoir
rend fou !
Et en effet, le pouvoir ne peut être que dans
les mains de celui à qui il appartient, le Fils de Dieu, – comme le dit saint Paul – :
empreinte de la substance divine, rayonnement de sa majesté, et qui, étant
le Fils unique de son Père, tient dans sa Parole sa force infinie.
Mais la créature, le pouvoir n’étant pas
naturel chez nous, en recherchant le pouvoir, doit nécessairement établir
la loi de son pouvoir sur la destruction de ceux qui ne veulent pas se laisser dominer,
et qui, ayant pour tendance naturelle de refuser d’être l’objet d’une domination en raison de leur
rébellion, transforment cette loi de domination en une arme meurtrière, et celui qui la détient en
criminel – en puissance, dans le meilleur des cas, et de fait dans le cas le plus
général.
Mais tel est le pain quotidien que
l’Humanité a mangé pendant six mille ans. Et cela a donné lieu à une
théorie du pouvoir selon laquelle le pouvoir, d’après la science, est déterminé
par la structure naturelle. Et pourtant, la loi du plus fort étant un fait naturel,
l’existence de la révolution est tout simplement une incohérence. D’où l’on voit qu’il n’y a
pas de pire contradiction que celle de l’athéisme, car si, d’un côté, il affirme la
nature du pouvoir, de l’autre, il présente la révolution comme une violation de
la loi naturelle, contre laquelle le pouvoir
est légitimé à écraser le révolutionnaire et le rebelle qui refusent de se laisser dominer.
Philosophie malfaisante qui, comme on le voit de nos jours, s’est imposée comme l’axe de la
politique mondiale des Nations Unies, faisant le jeu de la Russie et de ses alliés, et
exercée contre une Ukraine rebelle qui s’est soulevée pour défendre sa liberté face à une loi scientifique poussée à son plus haut degré d’expression néo-
nazie.
Suivant cette logique, ceux qui
établissent le pouvoir dans la nature et, par le biais de la science, bénissent la
criminalité extrême et élevée de ceux qui l’exercent, transformant la folie du
pouvoir en raison de la science, doivent logiquement considérer toute opposition à
leur pouvoir comme un événement contre nature,
car le communisme est avant tout et par-dessus tout la négation de la liberté dans l’
égalité en tant que fait naturel.
Ainsi, celui qui établit le
pouvoir sur la nature doit nécessairement trouver dans la Révolution son ennemi
naturel. Et pourtant, nous observons comment, en maintenant vivante la Révolution, la théorie du
pouvoir naturel contre laquelle elle s’était dressée, et parce qu’elle n’a pas cherché à l’abolir,
a déterminé la chute du produit de la Révolution, l’URSS, qui aurait pu pu être évitée si la Révolution avait procédé à l’abolition
du pouvoir, c’est-à-dire à l’instauration de la démocratie, une fois arrachée des mains du
fou avide de pouvoir cette arme avec laquelle il assassinait en masse et à sa guise toute une
nation.
Toute action visant le Pouvoir est, en
conséquence, l’expression d’une folie qui se sert de la nécessité pour
assouvir une passion contre nature. Or, six mille ans d’Histoire sous
la botte et le poing du Pouvoir constituent un livre riche d’expériences infinies
sur les transformations de la théorie du pouvoir. Et c’est peut-être pour cette raison que
le pouvoir cherche, avant tout et par-dessus tout, à aliéner la formation
intellectuelle des peuples et de l’homme, en tant qu’être intelligent, par rapport au
Livre de la Mémoire universelle, de peur que, en apprenant l’Histoire, le citoyenne devienne « rebelle ».
Nous observons également que notre
Histoire s’est orientée vers une civilisation ordonnée au sein d’une
structure sociale qui tend inévitablement vers l’abolition du Pouvoir et,
nous trouvant dans la Démocratie comme voie vers cet État naturel de civilisation,
nous observons depuis celle-ci comment le Pouvoir, c’est-à-dire l’existence d’une
directrice à vie, entraîne pour cette tête un crime contre la justice et la
paix de la nation en érigeant sa « vérité » en vérité universelle absolue.
Ainsi, et à la lumière de l’expérience de
siècles de lutte pour la liberté, le
pouvoir, en tant que folie, se définit en premier lieu par l’atteinte à la
justice et aux aspirations du peuple de la part des chefs dirigeants gouvernementaux qui, pour
conserver leur statut, ne se fixent aucune limite et font du crime et du délit leur modus
vivendi.
Nous observons également, à la gloire de la
civilisation chrétienne, que ce chemin de liberté de l’être humain face au
pouvoir en tant que folie, qui nous a conduits à la démocratie, où la société
participe pleinement à la gestion de ses fonctions et gère par elle-même
ses ressources, bien qu’encore imparfaite dans sa structure, n’a pu
atteindre cet état qu’au sein de la civilisation chrétienne ; car, comme on
le comprend du christianisme lui-même, qui suppose l’abolition de toute monarchie et
de tout gouvernement à vie des personnes, l’Histoire marche, invinciblement, vers
la démocratie chrétienne en tant que modèle de système social, où la couronne
appartient au Fils de Dieu et où les peuples se gouvernent de manière autonome conformément à la
loi du droit universel. De telle sorte que sans Vérité, il ne peut y avoir
de Fraternité, sans Justice, il ne peut y avoir d’Égalité, et sans Paix, il ne peut y avoir
de Liberté ; dans cette réalité, le Droit divin et le Droit humain s’unissent pour forger
au sein de la civilisation une société tournée vers un avenir sans limites.
Et comme tel était l’avenir que portait
en son sein le christianisme de saint Paul et de ses frères, il n’est pas étonnant
que l’Empire se soit lancé contre eux, même si, en raison de la folie de cette mesure, l’
incendie de Rome fit passer l’exécuteur pour un fou, se cachant derrière la tragédie
l’existence de celui qui, ayant une connaissance parfaite du christianisme
eschatologique, murmurait à l’oreille de Néron et du Sénat la nécessité de
détruire « cette secte des chrétiens ». Une nécessité qui, allant à l’encontre du droit
romain, ne pouvait trouver de légalité que par un acte terroriste d’une
portée inégalée, dont les conséquences furent entérinées par la
signature de l’Empire dans un décret d’extermination massive de certains citoyens contre
lesquels, en tant que citoyens de l’Empire, il était impossible de procéder à une
« solution finale » qui, de par son texte même, aurait constitué une négation de l’esprit du
droit romain.
Il s’agit là d’une ruse qui a été utilisée
à maintes reprises au fil des millénaires. On a notamment accusé les
États-Unis de l’avoir employée contre l’Espagne lors de la guerre de Cuba, en coulant leur
propre navire au large des côtes de leur futur ennemi afin de disposer d’uncasus
belli légitimeaux yeux du droit international et du peuple
américain. D’autres ont voulu voir dans l’effondrement des tours jumelles de
New York une manœuvre de cette nature, afin de faire approuver par le Congrès, sur fond de
tragédie du moment, la guerre en Afghanistan, prétendument décisive pour le
gazoduc transsibérien, etc.
De ce côté-ci de l’Atlantique, dans les
cercles privés du pouvoir et la périphérie médiatique, circulait,
jusqu’à hier encore, la théorie du complot du PSOE-Couronne des Bourbons visant
à porter le Parti du Dauphin au pouvoir, pour lequel ils ont orchestré
des actes de sabotage dont l’aboutissement fut l’attentat terroriste de Madrid, qui fit
finement pencher la balance en faveur du Parti du Dauphin. Mais comme cela n’a pas
pu être prouvé et que cela est resté un crime parfait, les choses ne sont pas allées
plus loin, d’autant plus que le Parti du Dauphin était prêt à affronter une
deuxième guerre civile si le complot venait à être dévoilé.
Personne ne peut reprocher à quiconque d’avoir de
mauvaises pensées, sachant que l’Histoire est un coffre rempli de tragédies que les Couronnes
ont garni des joyaux de leurs crimes et massacres sans fin.
Pour en revenir au passé, dans le cas de
Néron, l’eschatologie jésu-chrétienne n’aurait guère pu
parvenir à ses oreilles si quelqu’un, qui connaissait parfaitement les chrétiens et avait entendu
de ses propres oreilles « cette doctrine mystérieuse, parfaite, cachée, transmise entre les
parfaits », c’est-à-dire quelqu’un qui a côtoyé les chrétiens et qui était l’un
d’entre eux.
L’identité de ce candidat est une
question difficile à déterminer à partir des preuves, mais facile à découvrir
à partir des coïncidences et des faits. Nous aborderons ce sujet plus en détail
ailleurs.
Ce qui est évident, et puisque l’
incendie de Rome a déterminé la nature de la mort de l’auteur de l’Épître aux
Hébreux, c’est que le Sénat romain a accepté l’hypothèse du complot
chrétien parce qu’il avait une connaissance parfaite de la nature monarchique divine
du christianisme et a apposé sa signature sous celle de l’empereur, et ce n’est qu’après cette
unité d’action que l’incendie de Rome a eu lieu. Car le christianisme, comme on
le voit dans les lettres et les épîtres des apôtres, a maintenu une politique de
silence public sur ses fins eschatologiques, tout en se soumettant aux
lois civiles, comme celui qui remet entre les mains de Dieu ce que Dieu a décidé
d’accomplir. Aucune accusation ne pouvait porter devant les tribunaux une solution
finale antichrétienne fondée sur la désobéissance civile, et seule l’
abolition de l’Empire qu’impliquait la victoire de la chrétienté
pouvait servir d’argument pour légitimer ce qui, au regard du droit, constituait un délit
contre la légalité.
Or, nous avons affaire à des
prophètes, car « l’esprit de Jésus est l’esprit de la prophétie », et dans la mesure où
ils connaissaient d’avance les mesures qui allaient être prises à leur encontre, les
apôtres ont préparé l’avènement des persécutions au sein de la
doctrine sur la Parousie, doctrine qui, ayant été élaborée dans le plus intime
des secrets, a maintenu l’avenir dans une confusion constante. C’est à partir de
cette Parousie prophétique que sont écrites les Épîtres, et dans chacune d’elles résonne la
voix qui parcourra Rome au Jour de la Bête.
Oublier cette marche constante vers
le Feu des persécutions, au cours desquelles la génération du premier
christianisme scellerait la Nouvelle Alliance de Dieu avec la plénitude des nations
chrétiennes, lorsqu’on lit ses lettres, est une erreur monumentale. Ceux qui l’ont fait
et se sont désignés eux-mêmes comme destinataires ont commis une manipulation aberrante
du texte, dont la conséquence serait « la foi seule », par exemple.
Saint Paul, surtout saint Paul,
car il fut le messager d’une « solution finale » avortée des Juifs contre l’
Église naissante, et parce qu’il venait des rangs de l’ennemi, savait mieux que
quiconque que tôt ou tard, le judaïsme antichrétien trouverait le
moyen de faire parvenir son message d’extermination totale des chrétiens non pas à un
simple gouverneur, mais à l’empereur lui-même. Et ainsi, étant pour
les Juifs ce que Flavius Josèphe fut pour les chrétiens, saint Paul avait les
regard tourné vers la Parousie, vers le Grand Sacrifice des centaines de milliers d’
« agneaux conduits à l’abattoir », et, désireux de transmettre l’essence de la doctrine
apostolique sur l’Église aux générations qui leur succéderaient et vivraient le
triomphe du christianisme sur l’Empire, il condensa en quelques mots une
sagesse dont les discours poussaient même les
disciples les plus dignes à se jeter par les fenêtres.
Si, dans son Épître aux Romains, il
s’est épanché en mettant à nu son cœur prophétique, dans son Épître aux
Hébreux, l’esprit qui crie « Victoire » et acclame le couronnement de Jésus-Christ en tant que
Roi, choisi par Dieu pour Le servir en tant que Roi de son Royaume universel, ne peut
se contenir et déborde, écrivant :
En effet, à quel ange a-t-il
jamais dit : « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui » ? ; puis : « Je serai pour
Lui le Père, et Il sera pour moi le Fils ». Et lorsqu’il introduit à nouveau son Premier-né
dans le monde, il dit : « Que tous les anges de Dieu l’adorent. Des anges, il dit : « Celui
qui fait de ses anges des esprits et de ses serviteurs des flammes de feu. Mais au
Fils : « Ton trône, ô Dieu, subsistera pour les siècles des siècles ; le sceptre de
justice est le sceptre de ton royaume. Tu as aimé la justice et tu as haï l’iniquité ;
c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie par-dessus tes compagnons. » Et :
« Toi, Seigneur, au commencement, tu as fondé la terre, et les cieux sont l’œuvre de tes
mains. Ils périront, mais toi, tu demeures, et tous, comme un vêtement,
vieilliront, et comme un manteau, tu les envelopperas, et comme un vêtement, ils se changeront ; mais
toi, tu restes le même, et tes années ne prendront pas fin ». Et à lequel des
anges a-t-il jamais dit : « Assieds-toi à ma droite, tandis que je place tes ennemis
comme marchepied de tes pieds ? ». Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu,
envoyés pour servir en faveur de ceux qui doivent hériter du salut ?
II
L’invention du christianisme
Nous observons dans le texte de l’Évangile
une contradiction grandiose, phénoménale, mystérieuse et intrinsèquement
surnaturelle, et c’est pourquoi ceux qui n’ont pas pu percer son mystère et qui n’ont eu
disposaient de l’épée pour dénouer le nœud gordien du jésucristianisme,
aient imité le célèbre Alexandre le Grand, car la violence, en plus d’être le
recours des ignorants, est la réponse la plus à portée de main et c’est toujours
la première qui vient à l’esprit de l’imbécile. Le sens de la
stupidité s’est perdu et rares sont ceux qui en comprennent la véritable signification, mais sa pérennité
fait partie du décor de l’Histoire et représente l’ignorance qui se prend pour une « je-sais-tout». Point sur lequel, sans que nous sachions comment
mais en tant que fait avéré, a fait de la philosophie son hôte et, en parasitant
de manière symbiotique le sage et le sot au sein d’un même raisonnement, a finalement conduit
la philosophie à la tombe de la pensée toute-puissante de la Raison, chute qui
a annoncé la mort du philosophe et a cédé la place à la bêtise en tant que science.
Dans le cas des Juifs, la Sagesse
des prophètes et des patriarches a cédé la place à la Stupidité en tant quemodus
vivendi sacrum, et comme il est tout à fait naturel que la
Sagesse et l’Ignorance ne puissent cohabiter, il était tout à fait normal qu’ils
poursuivent, jugent et condamnent Jésus-Christ. Le contraire aurait été un
miracle et une preuve irréfutable et catastrophique contre la doctrine de l’impossibilité
d’une coexistence, ni pacifique ni violente, entre l’Ignorance et la Sagesse.
Et la contradiction jésu-chrétienne est
décrite par la Lettre de la manière suivante.
Il est donc nécessaire que, avec la
plus grande diligence, nous prêtions attention à ce que nous avons entendu, de peur que nous ne nous égarions. Car
si la parole proclamée par les anges était ferme, au point que toute
transgression et toute désobéissance ont reçu une juste rétribution, comment pourrions-nous
y échapper, si nous méprisons un salut si grand qui, ayant commencé à
être proclamé par le Seigneur, a été confirmé parmi nous par ceux qui l’ont
entendu, Dieu en rendant témoignage par des signes, des prodiges et divers miracles ainsi que par
des manifestations du Saint-Esprit, selon sa volonté ? Car ce n’est pas aux
anges qu’il a soumis le monde à venir dont nous parlons.
Nous observons dans le texte de l’Évangile
— pris comme récit, indépendamment de son genre et exceptionnellement considéré
comme un livre — nous contemplons la marche d’un Être tout-puissant dont la puissance réside dans
sa Parole et il lui suffit d’ouvrir la bouche pour réaliser tout désir qui lui
vient à l’âme. L’auteur, considérant, pour les besoins du récit, qu’il n’est pas
crédible qu’un Être doté de ces propriétés puisse exister par la seule voie naturelle,
introduit l’idée du Fils du Dieu des Hébreux, qui s’incarne et,
une fois incarné, agit conformément à la Puissance infinie de son Dieu et
Père. Et, suivant ce raisonnement, il nous présente ce Fils du Dieu des
Hébreux transformant toute maladie et toute pathologie en une simple opération : deux
plus deux font quatre, plus deux font six, et ainsi de suite, grâce à la vision de ce Pouvoir
qui inspire notre imagination sur ce qu’un homme doté d’un tel Pouvoir pourrait
accomplir.
Selon l’imagination inspirée par le
texte – indépendamment, j’insiste, de son genre –, il aurait suffi au héros
du récit jésucristien de se couronner, de se placer à la tête
des foules et de les lancer à la conquête du royaume universel. Quelle
armée aurait pu résister à l’attaque d’un roi à qui il suffit d’ouvrir la
bouche pour faire descendre le feu du ciel, et d’ordonner aux montagnes de s’
écarter de son chemin, et aux vents de se lever puisqu’il peut les calmer !
L’imagination, qui, contrairement à ce qu’en disent les
modernes, a toujours existé, et qui, malgré tant de malins, a toujours été la muse
des génies, s’est enflammée dans les masses et, voyant l’issue de la bataille
entre le royaume du Fils de David et l’Empire – si Jésus-Christ est bien ce Fils de
David –, n’a pas hésité, en lui demandant d’être roi, à réclamer la guerre.
Et la contradiction naît du « non » du
héros du texte.
Pourquoi pas ? N’était-il pas le Fils de
David ? Et le Dieu des
Hébreux n’avait-il pas légué au Fils de David le royaume universel ? N’étaient-ils pas des Hébreux ? Pourquoi pas ?
Quel fils d’homme, s’il se trouvait
face à ce Pouvoir d’ouvrir la bouche et de devenir ce qu’il veut, ne l’ouvrirait-il pas instantanément
pour, en plus d’en finir avec toutes les maladies du monde, et, naturellement,
en finir avec tous les pouvoirs meurtriers qui gouvernent la Terre, et, s’érigeant
en roi universel, proclamer la paix universelle sur le fondement d’une
justice toute-puissante régie par l’Esprit d’une vérité éternelle ?
Le « non » du héros du texte à la couronne
de David n’avait aucun sens pour les foules. Ni d’ailleurs pour les
pouvoirs du Temple.
Non ! Mais pourquoi pas ? L’Écriture prophétique ne
disait-elle pas à propos du Fils de David :
« Qu’est-ce que l’homme pour que tu
te souviennes de lui, ou le fils de l’homme pour que tu le visites ? Tu l’as fait de peu inférieur aux anges, tu l’as couronné de gloire et d’honneur, tu as tout mis sous ses pieds. »
La Guerre finale
du Fils de David est d’autant plus légitime que le Roi, tout comme cet Adam qui découvrit
la Source de la Jeunesse Éternelle dans le fruit de l’Arbre de Vie, son Fils, le
Fils d’Ève de la Prophétie, était investi d’un Pouvoir surnaturel, que seul
Dieu lui-même pouvait posséder, lui qui, en disant « Que cela soit », le faisait. Et Amen.
On imagine l’effervescence des
foules lors de la multiplication des pains et des poissons. Le Fils de
David était enfin né, la couronne de Jérusalem lui appartenait, et à
Jérusalem appartenait le trône du monde. Et amen.
« Roi, roi, roi ». L’écho
du cri des foules résonne encore sur les collines d’Israël.
Mais le héros du texte devient le
méchant de l’histoire dès qu’on tourne la page. D’un simple geste de la main, le
bonheur que l’on devine dans la rencontre du Roi Messie avec le peuple hébreu, et
qui faisait vibrer les lignes au cours des premiers chapitres au rythme du
cœur qui, après un coma, revenait à la vie en respirant et en se souvenant du tunnel
dont il venait de sortir, peu à peu, pas à pas, coup après coup, vers après
vers, le héros se dépouille peu à peu de ses atours et se retrouve nu jusqu’à marcher
vers le Golgotha, où il lève les bras et se laisse crucifier comme s’il s’agissait d’
un vil malfaiteur. Soudain, le récit né avec la vocation d’une épopée renie
sa vocation et se pare de drame, de tragédie. Et tous, les uns comme les autres,
restent dans les ténèbres avec une question sur les lèvres : « Pourquoi ? »
Et un lecteur se lève et répond :
En effet, lorsqu’il est dit qu’« il lui a tout soumis »,
c’est qu’il n’a rien laissé qui ne lui fût soumis. Pour l’instant, nous ne voyons pas encore que
tout lui soit soumis, mais nous voyons celui que Dieu a rendu un peu inférieur aux
anges, Jésus, couronné de gloire et d’honneur pour avoir souffert la mort, afin
que, par la grâce de Dieu, il goûte la mort pour tous. Il convenait en effet que celui
pour qui et par qui sont toutes choses, qui se proposait de conduire de nombreux enfants
à la gloire, perfectionnât par les tribulations l’auteur de leur salut.
Et nous entrons désormais dans la Pensée du
Christ, c’est-à-dire dans la Tête de ce Héros né pour jouer le rôle du
méchant. Que voulez-vous, du pain pour aujourd’hui et la faim pour demain ? N’est-il pas préférable de supporter
la faim pendant un moment si c’est pour ne plus jamais avoir faim ?
Il est facile de traverser l’enfer quand
on ignore la durée du voyage et les peines et fatigues qu’il faudra laisser derrière soi, et
même si la flamme de l’espoir tient à distance le feu des maux qu’il a
à vivre, et comme toute chose a une fin, on ne pourra jamais comparer cette
souffrance et cet état de lutte constante à ceux de celui qui sait quel chemin il doit
emprunter, combien de coups il va encaisser et combien de temps durera le voyage. C’est comme si
le héros d’une tragédie prenait conscience de son existence à l’instant même du
point final et devait revivre le prologue, mais cette fois en connaissant
ligne par ligne l’histoire de sa vie. Ni le pain n’est plus le même, ni l’eau n’aura
le même goût pour lui.
Ainsi, lorsque les génies, en étudiant
la Bible, comprirent que l’Ancien Testament est le scénario que devait
apprendre le héros du Nouveau, à tel point que même son rêve était
écrit, et ne croyant pas que l’être humain puisse endurer un tel supplice, et comme
en effet personne au monde ne naît en sachant, et estimant qu’une telle chose était
impossible, ils ont inventé le faux témoignage selon lequel le scénario jésucristienaurait été rédigépost mortem.
Ninive tombait et les Hébreux écrivaient : « Dieu l’avait déjà dit », se
trompant ainsi eux-mêmes et trompant le monde, ou du moins essayant de tromper le
monde en faisant croire à l’existence d’un Dieu capable de lire l’avenir avec le
même naturel que nous lisons un livre.
Les apôtres, en tant que disciples de
cette école de « falsificateurs », inventèrent pour leur rabbin de Nazareth un scénario dans
lequel ils mêlèrent la conception qu’avaient les Hébreux du Fils de David à la
conception de la divinité qu’ils s’étaient forgée dans leurs rêves les plus romancés. Le
résultat : un héros né de Dieu et d’une femme, qui conserve tous les attributs de
son Père et tous ceux de sa Mère, qui est Fils de Dieu par l’Esprit et, par la
chair, fils de l’Homme. Et il meurt, mais la mort ne peut le retenir, et
il ressuscite, l’auteur préservant ainsi la cohérence entre le début et
la fin
En tant qu’écrivain, il faut l’avouer, l’
auteur de l’Évangile a écrit le livre le plus vendu au monde ; sa composition
brise tous les moules, sa structure littéraire sort de tous les genres,
il s’élève comme unique en son genre. Le phénomène jésucristien est d’autant plus merveilleux que l’auteur était – du point de vue
de l’histoire des lettres et des sciences – un véritable analphabète.
Mais contrairement à l’Auteur de l’
Évangile, l’auteur de l’Épître aux Hébreux n’était pas, pour parler entre
collègues, un plouc. Saul était un esprit cultivé, imprégné de la philosophie du judaïsme
de son époque. Disons, à la décharge de ses compatriotes, que ce ne sont pas les chrétiens
qui ont été les premiers à apprendre à maîtriser les armes « de l’ennemi » afin de
désarmer l’ennemi. Les Hébreux ont été les premiers à utiliser les sciences
classiques pour vaincre les Grecs avec leurs propres arguments. Ils vivaient parmi
les Grecs. La séparation radicale entre Grecs et païens, à l’exception de quatre
rabbins et demi, n’était pas connue à l’époque des Romains. Ce n’est qu’à la
suite des persécutions que les Hébreux ont commencé à prendre leurs distances par rapport
aux païens lorsque ceux-ci se sont convertis au christianisme. Et lorsque les
chrétiens sont devenus un empire, cette séparation s’est transformée en abîme.
Saül s'oppose aux chrétiens
du point de vue du judaïsme, tandis que Paul s'oppose aux Hébreux
du point de vue du christianisme, pleinement conscient que le judaïsme était le mal des Hébreux et que le
salut des Hébreux résidait dans le christianisme. Selon sa pensée, le
judaïsme était le résultat d’une accumulation d’erreurs qui, au lieu de
faire marche arrière et de s’orienter vers la vérité, entraînait les
Hébreux vers cet abîme dans lequel les Juifs allaient sombrer et au fond duquel
se trouvait l’Holocauste.
« Du pain pour un lendemain qui ne
finira jamais et la faim pour un jour qui s’écoule comme de l’eau entre les doigts ! », telle fut la
réponse de Paul au « Pourquoi » qui résonnait dans les déserts de Judée depuis le
Calvaire :
Car tous, tant celui qui sanctifie
que ceux qui sont sanctifiés, proviennent d’un seul, et c’est pourquoi il n’a pas honte de
les appeler frères, en disant : « Je proclamerai ton nom à mes frères, au milieu de
l’assemblée, je te louerai ». Et ensuite : « Je mettrai ma confiance en Lui. » Et encore : « Me voici,
moi et les enfants que le Seigneur m’a donnés. » En effet, de même que les enfants ont part au
sang et à la chair, de même Il y a pris part afin de
détruire par la mort celui qui tenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le
diable, et de libérer ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie
assujettis à la servitude…
À quoi cela sert-il à l’Homme d’atteindre l’
immortalité si son Être devient le refuge d’un Mal infiniment plus nuisible,
son esprit restant exposé à une maladie infiniment plus maligne ? Est-ce
se pourrait-il que le Diable n’ait pas été un fils de Dieu ? À quoi nous sert la paix aujourd’hui et
la guerre demain et après-demain ? Et d’un autre côté, du point de vue de l’Auteur du Texte,
comment un roi pourrait-il comprendre son peuple s’il ignore la raison pour laquelle l’
Homme ne peut pas vivre selon un scénario écrit ? N’était-il pas logique que, cherchant à faire
comprendre à son Fils la nature de Sa création, Dieu l’ait fait homme afin
que, par l’être et non par les mots, il comprenne par l’expérience ce qu’
il ne comprendrait jamais par la théorie ?
Certes, certains disent que toute
expérience peut s’exprimer par des mots, mais ce sont ceux qui n’ont guère
vécu d’autre expérience que celle d’un animal domestique. Il y a des souffrances que l’on ne
comprend qu’après les avoir vécues, et des joies que l’on ne saisit qu’en les
traversant. L’autre approche, comprendre sans vivre, est celle des imbéciles. Et en allant jusqu’à cet extrême,
je crois avoir donné un sens plus profond à un terme extrêmement dénaturé par le pouvoir politique, compte tenu de la bêtise qui règne
dans la structure d’accès au pouvoir, où l’on constate que la médiocrité est la
condition indispensable du succès. La
première condition pour être politicien est de donner l’impression de tout savoir, ce qui
finit, avec l’habitude, par produire l’effet psychanalytique parasympathique de
se croire soi-même, en tant qu’imbécile, celui qui sait vraiment tout. Et bien sûr, voilà où en est la
démocratie.
Pour en revenir à Paul, notre sujet, si
le lecteur voit en Saul, en tant que Juif, quelqu’un qui a réagi au texte comme s’il était entraîné
par la force séculaire qui, depuis la nuit des temps, conduisait la nation des
Israélites vers l’abîme de l’Holocauste, l’Hébreu en Paul répondait à la lecture
du Texte sacré avec l’esprit du jésucristianisme le plus profond, et, dirons-nous, transgressait par écrit ce qui, par la parole,
était interdit à tous les apôtres, à savoir faire connaître le mystère
du Royaume des cieux au public. Et pourtant, c’est parce que les éclats de
cette « sagesse mystérieuse, interdite, dont on ne parlait qu’entre les
parfaits » lui échappaient des mains comme une lumière impossible à comprimer,
à éteindre, que les siècles futurs, domaine des imbéciles, ont voulu accuser
Paul d’être l’inventeur du christianisme.
L’invention du christianisme, en
tant que mouvement littéraire, dont le corps est réduit à un livre, fut l’œuvre des
Apôtres, dont la prédication eut pour fruit Paul lui-même. Car si c’est le
Héros même du Livre qui lui apparaît pour le salut des chrétiens,
Saul n’écoute pas la doctrine de la bouche de Jésus, mais de celle de ses disciples. De
sorte que l’argument selon lequelle christianisme aurait été inventépar
saint Paul n’était qu’un discours d’imbéciles qui ne prouve rien d’autre que la facilité avec laquelle
l’argent et ses sages s’allient à quiconque leur fait de l’œil.
Quel que soit le mystère du Royaume des
cieux, dont il leur était interdit de révéler les secrets au public « en
public », c’est le discours des apôtres, destiné à faire bonne figure, qui
se poursuit ainsi :
Car, comme on le sait, il n’est pas venu au secours
des anges, mais de la descendance d’Abraham. C’est pourquoi il devait devenir en
tout semblable à ses frères, afin de devenir un Souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle dans les
choses qui concernent Dieu, pour expier les péchés du peuple. Car, dans la mesure où Lui-même
a souffert en étant tenté, il est capable d’aider ceux qui sont tentés.
Quel est donc ce mystère ! Nous
le dévoilerons un peu plus loin, à mesure que nous nous frayerons un chemin à travers la
forêt des siècles jusqu’à nous retrouver en pensée face à l’auteur de cette
Épître.
III
L’avenir du judaïsme
Plongeons-nous dans l’esprit de saint Paul.
Situons-nous dans la période qui s’étend de la chute d’un Temple, fierté et fondement
d’une nation, transformé par le mystère des siècles en « repaire de
voleurs », jusqu’à l’édification d’un nouveau Temple, gloire des nations. Et
analysons les causes de la chute du Temple des Juifs, scellée par
décret et portant le nom de celui qui avait érigé cet ancien Temple, le même
Dieu des prophètes et Seigneur de Salomon.
Disons que, Dieu ayant été l’
Auteur de ce Temple, il était tout à fait naturel que ce soit Lui qui donne l’ordre de sa destruction.
Mais pourquoi ?
Eh bien, le Temple a abandonné Dieu pour
l’or. Tout le Temple de Jérusalem avait été destiné à servir de trésor au
Sanhédrin. Et ce trésor, comme celui de n’importe quel État, reposait sur les
impôts. À la différence de n’importe quel État, qui fournit des infrastructures
en échange et doit maintenir la paix, la liberté et la justice grâce aux fruits
des recettes fiscales de tous, l’État juif sacerdotal, bien que soumis à l’
Empire sur le plan civil, offrait en échange de ses impôts sacrés : le
pardon des péchés. Autrement dit, le péché devint la poule aux œufs d’
or.
Et puisque le péché était devenu la source de l’
impôt des Templiers, il était tout naturel que le prêtre cultive la conscience
du peuple juif afin de faire de toute sa vie un péché, lui volant ainsi
sa vie en échange d’une conscience pure et de la garantie du salut
éternel.
Les effets de cette rupture de la
relation entre Dieu et l’Homme nous sont présentés dans l’Évangile sous la
forme d’une société profondément schizophrénisée,
terrain propice à toutes sortes de maladies mentales et fief de toutes sortes de
criminels sous des soutanes sacrées. C’est contre cette perversion de la relation
sacerdotale entre Dieu et l’Homme que se dresse le Christ et, ouvrant la bouche,
ordonne sa chute. Le contraire – que Jésus se soit tu – aurait été un
miracle, mais celui du Diable.
Au fil des siècles, nous avons
une reproduction de la situation des Templiers de Jérusalem contre laquelle Dieu s’est dressé, et à un niveau plus large, dans l’attitude de l’Église
romaine à la veille de la Réforme. Les papes avaient redécouvert la
poule aux œufs d’or et, conscients de l’ignorance des peuples
chrétiens de l’époque, au lieu de lutter contre cette ignorance, ils s’unirent
pour en faire leur mine de diamants, et, imitant les saints pères de
cette Jérusalem des voleurs en tuniques sacrées, « les saints pères
romains » ont cultivé la conscience chrétienne pour semer le péché et récolter, grâce
aux indulgences, l’armée d’impôts avec laquelle la théocratie
romaine a servi au Diable la division des Églises.
Nous avons donc sous les yeux, puisque
nous nous sommes mis dans la peau de saint Paul, une véritable révolution. Un
temple qui, sous prétexte d’être indestructible, puisque Dieu l’avait créé, s’était
livré à l’animalité la plus avancée, et faisait face à sa destruction
totale et définitive. À sa place, un groupe d’analphabètes (les apôtres) est en train de
construire un nouveau temple, non pas fait de pierres, mais fondé sur l’
esprit d’une foi surnaturelle, qui proclame haut et fort :
Vous donc, frères saints, qui
participez à la vocation céleste, considérez l’Apôtre et le Pontife de
notre confession, Jésus ; fidèle à celui qui l’a créé, comme l’était Moïse dans toute sa
maison. Et il est jugé digne d’une gloire bien plus grande que celle de Moïse, dans la mesure où la
gloire de celui qui l’a construite est plus grande que celle de la maison. Car toute maison est construite par
quelqu’un, mais le Créateur de toutes choses, c’est Dieu. Et Moïse a été fidèle dans toute
sa maison, en tant que ministre chargé de rendre témoignage aux choses qui devaient
être dites ; mais le Christ est, en tant que Fils, à la tête de sa maison, c’est-à-dire de nous, si
nous conservons fermement jusqu’à la fin la confiance et la gloire de l’espérance.
C’est-à-dire que, d’un Temple fondé sur
l’ignorance de l’homme — car les Juifs n’ont pas connu l’existence du Fils
de Dieu, au sujet duquel Moïse n’a rien dit —, nous passons à un Temple spirituel
fondé sur la connaissance de cette existence. Et grâce à cette nouvelle sagesse
, l’Homme cesse d’être un « corps de péché » pour devenir le « Corps du Christ », ou,
ce qui revient au même, tout achat et toute vente du pardon des péchés sont abolis,
et en vertu de cette même loi jésucrétienne : le pardon sacerdotal, en tant que marchandise, devenait et devient un crime contre Dieu et
le salut des nations, et
c’est pourquoi l’Église catholique, lors de la confession, librement et volontairement,
accorde ce pardon pour les fautes des chrétiens.
Mais nous voyons que dans l’Ancien Temple,
ce « pardon » était soumis à un rite et coûtait le sacrifice d’un animal,
quadrupède ou ailé, et si, à ses débuts, le pécheur apportait de son propre
bétail, le Temple se transforma en écurie et en étable où le bétail attendait son
pécheur, et le sacerdoce, devenant un monopole, cultiva le péché comme moyen
d’attirer le pécheur vers son commerce… L’abomination que cette transmutation d’
une réalité sainte en une autre répugnante représentait aux yeux de Dieu provoqua chez
Jésus-Christ la célèbre explosion de colère que, bien des années plus tard, Luther voulut faire revivre dans sa
protestation lorsqu’il s’éleva contre la répétition de cette situation
abominable, à l’échelle européenne, que l’Église romaine était en train de mener à bien.
Un prix très élevé, donc, que paya l’
Église catholique pour s’opposer à sa conversion en une théocratie impériale où l’évêque
romain devenait le Souverain Pontife, non pas à l’image de Jésus-Christ, mais à celle du Souverain
Pontife du Temple des Juifs. Et pourtant, l’évêque romain est infaillible,
il n’a jamais péché, il ne peut se tromper, et il est saint. Amen.
Mais ceux qui élevaient
l’édifice de l’Église catholique sur le fondement de l’Esprit, tout comme
l’auteur de cette épître, étaient bien loin de se perdre dans des visions d’un
avenir déjà écrit et, face auquel ils ne pouvaient rien faire, ce n’était pas leur problème.
Ce qui leur incombait, c’était l’édification du christianisme.
Le christianisme est, avant tout et par-dessus
tout, la continuation surnaturelle de la religion de Moïse, l’aboutissement
final et définitif de l’espérance des patriarches. Dans le christianisme, c’est
Dieu qui s’ouvre à toutes les nations, non pas pour les dominer par la terreur de sa
toute-puissance, mais pour les faire participer à sa vie par l’amour du Créateur pour sa
création ; Dieu ne recherche pas, ne veut pas et ne se complaît pas dans la crainte d’un Créateur
tout-puissant, Dieu recherche la réponse joyeuse et libre d’un fils à son Père. C’est,
donc, le christianisme de Jésus, issu du judaïsme, une révolution
ontologique, existentielle, transcendante, eschatologique, mystique, divine, sublime,
apothéotique, si hors du commun qu’elle n’aurait pu être conçue
que dans l’esprit d’un fou. Comment concevoir que Dieu traite de fils sa propre
créature, façonnée à partir de la boue ! Et pourtant, il était écrit dans ses livres : « Il
sera pour moi un fils et je serai pour lui un père », et de bien d’autres façons encore.
Le problème entre le christianisme de
Jésus et le judaïsme de ce Temple était donc que l’adoption de l’
Homme par Dieu en tant que fils impliquait la spiritualisation de l’être humain, c’est-à-dire
son immunisation contre le péché, et le péché devenant un souvenir du passé
toute la structure économique sur laquelle reposait l’État théocratique juif
s’effondrait, et, étant des pères et des saints, il était tout à fait naturel qu’entre eux et
« ce fou » de Christ, Jésus de Nazareth, il faille être sacrifié.
Notons que lorsqu’on donne à
choisir entre soi-même et quelque chose d’autre, c’est toujours « soi-même » qui y perd, car il semble que
personne n’aime qu’on lui donne le choix, et même la vérité elle-même est méprisée
lorsqu’elle est présentée comme objet de choix. À ce point le comportement humain est-il schizophrénisé depuis la chute du Premier Homme !
Et ce qui était le plus important pour les
apôtres, non pas en tant que fondateurs d’une nouvelle religion, mais en tant qu’hommes, c’était
que le choix les concernant était une cause perdue d’avance et que le sort de Jésus, qu’il
prenne plus ou moins de temps, était leur destin. Une tragédie, cependant, qui les laissait libres
de se consacrer à leurs propres affaires et de ne pas perdre leur temps à essayer de faire changer d’
avis les Juifs. Jésus-Christ s’était sacrifié pour eux, et ils devaient
se sacrifier pour nous, le reste n’était qu’une histoire à dormir debout.
C’est pourquoi, comme le dit le Saint-Esprit
: « Si vous entendez aujourd’hui sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs comme lors de la
rébellion, comme au jour de l’épreuve dans le désert, où vos pères m’ont
tenté et mis à l’épreuve, et ont vu mes œuvres pendant quarante ans ; c’est pourquoi
je me suis irrité contre cette génération, et j’ai dit : Ils s’égarent sans cesse dans
leur cœur et ne connaissent pas mes voies, et ainsi j’ai juré dans ma colère qu’ils n’entreraient pas
dans mon repos ». Veillez, frères, à ce qu’il n’y ait parmi vous aucun cœur mauvais et
incrédule, qui s’éloigne du Dieu vivant ; mais exhortez-vous mutuellement chaque jour, tant que
dure l’« aujourd’hui », afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse sous l’emprise de la
tromperie du péché. Car nous avons été rendus participants du Christ, à condition
de conserver jusqu’à la fin la ferme confiance du commencement ; tandis qu’il
est dit : « Si aujourd’hui vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs comme lors de la
rébellion ». Qui, en effet, se sont-ils rebellés après avoir entendu ? N’étaient-ce pas
tous ceux qui sont sortis d’Égypte sous la conduite de Moïse ? Et contre qui
s’est-il irrité pendant quarante ans ? N’était-ce pas contre ceux qui ont péché, dont
les cadavres sont tombés dans le désert ? Et à qui d’autre qu’aux désobéissants a-t-il juré
qu’ils n’entreraient pas dans le repos ? En effet, nous voyons qu’ils n’ont pas pu y entrer à cause de leur
incrédulité.
Clôture de la discussion qui s’est traduite
en termes historiques par la décision du Concile de 1949 de rompre définitivement
tout dialogue en faveur du judéo-christianisme.
Le Juif – hier comme aujourd’hui – n’a qu’une seule
option : son intégration dans l’humanité, et l’humanité étant soumise au Fils
de Dieu, l’avenir du judaïsme réside dans sa conversion au christianisme, car le
judaïsme était avant tout et par-dessus tout un rejet de l’humanité, une haine envers
l’Homme en tant qu’homme et une déclaration de supériorité de la race
juive sur toutes les nations.
Autrement dit, selon la loi de la
sagesse qui dit que chacun est tourmenté par ce dont il tourmente les
autres, le judaïsme a trouvé dans le nazisme son maître à jouer, l’
Holocauste ayant enterré à jamais le concept du Juif en tant que race
supérieure appelée à dominer toutes les nations, doctrine schizophrénique d’une grande
dangerosité suicidaire et homicide qui perdure encore au sein de l’État d’
Israël, comme on peut le constater sur le Web. Et qui, en perdurant, continue de cultiver au sein de la
société israélienne la folie de la destinée de la race juive…
IV
L’avenir de l’Église
En parlant entre enfants de Dieu et
en adoptant le langage créateur comme celui qui est naturel à notre pensée, lorsqu’il s’agit
de voir Dieu en action, aucune image de départ n’est meilleure que l’expression
du mouvement de son Esprit sur les eaux, en l’occurrence, du Temps.
En transposant cette contemplation sur la terre ferme, disons qu’à mesure que Dieu avance
sur le champ des siècles, les éléments s’incarnent et prennent vie
de manière intelligente, conformément à l’action que Dieu a en Pensée. Nous pouvons également
comparer ce Mouvement aux pages d’un livre dont le support n’est pas le
papier mais la Vie elle-même ; les siècles en sont les chapitres, et ils s’écrivent au
mesure où Dieu avance « au-dessus des eaux des millénaires ». Dans cette Action du
Créateur, le Présent est toujours le champ d’action se rapportant à la Vie, le Passé
la Mémoire de la Création et l’Avenir est toujours la vision du Mouvement
Universel par Celui qui le dirige par sa Pensée et le produit par sa
Volonté.
Sur le terrain des créatures, des
acteurs du moment, la comparaison de l’Histoire avec un Grand Théâtre, si
on en saisit le sens à partir de l’Action créatrice, et en considérant la Vie depuis cette
perspective, ceux qui, vivant ce Mouvement, n’ont pas
pu atteindre la vision de l’Esprit sous l’impulsion omnisciente et
tout-puissante duquel se déroule le drame de l’humanité, ne se sont pas trompés. Nous pouvons parler de « théâtre
des opérations », car le genre humain se trouve en guerre civile perpétuelle,
d’une part, et en guerre universelle pour la survie, d’autre part, mais nous pouvons très
difficilement donner raison à ceux qui confondent ce Grand Théâtre des
Opérations avec un théâtre de marionnettes.
Ce n’est ni un cirque de clowns ni une
comédie, le genre auquel appartient notre histoire. À l’origine, c’était une
épopée, une lyrique de l’existence sur des lignes d’étoiles, une grande épopée chantée
à la lueur de la lune par un amoureux de l’aube, l’aurore enchantée récitant des poèmes
dans les bras des siècles, l’augure des générations recevant par des baisers
les voix qui lui parviennent du futur, des rêves magiques tissant des vocationsin utero, ah, offrez-moi des gâteaux aux raisins secs, baignez-moi
d’eau de citron, entourez-moi de bras de cocotiers, je suis Sarón,
un lys des vallées, un œillet des océans, le souffle du vent, le
rire des montagnes, pluie de sang sur le désert, mon jour est un grand
moment, ma nuit l’adieu de celui qui quitte la scène pour et à cause de vous !
Celui de la Volonté duquel
tout dépend ne l’a pas voulu, pas plus que celui qui dépend de cette Volonté pour Être, et pourtant
le Grand Théâtre de la Vie du Genre Humain est devenu une tragédie, l’une de ces
grandes, de celles qui enveloppent dans leurs entrailles d’innombrables drames, la poudre qui
détruit dans sa chair d’innombrables nations, le fleuve des passions remplissant le
seau dans lequel se noieront des rêves indicibles, le bûcher des Manifestes,
la Guerre éternelle, un plat de viande d’enfant à une roupie la livre, le litre de
sang vierge à un centime, la mâchoire d’un âne pour briser la tête du
Corps du Christ, la Grande Tragédie, fosse toujours ouverte mâchant
des générations, les enfants des ténèbres vendant leurs âmes pour l’empire des
soupirs, la nuit des loups qui ne finit jamais, le barde ne se peint pas
de taches de lune sur les joues, mais d’inscriptions de guerre : « Mort, mort à l’infidèle,
à celui d’en bas, à celui d’en haut, mort, mort, danse, maudit, ne perds pas le rythme,
le courage se mesure sur le champ des os, bois la moelle des os du Christ.
Ô César, le baiser de la Fraternité des
esprits… purs, subtils, légers et doux… ne laisse pas le poète
chanter des hymnes au Seigneur des enfants, voici la preuve, son mal s’étend d’une
mer à l’autre et a déjà pris racine depuis les Colonnes d’Hercule jusqu’à la mer des Bretons, bientôt ils réclameront ta tête, et l’Empire des
Romains, celui des Barbares, et même celui qui n’est encore qu’un fœtus, sera banni
de la surface du monde, César, feu, feu !....
Nous avons donc, en résolvant les mystères,
constaté que celui qui fut et celui qui est ne font qu’un, la
manifestation de la pensée de cet Esprit qui, par sa Volonté, dirige l’
Histoire, qui, par ses Paroles, écrit la Mémoire de l’Humanité et qui, parmi les pierres,
prend pour lui des enfants et des serviteurs ; Il ouvre ses bras et la
terre se met en mouvement, s’habille de chair et devient Peuple. Et chacun d’entre
nous, tant ceux qui sommes ici que ceux qui ont été, nous jouons tous notre
rôle sur la scène des siècles, chacun vivant son propre scénario à pleine
puissance, sans concessions, une passion sauvage qui se transforme en intelligence pour élever
à son expression la plus haute la puissance de l’Être, la musculature de la pensée
forgée dans les forges des siècles, qui martèle les nerfs, endurcit les ligaments,
que sa tête soit dure comme le basalte et que ses os soient comme du fer,
créé pour être de coton et que sa peau ait le goût du raisin sec, forgeron, batteur de métaux,
qu’il transpire du sang et respire du feu. Ô Dieu, qui croira qu’en dévorant tes
enfants, tu ne te lèveras pas pour précipiter jusqu’en enfer l’infâme ennemi !
Voici Paul, et Pierre,
Jacques et Thomas, Philippe, Matthieu, Judas Alphée, et Sébastien, et… une
forêt qui avance, portée au rythme de l’Esprit, à travers le champ des Millénaires.
Il n’y a pas de division entre les enfants de
Dieu, y en a-t-il parmi les arbres de la forêt ?, parmi les soldats qui adorent
leur roi et avancent comme un seul corps à la rencontre de l’ennemi ? « Que vois-tu,
homme ? ! ». « Je vois des arbres qui marchent ». Eh bien, marche toi aussi. Et lance un cri
de guerre : Alléluia !
Les Alléluias retentissent, car l’Hier
est passé, l’Aujourd’hui est là et le Demain naît à l’horizon naissant, car
tant qu’il y a de l’Esprit, il y a un Avenir pour l’Homme.
Comment, alors, comprendre Paul ou
Pierre sans l’Esprit ? La science et les livres peuvent-ils remplacer la vie de l’
Esprit ? Et puisque l’Esprit est un seul et même Esprit, dans quelle mesure la vision de l’arbre peut-elle être
différente de celle de la forêt ? N’est-ce pas la Vie
de la forêt qui anime celle de l’arbre ? Ou bien l’arbre peut-il subsister sans la
forêt ? La joie de l’arbre n’est-elle pas d’être la forêt ? Hélas, arrosez mes os de
jus de raisins secs, nourrissez ma chair de crème de noix de coco, asseyez-vous à mon ombre,
voyez comme il est bon de sentir la fraîcheur de mes doigts dans le vent, contemplez l’horizon des
siècles tandis que vous vous reposez sur ma poitrine ! Ne voyez-vous pas ces lumières sur la colline
de l’Ouest ? C’est l’avenir qui se lève au plus profond de vos enfants, respirez
leurs voix, sentez leurs pieds sur le sol, collez votre oreille à mon écorce, écoutez leurs
chants et leurs jeux ; des oiseaux s’envolent, faits d’un métal si subtil que même un enfant
peut en déplacer la masse par la seule force de sa pensée ; la Nature, toute parée en fée
marraine, fait en sorte que les éléments eux-mêmes portent dans leurs paumes des peuples entiers
au-dessus des eaux des océans.
Regardez vers l’avenir et puisez des forces
pour le présent ; ce que vous sèmerez, vos enfants le récolteront.
Si vous me mettez le feu, je brûlerai, et
qui vous donnera de l’ombre quand le Soleil brûlera ?
Qu’ont-ils vu, en fin de compte, Paul et Pierre,
Jacques et Jean, Philippe et Thomas, Matthieu et Judas Alphée, et les autres ? Car chacun d’entre
nous regarde vers l’avenir depuis le siècle où nous vivons, et puisque l’avenir
est par rapport à eux et qu’ils sont le passé par rapport à nous, et que nous faisons tous partie du même
Mouvement, la question est pertinente et en même temps pleine d’énigmes et de
mystère.
Nous ! C’est nous qu’ils ont vus !
Ils ont tout fait pour nous.
Ils se sont rendus à l’abattoir pour nous, ils ont tout donné pour nous, ils sont montés sur la
croix pour nous. Ils nous ont vus et n’ont pas hésité, ils se sont levés et avec eux,
la forêt s’est mise en marche ! Et ils ont été pour les Patriarches et les Prophètes ce
que nous avons été pour eux : l’Avenir, le Demain qu’ils ont vu, assis à la
lisière de la forêt, au bord des eaux sur lesquelles l’Esprit s’est mis en
marche jusqu’à nous rejoindre. Et l’Esprit continuera d’avancer jusqu’à ce qu’il atteigne
eux, l’avenir que nous voyons depuis cette rive, de l’autre côté de la rive
depuis laquelle ils nous ont vus.
Dieu ne s’arrête pas. La forêt s’arrête
pour reprendre son souffle, mais les éléments poursuivent leur œuvre. Il en va de même pour Dieu. Et
dans le sein du Créateur, que le repos est doux !
Mais revenons à Paul et à ses Hébreux.
V
Jésus-Christ, Souverain Pontife universel
Craignons donc que, alors que
la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, certains d’entre vous ne croient être arrivés
trop tard. Car, tout comme à eux, ce message s’adresse aussi à nous : et
il n’a servi à rien à ceux-là d’avoir entendu la parole, puisqu’ils l’ont entendue sans foi,
ceux qui l’ont écoutée. Entrons donc dans ce repos, nous qui avons cru,
selon ce qu’il a dit : « Comme il a juré dans sa colère : Ils n’entreront pas dans mon repos », bien que
les œuvres fussent achevées depuis la création du monde. En effet, dans un certain
passage, il parle ainsi du septième jour : « Et Dieu se reposa le septième jour de toutes
ses œuvres ». Et dans celui-ci, il dit à nouveau : « Ils n’entreront pas dans mon repos ». Il s’ensuit donc
que certains doivent entrer dans le repos, et que ceux à qui la
la bonne nouvelle n’y sont pas entrés à cause de leur obstination ; il désigne à nouveau
un jour, « aujourd’hui », déclarant par la bouche de David, après tant de temps, ce qui a été
dit plus haut : « Si aujourd’hui vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs ». Car si
Josué les avait fait entrer dans le repos, il (David) ne parlerait pas d’un autre jour
après ce qui a été dit. Il reste donc un autre repos pour le peuple de Dieu. Et
celui qui est entré dans son repos se repose aussi de ses œuvres, comme Dieu
s’est reposé des siennes. Hâtons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que
personne ne tombe dans ce même exemple de désobéissance. Que la parole de Dieu
soit vivante, efficace et plus tranchante qu’une épée à double tranchant, et qu’elle pénètre jusqu’à la
division de l’âme et de l’esprit, jusqu’aux jointures et à la moelle, et qu’elle discerne
les pensées et les intentions du cœur. Et il n’y a rien de créé qui ne soit
manifeste en sa présence ; au contraire, tout est nu et découvert aux yeux
de celui à qui nous devons rendre des comptes. Ayant donc un grand Souverain Sacrificateur qui
est entré dans les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, restons fidèles à notre
confession. Notre Souverain Sacrificateur n’est pas de ceux qui ne peuvent pas compatir à nos
faiblesses ; au contraire, il a été tenté en tout comme nous, à l’exception du péché.
Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin de recevoir
la miséricorde et de trouver la grâce pour une aide opportune
Et puisque la vision de l’avenir est la
source du mouvement et que seul un fou ou un démon marche vers l’enfer, la
question est tout à fait naturelle : quelle Église les apôtres ont-ils vue ? Ils étaient les
bâtisseurs de l’Église, et avançant dans la direction de son édification, et
personne ne pouvant rien faire sans avoir d’abord vu le plan de l’édifice, selon ce que
Moïse lui-même avait vu lorsqu’on lui dit : « Fais tout selon ce qui t’est montré », il est
tout à fait naturel que nous nous interrogions sur les plans de l’Église qui
leur ont été montrés aux bâtisseurs et selon la vision desquels ils se sont mis à l’
œuvre.
L’Église que Paul et Pierre
ont-ils vue était-elle cette Église romaine des Xe et XIe siècles, livrée à la sorcellerie, au
meurtre, avec des chiens pour évêques, une école de criminels de la pire espèce, à tel point
que le diable vêtu d’une soutane s’est élevé au rang de chef des évêques ?
Ou bien l’Église pour laquelle Paul et
Pierre sont morts était-elle cette autre vision de l’Église romaine des XIIe au XIVe siècles qui s’est
enlisée dans la boue et a transformé toute la chrétienté en ce que les pontifes juifs
ont fait de toute la communauté juive mondiale, une mine d’or ?
Ou bien l’Église dont les pierres
ont été sanctifiées par l’aspersion du sang des premiers chrétiens
était-elle cette Église romaine entièrement mise au service d’une famille du XVe siècle et
l’Église catholique, l’esclave d’un tel « seigneur » ?
Ou bien l’Église pour laquelle les
apôtres ont tout enduré sera-t-elle l’Église du XXIe siècle, Corps divin dont la Tête
est le Pontife éternel, Jésus-Christ, et où personne n’ose se nommer Pontife ni
se proclamer Patriarche, et où tous les évêques sont frères dans le même Dieu et
serviteurs du même Seigneur ? Car il est écrit : « Béni soit celui qui fléchit les genoux
devant Dieu » !
Nous sommes en guerre contre l’Enfer.
Dieu est en état de guerre contre la Mort depuis le jour où Satan, « l’
ancien serpent », a utilisé le premier homme comme arme de guerre contre le
Saint-Esprit. Et nous ne voyons pas que la Victoire soit accomplie. Mais comme l’a dit
saint Paul : « Nous voyons bien Celui qui, en se plaçant à l’avant-garde, a été couronné, pour son
obéissance jusqu’à la Croix, afin de nous conduire à la victoire finale,
Jésus-Christ ! ». Et qui est celui qui s’endort en plein champ de bataille
alors que le feu fait rage et que le sang coule à flots ?
En effet, en ce qui concerne le
Pontificat-Patriarcat, nous savons que nul ne peut se tenir debout devant le
Dieu de l’Éternité, réalité qui s’est manifestée par l’abolition du sacerdoce
hébreu ; en effet, ne pouvant confectionner la Veste du Saint, il était impossible que
le sacerdoce atteigne la sainteté par le vêtement temporel, de sorte que
Dieu en disposa ainsi, le Pontife étant le seul à pouvoir se frayer un chemin devant la
présence de Dieu, et parce qu’aucune créature ne peut se tenir debout devant
son Créateur, Dieu a voulu que Celui qui est toujours là, son Fils, implore à genoux
devant son Trône pour nous, et qu’il obtienne par l’Amour de l’Tout-Puissant ce que
personne n’a pu lui acheter avec de l’or par la Crainte.
Serait-ce là la vision que Paul
et Pierre eurent du nouveau sacerdoce, couronné par le pontificat éternel
du Fils unique de Dieu, toute seigneurie d’
un serviteur sur les serviteurs du Seigneur Jésus, unique pontife universel, étant abolie par son couronnement ?
Ou bien serait-ce la vision du
sacerdoce chrétien qu’ont eue Pierre et Paul, et que ces papes et patriarches théocrates ont incarnée dans leur
chair et leur corps, eux qui ont revendiqué pour eux-mêmes
l’ Imperium et se sont couronnés de
jusqu’à trois couronnes, chefs d’armées, semeurs de zizanie parmi les
nations chrétiennes, instigateurs de guerres fratricides et, en tout sauf dans le
titre, empereurs par vocation ?
Or, nous savons que l’Église
du Ciel est éternelle et que son évolution dans le temps répond à une même réalité :
Jésus-Christ est son Souverain Pontife universel, et personne au Ciel n’ose se proclamer
Pontife. Il est la Tête du Corps de l’Église de Dieu, et ce Corps,
tout comme la forêt ne peut ni exister ni subsister sans les arbres, est le fruit de l’
existence des Églises des Peuples qui composent le Royaume de Dieu. L’
obéissance de toutes les Églises va à leur Tête, Jésus-Christ, et tous les
évêques des Églises sont soumis au seul Seigneur éternel de l’Église
de Dieu : Jésus-Christ. Sur les Églises de son Royaume, le Seigneur a ses
pasteurs, comme on le voit dans sa Révélation, et c’est par eux qu’Il administre les Églises,
et ces pasteurs, ne faisant qu’un avec le Pasteur universel, Jésus-Christ, servent
Dieu Tout-Puissant en « paissant ses troupeaux », c’est-à-dire nous tous, sa Création. Car
qui pourra se tenir debout devant le Dieu de l’Éternité et de l’Infini ? C’est
pour cette raison, parce que nul ne peut se tenir debout devant l’Éternel, que Dieu a élevé son
Fils au pontificat universel, afin que toute la Création ait pour Seigneur
son Fils, et comme il est tout à fait naturel que le Fils vive en son Père, que tous les peuples
trouvent en Jésus-Christ le Pontife qui trouve en Dieu un Cœur
réceptif à ses supplications et un Esprit qui se répand par sa prière.
Comme au Ciel… ainsi sur la
Terre !!
Ainsi, les Églises étant au
service du Seigneur en tant que Pasteur universel et éternel, et leur mission étant
de « paître les troupeaux de Dieu », nous, sa Création, le modèle de travail
que les pasteurs ont sur Terre est celui que le Seigneur a exposé lors du premier
Concile apostolique universel, c’est-à-dire en l’an 49, où les apôtres, en
tant que pasteurs des différentes Églises, se sont réunis dans le même Esprit
pour, en tant que frères ayant hérité de Dieu et administrant au nom du Seigneur
cet héritage, Jésus-Christ étant l’Héritier final et originel de toutes choses,
de maintenir unis les troupeaux de leur Seigneur et de les défendre contre l’enfer.
Mais si la vision de l’
action de l’Esprit de Dieu à travers les « eaux des millénaires » que Dieu a
a montrées à ses apôtres, nous ne comprendrions pas et ne pourrions pas comprendre la racine de cette
épître et des autres, qu’elles soient de Paul, de Pierre, de Jacques ou de Jean. Et
comme je l’ai déjà dit plus haut, l’Esprit de Dieu étend le regard de ses enfants
vers la fin vers laquelle Il marche ; il est donc tout à fait naturel que, s’étant accomplie, lors de la
Résurrection, les fiançailles entre le Christ et son Église, le fruit de cette Union
éternelle ait fait naître dans l’avenir une descendance, à propos de laquelle
Paul écrivit aux Romains en disant : « Car la création attend
avec impatience la manifestation des enfants de Dieu », c’est-à-dire la naissance de cette
descendance de Jésus-Christ, le Seigneur, et de l’Église, son Épouse. Or, qui
doute que les Apôtres étaient des enfants de Dieu ? Et pourtant, c’est Paul, un
enfant de Dieu, qui affirme que la création attend avec impatience la manifestation
des enfants de Dieu. Et si « elle l’attendait », c’est que la Génération que la Création
attendait avec impatience « se trouvait » au sein de l’Église.
Et puisque toute Épouse scelle son
mariage par des arrhes, dans ce cas-ci divines, et que c’est par cet anneau
sacré que l’Épouse du Seigneur est reconnue, personne n’ignore que c’est l’
Église catholique qui est la Mère de ces enfants de Dieu « dont la naissance était attendue par la
création tout entière », et en la voyant poindre à l’horizon, Paul la salua, au nom de
tous les apôtres, en écrivant à notre sujet, en qui se manifeste la
gloire de la liberté des enfants de Dieu.
Car, en effet, le serviteur est
soumis en tout à son Seigneur, et le devoir et le décret sont son lot, mais le fils
entre et sort librement de la Maison comme celui qui travaille pour lui-même, et sa part est la
liberté et la volonté de son Père. Ainsi, le Seigneur n’a aucun secret
pour son fils, tandis que pour son serviteur, ce sont le devoir et le décret qui régissent.
Or, la Mère est en tout la Maîtresse de la Maison en ce qui concerne l’administration
du service rendu au Seigneur, son Époux ; l’honneur de son Époux repose sur le sien, et
sa gloire étant la descendance en Elle de son Seigneur et Époux, la liberté de
ses enfants est sa gloire et la gloire de ses enfants est la sienne propre. Il en résulte
qu’à celui à qui Dieu donne sa gloire, personne ne la lui enlève, et, étant fils du
Seigneur, son obéissance va à son Père, et le serviteur devant accomplir son travail :
celui qui, contre son devoir, fait le contraire de ce pour quoi il a été engagé,
rompt le contrat avec son Seigneur et est chassé de la Maison du Seigneur. Car
tant que le fils est enfant, il ne peut se lever pour défendre sa Mère contre
des serviteurs infâmes, mais une fois devenu homme, il est en tout Héritier et agit dans
sa Maison pour la gloire de son Père.
C’est donc Dieu, Éternel et Omniscient,
qui produit tout le Mouvement, et tout ce qui bouge procède du souffle de
son Esprit qui, répandant sa Pensée à travers l’Univers, ordonne l’Histoire
de la Plénitude des Nations vers la Fin du Livre de la Vie de l’Homme
sur Terre, à savoir la Victoire totale et absolue sur l’Enfer et la
Mort. Et c’est dans ce Champ que nous évoluons tous, enfants, serviteurs et Peuple, chacun
étant un arbre de la Forêt de la Vie, chacun un soldat des Armées du
Seigneur, avançant à l’unisson, sans division, et formant Tous, dans l’Individualité
« de l’Homme », que nous trouvons la gloire du Créateur, qui, tout en animant tout le
Siècle, fixe son regard sur chacun de nous et guide nos pas à travers la
scène de l’Histoire, recherchant, fruit de l’effort de tous, un effet
unique.
Chacun doit se regarder en Lui, car
c’est dans Ses yeux que se trouve le miroir qui reflète notre véritable réalité.
Et si la force de l’homme est de vivre debout devant ses semblables, s’il est
une malédiction de fléchir les genoux devant un autre homme, notre gloire est de fléchir les
genoux devant le Roi que le Dieu de l’Éternité nous a donné à tous. Sa
volonté est sagesse et salut. Y désobéir, s’y soustraire, la subordonner, et
dans le cas extrême, se rebeller, c’est se lever en guerre contre le Roi. Ce que chacun
donne, il le recevra : l’obéissance apportera la gloire, la désobéissance entraînera la rupture du
contrat entre lui et le Seigneur de toutes les Églises, Jésus-Christ, Pontife
universel et éternel, le Pasteur des pasteurs des troupeaux de son Père dans
les cieux.
Sur la Terre comme au Ciel !
VI
Le vrai visage du Christ
Nous avons déjà vu que l’édification de
l’Église catholique s’est déroulée selon un modèle céleste, fondé sur
la filiation unique de Jésus-Christ, afin que, le
prêtre tirant sa vie de Celui qui ne peut être détruit ni subir la corruption,
la Vérité de l’Infini : le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et le Saint-Esprit
est Dieu, demeure « sans division » pour l’éternité dans les cieux. Mais comme il existe
une division entre les Églises ici sur Terre, on peut déduire de cette vision
historique que ses auteurs, les uns parce qu’ils n’ont pas compris cette Vérité – comme on
le voit dans la question du « Filioque » –, et les autres parce qu’ils ont fait de cette Vérité une idole
de lettres — comme on le voit dans la question de la « foi seule » —, les uns comme les autres et
tous ensemble, et que celui qui est sans péché jette la première pierre,
ont perdu la vue et, aveuglés depuis des siècles, ont été incapables de voir le Modèle
du Temple qui avait été montré aux Bâtisseurs de l’Église.
On nous dira que, ces enfants de Dieu, de la descendance d’Abraham, étant morts,
prétendre voir ce qu’
ils ont vu relève davantage de la médiumnité que de l’
intelligence vivante. Sur ce point, je leur donnerais entièrement raison si, en effet,
comme le disent d’autres, Dieu était mort. Le Manifeste de la Raison n’étant pas plus
que le hurlement d’un millénaire une heure avant de perdre la raison et de se lancer dans le
champ de Gog et Magog pour conquérir le monde par des guerres mondiales, l’
excuse ne tient pas et le Modèle demeure. Or, afin de ne pas passer pour un
rêveur, articulons notre pensée à partir de la logique et convenons avec
nos maîtres que ce qui ne peut être saisi directement peut l’être
indirectement ; selon cette méthode, celui qui ne sait pas ce qu’est la chaleur et
ne connaît que le froid pourra au moins déduire, par déduction a contrario, à partir de ce qu’est le froid, ce qu’est
la chaleur. Et bien que le recours à l’expérience sensorielle soit le dernier
recours, sa légitimité est garantie par le fait que son existence est le principe même
de la vie, le principe rationnel par excellence.
Or, si ce que nous ne voyons pas peut
être appréhendé par ce que nous voyons, en déduisant des contraires la nature de
ce que nous recherchons à partir de ce dont nous disposons, si nous adoptons comme
point de référence rationnel la structure du Temple de Jérusalem qui a
fait bouillir le sang de Jésus-Christ afin d’obtenir la vision réelle du Nouveau
Temple, en déduisant le contraire de ce qu’il était, il faut d’abord
analyser en profondeur cette structure et, en suivant la méthode logique, par opposition des
propriétés, nous parviendrons, bien qu’indirectement, à la véritable structure de l’
édifice que Dieu montrera à ses enfants, les apôtres et les bâtisseurs de son
Église.
Résumons donc pourquoi Dieu
a rasé cette structure sacerdotale juive.
Au départ et par excellence, la
religion des Juifs s’était transformée en une entreprise commerciale. Cette
conclusion est mise en lumière par le fait que leurs « évêques » ne croyaient pas à la résurrection des morts,
étape finale que même les religions des païens les plus
brutaux, la résurrection des âmes étant un thème universel au point que
ce credo constitue l’essence même du phénomène religieux. Ainsi,
là où il y a religion, il existe une structure sociale orientée vers le
modèle de résurrection populaire déterminé, et là où il n’y a pas de croyance en la
résurrection des âmes, parler de religion revient à se livrer à un exercice d’
hypocrisie sans limites. Et pourtant, alors que le Juif se croyait « la race supérieure »
et sa religion la plus noble et la plus élevée des croyances, son sacerdoce avait
dégénéré en l’athéisme le plus infâme que l’on puisse imaginer. L’athée qui agit
conformément à ses convictions est infiniment plus semblable à Dieu que celui qui,
sans croire en Dieu, se pare des atours du prêtre.
L’issue de ce modèle sacerdotal jérusalémite ne pouvait être autre que celle que nous dépeint l’
Évangile : un monopole industriel dont le produit était le péché, et en
conséquence, même respirer était un péché, dont l’expiation coûtait en fonction des
moyens de chacun. Toute la Mishna et le Talmud de Jérusalem avaient pour fonction de multiplier
les lois et les commandements au point de rendre impossible la vie de la
conscience hébraïque dans le cadre de la Nature. Toute la théologie juive avait
pour but d’inculquer au peuple une doctrine du péché et de l’expiation, contre
paiement, de telle sorte que, dans le cadre religieux entre les limites duquel le Juif évoluait,
chaque pas fût un péché et chaque mouvement un délit contre
une loi de la Mishna ou du Talmud. Suivant ce modèle, le Temple et ses
« pontifes » devinrent de grands percepteurs d’impôts, dont la fortune
dépendait de l’ignorance du peuple et de son asservissement nécessaire aux lois
infinies dont les clans aaronites avaient accablé la conscience des
enfants d’Israël.
Il était tout à fait naturel que, soumis à
une telle relation, dont le but était de transformer le croyant en une mine d’
or, et parce que la relation de l’homme avec son Créateur était devenue une « affaire
sacrée », le Fils de Dieu ait eu la nausée face à cette théologie et que son
sang se soit mis à bouillir contre ce repaire de voleurs qui, dissimulant leur
de loup sous des titres pompeux et des vêtements sacrés, faisait de Dieu un fouet
avec lequel fustiger le dos de la Nation.
Les effets d’une telle perversion
de la relation entre Dieu et son peuple finirent par conduire les Israélites à un
point épidémique de folie – « possédés de toutes parts » – et à une misère
indescriptible – « la lèpre collective » – que nous dépeint l’Évangile, des effets
qui ne se produisaient dans aucune nation de la civilisation régie par le droit romain à
cette époque, et qui dénoncent, par leur singularité, la cause à l’origine
d’une telle tragédie sociale, déterminante de la haine entre Jésus-Christ et le Temple.
Le pontificat aaronite haïssait Jésus-Christ parce qu’il était le miroir dans lequel se
reflétait son véritable visage, et, bien qu’horrifié par lui-même, n’étant pas
disposé à renoncer à sa mine d’or, il se trouvait face à l’
alternative : « eux ou le Christ ».
Jésus-Christ donne la parole à l’impuissance
des enfants d’Israël, massacrés en esprit par une caste sacerdotale dont
l’immoralité et le despotisme ne connaissaient pas de limites et qui avait fait du péché sa
théologie, transformant la Torah en un arbre maudit dont les branches maléfiques, la
Mishnah et le Talmud, le fruit du péché se transformait – dans l’obscurité du
Sanctuaire – en or béni. Et comme l’adoration de l’or l’emporte, chez
l’homme animal, sur la force de l’adoration de l’Esprit, et l’or étant le
dieu des pontifes juifs, il était tout à fait naturel que le Pentateuque et les
Prophètes soient reconvertis en instruments au service de l’enrichissement des
clans pontificaux de Jérusalem, dont le résultat fut la
Mishná et le Talmud, ou comment faire de Dieu un esclave au service d’une caste
sacrale.
Telle est donc la vision
que les Hébreux ont une fois que Jésus-Christ leur a ôté la poutre de l’œil et qu’ils
voient de leurs propres yeux la véritable réalité du Temple juif. Et ce sera, par
référence logique, le modèle opposé au Temple que, depuis le Ciel,
Jésus-Christ, désormais le Seigneur, présente à ses frères spirituels sur Terre et
co-bâtisseurs de son Église universelle. En voyant cela, au nom de tous,
saint Paul écrit ainsi :
En effet, tout souverain sacrificateur tiré du milieu
des hommes est établi en faveur des hommes pour les choses qui concernent
Dieu, afin d’offrir des offrandes et des sacrifices pour les péchés, afin qu’il puisse
avoir compassion des ignorants et de ceux qui s’égarent, puisqu’il est lui-même
entouré de faiblesse, et qu’à cause d’elle, il doit lui-même offrir des sacrifices
pour les péchés, tout comme pour le peuple. Et personne ne s’attribue cet honneur de lui-même,
si ce n’est celui qui est appelé par Dieu, comme Aaron. Et ainsi, le Christ ne s’est pas exalté lui-même
en devenant Souverain Sacrificateur, mais celui qui lui a dit : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai
engendré ». Et conformément à cela, il dit ailleurs : « Tu es prêtre pour
toujours selon l’ordre de Melchisédech ». Ayant offert, au cours de sa
vie mortelle, des prières et des supplications avec de puissants cris et des larmes à celui qui était
puissant pour le sauver de la mort, il fut exaucé en raison de sa crainte respectueuse. Et
bien qu’il fût Fils, il a appris l’obéissance par ses souffrances, et, une fois
parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la source du salut éternel,
déclaré par Dieu Souverain Sacrificateur selon l’ordre de Melchisédech.
D’où l’on voit que, à l’instar de ce
Melchisédech, sans antécédents ni origine, Dieu institue un pontificat
éternel, un seul Souverain Sacrificateur, Jésus-Christ, en qui le Fils lui-même adore le
Père, et en qui le Fils de Dieu s’unit à toute la création pour adorer
Dieu. Le but de la religion n’est plus l’or obtenu par le péché, mais devient
le Chemin vers la vie éternelle dans la foi en Jésus-Christ. Et ce sera là la pierre angulaire
sur la solidité et l’indestructibilité de laquelle reposera le Nouveau Temple, Maison de l’
Église de Dieu, qui naît pour être l’Épouse du Seigneur et maintenir vivante la
Vérité éternelle.
À l’inverse, par conséquent, tous
les dons divins sont offerts gratuitement – comme on le voit dans les sacrements – et la
fin sacrée du Nouveau Sacerdoce n’est pas de cultiver le péché pour, grâce à son
abondance, récolter de l’or, « contre les indulgences », par exemple, mais d’éradiquer le
péché de l’humanité par l’édification de la foi en Jésus-Christ chez chaque
homme.
Si, dans le Premier – en excusant ici l’
injustifiable –, ce fut le renoncement du sacerdoce à la sanctification du peuple,
en baissant les bras dans sa lutte contre le péché, qui le conduisit à s’allier avec
l’ennemi, et, tenté par le fruit du péché – l’or –, l’Ancien Temple se
s’est livré à une orgie de folie et de misère ; dans le Dernier, qui incarne le Témoin de
la sanctification de l’humanité, le péché est abhorré en tant que moyen d’
enrichissement du sacerdoce et, par conséquent, le pardon est offert
gratuitement.
Ce n’est donc pas un Temple
fondé sur le pouvoir issu des richesses que les apôtres ont
à l’esprit lorsqu’ils se consacrent à l’édification de l’Église. Le Nouveau
Sacerdoce est l’Image de Jésus-Christ parmi les nations, le reflet pur du
Pontife éternel dans le cristal de l’esprit humain, la substance de l’esprit jésucristien incarnée afin de maintenir vivante la foi
parmi les nations de la Terre et d’être la vérité éternelle faite créature dans le
Ciel. Et comme Lui ne dépend que de Dieu, le sacerdoce chrétien ne dépend
que de Lui, son Seigneur.
C’est pourquoi Paul n’a pas seulement
osé faire taire Pierre, Jacques et Jean, mais, étant l’expression pure
de cette Image divine, sa vision de l’avenir du christianisme lui a ouvert la
voie, lors du concile de l’an 49, vers la rupture définitive et finale avec le judaïsme.
Non pas parce que Jésus-Christ ne l’aurait pas approuvée, mais parce que, par amour pour les Hébreux, leurs
frères en Abraham, les disciples cédaient face à ce qui était impossible
à toute concession.
C’est bien de vouloir sauver le monde, et
davantage encore ses frères de sang, mais – en se souvenant du Maître – à quoi cela sert-il à l’
homme de sauver le monde s’il perd son âme ?
Quel est donc le modèle de
sacerdoce et d’Église que le Seigneur montre du Ciel à ses apôtres ?
Car personne ne croira que l’Église est une invention spontanée en croissance
évolutive dépendant des époques. Dieu ne joue pas aux dés ! Celui qui construit
se sert d’un plan, à moins que n’importe qui puisse bâtir une maison sans
même avoir de connaissances en maçonnerie et en menuiserie, ce qui, dans l’esprit
de certains, est nécessaire pour rehausser la gloire de Dieu, ce qui peut amener
un rustre à donner des leçons à un magicien ; or, nous ne voyons pas que l’
Intelligence créatrice s’accorde avec un tel discours, mais bien, au contraire, que l’Acte
créateur repose sur une Omniscience planificatrice qui, comme on le voit dans les Psaumes
de David, esquisse sur le « papier » chaque trait du mouvement qui doit
être exécuté pour atteindre le but recherché. Et conformément à cette Nécessité, Dieu
écarte de l’esprit de l’Enfant Jésus touteIntervention Magiquedans l’
Univers.
Il n’y a pas, dans l’esprit des
constructeurs qui suivent cette méthode, d’action spontanée soumise à une
dynamique d’improvisation au fur et à mesure. Jésus-Christ n’en a pas eu non plus. Dieu a
tracé des lignes et s’est mis en mouvement, et conformément à l’Omniscience créatrice,
tout s’ordonne pour la concrétisation du Projet salvateur. Et il est tout à fait naturel
que celui qui est entre Sa Main ce que la scie l’est entre celle du menuisier et le fil à plomb entre
celle du maçon, et parce qu’il ne s’agit pas d’une matière morte mais vivante, participe à la
contemplation du Plan et s’adapte à l’action en fonction de ce qui lui revient, de
sorte que les Apôtres aient sous les yeux la véritable nature de l’
Église de Jésus-Christ.
À ce sujet, nous avons beaucoup à
dire, des choses difficiles à comprendre, car vous êtes devenus lents à comprendre. En effet,
vous qui, après tant de temps, devriez être des maîtres, vous avez besoin que quelqu’un
vous enseigne à nouveau les premiers rudiments des oracles divins, et vous êtes
devenus tels que vous avez besoin de lait plutôt que de nourriture solide. Car quiconque
se nourrit de lait n’est pas capable de comprendre la doctrine de la justice,
car il est encore un enfant ; mais la nourriture solide est destinée aux
parfaits, ceux qui, par l’habitude, ont les sens exercés à
discerner le bien du mal.
En effet, nous observons comment l’Apôtre
contemple, de son vivant, « la foi qui se corrompt », dont parlera Pierre.
Et si, alors qu’ils étaient encore parmi nous, « la foi » se laissait déjà séduire par l’éclat
des choses anciennes, nous ne voyons pas comment ils auraient pu ignorer ce qu’il adviendrait de la foi
une fois que les siècles auraient effacé leur existence. Ainsi, ayant un Modèle
divin et la foi ayant été soumise à la corruption, comme on peut le lire dans le
Livre de l’Histoire universelle, il appartient aux Églises nées de cette foi
de se regarder dans le miroir et de voir si le visage qu’elles y voient est celui du Christ ou celui de… qui
sait. D’où il ressort, en définitive, que l’Église de Dieu en
Jésus-Christ, en tant qu’expression vivante de la Vérité éternelle, ne s’adapte pas aux
siècles et aux tendances des peuples ; car, comme le dit le Saint-Esprit :
Dieu, la vie du sacerdoce est immuable dans ses fondements ; au contraire,
ce sont les nations qui doivent adapter l’avenir de leurs sociétés à la
vérité éternelle du christianisme.
Les tendances suicidaires de l’
humanité constituent un argument qui n’a besoin d’autre preuve que le livre de l’
Histoire, et comme seule la foi s’est révélée être la porte de la victoire contre
les crises de civilisation, ce n’est pas la foi qui doit s’adapter à une crise
provoquée par cette tendance suicidaire, qui n’est pas encore définitivement guérie, dont souffre l’
humanité depuis la Chute. L’une des caractéristiques les plus évidentes de cette tendance
suicidaire est le déni de l’existence d’une « crise », ce qui fait que les
mesures définitives pour y remédier sont mises en œuvre trop tard pour en éviter les
effets sur les sociétés. Et le symptôme qui permet de mesurer l’intensité d’
une crise de civilisation — comme on peut le lire dans le Livre de l’Histoire — se
manifeste par la perte de la morale universelle, l’abandon de l’Être aux
tendances hédonistes non soumises à la loi naturelle, le mépris de la vie
humaine et sa réduction à un simple bien, et, en définitive, la destruction de la
ligne qui sépare le bien du mal par la mise en scène de l’argument du
Diable : la fin justifie les moyens.
Que le prêtre, le
pasteur et toutes les Églises se regardent donc dans le miroir et jugent si le visage qu’ils y voient est celui
de Jésus-Christ ou celui de celui auquel ils appartiennent : au patriarche de Moscou, au
pape de Rome, à l’archevêque de Cantorbéry, ou à celui de… Car l’heure viendra
où le Seigneur jugera ses serviteurs, et celui en qui il ne trouvera pas le reflet de son
visage « sera jeté dehors pour être piétiné par les hommes ». Que deviendra donc
le sacerdoce chrétien si, au lieu d’être le miroir de l’Esprit de l’
Éternité, les évêques s’alignent sur les temps pour éliminer de l’Église l’
esprit du Seigneur ? Celui-ci a dit, en parlant de sa Maison, car chacun est maître dans
la sienne : « Dehors, chiens, sorciers, fornicateurs, meurtriers, idolâtres et tous
ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ». Et Dieu ayant créé l’Homme à son
image et à sa ressemblance, Jésus-Christ étant le Modèle pour les serviteurs et le Modèle
pour les enfants de Dieu, et chacun reflétant sur son visage celui de Celui qui
se penche sur son être pour lui donner son essence et sa substance éternelles, comment le
serviteur s’unira-t-il aux pouvoirs de notre époque sans rompre son contrat avec le Seigneur ? Et
en rompant son contrat par son rejet du modèle sacerdotal jésucristien, qui est centré sur l’Homme et trouve son fondement dans la
virginité immaculée de la création, en laquelle se manifeste le mystère de la
Omnipotence du Dieu de l’Éternité, son Mystère sacré, tous ceux qui suivent
de tels rebelles contre le Seigneur, à qui, par la puissance des temps,
ils prétendent imposer leurs lois dans sa Maison, ne tomberont-ils pas dans la même condamnation
que ces serviteurs sans Seigneur ?
Le sacerdoce chrétien parfait,
en conséquence, selon le modèle duquel les apôtres ont édifié le nouveau temple,
étant infiniment plus glorieux que l’ancien et pourtant Moïse devait lever les yeux
vers le haut, bien qu’il fût imparfait par rapport à l’Ancien, et parce que la gloire impérissable
du sacerdoce chrétien échappait au pouvoir de vision de l’être humain, Dieu a voulu
l’incarner afin que, en le touchant et en le voyant, les bâtisseurs agissent selon les
sens et non selon une théorie plus ou moins bien conçue. Et ainsi, ayant établi une
une fois pour toutes établi le Modèle du Sacerdoce éternel en Jésus-Christ, Celui-ci
est l’Horizon vers lequel l’Église a marché et contre lequel la Mort s’est
lancée sans cesse depuis le Début ; et en ces temps présents,
elle s’est revêtue de modernité pour servir les temps et leurs pouvoirs contre le
Seigneur de la Foi.
Que les patriarches,
les archevêques et les évêques s’examinent donc, et que chaque homme regarde en face ceux sur les lèvres desquels
le Seigneur a déposé la doctrine de l’éternité ; et s’il est impossible, à travers les paroles,
de discerner chez certains ceux qu’ils servent, tandis que d’autres font de leurs œuvres
un instrument de corruption de la Vraie Réalité, c’est l’âme de chacun qui
est en jeu, et il n’est pas digne de chrétiens de laisser quelque chose d’aussi personnel entre les mains des
traditions, des modernités ou des jeux de mots, des déclarations, des émotions et
des amours dont le fruit final est la ruine de l’âme. Ou bien puis-je acheter mon âme au
prix du monde ? Aussi poétique que puisse paraître cet amour universel, il cache le
piège d’un diable gordien, car cet aventurier passionné oublie que
celui qui a perdu son âme en chemin, comment sauvera-t-il son prochain s’il n’a pas su
se sauver lui-même ?
Ce que Paul a dit au Concile devant
les évêques, c’est ce qu’un enfant de Dieu doit aujourd’hui dire aux patriarches et aux
archevêques : non au sacerdoce des femmes, non au sacerdoce homosexuel.
Le sacerdoce imparfait fondé sur le
mariage ne peut s’imposer au sacerdoce parfait de l’Épouse du
Seigneur sans provoquer la colère de Dieu. Mais si quelqu’un croit pouvoir tirer
Dieu par la barbe, qu’il le fasse.
VII
Jésus-Christ, Chef spirituel de la
Création
C’est pourquoi, laissant de côté les
doctrines élémentaires concernant le Christ, tendons vers la perfection, sans revenir
aux fondements de la pénitence, des œuvres mortes et de la foi en Dieu, de la
doctrine sur les baptêmes, de l’imposition des mains, de la résurrection
des morts et du jugement éternel. Et c’est ce que nous ferons si Dieu le
le permet. Car ceux qui, une fois éclairés, ont goûté au don céleste et ont été
rendus participants du Saint-Esprit, ont goûté à la beauté de la parole de Dieu
et aux prodiges du siècle à venir, et sont tombés dans l’apostasie, il est impossible qu’ils
soient à nouveau renouvelés pour la pénitence, car ils crucifient de nouveau pour eux-mêmes
le Fils de Dieu et l’exposent à l’opprobre. Car la terre qui, souvent,
absorbe la pluie qui tombe fréquemment sur elle et produit des plantes utiles à
celui qui la cultive, recevra les bénédictions de Dieu ; mais celle qui produit des épines et
des ronces est réprouvée et sur le point d’être maudite, et sa fin sera le
feu
Notons que les disputes entre
théologiens concernant la paternité de l’Épître aux Hébreux, qui remettent en cause l’
autorité des premiers chrétiens pour diverses raisons, n’ont pas lieu d’être. Ce
paragraphe montre clairement que c’est à nouveau Paul, le grand défenseur du Christ
contre le judéo-christianisme, qui martèle devant la communauté chrétienne ce qu’
il avait défendu en privé lors du Concile de 49 devant les apôtres et les
premiers évêques. Lorsque nous suivons le cours de l’histoire de Jérusalem depuis la
Résurrection jusqu’à sa destruction par les Romains, nous voyons comment le judaïsme a tenté
d’absorber le christianisme et a voulu tirer parti de l’universalisme apostolique pour
proclamer une guerre sainte d’indépendance contre l’Empire, dans laquelle,
finalement, face à l’attitude de Paul, qui faisait office de norme pour toutes les Églises, le
judaïsme s’est lancé de son propre chef. Qui est l’apostat auquel Paul fait référence
sinon le judéo-chrétien qui se convertit dans l’espoir de convertir ainsi
le Christ au judaïsme ? Or, ce n’est pas le chrétien qui doit devenir juif, mais le
juif qui doit devenir chrétien.
Il n’y a pas de rapprochement possible entre la lumière
et les ténèbres, la justice et la corruption, la liberté et la censure, la paix et la guerre,
le christianisme et la science du bien et du mal. C’est la créature qui doit
se convertir et accepter la Vérité dans toute sa réalité naturelle et surnaturelle ; ce n’est pas
le Créateur qui doit renoncer à sa Personnalité, mais la créature qui
doit abandonner la loi de la science du bien et du mal, se relever de la poussière et
lutter pour sa Vie conformément à la loi de l’Univers.
Les morts sont morts et la
parole des morts ne vaut rien. Seule la Parole de Dieu est éternelle et, par
conséquent, elle est l’étoile polaire qui guide la créature dans son voyage à travers
l’existence. Mais, comme le dit Paul, curieusement et parce que le monde est
soumis à la loi de la science du bien et du mal, il y a ceux qui, bien qu’élevés
dans la foi, ont encore besoin de lait maternel, comme pour dire que, sans le vouloir mais en le voulant
regrettent la loi maudite dans la fournaise de laquelle l’enfer, sous lequel vit le
monde, cuit la chair humaine pour le délice des démons qui, reniant l’
Homme en tant qu’être spirituel, ont fait profession de foi animale et,
se déclarant animaux, préfèrent la loi de la jungle à la Loi de la Vérité
éternelle.
Le christianisme, hier comme
aujourd’hui et demain, en tant que système pédagogique parfait, doit regarder vers l’avenir à partir
du présent, de sorte que, n’étant pas soumise aux changements des temps, la
formation de l’Être reste toujours soumise au Modèle éternel ; le christianisme, à
l’instar d’un voyageur qui ne peut adapter son objectif aux variations du
terrain, ne peut subordonner sa Loi aux circonstances de l’époque. Même
en adaptant sa démarche aux aléas du terrain, le Nord reste là où se trouve le Nord. L’
étoile polaire du christianisme est Jésus-Christ, et en tant que Modèle universel de l’
Être, ce n’est pas le siècle qui doit imposer sa loi, mais le monde qui doit
évoluer au sein de sa Loi.
Le Créateur entre dans le corps de sa
Création afin de racheter sa créature de la poussière, et jamais dans l’intention de
bénir son séjour dans les profondeurs de l’enfer où le
Paradis a sombré à cause des événements connus. Parce qu’ils sont connus et que
leur effet est vécu dans la chair, le chrétien, à la suite de son Créateur, tend
inexcusable et ouvertement à vivre à la lumière de la Loi de l’éternité, qui
abhorre infiniment la loi de la Science du bien et du mal et préfère mille
fois la mort plutôt que de pactiser avec le diable.
La Résurrection est un Discours. C’est le
Dieu de l’Éternité qui parle. Et celui qui parle se confirme dans tout ce qu’il
a dit et signe et scelle du sang de la Croix afin que le monde entier voie
la Sagesse de celui qui s’est fait analphabète auprès de ses créatures afin de faire de nous ses
enfants, c’est-à-dire participants de toutes les richesses de son Être. Et si à ses enfants,
de la descendance d’Abraham, il a ouvert son être à la Puissance sans limites qui
se trouve dans la Parole, à ses enfants, de la descendance du Christ, il ouvre, lui-même,
Dieu et Père de tous, les richesses de cette Sagesse créatrice qui réside dans tous
les secrets du Créateur. Car, l’Avenir de la vie sur Terre, qui est l’Homme, ayant été créé à l’image et à la ressemblance de
Dieu, l’Avenir de l’Homme
était l’Intelligence sans limites, dont l’Humanité a été privée par
la Chute. Mais Dieu, comme nous le savons déjà par l’Église – et si Elle ne nous l’
avait pas raconté, nous ne le saurions pas –, a juré par son sang qu’à la fin des
temps, lorsque justice aurait été faite, sa Création se relèverait de la poussière
et là où régnait l’ignorance, il y aurait une connaissance sans mesure.
Même si nous parlons ainsi,
nous avons toutefois confiance en vous, très chers, et nous attendons de vous quelque chose de meilleur et de plus
propice au salut. Dieu n’est pas injuste au point d’oublier votre
œuvre et l’amour que vous avez manifesté envers son nom, en ayant servi les
saints et en persévérant à leur service. Nous souhaitons que chacun d’entre vous fasse preuve,
jusqu’à la fin, de la même diligence pour atteindre l’espérance, non pas
en se décourageant, mais en imitant ceux qui, par la foi et la
patience, ont obtenu l’héritage des promesses. Lorsque Dieu fit à
Abraham la promesse, comme il n’avait personne de plus grand par qui jurer, il jura par lui-même
en disant : « Je te bénirai abondamment, je te multiplierai grandement ». Et
ainsi, en espérant avec patience, il obtint la promesse. Car les hommes ont coutume de
jurer par quelqu’un de plus grand, et le serment met fin entre eux à toute controverse
et leur sert de garantie. C’est pourquoi, voulant montrer solennellement aux
héritiers de la promesse l’immuabilité de son dessein, Dieu a interposé le serment,
afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu
mente, nous ayons un réconfort ferme, nous qui courons jusqu’à ce que nous atteignions l’
espérance qui nous est proposée. Nous la possédons comme une ancre sûre et solide pour notre
âme, qui pénètre jusqu’au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous en tant que
précurseur, établi Souverain Sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de
Melchisédech.
À ce sujet – à savoir que sans l’Église,
nous aurions connu l’Origine du Monde –, il faut se lever pour faire taire
ceux qui, dans leur ignorance – dont la folie apparaîtra à la lumière de la réponse finale à leur
déclaration initiale –, ont affirmé que, puisque la lettre existe, l’Église n’est pas nécessaire.
Une stupidité crasse qui fait honneur à la nécessité de la mort du Christ et fonde
la Rédemption sur l’ignorance, alors que « la créature »,
, une fois sevré, regarde la mère qui l’a mis au monde et la chasse de sa vie une fois
son besoin satisfait, et n’ayant plus besoin d’elle, à quoi lui sert-elle, cette mère qui
l’a mis au monde ? Telle est l’attitude sous-humaine, inhumaine et bestiale que la «créature »de la Réforme a répandue dans le monde
chrétien.
J’ignore si une telle attitude mérite
autre chose que le jugement autocritique et le repentir pour
un tel comportement insensé. Que cette attitude soit le résultat de la folie
d’un cercle de serviteurs du Seigneur, très bien ! Que le Seigneur s’en charge
; ce qui nous incombe, c’est d’agir conformément au Modèle que nous voyons dans
l’Évangile, et si le Fils tout-puissant de Dieu lui-même, une fois passée l’
Heure des Ténèbres, a pardonné les reniements de Pierre, qui sommes-nous
pour condamner ce que le Fils tout-puissant de Dieu n’a pas pris en compte ? Tout ce
que nous savons, c’est qu’une fois la Résurrection accomplie, Pierre n’a plus jamais rechuté, et s’il
avait rechuté, alors la
condamnation de Paul se serait également appliquée à Pierre, car Dieu, comme le dit son Évangile, ne fait pas acception de
personnes.
D’où il ressort que si Pierre avait utilisé le
pardon de son Maître pour retomber, il aurait fait de l’
apostasie la doctrine des serviteurs de son Seigneur, et par cette même apostasie,
ce n’est plus Jésus-Christ qui serait son Seigneur, mais le Diable lui-même. À ce sujet, et tout comme les
enfants ne peuvent être jugés pour les crimes de leurs pères, les évêques actuellement en fonction ne peuvent pas non plus être
jugés pour les péchés de leurs prédécesseurs, car
chacun est jugé pour ses propres fautes, et Dieu serait un juge corrompu et
misérable s’il jugeait le fils vivant pour les fautes commises par un père décédé
ou s’il jetait en prison un intendant fidèle pour le détournement de fonds de son prédécesseur
à ce poste.
Chacun est l’auteur de ses propres
actes, et c’est une erreur que de fonder la sainteté sur la gloire d’un défunt, en affirmant
que, par la gloire de Pierre, tous ses successeurs sont sanctifiés, ceux-ci étant ainsi
absous de leurs crimes par la gloire d’un saint, tout comme
condamner tous les évêques pour le crime d’un pécheur. Car lorsque Paul
dit que par un seul homme nous avons tous été condamnés, il considère celui-ci comme
la « tête » de tous.
Ainsi, et parce qu’il y eut crime et
délit — à savoir que l’évêque de Rome était la « tête » de toutes les Églises et non
exclusivement de l’Église romaine —, la Réforme a agi en conséquence et selon la justice
divine en condamnant tous les catholiques pour le délit de « cette tête ». En
effet, Paul dit que le Christ fut le modèle d’Adam. Et puisque le Christ est la Tête
de l’Homme, il est tout à fait naturel qu’Adam fût celle de son monde, et lorsque la tête tomba,
il était juste que tout son corps s’effondre. Mais la justice de Dieu étant
incorruptible, car Dieu ne peut se tromper d’une part, et parce qu’Il aime la Vérité
par-dessus tout d’autre part, la mort de la Tête rendait inévitable celle du
corps, en ce qui concerne Adam. D’où l’on voit que c’est l’évêque de Rome qui
vit pour l’Église et non l’Église qui vit pour l’évêque de Rome,
le Corps du Christ, c’est-à-dire l’Église catholique, ne devant sa vie ni à l’évêque
de Rome, mais à Jésus-Christ, sa Tête, qui, étant indestructible et
incorruptible, ne peut en aucun cas mourir ; et contrairement à Adam, qui,
en mourant, a entraîné tout son corps vers la mort, Jésus-Christ, Dieu Fils
unique, ne pouvant mourir, maintient le sien éternellement vivant.
Et si l’évêque de Rome avait été la
Tête de l’Église catholique, le jugement de la Réforme contre le
crime impénitent de la Curie romaine impériale aurait certainement été juste
et l’Église catholique, si elle avait dépendu du « Saint-Père » le pape pour
vivre, aurait connu le même sort que le corps d’Adam après la mort de
sa tête.
Ce n’étant pas le cas, mais
Jésus-Christ étant la Tête universelle de toutes les Églises, chaque serviteur du Seigneur
répond de ses délits devant le Juge de l’Univers. Car, ayant souffert
Dieu, dans son innocence immaculée, l’homicide commis contre son Fils Adam,
il était sage que Dieu ne mette plus jamais, à jamais, sa Création dans
une telle situation ; c’est pourquoi il a établi une fois pour toutes que la Tête
spirituelle de toute sa Création soit son Fils, Roi éternel pour son Peuple
universel et unique Pontife universel de son Église.
Ainsi, en nous unissant tous à celui-là même qui
nous soutient par sa foi, nous devenons, par cette Volonté de celui qui, par sa Volonté,
a tout créé, une même réalité de l’Être en qui nous ne formons qu’un,
le corps de celui qui est pour tous la Tête, pour les uns comme Seigneur, pour les autres comme Roi,
pour d’autres encore comme Frère, pour d’autres comme Père, mais pour tous le même
Jésus-Christ, aujourd’hui et pour toujours : le Roi universel et l’unique Seigneur éternel, à
aux pieds duquel le Dieu de l’éternité et de l’infini a placé toutes choses, celles du
ciel comme celles de la terre. Car s’il est vrai que la fondation du nouveau
Royaume de Dieu a eu lieu ici sur Terre, il n’en est pas moins vrai que la Création
entière a été comprise dans les limites de cette fondation, et que tant les
enfants de Dieu « qui ne sont pas de cette création », comme le dira aussitôt Paul, que les enfants
de Dieu nés d’Abraham, tous ont été soumis à la Couronne du Fils de
Dieu.
VIII
Jésus-Christ, Pontife universel
éternel
Car ce Melchisédech, roi de Salem,
prêtre du Dieu Très-Haut, qui alla à la rencontre d’Abraham alors qu’il revenait après avoir
vaincu les rois, et qui le bénit, à qui il donna la dîme de tout, est
interprété d’abord comme roi de justice, puis aussi comme roi de Salem, c’est-à-dire roi
de paix. Sans père, sans mère, sans généalogie, sans commencement de ses jours ni fin
de sa vie, il ressemble en cela au Fils de Dieu, qui est prêtre pour toujours. Et
voyez combien il est grand, lui à qui le patriarche Abraham a donné la dîme du meilleur
du butin. Les fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce ont en leur faveur un
précepte de la Loi, en vertu duquel ils peuvent recevoir la dîme du peuple,
c’est-à-dire de leurs frères, bien qu’ils soient eux aussi de la lignée d’
Abraham. Au contraire, celui qui ne descendait pas d’Abraham a reçu les dîmes d’
Abraham et a béni celui à qui les promesses avaient été faites. Il ne fait aucun doute que
le moindre est béni par le plus grand. Et ici, ce sont certes des hommes mortels
qui reçoivent les dîmes, mais là, c’est celui dont on atteste qu’il vit.
Car il était encore dans les entrailles de son père lorsque Melchisédech vint à sa rencontre
.
D’où l’on voit que, l’Adoration
de la Création nous conduisant vers son Créateur, et parce que, lors de sa Chute, la créature « s’est
inventé un dieu » doté des attributs de la Divinité mais dépourvu de sa
personnalité, c’est-à-dire un Être sans Esprit, Dieu lui-même s’est élevé contre cette
invention et, en disant « JE SUIS CELUI QUI SUIS », Dieu a rempli son Être de l’Esprit dont
on voulait le priver, et il l’a fait au point de remettre entre les mains de son
Saint-Esprit chacun des attributs de la divinité.
Voilà pour ce qui est de la réponse du
Dieu de l’Éternité et de l’Infini aux religions anciennes, dont le dénominateur
commun était l’adoration des attributs et la transformation de
Dieu en une idole de pouvoir, caractéristique universelle commune à toutes les religions non
chrétiennes qui existent sur Terre.
Mais nous observons dans l’histoire des
religions anciennes que la créature est en soi incapable de se livrer à l’
adoration naturelle due à son Divin Créateur, et, fixant son regard sur ce
qui ne possède pas les attributs de la divinité, elle tend à adorer Dieu pour sa
toute-puissance et son omnipotence, et à bannir du Créateur Celui qui dit « JE SUIS ».
Et pourtant, nous savons avec certitude que c’est par cet Esprit que Dieu
mérite toute adoration et que, s’il ne s’agissait que de la puissance, la religion serait l’affaire des
démons, pour qui la gloire réside dans la puissance.
Notre histoire nous enseigne, à travers
des leçons difficiles, que la frontière qui sépare le prêtre du démon est très ténue,
et que le passage de l’un à l’autre commence lorsque le prêtre ne
cherche pas en Dieu « CELUI QUI EST », mais cherche Dieu pour sa puissance, car il n’est que
naturel que celui qui ambitionne la toute-puissance se tourne vers
celui qui est Tout-Puissant, cherchant dans sa gloire sa propre gloire. C’est une loi que
nous avons observée au cours des cinq derniers millénaires et nous continuons de voir comment la
religion, soumise à l’impossibilité décrite ci-dessus, au lieu d’engendrer
des saints, devient source de monstrueux assassins, à la loi desquels le christianisme n’a échappé en
aucun cas, comme nous le voyons dans l’histoire de la papauté, dans la
Réforme et dans l’histoire orthodoxe de Byzance.
De cette perpétuation de l’ancienne loi
dans le monde chrétien, nous comprenons que la liberté des enfants de Dieu
est venue au monde sous forme de promesse, et qu’elle s’est maintenue au sein de l’Église catholique de
la même manière que la descendance de l’Épouse se trouve dans les entrailles de celle-ci.
La chrétienté étant soumise à la même loi qui avait provoqué la destruction de
tant de civilisations, il était tout naturel que le Fils de Dieu voie dans l’avenir
la division des Églises et prophétise la Nuit des Évêques au sein des
paraboles du Semeur ; et, en même temps, le Mariage
sacré en vertu duquel s’accomplissait l’Écriture qui dit : « Tu chercheras avec
ardeur ton Époux, qui te dominera », ce Mariage ayant établi
les fondements du christianisme sur un rocher indestructible, la corruption
inhérente à la loi en vigueur ne pouvait détruire la promesse écrite par ce même Paul
, lorsqu’il dit que « toute la création attend la manifestation des
fils de Dieu », c’est-à-dire nous, qui, nés de ce Mariage éternel,
ne sommes plus soumis à l’ancienne loi et, par conséquent, l’Ignorance à laquelle
était confinée la Prêtrise n’a aucun pouvoir sur nous.
Car celui qui sert est l’esclave de
celui qu’il sert tant qu’il est à son service, et étant soumis aux ordres
de celui qui l’engage, il ne participe pas à la liberté de celui qui est le fils de ce même
qu’il sert, car, étant soumis à la loi de l’obéissance due à ses
chaînes, il est lié par décret et par ordre à celui qui est son maître. Soumise à l’
ordre, l’obéissance du serviteur procède de l’ordre et non de la connaissance, car
celui qui commande dispose et celui qui obéit ne pose pas de questions ; mais le fils de ce même maître entre et sort librement de la maison de son père, et la
connaissance précède l’action, car, étant son père, et même si l’
ordre est le même, le maître n’a pas de secrets pour son fils et lui explique le pourquoi
des choses, tandis que le serviteur est limité à l’action.
L’Église soumet donc à la
servitude, comme il est écrit : « Tu rechercheras avec ardeur ton mari, qui te
dominera », et parce que la religion fut ainsi établie, il était
impossible, si l’on parle maintenant du monde naturel, que l’homme, par lui-même,
puisse adorer Dieu « pour ce qu’il est », car ne connaissant Dieu que par ses
attributs, la divinité de celui qui a dit « Je suis celui qui suis » était obscurcie par la
vision de la puissance de celui qui fendait les eaux de la mer pour ouvrir la voie à
sa création. Ainsi, comme il était impossible à l’homme d’atteindre la véritable connaissance
de son Esprit, Dieu a disposé que Celui qui vit en lui vienne à
notre rencontre et nous révèle « celui qui est » en « celui qui était », nous enseignant à
adorer la Divinité non pas en raison de sa toute-puissance, mais en raison de son Esprit.
C’est pourquoi Paul a utilisé la comparaison entre Jésus-Christ et Melchisédech.
Voici d’un côté, et de l’autre :
En effet, si la perfection venait du
sacerdoce lévitique (car c’est sous celui-ci que le peuple a reçu la Loi), pourquoi aurait-il
fallu susciter un autre prêtre, selon l’ordre de Melchisédech, et non
le nommer selon l’ordre d’Aaron ? Le sacerdoce ayant changé, il faut nécessairement que
la Loi change aussi. Or, celui dont il est question ici appartient à
une autre tribu, dont aucun membre ne s’est consacré à l’autel. Car il est notoire que
Notre Seigneur est né de Juda, tribu à laquelle Moïse n’a rien dit concernant le
sacerdoce. Et cela est encore bien plus évident dans l’hypothèse où, à l’image
de Melchisédech, se lève un autre Prêtre, institué non pas en vertu du précepte
d’une loi charnelle, mais d’une puissance de vie indestructible, car de Lui est donné
ce témoignage : « Tu es prêtre pour toujours selon l’ordre de
Melchisédech ». Cela annonce l’abrogation du mandat précédent en raison
de son inefficacité et de son inutilité, car la Loi n’a rien mené à la perfection,
mais elle n’a été qu’une introduction à une meilleure espérance, par laquelle nous
nous approchons de Dieu.
Nous constatons donc que déjà chez
Abraham battait l’Espérance du Salut universel, et bien qu’il ne s’agisse que d’une Promesse, sa
force était telle qu’elle vainquit le pouvoir de son sang et leva son bras
vers le ciel, armé de fer, pour sacrifier son propre fils unique sur l’autel de l’
Incarnation. Dieu n’appelle pas Abraham son serviteur, mais son Ami. Et dans cette
amitié, où bat la connaissance parfaite de l’Ami divin, refusée à l’
humanité en raison de la Chute et de ses effets universels, nous trouvons au
vents d’Israël le Christ, la religion fondée non pas sur l’adoration du pouvoir,
mais sur la vision de l’Esprit dont il est dit : « JE SUIS CELUI QUI SUIS ». Mais lorsque
vient l’heure de l’Incarnation, nous constatons que l’Ancienne Loi devait suivre son
chemin jusqu’à nous, la descendance au sein du Christ, « la
manifestation des enfants de Dieu que toute la création attendait avec impatience », et
Jésus devant baisser le bras, à l’instar d’Abraham, bien que dans ce
cas contre l’Empire du Monde, le christianisme devait tracer son chemin à la
manière dont l’avait fait le peuple né de l’obéissance d’Abraham, avec la
différence, bien sûr, que cette Obéissance a cédé la place à l’Église, et que celle-ci,
étant l’Épouse du Seigneur, est désormais une religion éternelle et se trouve dans la Maison de son
Époux en tant que Dame chargée de tout ce qui concerne la Maison de son
Seigneur, c’est-à-dire l’Adoration de Dieu en tant qu’Esprit et non en tant que
Pouvoir, car le Pouvoir appartient au Seigneur, son Époux.
La corruption réside dans l’élévation de
celui qui est serviteur au trône de son Seigneur, revendiquant pour lui-même les pouvoirs de son
Seigneur, justifiant cette corruption par les nécessités de l’époque. Car, comme
nous le savons, celle qui a pour Seigneur son Époux reçoit de
son Seigneur Époux tous les pouvoirs nécessaires au gouvernement de sa Maison et se voit confier
les Clés de celle-ci tant que le Seigneur est absent de la Maison ; mais
ce Pouvoir concerne la Maison de son Seigneur, et non celle du voisin, pour ainsi
ainsi, l’extension du pouvoir des clés du royaume des cieux aux
portes de l’enfer constituant une perversion naturelle de la corruption intrinsèque à l’
ignorance sous laquelle le serviteur accomplit son action pendant que son maître est en
voyage loin de chez lui.
Ainsi, Dieu s’étant incarné
afin que son Esprit puisse être perçu par les sens, la Révolution
fondatrice du christianisme a mis sur la table l’espérance du
salut universel qu’Abraham a portée dans son esprit tous les jours de sa vie et
qui, par le mariage du Christ avec l’Église, cette espérance recueillie au
sein de Celui qui est Éternel, a traversé les millénaires sur la mer tumultueuse des
siècles dans la barque indestructible de la Divinité de son Fondateur. Car
l’ancienne religion étant une puissance soumise à l’arbitraire du chef du
moment, Dieu a vaincu d’avance l’aboutissement de la corruption sous la
montagne de crimes de laquelle s’effondrait l’ancien Temple, et qui menacerait le nouveau
Temple, en établissant pour l’Église un seul et unique chef universel, son
Fils. Et étant donné que la création a sombré dans la Chute en raison de la volonté de
ceux qui, en tant que chefs religieux de leurs mondes, ont conduit leurs corps vers la
guerre contre le Saint-Esprit, Dieu a aboli toute couronne et tout pouvoir, a fait de tous
les peuples un seul, les a fusionnés en un seul et unique, et a donné pour Chef à
tout son Royaume un seul Roi et Seigneur, son Fils, afin que, sa Tête étant indestructible,
le Corps de la Création participe à l’Éternité propre à son
Créateur, et que, la Volonté du Roi et Seigneur étant l’Impulsion surnaturelle et
incorruptible sous laquelle son Royaume se meut, la
Graine de la Mort, qui a donné naissance au Diable, « l’ancien serpent », et
a étendu son Enfer, d’abord au Ciel, puis finalement sur la Terre.
On déduit de ces actes maléfiques que l’origine de la corruption de la
religion réside dans l’élévation d’une créature, qu’elle soit prêtre ou roi, à la gloire
qui est la seule et unique Tête des Églises : le Roi et Seigneur Jésus-Christ.
Conscient de cela, car il était lui-même hébreu, Paul revient à la figure constante
de Melchisédech, dénonçant le pontificat de succession comme l’origine de la
corruption qui aboutirait à la destruction de l’Ancien Temple et dont la
réédition conduirait l’Église orthodoxe à cette même fin, d’abord sous sa
forme byzantine, puis sous sa forme russe, Dieu ayant laissé un reste afin d’
offrir sa miséricorde. Voilà pour ce qui est d’une part. D’autre part, la même
situation s’étant produite lors du couronnement de Charlemagne, il était tout naturel que la
négation de la papauté face à la couronne universelle de Jésus-Christ conduise l’
Église d’Occident à cette guerre civile européenne que les historiens nous
ont transmise sous le nom pompeux de « la Réforme ».
Un espoir déçu ?
Pas du tout !
Car celui qui est indestructible est invincible, et
le Seigneur devant revenir de son voyage, il est tout à fait naturel que le serviteur qui,
pendant l’absence de son Seigneur, a pris le pouvoir sur sa Maison, dépose aux
pieds de son Seigneur le pontificat et laisse au jugement de son Seigneur le règlement de ses
erreurs et de ses réussites, et que l’Épouse, son Seigneur étant de retour à la Maison, dresse la Table.
Ainsi, dans et par cette Disposition, s’accomplit cette « meilleure espérance » dont
parlait Paul, car étant prophète, selon ce qui est écrit, que l’esprit de
Jésus est l’esprit de la prophétie, Paul voyait déjà depuis sa chair, en résumé,
le parcours qui attendait le christianisme, depuis l’Empire des Césars jusqu’à
nos jours. C’est pourquoi il osa dire, en parlant de Jésus comme du seul et
unique Pontife universel de la Création tout entière, du présent comme du
futur :
Et dans la mesure où cela ne s’est pas fait sans
serment — car ceux-là ont été constitués prêtres sans serment, mais
celui-ci l’a été avec un serment par lequel il lui a dit : « Le Seigneur a juré et il ne
se repentira pas : Tu es prêtre pour toujours » —, d’une alliance d’autant plus parfaite, Jésus s’est fait
garant. Et parmi ceux-là, nombreux sont ceux qui ont été faits prêtres, car la
mort les a empêchés de demeurer ; et c’est pourquoi son pouvoir de sauver
ceux qui, par lui, s’approchent de Dieu est parfait, et il vit toujours pour intercéder en leur faveur. Et
il convenait ainsi que notre Souverain Sacrificateur fût saint, innocent, immaculé, séparé
des pécheurs et plus élevé que les cieux ; qu’il n’ait pas besoin, comme les
sacrificateurs, d’offrir chaque jour des victimes, d’abord pour ses propres péchés, puis
pour ceux du peuple, car il l’a fait une seule fois en s’offrant lui-même. En
somme, la Loi a établi des hommes faibles comme sacrificateurs, mais la parole du serment,
qui a succédé à la Loi, a établi le Fils, parfait pour toujours.
Or, si l’homme avait pu
atteindre par lui-même ce Modèle de Pontificat, établi dans la
sainteté, l’innocence et l’incorruptibilité inaltérable propres à l’Esprit
Créateur, dans ce cas Dieu aurait été le pire des criminels,
celui qui tue son propre fils. Mais l’Histoire plaidant en faveur de
cette impossibilité, Dieu devant, par amour pour sa Création, s’incarner en son
Fils et, sur la Croix, ouvrir sa poitrine pour que nous voyions son Cœur, dont la gloire ne réside pas
dans la puissance mais dans la vérité et la justice, et parce qu’il était impossible
qu’une religion fondée sur l’adoration de la puissance conduise la Création à la
vision de l’Esprit du Créateur, le Fils abaissa son bras tout-puissant et, voyant en
son Père « celui qui est »,il s’ agenouilla devant
son Saint-Esprit, devenant par cette adoration « parfait » et Pontife
universel et éternel. Amen.
IX
Jésus-Christ, la Vie au-delà de la Fin
du Monde
Nous en concluons donc que le
problème vient de Dieu dans la mesure où, l’Idée de la Création lui appartenant, Il se
crée Lui-même le Problème de la Coexistence avec Sa Créature et de la juste
articulation de la Civilisation qui en découle. Dieu ne se contente pas de
créer la vie dans l’espace et le temps, mais il révolutionne l’existence
même de la Vie en lui accordant, comme étape finale de l’Évolution, l’Immortalité,
faisant ainsi participer la créature à la propriété éternelle de la
vie de son Créateur. Un bonheur parfait dans lequel bat la joie de celui qui est
créé, et qui, en même temps, nous fait prendre conscience de l’immensité du problème que se pose
notre Créateur, mais en qui le Bonheur de celui qui engendre surpasse la
problématique et la résout dans la Personnalité de celui qui est le Vrai Dieu et,
même si, dans un premier temps, cela le laisse perplexe, la
victoire est toujours sienne. Et comme le dit le proverbe populaire, « pour ne pas avoir
de problèmes, il suffit d’être mort ».
Or, les ignorants et les
pervers, les premiers en raison de leur ignorance et les seconds en
raison de leur méchanceté, ont tendance à croire que Dieu n’a pas de problèmes. Et pourtant,
il suffit d’ouvrir les yeux à la lumière du jour pour voir que Dieu a eu un grand problème.
Et que l’activité créatrice elle-même implique un mouvement constant et continu dans
l’univers des problèmes.
La mise en place d’une coexistence
entre nous, simples créatures qui dépendons absolument et en tout point
de la Volonté de notre Créateur pour rester en vie, une
société de ce type, implique un problème immense et complexe. Puisqu’elle trouve son
origine dans la Volonté de notre Créateur, c’est à Lui qu’il revient de chercher et de trouver la
réponse, et qu’une créature ose l’offrir est un signe évident de
folie.
En effet, les créatures, qui ne sont rien d’autre que
le fruit de la Volonté de notre Créateur, dépendent à la fois particulièrement et
absolument de son Omniscience et de sa Sagesse ; en dehors de celles-ci, la Science devient
un instrument de destruction, tant au niveau universel que particulier, y compris dans
cette dimension scientifique qu’est la Théologie elle-même. Ainsi, tout théologien qui ne
sert pas Dieu par sa pensée, mais qui met sa pensée au service d’un
homme, qu’il soit pape, patriarche ou archevêque, commet un crime contre Celui qu’il est
censé adorer par sa pensée, c’est-à-dire Dieu ! Car le but et le principe de la
théologie est la connaissance de Dieu en tant que Dieu, et dès lors que là où
l’on dit « Dieu », on substitue « Église », « papauté », « patriarcat » ou toute autre chose, la
théologie cesse d’être la science de Dieu pour devenir la science des hommes, et s’agissant
d’une affaire d’hommes, tout son contenu n’est que mort et destruction, ce dont
l’histoire du christianisme et des Églises regorge d’exemples, dans lesquels,
tous ensemble et un par un, nous voyons comment la division des Églises, c’est-à-dire
c’est-à-dire la destruction du Royaume de Dieu sur Terre, a toujours trouvé chez les
théologiens son meilleur soldat au service du Diable. Et ainsi, nous voyons chez l’auteur de
ses Épîtres que sa théologie est au service de Dieu et jamais au service de
Pierre, et que la corruption des Églises a commencé lorsque les futurs Paul
ont écarté Dieu en tant qu’Être et ont mis leur pensée au service des papes,
des empereurs, des patriarches et des rois, les servant comme des serviteurs, renonçant ainsi
à l’Autorité du Seigneur Jésus-Christ pour mettre leur génie aux pieds d’un homme
.
Ainsi, pour en revenir à l’idée du
Pontife universel, unique et éternel, et puisqu’il n’y en a qu’un, seul et unique, qui vit
pour l’éternité et qui est, par nature, Dieu né de Dieu, il est évident que toute
discussion sur le pontificat universel qui porte atteinte au remplacement de
Celui que Dieu le Père a établi comme chef de la religion de son royaume est,
dans le cas le plus indulgent, une folie, et dans le cas le plus flagrant, une perversion
maléfique et une rébellion infernale contre Celui que Dieu a choisi pour se tenir debout
devant Sa Majesté Tout-Puissante et le Seul et Unique qui vit éternellement en
Sa Présence.
Nous, considérant l’ignorance
de la chrétienté, tant chez les pasteurs que chez les troupeaux, en raison
des effets découlant de la chute et de la rébellion des enfants de Dieu contre
celui qui était leur Père, nous excusons la discussion sur le pontificat universel dans
l’ignorance, tout en dénonçant la persistance de cette dialectique comme une
rébellion contre le Pontife universel éternel, Jésus-Christ.
D’où il découle qu’il n’y a qu’un seul
Pontife universel, et que la projection de ses pouvoirs sur un homme constitue une
perversion de la gloire de Jésus-Christ, perversion qui, par logique, ne pouvait que
donner naissance à l’histoire ignominieuse des papes, patriarches,
archevêques, etc., qui n’était autre que le résultat de l’action de ceux qui
ont voulu pour eux-mêmes ce que le Diable voulait pour lui-même, la gloire de
Jésus-Christ ! Le Diable fixant son regard sur celle de sa couronne, et les papes,
patriarches et archevêques sur leur pontificat.
Mais nous en revenons au même point : si la folie
du Diable était la manifestation d’une passion maléfique, incurable et invincible
dans la mesure où elle fut assumée en pleine connaissance de cause, son auteur étant en possession
de toutes ses facultés mentales, intellectuelles et physiques, dans le cas
des Églises, la folie relève de la définition de ce qui est passager, en vertu
de l’ignorance héritée d’Adam, et, par conséquent, la santé des Églises
est entre les mains de leur Seigneur. Or, si ceux qui, profitant de l’ignorance
de la chrétienté d’hier, veulent encore aujourd’hui opposer au Seigneur les
attributs du Pontife universel, Jésus-Christ, qu’ils assument leur crime.
Nous ne savons que ce que le Saint-Esprit nous a dit, à savoir :
Le point essentiel de tout ce qui a été dit
est que nous avons un Pontife qui est assis à la droite du trône de la
Majesté des cieux ; ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle,
fait par le Seigneur, et non par l’homme. Car tout pontife est institué pour
offrir des oblations et des sacrifices, c’est pourquoi il est nécessaire qu’il ait quelque chose à
offrir. S’Il vivait sur terre, Il ne pourrait pas être prêtre, puisqu’il y a déjà
ceux qui, selon la Loi, offrent des offrandes. Ces prêtres officient dans un
sanctuaire qui est l’image et l’ombre du sanctuaire céleste, comme cela fut révélé à Moïse
lorsqu’il s’apprêtait à construire le tabernacle : « Regarde — lui dit-on —, et fais
tout selon le modèle qui t’a été montré sur la montagne ».
Dans ce cas, le modèle qui a été
offert aux bâtisseurs de l’Église, nous le voyons dans le concile de Jérusalem
de l’an 49, où tous les évêques se réunissent en tant que frères du Souverain Pontife
universel, Jésus-Christ, sous l’autorité duquel ils parlent et à qui seuls ils doivent
obéissance, le Seigneur se manifestant ainsi à travers ses serviteurs pour
édification de toute son Église. Et cela aurait été une perversion malveillante et
démoniaque de la part de Pierre d’avoir condamné Paul pour avoir osé lui fermer
la bouche et ouvrir la chrétienté à toutes les nations sans avoir besoin de la Loi du
judaïsme. Au contraire, le seul infaillible étant le même et unique Seigneur de
tous, Jésus-Christ, c’est ce Seigneur qui, tous les évêques étant à son
service, corrige les uns par les autres pour la perfection du magistère de
tous, et le contraire, comme on le comprend du Modèle divin, à savoir qu’un
serviteur annule l’autorité de Dieu et l’obéissance due par tous les serviteurs à
leur Seigneur universel et éternel, Jésus-Christ, et la remplace par sa propre volonté,
c’est là une perversion malveillante — en cas de contumace invincible — de la part du
serviteur qui, contre Dieu et le Seigneur, annule l’Autorité divine en abolissant le
Pontificat universel de Jésus-Christ par la folie de l’infaillibilité d’
un serviteur contre l’ensemble du Concile.
En ce sens, l’Histoire des
Églises, depuis Paul jusqu’à nos jours, est une lutte entre la Mort et la Vie
contre la matérialisation du Modèle établi par Dieu lors du Concile de
Jérusalem. Nous voyons en lui que c’est le Seigneur qui rassemble ses serviteurs et que ce
même Seigneur et Pasteur universel suprême est celui qui agit en Esprit pour
corriger tout problème dans le mouvement universel de l’Instant. Telle est la
relation entre le Créateur et sa Création, fondée par Dieu en Personne pour
subsister pour l’éternité, et conformément à ce Modèle divin, suivant l’
espérance : « Sur la Terre comme au Ciel », les Églises s’articulent de manière conciliaire sous l’Autorité unique et infaillible de
Jésus-Christ, dont l’Esprit guide la sagesse de ses serviteurs pour le bien de
tous ; et le contraire, à savoir qu’un serviteur se déclare infaillible et annule l’Autorité
de Dieu omniscient et tout-puissant, constitue un crime de rébellion contre le Seigneur
Jésus-Christ, sur lequel l’intéressé devra se prononcer dans les jours à venir
jours, en justifiant son délit par l’ignorance s’il s’agenouille et dépose les
conséquences de son comportement aux pieds de son Seigneur, ou en déclarant sa rébellion ad eternum, à l’image et à la ressemblance de celle du Diable, s’il
persiste à maintenir sa position totalement contraire au Modèle divin.
Et pour poursuivre avec le Saint-Esprit :
Mais notre Pontife a obtenu un
ministère d’autant plus éminent qu’Il est le médiateur d’une alliance plus excellente,
conclue sur de meilleures promesses. Car si cette première alliance avait été exempte de
défaut, il n’y aurait pas eu lieu d’en établir une seconde. Cependant, les réprimandant, il dit : « Voici
que viendront des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et
avec la maison de Juda une alliance nouvelle, non conforme à l’alliance conclue avec leurs pères
le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, car
ils n’ont pas demeuré fidèles à leur alliance et moi, j’ai fait preuve de négligence envers
eux, dit le Seigneur. Voici l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël
après ces jours-là, dit le Seigneur : Je graverai mes lois dans leur esprit, et je les
écrirai dans leurs cœurs. Et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Et
personne n’enseignera son concitoyen ni son frère, en disant : « Connais le Seigneur » ;
car tous me connaîtront, du plus petit au plus grand, car je me montrerai
indulgent envers leurs iniquités, et je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ». En disant
« une nouvelle alliance », il déclare que la première est devenue caduque. Or, ce qui vieillit et
devient obsolète est sur le point de disparaître.
D’où l’on voit que l’histoire de l’
Israël biblique est une traversée de la mer Rouge des siècles jusqu’au Royaume
universel de Jésus-Christ, vers lequel le judaïsme marchait sans en avoir
parfaite de la cause, car il était impossible à l’Homme de comprendre ce qui
arrivait à son monde, et, ne le comprenant pas, il continuait à obéir à un
Dieu qui, bien qu’en mesure de le faire, n’avait pas mis fin aux événements qui avaient pris leur cours
en Mésopotamie adanique et dont l’issue conduisait le monde à sa
destruction totale. En effet, n’ayant pas constaté par l’expérience la cause pour
laquelle Dieu avait prononcé la peine de mort contre la guerre, il existait un besoin
absolu et impérieux de cette expérience, afin que, par la connaissance qui
vient des sens, la Création tout entière voie de ses propres yeux la raison pour laquelle
Dieu ne peut supporter l’injustice et la corruption, et qu’aimant la Vérité et la
Paix par-dessus tout, non seulement elle n’abolisse pas la peine de mort contre le
transgresseur de la Loi de la Vie, mais qu’elle maintienne son Esprit même sur la
tête de son propre Fils.
Malheureusement pour notre monde,
il nous a incombé d’être le théâtre de cette expérience, vécue maintes fois par Dieu mais
jamais par ses enfants, et qui se résume ainsi : tout monde exposé à la
science du bien et du mal finit en poussière, son espoir de vie
éternelle périssant dans le feu de sa propre folie suicidaire. Mais nous observons qu’on pourrait
opposer à cette Loi éternelle le raisonnement selon lequel, Dieu étant en jeu,
Dieu peut très bien vaincre de telles conséquences. Or, l’incohérence de
ce raisonnement réside dans le fait que la science du bien et du mal, lorsqu’elle opère,
exige la négation de la participation de Dieu à l’histoire du monde, et
d’où la conséquence.
Mais la connaissance sans fondement
dans l’expérience, poussée à ce niveau, conduit à l’incrédulité face à la vérité
de la réponse, et c’est pourquoi Dieu a décidé d’établir la Vérité, pour l’
éternité, sur les fondements de l’expérience, qui, en ce qui nous
, consiste en la succession des événements qui devaient conduire
et conduisent notre monde à sa destruction, c’est-à-dire : « Tu es poussière et tu
retourneras à la poussière ». Et c’est pourquoi, la Nécessité existant, Dieu a dit qu’il s’était montré
« négligent envers Israël ». Mais aussitôt, le Saint-Esprit dit :
« Voici l’alliance que je conclurai avec la
maison d’Israël après ces jours-là, dit le Seigneur : « Je graverai mes lois dans
leur esprit, et je les inscrirai dans leur cœur. Et je serai leur Dieu, et ils seront mon
peuple. Et personne n’enseignera son concitoyen ni son frère, en disant : « Connais le
Seigneur » ; car tous me connaîtront, du plus petit au plus grand, car je
me montrerai indulgent envers leurs iniquités, et je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ».
En parlant d’une « nouvelle alliance », il déclare que la première est devenue caduque. Or, ce qui devient caduque
et obsolète est sur le point de disparaître.
Autrement dit, Dieu, ayant eu pitié de
notre monde et ayant justifié la faute d’Adam par l’ignorance, en vertu de
laquelle la grâce nous est venue par le sang de Jésus-Christ, a voulu conclure une alliance avec
nous, en tant que monde, afin que, tout comme il a établi la vie d’Israël
tant que dura l’Alliance avec les fils d’Abraham contre toutes les puissances que
la Mort avait déchaînées pour effacer de la surface de la Terre les Hébreux, par ce
même Pouvoir invincible, Dieu faisait du monde chrétien son peuple, de sorte que,
sans abolir la Loi, il nous ouvre par la foi une espérance de vie, ainsi par
la foi, la Loi s’accomplit, et par l’espérance, un nouveau commencement nous est donné.
Or, nous savons, par cette Alliance entre Dieu et le Christ, que personne ne verra ce
principe, si ce n’est ceux auxquels se réfère la Nouvelle Alliance, s’accomplissant
ainsi, pour ceux qui vivent sans le Dieu de l’Éternité, la Loi, et pour ceux qui
vivent à la lumière de son Royaume, la Vie au-delà de la Fin du Monde.
X
Le Testament du Christ et la loi
contre la guerre
Nous entrons ici dans le Saint-Sacrement même.
Nous cessons de rôder à l’extérieur de l’Existence de la Divinité pour,
en devenant ses proches, avoir pleinement accès à l’essence même de Celui qui
est en soi et par soi-même « la Vie éternelle » ; nous cessons de nous émerveiller d’être de la « boue »
qui parle, figures de poussière animées par la vie divine, pour courir vers notre
Créateur et le suivre à travers les champs et les siècles comme le troupeau suit son berger,
l’armée son roi, le fils son père, unis dans une même marche contre la
Mort. Rien ne nous arrête, notre chemin est tracé, notre victoire est inscrite
dans les yeux du Dieu de l’Éternité, et qui lui arrachera la vision de
notre Victoire de son Esprit ? Accusés, condamnés, frappés, crachés dessus et
injustement maltraités, les cicatrices de notre combat demeurent pour
le souvenir de nos os. Et dans l’éternité, le souvenir de notre Victoire
sera le noyau contre lequel se brisera à jamais la tentation du
retour à l’enfer dont nous sortirons et contre lequel notre foi érigera une
nouvelle civilisation de l’autre côté de la Fin qui approche. Notre chair marchait vers
cette Fin depuis que le Juge de sa Création eut dit : « Le fils d’Ève t’écrasera
la tête ». Il n’y a pas de crainte de la Fin, mais de la joie pour le Commencement qui semblait
nous avoir été arraché le jour où notre Champion fut crachée, frappé,
injustement maltraité et finalement crucifié comme un vulgaire déchet. N’était-ce pas
là le jour de notre naissance ? Il est mort pour que nous vivions ; il n’y a
pas besoin de notre mort. Pour nous offrir la vie, il a laissé qu’on lui enlève la
sienne. Dieu a ainsi juré sur son sang qu’en mourant, sa Descendance resterait
à l’abri de la mort. Joie donc, et tous en avant vers la Victoire. Et maintenant, passons aux choses sérieuses. Dit
le Saint-Esprit :
Et la première alliance avait son cérémonial
et son sanctuaire terrestre. On construisit un tabernacle, et en son sein une première
chambre, où se trouvaient le chandelier, la table et les pains de l’
offrande. Cette chambre s’appelait le Saint. Derrière le deuxième voile, une autre
chambre du tabernacle, appelée le Saint des Saints, où
se trouvaient l’autel d’or des parfums et l’arche de l’alliance, entièrement
recouverte d’or, et à l’intérieur de laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, la verge d’Aaron,
qui avait verdit, et les tables de l’alliance. Au-dessus de l’arche se trouvaient les
chérubins de la gloire, qui recouvraient le propitiatoire. Il n’y a rien de particulier
à dire à ce sujet. Les choses étant ainsi disposées, dans la première partie du
tabernacle, les prêtres entraient chaque jour pour exercer leurs fonctions ;
mais dans la seconde, le grand prêtre n’entrait qu’une seule fois par an, non sans
avoir offert le sang en expiation de ses ignorances et de celles du peuple.
Le Saint-Esprit voulait montrer par là que le chemin
du sanctuaire tant que le premier tabernacle subsistait. C’était là une figure qui
renvoyait aux temps présents, car dans celui-ci on offrait des oblations et
des sacrifices qui n’étaient pas efficaces pour rendre parfait, dans sa conscience, celui qui
exerçait son ministère, puisqu’ils ne concernaient que des aliments, des boissons, divers ablutions et
des préceptes d’une justice charnelle établis jusqu’au temps de la
rectification.
Nous avions donc, dans le Temple de
Jérusalem, la promesse du pardon de tous les péchés du monde par le sang de l’
Agneau de Dieu, qu’Il offrirait en expiation de toutes les fautes commises
par le genre humain depuis la chute d’Adam, établissant cette rédemption dans l’
ignorance du transgresseur, qui, ayant été trompé par un fils de Dieu,
non pas de cette création, sans savoir ce qu’il faisait, leva la hache de guerre contre les
nations « dans la foi d’obtenir par la violence du Pouvoir ce qui, par la paix
de la Sagesse, lui serait donné en héritage par le Saint-Esprit ».
Mais… Dieu a offert son Agneau à une
distance infinie par rapport au jour de la Chute, cette distance condamnant à la
destruction des nations entières qui, à cause du crime de « ce fils de
Dieu », ont été livrées à la ruine. Comment un Père si excellent aurait-il pu permettre qu’
on lui enlève tant d’enfants sans qu’une blessure ne s’ouvre dans son Cœur, d’où
jaillit la source de l’Amour, dans laquelle tous les chrétiens étanchent
leur soif, et dont la joie qui
vient de Celui qui est aimé d’un amour qui ne meurt jamais se déverse dans nos âmes ? Comment aurait-Il pu permettre
que jaillisse de cette source divine l’eau de la crainte de la toute-puissance et de la
puissance infinie de Dieu ? Magnifique dans sa science, brillant dans sa sagesse,
délicieux dans son cœur, Dieu a établi, sur le sang de son Agneau, depuis
lors et pour toujours, que tous ses enfants reviendraient entre ses mains, et qu’au Jour
du Jugement dernier, tous ses enfants, issus de cette création, auraient pour Défenseur de leur
Cause Celui-là même qui, pour notre cause, s’est livré à l’injustice afin d’
établir, sur la Justice qui découle de la Sagesse, notre Connaissance de
Dieu, et, ce qui est plus important encore, de faire jaillir de son sang l’eau divine
de l’Amour pour le Créateur de toutes choses, établissant ainsi de manière miraculeuse la
relation du Créateur avec sa Création, non pas dans la crainte d’un Être qui est
indestructible et tout-puissant, mais dans l’Amour qui procèdede lui-mêmede père en fils, même lorsque le premier est Dieu et le second
seulement sa créature.
Mais le Christ, établi Pontife des
biens à venir et pénétrant dans un sanctuaire meilleur et plus parfait, non
fait de mains d’hommes, c’est-à-dire n’appartenant pas à cette création ; ni par le sang des
boucs et des veaux, mais par son propre sang, est entré une fois
pour toutes dans le sanctuaire, accomplissant ainsi la rédemption éternelle. Car si le
sang des boucs et des taureaux et l’aspersion de la cendre de la
vache sanctifient les impurs et leur confèrent la pureté de la chair, à combien plus forte raison le
sang du Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à
Dieu, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes afin que nous rendions un culte au Dieu
vivant ! C’est pourquoi il est le médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, par sa
mort, pour la rédemption des transgressions commises sous la première alliance,
ceux qui ont été appelés reçoivent les promesses de l’héritage éternel.
Alléluias donc dans les espaces
infinis, et amen dans les dimensions éternelles, car le Créateur n’a pas renoncé à
sa Création, ni baissé la tête comme celui qui considère comme consommée la ruine de son
glorieuse aspiration, mais, s’exaltant, dans sa Vérité invincible, il a levé ses
bras pour, en se laissant crucifier, manifester son indestructibilité dans l’Acte de
la Résurrection.
Chantez, poètes, de nouveaux psaumes à la
harpe à six cordes, celle qui parle de la voix de la tempête, faites claquer les éclairs et
le tonnerre contre la peau qui autrefois poussait des cris de guerre !
Regardez-moi, étoiles, je suis
ensanglanté, criblé par le couteau des millénaires, pris au piège entre les
draps d’une vision qui ne quitte pas mon esprit.
Réveille-toi, Humanité, lève-toi de ton
sommeil. L’heure n’est plus aux promesses. Hâte-toi de t’habiller, car le Jour se lève déjà.
Ah, ma tête, dure comme le fer, ma
volonté comme le diamant qui ne se brise jamais. Je sens le métal dans mes os
comme un serment écrit à l’encre de feu.
Courons. La victoire est nôtre.
Ainsi, ce qui avait été
constitué sous serment comme une Promesse éternelle devait s’incarner
et verser son sang afin que la Nouvelle Alliance entre Dieu et
l’ensemble de sa création soit scellée. Car si, par un seul homme, le monde entier a été livré à
la ruine, il était tout à fait naturel que, Dieu étant ce qu’il est, la restitution du
genre humain à son Créateur implique une Nouvelle Alliance entre toutes les nations
et le Dieu de toutes ces nations. Car, connaissant Dieu, y a-t-il quelque chose de plus naturel que
le fait que Dieu ne se laisse pas intimider par l’Enfer et accepte le défi d’une guerre totale
contre sa Création lancée par la Mort ? Et non seulement c’était naturel, mais si
Il ne l’avait pas acceptée, nous n’aurions en aucun cas aimé Dieu, et comme l’amour, par
définition, ne peut être imposé à celui qui est libre et en possession de toutes ses
facultés ontologiques, ni Dieu lui-même ne peut contraindre l’Enfer à
se convertir, c’est Son « Oui » total à la guerre qui a été l’affirmation qui a fait jaillir
spontanément chez toutes ses créatures, celles de cette création comme celles des
précédentes, l’Amourpour Celui qui est, fondant ainsi la relation
entre le Créateur et la Créature, une fois pour toutes, sur l’Amour d’un père pour
ses enfants et non sur la Peur d’un Être tout-puissant et omnipotent. À ce sujet,
il y aurait beaucoup à dire, mais ce ne sera pas pour l’instant.
Car là où il y a un testament, il
faut que la mort du testateur intervienne. Le testament prend effet à la
mort, car il n’est jamais définitif tant que le testateur est en vie. Et même
le premier n’a pas été ratifié sans effusion de sang ; car, après avoir lu au peuple tous les
préceptes de la Loi de Moïse, celui-ci, prenant le sang des veaux et des
boucs mâles, avec de l’eau, de la laine teinte en rouge et de l’hysope, il aspergea le livre et
tout le peuple, en disant : « Voici le sang de l’alliance que Dieu a
conclue avec vous ». Et le tabernacle lui-même ainsi que les ustensiles du culte, il les
aspergés de la même manière avec du sang ; et, selon la Loi, presque toutes les choses doivent
être purifiées par le sang, et il n’y a pas de rémission sans effusion de sang.
D’une promesse, nous passons à une autre. Si
la première a tenu le monde en haleine et que la création tout entière a retenu son
souffle dans l’attente de son accomplissement, d’autant plus que le peuple à qui avait été confiée
la mission de maintenir vivant son feu était une toute petite nation, sans prestance ni
force face aux autres nations, et, pour comble de difficulté – si tant est que cela soit possible –, soumise à la
même loi de l’ignorance qui asservissait le reste du monde, car s’il n’y
avait pas eu d’ignorance, le temple et ses sacrifices
expiatoires, et à cause de cette ignorance et de cette faiblesse, la promesse de victoire
semblait se diluer dans les eaux tumultueuses des siècles jusqu’à atteindre la crèche
où – dit-on – naquit Celui qui était destiné à être l’Agneau de Dieu… Et parce que
c’était précisément Celui qui devait ressusciter pour devenir le
Roi qui était né pour être l’Agneau, la promesse de Son Royaume universel sur Terre restait à nouveau en
suspens, et le visage de la création tout entière, bien que couronnée, se remplissait à nouveau de
larmes ; mais si les premières larmes
étaient nées de la crainte de l’inconnu, à savoir la Victoire de Jésus, et que l’on
percevait en elles un goût de désolation, les secondes, bien que terribles sur le
sang de tant d’innocents conduits à l’abattoir du Sacrifice, le chant de
ceux qui furent sacrifiés sur l’autel de la Rédemption adoucit, par le cri de victoire,
le passage du christianisme au cours des siècles suivants, faisant resplendir à la fin de la
Nuit des Évêques la vie splendide de la Promesse que le Roi scellerait de son sang
: celle de faire naître la Postérité de son Esprit.
De promesse en promesse, d’une
descendance à l’autre, de la descendance d’Abraham à la descendance du Christ.
Et si la première était prédestinée au sacrifice, la seconde, les
premiers étant morts pour que nous vivions, nous vivons pour une promesse de vie.
Il fallait donc que les figures
du sanctuaire céleste fussent purifiées, mais le sanctuaire même du ciel
devait l’être par des sacrifices plus excellents ; car le Christ n’est pas entré dans un
sanctuaire fait de main d’homme, figure du véritable, mais dans le
ciel même, pour se présenter maintenant en présence de Dieu en notre faveur. Ni pour
s’offrir maintes fois, à l’instar du souverain sacrificateur qui entre chaque année dans le
sanctuaire avec le sang d’autrui ; sinon, il aurait fallu qu’il souffre maintes
fois depuis la création du monde. Mais maintenant, une seule fois, à la fin des
siècles, il s’est manifesté pour anéantir le péché par le sacrifice de lui-même. Et
comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient
le jugement, de même le Christ, après s’être offert une seule fois pour
prendre sur lui les péchés de tous, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à
ceux qui l’attendent pour recevoir le salut.
D’où l’on voit que, la
nécessité étant établie, Dieu a voulu faire de son accomplissement un sceau par lequel rendre inaccessible
aux siècles le testament de son Fils. Et comme, en matière de descendance, c’est le fils
qui hérite et la mère qui dispose de toutes choses jusqu’à la majorité
de l’héritier de son époux, le Saint-Esprit, voyant cette disposition, a rendu
témoignage de l’avenir en disant : « Mais nous attendons la liberté des enfants de
Dieu », parlant ainsi au nom de la création tout entière. Car, en effet, Dieu ayant
déclaré que tout l’Ancien était révolu et ayant établi son Royaume sur le
fondement de la « seule et unique » gloire de son Fils premier-né, en proclamant la
fin de l’Empire et en annonçant le commencement du Royaume universel de son Fils unique,
il était tout naturel que le Roi soit couronné devant toute la maison de Dieu et
qu’il retourne dans son monde pour s’asseoir sur son trône éternel, laissant ainsi
notre monde dans l’attente de la consommation des temps, quant à la
fin desquels, « tu es poussière et tu retourneras à la poussière », Dieu a disposé, par la Sagesse qui vient
de l’expérience, que s’établisse dans l’Intelligence de toute sa création la
raison pour laquelle Il a établi une interdiction, sous peine de mort, contre la
guerre.
Il ne nous reste plus qu’à unir notre
pensée à celle de Dieu, notre Roi, et à proclamer l’abolition de la guerre, ainsi qu’à
affirmer la déclaration de peine de mort contre quiconque « mangera du fruit de l’
arbre interdit ». Telle est la Loi du Royaume de Dieu, la Loi que le
premier homme a transgressée.
Car la guerre est le fruit de l’
arbre de la connaissance du bien et du mal ; béni soit Dieu d’avoir maintenu la
loi contre le sang de son Fils, béni d’avoir fait jaillir de ce sang son
Royaume, et béni encore d’avoir donné la couronne de son Royaume à Celui qui
a versé son sang plutôt que de faire de son bras une hache de guerre.
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